26/05/2020

Vous saviez que l'allergie aux feuilles de fraises ça existait vous ?


C'est ce qui s'appelle prendre un gros coup de pied au cul !

Sans transition :

Éditeur : Le Tripode
Parution : 2013
Pages : 470

Résumé :
Voici l'histoire du dernier des hommes qui parlait la langue des serpents, de sa sœur qui tomba amoureuse d’un ours, de sa mère qui rôtissait compulsivement des élans, de son grand-père qui guerroyait sans jambes, d’une paysanne qui rêvait d’un loup-garou, d’un vieil homme qui chassait les vents, d’une salamandre qui volait dans les airs, d’australopithèques qui élevaient des poux géants, d’un poisson titanesque las de ce monde et de chevaliers teutons épouvantés par tout ce qui précède...


Ces quelques lignes en 4ème de couv nous promettent soit du nawak soit du lourd niveau imaginaire. J’ai une révélation à vous faire : il s’agit là d’un mélange subtil, intelligent et audacieux des deux. Et plus encore, à vrai dire.
Leemet, le narrateur et personnage principal, est celui dont parle le titre : l’homme qui savait la langue des serpents. De base, c’est assez inattendu, mais pour toute personne connaissant un tant soit peu Harry Potter (oui, j’ose évoquer le Fourchelangue) pas aussi déstabilisant qu’il y paraît. Et pourtant, ce Leemet, avec cette capacité qu’il a de discuter avec les vipères royales, n’est en réalité pas le personnage le plus surprenant et loufoque de ce roman indéfinissable, énorme pavé dans la mare littéraire.
Véritable épopée historique qui fait penser aux croisades, fresque chevaleresque, satire religieuse, aventure d’une vie mêlant habilement fantasy, fantastique, romance et gothique, le tout saupoudré d’un humour mordant toujours inattendu qui peut faire rire aux éclats mais auquel se mêle parfois une violence qui fait frémir.

Ce que l’auteur nous propose est unique, plein d’une audace rarement vue. Le début est pourtant relativement calme, presque banal : Leemet est un petit garçon qui assiste à une cérémonie religieuse qui l’ennui et qui préfère s’amuser, comme n’importe quel petit garçon. Mais il grandit et finit par comprendre que la religion n’est pas qu’ennuyeuse quand on ne la comprend pas : elle peut aussi être dangereuse.

Nous voyons tout un monde s’effacer, disparaître petit à petit à travers ses yeux et on se sent aussi impuissant que lui face à la modernité qui chasse le passé sans aucun remord, avec violence, incapable de s'accorder avec les valeurs ancestrales bien plus anciennes qu'elle. L’obscurantisme total évoqué ici, à travers ce monde moderne qui s’installe à la lisière de la forêt où vit Leemet, est effrayant, bien plus effrayant que les hommes de son peuple qui parlent la langue des serpents, que ceux qui possèdent, comme les reptiles, des crochets venimeux, ou encore les ours qui lorgnent après les jeunes filles, ce Sage qui voue un culte sanglant aux génies des bois dont on doute de plus en plus de l’existence…

Oui, au fil du récit c’est un monde toujours plus étrange que nous dévoile l’auteur et pourtant on accepte tout ce qu’il dévoile sans protester. C’est incongru ? Oui, évidemment, mais c’est amené avec un tel art de l’écrit, du conte et de la narration que cela semble s’imbriquer parfaitement dans son univers, le nôtre ; un univers qu’on a l’impression de connaître tant tout est fluide et naturel, mais qu’on découvre pourtant totalement. Après 400 pages, on en découvre encore et on n’a pas fini d’être surpris.

Les hommes de la forêt parlent aux serpents ? D’accord, dis-nous-en plus. Ils traient des louves et se nourrissent de leur lait grâce à cette langue qui fait obéir la majorité des animaux, sauf les hérissons et les fourmis qui en sont sourd ? Si tu le dis ! Allez, j’en veux encore. Les ours parlent, eux aussi, cette fameuse langue, et aiment séduire les femmes, toujours attendries par ces énormes plantigrades énamourés ? Je veux bien ! Qu’est-ce que t’as d’autre à me proposer ? Une créature qui vit au fond de l’océan et n’en remonte que tous les 1000 ans pour reprendre sa respiration ? Des anthropopithèques qui élèvent des poux, dont un de la taille d’un cheval ? Un sorcier qui capture les vents dans des sacs ? Une salamandre géante qui dort sous terre ?

Au bout d’un moment, j’en voulais juste plus, j’en voulais encore.

L’auteur semble nous nourrir de son imaginaire foisonnant mais il n’en oublie pas de garder un pied dans la réalité. Car, comme je le disais, la modernité chasse le passé à coup d’épées, d’aveuglement religieux et petit à petit l’imaginaire disparaît, la magie aussi, remplacés par la sanglante réalité d’un monde obscur, plongé dans les ténèbres de l’ignorance en étant pourtant persuadé de tout savoir grâce à un dieu de cruelle bonté : Jésus.
Si aucune date précise ne nous est donnée on peut donc quand même situer cette histoire au début de l’époque médiévale. On en arrive même à penser que, peut-être, tout ceci a réellement existé tant le talent de l’auteur est grand (et celui du traducteur aussi, qui a su rendre toute la puissance narrative de ce conte éternel !)
Il est difficile de parler d’une œuvre comme celle-ci. J’ai lu une admirable chronique que je vous partage ici.
Je ne me sens pas vraiment de taille à détailler une telle histoire. Sachez simplement qu’il est question de Leemet, l’homme qui savait la langue des serpents, qu’il est plein de courage, de détermination. Pourtant, tout ce qu’il entreprend pour tenter de sauver son monde qui s’efface paraît impossible, comme s’il tentait d’attraper la fumée du passé avec ses mains.

L’auteur fait désormais partie des meilleurs de mon répertoire de livres lus, et je lirai les autres titres de sa bibliographie sans hésiter.

Petit clin d'oeil à une amie qui a réussi à en parler mieux que moi : l'ours bibliophile !

20/05/2020

Un jour, moi aussi quand j'aurais passé une nuit de merde je buterai quelqu'un.


C’est dans des moments comme ça que j’ai envie de dire : merci confinement ! Je vais pas pousser le vice jusqu’à dire « merci COVIDou » quand même mais bon, par extension…
Ouais, y’a mieux comme entrée en matière.
Allez, je me fous 2 claques et je me lance :

Éditeur : L’Homme sans nom
Pages : 350
Parution : 2018

Résumé :
Après avoir avoué à sa femme qu'il avait toujours détesté le thé, Ambroise Perrin se défenestre sous les yeux médusés des personnes présentes. Dans un palace vénitien, Louise Duval se réveille d'une soirée de gala et découvre que sept de ses collègues sont morts au même moment dans leur lit de cause inexpliquées. Rien ne lie ces deux affaires, si ce n'est leur mystère. C'est assez pour intéresser Evariste Fauconnier, enquêteur émérite spécialisé dans les affaires que personne ne peut résoudre. Entre crimes en série et esprits diaboliques, le fin limier va devoir dénouer les fils d'une gigantesque toile qui risque bien d'avaler son âme autant que sa raison. Car l’araignée a souvent le dessus sur le papillon.

J’ai reçu ce bouquin gratis lors d’une opération spéciale confinement, ce qui explique l’intro qui pue du cul, où un site, en partenariat avec plusieurs éditeurs, distribuait un livre par jour. Celui-ci fut l’un d’eux. Et quelle découverte !
Pour être tout à fait honnête il ne vaut pas un bon thriller de Karine Giebel, qui maîtrise la tension à la perfection et a l’art de nous faire aimer des personnages à la noirceur insondable, ni même un Robert Galbraith, qui a ce talent inimitable pour nous mener à la baguette avec ses scénarios bien huilés où chaque élément et chaque indice trouve sa place. En fait, ce qui a sorti ce livre du lot, c’est le style de l’auteure.
En un mot : unique.
Les deux personnages, Évariste et Isabeau, que j’ai trouvé dans un premier temps assez cliché malgré moi (beaucoup de ressemblance avec Sherlock Holmes et Watson à mon sens), se sont finalement avérés être très originaux… grâce à l’humour.
L’auteure a un don indéniable pour nous faire rire dans n’importe quel moment grâce aux joutes verbales qu’elle s’amuse à créer entre ces deux gars différents tant sur un point de vue moral, caractériel, que physique. Les conversations entre ces deux hurluberlus sont un délice d’intelligence et de sarcasme mêlés et j’ai ri aux éclats à plusieurs reprises.
Rien que pour ça, ça vaut très franchement le détour !
Quant au reste, l’intrigue policière est nette, précise et propre. Mais peut-être trop propre justement. Elle est classique, l’auteure ne dépassant pas les lignes du genre. Alors oui c’est efficace, chaque indice trouve sa place mais ils tombent tous au moment propice.
Je m’explique : c’est comme si l’auteure avait suivi la recette du « parfait petit livre policier ». Rien à reprocher à la préparation, ni à la cuisson, ni même au goût si ce n’est son manque de prise de risque.
En fait, ça marche très bien, ça se lit très bien, mais j’attendais un petit quelque chose en plus. C’est exactement le genre de livre qu’on lit pour passer du bon temps sans avoir à trop se poser de question et simplement apprécier un moment avec des personnages qui, disons-le franchement, portent tout sur leurs épaules.
Ce n’est pas négatif, loin de là. M’attacher aux personnages est ce que je préfère quand je découvre un livre, qui plus est une série.
Je lierai donc les précédentes aventures d’Évariste et Isabeau avec grand plaisir !

Précédemment :

30/03/2020

Putain d'oeillères !

Quand on lit beaucoup, comme moi, on a la chance de tomber parfois sur des livres qui nous ouvrent grands les yeux sur un sujet auquel on avait jamais vraiment réfléchi.
Et quand ça arrive, on sent qu'on est plus la même personne, et on se retrouve à remercier un livre du fond du cœur, comme s'il était vivant.
Ce livre est parmi ceux-là.
Lisez-le.
Putain de bordel à queue.



22/03/2020

The magic begins again !

Cette année je me suis lancée comme défi de ne faire aucun challenge littéraire (dit-elle en faisant comme si ça faisait pas près de deux mois qu’elle n’avait rien publié sur ce blog !) J’en fait peu à l’année, un qui dure généralement plusieurs semaines, comme le CWC par exemple, ou le PAC, avec quelques week-end à 1000 par-ci par-là, donc je ne suis pas non plus une grosse consommatrice, mais j’ai tout de même décidé de les éliminer totalement de ma vie de lectrice cette année.
Pour la simple et bonne raison que j’ai décidé de faire un challenge personnel : relire Harry Potter !

J’en avais vraiment très envie, en tout cas ça me trotte dans la tête depuis au moins l’année dernière, et en plus de ça j'ai un anniversaire à fêter ! Cela fait exactement 20 ans que j’ai lu le premier tome, que quelqu’un m’a offert pour mes 12 ans en 2000. Alors ça, si c’est pas une bonne raison, je ne sais pas ce qu’il vous faut.

Parce que je suis absolument fan des films, que je regarde très souvent (d’ailleurs le DVD du premier vient de me lâcher, je suis super vénère vous imaginez même pas comment !), je n’ai strictement rien oublié de la trame principale de l’histoire ni des événements les plus importants, mais c’est bien la première fois depuis ma première lecture que je relis les livres. Du coup, je suis toute excitée, parce que je suis certaine qu’il y a beaucoup de petites choses dont je ne me souviens absolument pas et les redécouvrir me fait grave plaisir. Les films ont beau être aussi fidèles que possible (en tout cas, ils le sont d’après mes souvenirs) c’est délicat pour un scénario de tenir à 100% des livres.
Si j’ai peur ?
Un peu. Toutes les relectures que j’ai faite depuis l’ouverture de ce blog ont viré au drame (cf : Eragon et Le Clan des Otori) mais j’ai bien plus confiance en J.K Rowling qu’en toute autre personne sur cette Terre !
Et ma relecture du premier tome me confirme que j’ai eu raison de ne rien craindre !


Relu en janvier 2020, j’ai absolument adoré ! Alors oui je l’ai trouvé enfantin, c’est écrit, certes très bien, mais également très simplement, et je pense que c’est pour ça que j’ai particulièrement aimé. Effectivement l’auteure va à l’essentiel, elle ne se perd pas en descriptions trop longues ni n’en rajoute des caisses sur les monologues des personnages et ça confère à ce texte un dynamisme génial qui nous plonge directement dans l’action et les événements. Limite si j’avais pas parfois l’impression de me trouver juste à côté de Harry, Ron et Hermione dans la salle commune des Gryffondor ou en salle de classe pendant qu’ils parlaient !
Elle présente son univers par petites touches pour le rendre compréhensible même aux plus jeunes et on en découvre tout au long de l’histoire, ce qui fait qu’on ne cesse jamais de s’émerveiller
… ni même de rire ! L’humour est pratiquement omniprésent, surtout grâce au personnage de Malefoy qui est ici absolument méchamment délicieux, j’avais oublié à quel point j’aimais ce garçon imbu et détestable (faut dire aussi que je l’apprécie pas des masses dans les films, je trouve qu’il a une tête à claque, surtout dans les premiers), sans oublier la simplicité bourru de Hagrid et les bizarreries facétieuses de Dumbledore.
Et que dire de Poudlard ? Ce château représente à lui seul un personnage, c’est un être vivant et capricieux qui possède ses secrets, son histoire et sa personnalité. Il y a qu’à voir comment il s’amuse à promener notre trio de héros d’un étage à l’autre parce que « les escaliers n’en font qu’à leur tête » !


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J’ai lu le tome 2 en février-mars 2020 et… l’émerveillement est toujours au rendez-vous !

Fort heureusement, ce tome-là est un peu moins enfantin que le premier mais écrit avec toujours cette même plume dynamique qui nous conduit exactement là où elle le souhaite sans qu’on devine pour autant la destination. Ce qui m’a particulièrement stupéfixée dans ce texte c’est que, déjà, l’auteure commençait à distiller des indices subtils sur l’avenir de l’histoire, des choses à première vue insignifiantes mais qui m’ont fait comprendre que cette dame a, d’un bout à l’autre, depuis le début et ce jusqu’au dernier point final ultime, maîtrisé son récit. La véritable sorcière, en fait, c’est elle les gars !
L’humour est toujours là, toujours grâce à Malefoy qui est vraiment absolument génial, mais aussi Ron qui devient plus attachant et Hermione moins agaçante (par contre j’ai toujours autant de mal avec Harry, même si je l’aime bien…) De facétieux Dumbledore devient mystérieux, Hagrid se dévoile et Poudlard… ma foi, le château reste fidèle à lui-même et livre, lui aussi, une part de son passé par le biais de la Chambre des Secrets. Un passé sombre, tragique, grâce auquel tout le texte en lui-même gagne en maturité. Mais pas trop, quand même, c’est toujours à destination des 11-12 ans, allons !
Ici, J.K Rowling nous prouve également que son univers n’est pas fait que de sorciers et sorcières légendaires, de baguettes magiques, de sorts et de sortilèges, mais également d’animaux, de créatures magiques qui peuvent être soient merveilleuses, soient terribles. Ici, elle nous présente Fumseck le Phoenix et le Basilic, et tous les deux, bien que totalement différents, sont absolument extraordinaires (au point que je suis incapable de dire vers lequel va ma préférence…). J’adorerais avoir une imagination comme celle-là !

Je vais continuer sur ma lancée en avril 2020 avec le tome 3. Attention, là mes attentes sont plus grandes car le film de ce tome est mon préféré, et j’ai hâte de commencer cette relecture !

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Avril 2020... J’ai enfin lu le tome 3 (en vrai je l’ai terminé le mois dernier) et on est en mai. Bordel, je suis déjà en retard !
Bonjour, appelez-moi le Lapin Blanc.
OK blague de merde.
Passons à la chronique.


D’aussi loin que je me souvienne, « Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban » a toujours été mon préféré. J’ai bouffé le film un milliard de fois sans me lasser, et maintenant je peux affirmer que même le livre (pour l’instant du moins) est celui que je préfère.
Premièrement, les choses sont un peu plus sombres. On sent ici que l’auteure commence à opérer la transition entre l’enfance et la véritable adolescence. Par exemple : Harry, Ron et Hermione connaissent leur première dispute, et à cet âge ce n’est pas évident à gérer.
L'humour unique de cette série est cependant toujours au rendez-vous, grâce aux mêmes personnages principalement (Malefoy, les jumeaux Weasley et Ron) mais on ne s'en lasse clairement pas !
On en apprend également plus sur l’histoire de Lily et James Potter, notamment les raisons de leur mort, et ça assombrit encore un peu plus l’atmosphère. C’est dans ce contexte qu’arrivent de nouveaux personnages : Remus Lupin et Sirius Black, et ça fait du bien de voir de nouvelles têtes. Bien sûr il y a eu Lockhart dans le tome précédent mais ce personnage n’a pas eu le même impact que les deux autres dans la vie de Harry.
Je me suis surprise à tout autant apprécier Lupin que Black, alors que dans mes souvenirs c’était surtout Black que j’avais aimé à ma première lecture. Je m’étais tellement habituée à la figure rassurante que Lupin incarne dans le film, à cet air si inoffensif qu’a l’acteur, que j’avais oublié qu’il puisse être à ce point… inquiétant, dans le livre. C’est un personnage en qui j’ai eu immédiatement confiance à l’écran, mais avec le bouquin je me sentais moins rassurée. Il a un petit côté dangereux en vrai que l’auteure n’a pas caché, et j’ai bien aimé !
Concernant le monde de la magie, à l’instar de Harry, Ron et Hermione, on en apprend encore un peu plus, notamment par le biais de sortilèges comme celui du Patronus, ou de créatures, comme L’Épouvantard. Et c’est toujours un plaisir d’en découvrir davantage !
Poudlard n’en finit pas non plus de se livrer, sauf que cette fois ce n’est entre ses murs. C’est pour s’en échapper ! Entre passages secrets et planques ce château est plus vivant que vivant ! On découvre aussi Pré-au-Lard, ce village 100% sorciers où je kifferai de vivre !
Bref, de la découverte et encore de la découverte, mais pas que. Comme je le disais au début, l’auteure opère ici une transition, on sent bien, dans la rédaction comme dans l’atmosphère, un peu plus sombre, qu’elle est prête à passer à la vitesse supérieure. En sachant ce qui va arriver à la fin du prochain tome, je peux déjà ici sentir les prémisses de la catastrophe. Les indices sont là, disséminés très habilement, subtils, et pourtant bien présents.
Du pur génie.

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Nous voici au mois de juillet, et je chronique enfin le tome 4, lu en juin.
Je vis dans un décalage temporaire permanent ! 

On continue la relecture de cette fabuleuse série qui a changé la vie de beaucoup de lecteurs, jeunes ou vieux, dont la mienne.
Vous savez peut-être tous que l’auteure, avec ce tome, opère un tournant important de l’histoire, surtout dans le style. Finie la magie et la naïveté lumineuse de l’enfance, et pourtant tout n’est pas encore sombre. Les moments oscillent entre légèreté, humour et amitié ; tension, gravité et dangers. Comme si, finalement, l’auteure ne savait pas trop quoi choisir et alternait tout ça en les mélangeant parfois.
C’est sans doute pour ça que j’ai moins aimé que le tome précédent. C’est un peu trop mêlé pour le coup, comme si elle ne savait elle-même pas vraiment…

Les personnages n’en sont pas moins géniaux, surtout Malefoy et son humour, Harry et son caractère, sans oublier les disputes entre Ron et Hermione. Ce qui fait la force de ces récits, c’est chaque fois le monde qu’elle développe, tout l’univers de la magie qu’elle nous fait découvrir à chaque fois, encore et encore, tant par les sortilèges appris que par les créatures qu’on découvre. Sans oublier Poudlard, évidemment.

J’ai l’impression de me répéter chaque fois que je parle d’un livre sur cette chronique, et pourtant. Je suis chaque fois fascinée par tout ce qu’elle invente et décrit si bien.

La fin est vraiment géniale par toute la tension qu’elle laisse exploser. On plonge à pieds joins dans quelque chose de beaucoup plus sombre et cette fois l’auteure semble abandonner ses réticences et fait enfin le choix de basculer dans la dureté et la gravité. Et elle le fait très bien !

Ce que j’ai particulièrement apprécié dans le développement de l’univers, c’est qu’elle nous présente les écoles d’autres pays ! C’est peut-être idiot, mais je me souviens qu’à ma première lecture il y a vingt ans j’avais été très surprise car pas un seul instant je n’avais imaginé qu’il puisse y avoir d’autres écoles de magie hormis Poudlard. C’est pourtant logique, l’histoire se passant en Angleterre, il faut bien que d’autres pays aient aussi leurs écoles ! Avec ce qu’elle amène, elle nous prouve que son monde est encore bien plus vaste que ce qu’on s’imaginait tous. Mais aussi plus dangereux !



J'ai déjà commencé à lire le tome 5, alors à tout bientôt pour un update !

01/01/2020

C'est le quatrième ?! Putain, mais où va le temps !!!!

Un dicton dit : "Hier est derrière, demain est un mystère, mais aujourd'hui est un cadeau ! C'est pour ça qu'on l'appelle le présent".

Lao Tseu.

Nan je rigole, c'est dans le dessin animé Kung Fu Panda.

BILAN LECTURE

Coup de cœur


"The Expanse" tome 6, lu en novembre. Comme l'an dernier à ma lecture du tome 5. Voilà une série qui ne me déçoit jamais ! Je m'apprête à lire le tome 7 et à commencer la saison 4 en série TV… je crois vraiment que "The Expanse" et moi c'est une grande et longue histoire d'amour !





Le second est un article spécial où je ne parle pas d'un tome ou un livre en particulier mais de tout une saga, celle de Robin Hobb. Je parle bien sûr de son cycle de "L'Assassin Royal" auquel j'ai greffé "Les Aventuriers de la Mer", car ils sont pour moi clairement indissociables.

Pas aimé du tout
"Terre de Héros - Rien que l'acier" tome 1, lu en janvier. Je trouvais ça plutôt original au début et puis finalement c'est très vite devenu assez cliché. En fait le bouquin n'est pas dégueu en soit, mais j'avais adoré Richard Morgan avec "Carbone Modifié" donc la déception a été assez forte.

"Le Prince Captif - l'Esclave" tome 1, lu en avril. Gros, gros coup de gueule. Sans doute le plus gros que j'ai eu en littérature ! Quoique non, puisque je ne peux même pas dire que cette bouse immonde soit de la littérature...

"13 reasons why", lu en septembre. J'avais entendu énormément de bien de la série TV, j'ai donc décidé de lire le livre. Le sujet et l'histoire sont très bons malheureusement j'ai trouvé tous les personnages abominablement insupportables, je les ai vraiment détesté. Tous.

Suite de séries
"Le trône de Fer" tomes 8, 9 et 10, lus en mars, juin et décembre. Je suis toujours autant à fond dans cette série, et ce même si j'ai plusieurs fois bouffé l'adaptation (dont j'ai absolument adoré la fin, quoi qu'on en dise)



"La légende de Marche-Mort", lu en juin. Je continue, tout doucement, mon avancée dans le cycle de Drenaï de David Gemmell. Si j'ai moins aimé ce tome-ci que le précédent : "Druss la légende", j'ai quand même beaucoup apprécié ma lecture.






Séries finies
"10 count" tome 6, lu en janvier. Pas mécontente que ce Yaoi se termine, je trouvais que l'auteure commençait à étirer un peu trop les choses.

"Le Fou et l'Assassin" tomes 5 et 6, lus en février et avril. Tristesse extrême ! Refermer le dernier tome c'était dire adieu à Fitz, au Fou et à tous les personnages extraordinaires de cette saga extraordinaire...

"Les Aventuriers de la mer" tomes 7, 8 et 9, lus en février, mai et juin. Idem ici. Oui, j'ai terminé deux des meilleures séries de Robin Hobb la même année. J'ai frôlé la dépression nerveuse !



"L'échiquier du mal", l'intégrale, lu en août. Je connaissais déjà Dan Simmons grâce à "Drood", "Flashback", "Collines noires", "Terreur" et le tome 1 des "Cantos d'Hypérion", mais avec cette trilogie j'ai eu l'impression de le découvrir totalement tant cette oeuvre est maîtrisée.





Séries découvertes
"Six of Crows" tome 1, lu en avril. Agréable découverte. Je n'ai pas pu m'empêcher d'être agacée par quelques facilitées (gros cliché parfois...) mais les personnages sont assez bons et je me suis facilement attachée à eux.



"Dominium Mundi" tome 1, lu en novembre. Grosse surprise pas passée loin du coup de coeur !







Auteurs découverts
Ann Radcliffe, avec "Les Mystères d'Udolphe", lu en avril. Quelque peu déçue. L'auteure savait indéniablement très bien écrire, malheureusement je me suis fait chier et son 'héroïne' (vous entendez l'ironie ?) était très, très chiante.



Diane Bonot-Laxar, avec "Méli-Mélo de nouvelles", lu en septembre. Très heureuse de cette rencontre. Instinctivement je lis surtout des romans, bien que j'aime aussi beaucoup le format court des nouvelles, et ce recueil m'a donné envie d'en lire un peu plus.





Robert Louis Stevenson avec "L'Île au Trésor", lu en novembre. Chouette rencontre, je decouvrais totalement l'auteur et, dans le même temps, le thème de la piraterie dans la littérature. J'aime beaucoup ça en film ou en série et j'ai maintenant très envie d'en lire davantage.

BD/Manga découverts


"My Home Hero" tomes 1, 2, 3 et 4, lus en mars, mai et août. Je crois bien que c'est la première fois que je m'emballe à ce point pour un Seinen ! Ce truc est foutrement bon et je sens que j'ai pas fini de le relire et d'en parler !






Relectures
"Le Clan des Otori" tomes 4 et 5, lus en février et mai. Pas mécontente d'être arrivée au bout de cette série, qui fut une grosse déception ! J'avais adoré 10 ans plus tôt, là j'ai vraiment pas aimé du tout, que ce soit la trilogie de base, "le Vol du Héron" ou "le Fil du Destin".

TOTAL DE PAGES LUES DANS L'ANNEE (oui c'est une nouveauté) : plus de 20 000.


OBJECTIFS 2020

Relectures
Cette fois-ci, c'est sûr, pour fêter les 20 ans (j'ai découvert cette série en 2000) je me relis la saga Harry Potter.

Séries à commencer
J'aimerais beaucoup commencer enfin "Ki et Vandien", d'autant que j'ai fini toutes les séries connues à ce jour de Robin Hobb et il est hors de question que je passe une année sans lire l'un de ces bouquins !

Auteur à découvrir
Beaucoup trop (ouais, j'ai la flemme de les lister cette année aussi)

CHALLENGES

Goodreads
Il est encore une fois réussi cette année, quoique j'ai vraiment cru ne pas y arriver ! J'ai moins lu cette année, et j'avais déjà moins lu l'année d'avant que l'année encore d'avant… j'ai pas choisi le bon boulot je crois. Va falloir que je change parce que ça a un trop gros impact sur ma vie de lectrice !


C'est le seul challenge que je conserve cette année.

Pumpkin Autumn Challenge
J'ai choisi de faire celui-ci à la place du Cold Winter, pour varier un peu, et j'ai adoré, les thématiques m'ont inspirée et j'ai fait de belles lectures.

Week-end à 1000
Je n'ai fait aucune participation cette année par manque de temps (ouais nan mais décidément, ce boulot ne me convient pas en fait !) et je n'en ferai pas non plus en 2020, par choix.

J'fais c'que j'veux Scrogneugneu !
Un challenge perso qui aura duré un an où je m'étais fixé divers objectif et défis. Honnêtement j'ai pris conscience, grâce à lui, que les longs challenge à l'année dans ce genre ne me convenaient pas forcément, je préfère ceux saisonniers avec des thèmes précis.

La Révolte des Séries
Un petit challenge que je me suis créé et que j'adore ! Je réfléchis même à l'idée de lui consacrer une page ou un groupe FB et tenter d'y faire participer des gens.

Harry Potter, 20 ans
J'ai pris la décision de ne faire aucun challenge de groupe en 2020 car je me lance un petit défis perso sur l'année : relire la saga qui m'a rendu accroc à la lecture et fait de moi une amoureuse du fantastique et de la fantasy, car cela fait tout juste 20 ans que j'ai ouvert le premier tome pour la première fois. D'autant que depuis que je les ai découvert, je les ai jamais relu.



Bon, maintenant c'est l'heure du moment plus gênant où je dois exprimer mes émotions. Pour être honnête j'ai eu moins de visite sur le blog cette année, mais toute la faute me revient, j'ai été beaucoup moins productive. Pourtant, c'est un rythme qui me plait, qui me convient parfaitement.

Voici un blog qui est et restera sans prise de tête.

Merci aux inconditionnels, aux premiers comme aux nouveaux, qui commentent et qui sont là malgré le temps très long qui peut s'écouler entre deux articles ! Merci aussi à ceux qui ont la curiosité de venir découvrir mon antre, ne serait-ce que le temps d'un après-midi, d'une journée ou d'un week-end. Et merci aussi à ceux qui s'en foutent, comme ça j'oublie personne !

Bonne Année à tous, quelle soit pleine de bonheur et de lecture, et surtout n'oubliez pas : que vous ayez ou non un rêve n'est pas le plus important, le plus important c'est d'être heureux !

Ouais, je fais une overdose d'endorphine à cause de trop de chocolat. C'est si voyant que ça ?

Sayonara.

Les années précédentes, voilà comment ça s'est passé :
Bilan n°1
Bilan n°2
Bilan n°3

24/11/2019

Ne demandez jamais à un pirate de choisir entre son perroquet (sans jeu de mots) et sa jambe de bois (ouais bon si, OK, y'en a un)

Un Challenge qui, ma foi, se déroule très bien, et qui en plus me fait réaliser que j’adore les livres dans lesquels il est question de pirates !

Alors à l’abordage moussaillons, sortez vos jambes de bois et n’oubliez pas votre perroquet bavard, c’est l’heure d’hisser nos couleurs.

Éditeur : Livre de Poche
Parution : avril 1972
Pages : 219
Résumé :
Depuis l’Odyssée, aucun récit d’aventures n’eut plus de succès que l’Île au Trésor. Jim Hawkins et le terrible John Silver, l’homme à la jambe de bois, sont les héros de cette histoire. L’Hispaniola débarque sur l’île au Trésor les « bons » et les « méchants ». Dès lors, une lutte implacable se déroule pour retrouver le trésir amassé par Flint, redoutable pirate mort sans avoir livré son secret.






On dit de lui que c’est un « classique ». Personnellement, même si je sais ce que ce terme désigne, j’ai toujours eu du mal à le définir. Grâce à l’Île au Trésor, aujourd’hui j’y arrive. Enfin, un peu.

À l’époque où il a été écrit, il était destiné aux enfants. C’était au XIXème siècle. Aujourd’hui, clairement, il plaira davantage aux adultes. Disons qu’il est toujours à destination des adolescents, mais ces derniers seraient aujourd’hui incapables d’en apprécier toute la portée. Moi je suis plutôt contente d’avoir attendu pour le lire, je suis presque sûre qu’il m’aurait beaucoup moins plu quand j’étais jeune.

Toute la narration se fait du point de vue de Jim Hawkins qui est un garçon à l’âge indéfini (personnellement je le situe autour d’une douzaine d’années) très rusé, mature et courageux. Il a toutes les qualités du parfait jeune héros à qui tous les garçons peuvent s’identifier. Ainsi que les petites filles aussi, pourquoi pas bordel ! Quand il raconte son aventure il le fait en se focalisant sur l’essentiel, sur l’action. Le récit est donc très dynamique, il n’y a pas de temps mort quand c’est Jim qui tient la barre et cela en fait un parfait roman de piraterie et de quête. Si, au fil de l’aventure, ce petit gars l’emporte sur tout et sur tous, c’est qu’il possède l’imagination et l’innocence qui peuvent pulvériser les obstacles (et ça m’a donné envie de redevenir gosse, putain)

Il y a toutefois une petite partie où l’un des autres personnages prend la parole, c’est un adulte et son récit est plus dans l’analyse, c’est un peu plus ennuyeux mais ça se concentre davantage sur la psychologie des personnages et c’est finalement très intéressant. Ça m’a permis de me rendre compte que si, au premier abord, il semble y avoir le camp des gentils d’un côté et celui des méchants de l’autre, en réalité c’est bien plus complexe. Il peut y avoir tellement d’inattendues complicités entre chaque protagoniste qu’on s’y perd. L’auteur a pris soin de certes construire son roman comme une quête initiatique pleine de rêve et de fantasmagorie mais il n’en est pas moins resté réaliste. Dans l’adversité, les relations se font et se défont au gré des événements et des séductions.

Mais s’il y a bien un personnage parmi touts ceux-ci qui mérite d’être mentionné, c’est l’île elle-même. Elle y tient un rôle central et fortement symbolique. Elle présente d’abord tous les traits de l’endroit rêvé et utopique avant de finalement se révéler plus sombre dès lors que les hommes s’y perdent, comme si elle était contaminée par la noirceur des pensées pleines d’avarice des adultes. Un cadre donc idéal au combat essentiel que se livrent ce monde des adultes et celui de l’enfance (sous les traits de Jim Hawkins et de Long John Silver) En cela, elle m’a beaucoup rappelé le Pays Imaginaire de Peter Pan (les sirènes chelous en moins)

On tire une vraiment grande leçon de cette lecture. C’est un livre à mettre entre toutes les mains et les pieds. Pas de chichi.

13/11/2019

Zimzalabim !!

Bordel, je viens de me rendre compte que les chroniques de S-F étaient si rares ici qu'elles se comptaient sur les doigts d'une main !
En plus je triche, celle de The Expanse je la met à jour dès que je lis un bouquin… une chronique pour 6 livres lus, nan mais tu parles d'une feinéasse.

Assez parlé, place à l'action !

Éditeur : Pocket
Parution : 2016
Pages : 704

Résumé :
2202. Né des cendres d’une conflagration planétaire, l’Empire Chrétien Moderne règne sur une Terre ravagée et irradiée. Urbain IX, pape tout puissant, contraint les populations à vivre selon un mode de vie médiéval, restaurant ainsi le Dominium Mundi. Sous son impulsion, un vaisseau colonisateur est envoyé vers Alpha du Centaure, dans l’espoir d’y trouver de nouveaux territoires pour l’humanité. Lorsque les passagers abordent une planète et son peuple, les Atamides, le choc est grand. Mais ce n’est rien en comparaison d’une découverte encore plus bouleversante : le véritable tombeau du Christ ! Guidés par leur foi inébranlable, les missionnaires tentent de s’en emparer, en vain. Les indigènes les massacrent. Sur Terre, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Deux ans plus tard Urbain IX achève d’armer un gigantesque vaisseau, le St-Michel, capable d’abriter un million d’hommes. Pour Tancrède de Tarente, le Méta-guerrier héros des champs de bataille, et Albéric Villejust, le génie de l’Infocosme enrôlé de force, débutera une Croisade sanglante vers une nouvelle Jérusalem… Les événements feront-ils bégayer l’Histoire ?

Même si ce roman est très clairement un space opera dans le genre de la S-F l’auteur s’amuse à flirter avec le genre chevaleresque du Moyen-Âge, et c’est bon ! Par de nombreux aspects il m’a rappelé la saga des Rois Maudits de Druon, il y a comme un désir de revanche dans ce texte face à l’idéologie parfois extrémiste de la région (au sens large j’entends, pas seulement la chrétienté même si c’est d’elle dont il est question ici)

Rien que le mot de « Dominium Mundi » par exemple, est un concept qui remonte au Moyen-Âge, en gros c’est l’extension du monde chrétien sur le modèle de l’empire romain, sauf que là l’extension elle se fait carrément dans l’espace et même hors du système solaire. L’auteur a admirablement bien mêlé les deux genres (trois même parfois je dirai, mais je vais y revenir) : l’historique et la S-F.

Le pouvoir du Vatican est tout puissant en ce début de XXIIIè siècle, même si les détails sont minimes dans le texte et livrés par petites touches on devine qu’il contrôle la presque totalité du globe. Les quelques poches de résistances disséminées par-ci par-là sur la planète se font littéralement pourchasser, harceler et broyer par les soldats surentraînés de l’Église, comparables aux Croisés de l’époque Moyen-Âgeuse.

Ce sont justement ces soldats qui vont être envoyés sur Akya, l’une des premières planètes à avoir fait les frais du Dominium Mundi. D’accord, le pape Tout-Puissant entend bien propager la bonne parole de Dieu dans toute la galaxie (un peu ouf le gars, non ?) mais il n’avait pas pensé une seule seconde rencontrer de la résistance (c’est le propre des gens trop sûrs d’eux). Les habitants d’Akya, appelés les Atamides, ne se sont pas laissés faire et les rapports disent tous que toute la colonie envoyée sur la planète a été littéralement décimée. Si le Pape insiste pour prendre le contrôle de ce gros caillou lointain à première vue inhabitable (je vous jure, y’a plus accueillant comme endroit !) c’est tout simplement parce que les colons, avant de se faire écrabouiller, ont eu le temps d’envoyer des images pour le moins troublantes : le tombeau du Christ. Sur une planète à des années-lumières de la Terre. Rien que ça.

L’idée en elle-même est juste géniale, et il se trouve que les croisades sont l’une des parties de notre Histoire que je préfère, alors coupler ça à de la S-F, qui est un style que j’adore, j’ai sauté dessus.

J’avais qu’une envie : que les Croisés débarquent sur Akya, trouvent le tombeau, et que tout explose. Ah bah oui, comment voulez-vous que les croyances persistent après ce genre de découverte ? Bon en vrai l’auteur a trouvé la combine, et ça relève limite du génie, mais j’avais justement envie de voir comme il allait se débrouiller avec tout ça.

Et ça c’est pas du tout passé comme je m’y attendais. Parce que ce livre en fait ce n’est que le premier tome et toute l’intrigue se passe à bord du Saint-Michel, merveille de technologie, vaisseau immense dont la mission est d’emmener un millier de soldats pour répandre la bonne parole de Christ (entendez par là : le sang et la mort bien sûr, comme quoi les choses ne changent jamais vraiment même à 1000 ans d’intervalle)

Au début je voyais pas trop où l’auteur voulait en venir alors que le cœur de l’histoire semble être, de par le résumé surtout, la rencontre entre les soldats de la chrétienté et les Atamides. Et c’est là que j’en viens au troisième genre de ce roman : la politique fiction. À travers les yeux de personnages à la psychologie complexe et bouleversée par la situation l’auteur va mettre à mal ce qui nous semblait à nous lecteur être une puissance stable et sûre : l’Église elle-même.

Au cours de ce voyage à travers les étoiles les personnages centraux : Tancrède de Tarente, l’un des soldats les plus fameux de cette croisade, Méta-Guerrier aux réflexes surhumains, et Albéric Villejust (pour qui j’ai eu un petit faible), enrôlé de force et pas très fervent croyant, vont se retrouver à mener des enquêtes pour tenter de déterrer un complot. Tancrède étant un soldat, il va devoir lutter contre sa propre rigidité d’esprit (il a suivi un entraînement inhumain et a donc été très violemment conditionné) et en ça il m’a beaucoup touchée même si je l’ai trouvé un peu caricatural malgré moi. Surtout vers la fin, j’avoue, suite à sa rencontre avec un personnage féminin… OK, de la romance n’était pas de trop dans ce récit complexe parce que ça m’a fait respirer un peu c’était une bonne idée, mais l’auteur a utilisé beaucoup trop de clichée pour ça. À croire qu’il a rajouté ça à la dernière minute. Bon, je suis pas très bon public en ce qui concerne la romance à la base, c’est vrai. En plus la nana je l’ai pas aimée.

Bref ! Pourquoi, malgré cette légère déception, alors que je voulais tant voir la rencontre entre humains et Atamides, j’ai tant aimé ce roman ? Parce que l’intrigue secondaire, c’est du polar, de l’enquête, et un putain de bon suspens dont les révélations, les rebondissements et les questionnements sont distillés au fur et à mesure avec beaucoup de brio. Que se passe-t-il exactement ?

Ça tue sur le Saint-Michel, et de façon plutôt violente. Meurtre horrible, disparitions discrètes qui personne ne remarque, manipulation de l’information, tout ça contribue à éveiller les soupçons chez Tancrède, et ça nous amène à comprendre que malgré sa droiture et sa foi évidente, il n’en est pas pour autant aveuglé, c’est un être humain qui réfléchit. Il est plein de questionnement, de doutes et a une grande soif de comprendre. J’aime beaucoup son état d’esprit, son caractère et sa droiture également. Un conflit moral va évidemment très vite le torturer et ça l’a rendu encore plus intéressant.

Mais j’ai quand même préféré Albéric, parce qu’il évolue d’une façon qui me plait d’avantage. Tancrède change, évolue énormément lui aussi, mais il passe d’un personnage relativement sûr de lui, fort, à quelqu’un de bien trop déboussolé, perdu sur la fin, qui va préférer la solution de facilité pour apaiser son esprit. Albéric, à l’inverse (et ces deux personnages diamétralement opposés ont une super dynamique ensemble !) passe de quelqu’un de timide et effacé à quelqu’un de combatif qui n’hésite plus à prendre des décisions.

Autour d’eux gravitent des personnages secondaires géniaux, comme les frères Tournai dont j’ai aimé les joutes verbales, sans compter qu’ils sont comme le jour et la nuit eux aussi, et Vivianne, l’un des seuls personnages féminins qui en vaut la peine. Les antagonistes aussi valent le détour, notamment Robert de Montgomery que j’ai bien aimé pour son côté pitoyable autant que dangereux.

La chose dont j’avais un peu peur honnêtement, vu le sujet, le genre et la longueur du bouquin, c’est que l’auteur en ait fait des caisses avec les descriptions (c’est une erreur que j’ai pas pu m’empêcher de remarquer chez les auteurs de fantasy et S-F d’aujourd’hui) fort heureusement le bonhomme, scénariste pour les films, les BD et les jeux vidéo, connait bien son boulot. Il nous donne finalement peu de détails, en tout cas c’est juste ce qu’il faut pour nous donner de bonnes premières directives et nous permettre d’imaginer le reste tout seul comme des grands. Il ne nous prend clairement pas pour des bébés à qui il doit tenir la main.

Vous me connaissez, j’accorde beaucoup d’importance à la fin. Et là, je n’ai qu’une chose à dire :

Putain, l’enfoiré !

Il m’a laissé là, à la dernière page, comme une abrutie ! Après des mois de voyage interstellaire passé dans le Saint-Michel à regarder Tancrède être déchiré entre sa foi chrétienne et ses certitudes, et Albéric cherchant la vérité et se révoltant contre la condition de tous ceux qui, comme lui, furent contraint par la force de participer à cette croisade, je me retrouve comme une imbécile qui comprend parfaitement qu’elle a été super bien bernée.

Parce que l’histoire s’arrête pile au moment où les croisés débarquent enfin sur Akya.

Du coup, vous savez quoi ?

Je vais devoir m’acheter le tome 2, et fissa !

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8 mois plus tard...
Et je jure sur notre galaxie, j'avais rien oublié !

Éditeur : Pocket
Parution : 2016
Pages : 960

Résumé :
2205. C’est le débarquement. Les troupes de l’Empire Chrétien Moderne se déploient dans les plaines arides d’Akya du Centaure.

À l’arrière, Albéric Villejust organise la rébellion qui gronde parmi les inermes.

De leur côté, Tancrède de Tarente et Clorinde ont retrouvé l’amour, une foi inébranlable, et comptent mener à bien leur mission, au nom du tout-puissant Pape Urbain IX. En tant que méta-guerriers, la prise de l’ultime tombeau du Christ repose en grande partie sur leurs épaules.

Mais sous l’implacable soleil centaurien, rien n’est gravé dans le marbre. Alors que les rebelles se cachent et s’organisent dans le désert, que les Atamides se révèlent plus dangereux que prévu, les luttes de pouvoir s'intensifient et des forces nouvelles s’agitent dans l’ombre. De ces zones obscures dépendront l’avenir d’Akya, des nouveaux Croisés et, à plus grande échelle, de peuples entiers…


Ah ! Que voilà une aventure que j’étais ravie de reprendre !

Dans le tome 1, même si j’avais adoré l’histoire et ce huis-clos géant se déroulant dans cet énorme vaisseau spatial, j’étais restée quelque peu sur ma faim en tournant la dernière page tant j’avais hâte de voir les croisés débarquer sur Akya. Faut dire aussi que l’auteur, dès le début du livre, nous rabâchait sans cesse que c’était l’unique but de toute cette histoire : les croisades, menées sur une autre planète.

Avec le tome 2, nous y voilà enfin ! Et l’auteur enfonce les clous en défonçant royalement tous les beaux principes de la chrétienté (si si, ils les défoncent !) en faisant passer tous les croyants de cette aventure pour des fanatiques religieux ultra-violent et idiots.

Alors. Ça peut paraître négatif dit comme ça mais ça ne l’est pas. Du moins, pas totalement. Durant ma lecture, j’étais, je le reconnais, un peu déçue de cette méthode, je me disais que s’il voulait à ce point mettre à mal les dogmes et l’aveuglement extrême de certaines religions, il aurait pu le faire de façon plus subtile. Finalement, quelques jours après avoir terminé ma lecture, j’ai réalisé que ce choix était judicieux au regard du style narratif et du genre. Oui, d’accord, il dénonce à la façon d’un homme qui veut vraiment faire passer tous les croyants pour des ignares aveugles, mais au moins comme ça le message passe, sans compter qu’il ne faut pas oublier qu’on est avant tout dans un livre de science-fiction et d’aventure. Pour répondre au mieux aux codes du genre, il faut donc de l’action, de la baston, des extra-terrestres et tout et tout (attention, je ne dis pas que TOUS les livres de SF devraient être comme ça, je dis juste qu’il s’agit des codes les plus connus du genre)

Et croyez-moi que des combats, il va y en avoir !

D’ailleurs, au début ce n’est que ça : humains VS Atamides. Une vraie boucherie. Je me demandais où l’auteur voulait en venir et s’il n’y allait pas un peu fort. Puis j’ai finalement compris vers quoi il nous menait.

Dans le tome 1, Tancrède de Tarente était l’un de mes personnages préférés. J’avais beaucoup aimé sa sensibilité malgré son image d’homme de guerre même s’il m’agaçait un peu parfois à ne pas prendre clairement de décision. Dans la suite j’ai malheureusement été un peu déçue. Non pas du personnage lui-même, il est toujours très bien au regard de ce qui lui arrive, mais à cause de la façon dont l’auteur à déroulé les choses pour lui. En toute honnêteté, j’ai trouvé que ça manquait d’originalité, et quand c’est développé dans un tel manichéisme ça a tendance à m’agacer.

Désolée, M’sieur Baranger, mais les choses ne sont en réalité pas comme vous les décrivez : non, il n’y a pas le blanc d’un côté et le noir de l’autre ; le bien VS le mal. Parfois, souvent même d’ailleurs, il y a du gris et un entre deux indécis.

Un peu plus positif maintenant : Albéric Villejust, le second personnage le plus important de cette histoire, et celui que j’avais préféré dans le tome 1, reste ici celui que j’aime le plus. Je l’apprécie même davantage.

Les quelques défauts que je lui reprochais auparavant ont disparu, il change énormément et devient un homme qui n’a plus autant peur qu’avant de prendre les décisions. Il s’affirme et j’aime beaucoup cette nouvelle image de lui, plus téméraire. Son intelligence et sa sensibilité en font quelqu’un de vraiment à part parmi tous les autres protagonistes.

Pour ce qui est des Atamides, là j’applaudis franchement l’auteur. Ce peuple extra-terrestre ne ressemble en rien à ce que j’ai déjà rencontré dans les nombreux livres de SF que j’ai lu jusqu’à présent, il a fait preuve d’une très grande originalité. J’ai beaucoup aimé découvrir leur culture, leurs coutumes et même leur particularité biologique (ou biochimique…) dont je ne peux pas trop parler ici sous peine de spoiler.

Quant au rythme du récit, il était vraiment en dent de scie. Commencer par tant d’action pour finalement sombrer dans de lentes et longues descriptions dont certaines étaient ennuyeuses sinon inutiles était assez mal géré. À la place de tout ça j’aurais apprécié qu’il nous en dise un peu plus sur la faune et la flore d’Akya par exemple. Même si nous avons eu un très bel aperçu de ce que pouvait être un « tigre-roche », le seul petit moment qui lui est consacré n’a pas étanché ma soif de savoir et mon indécrottable curiosité.

Pour ce qui est de la fin, je dois reconnaître qu’à elle toute seule elle rattrape les quelques petits points négatifs que j’ai relevé. L’auteur a eu une riche idée (quoi qu’un peu tiré par les cheveux, mais pourquoi pas !) et a su admirablement bien la développer. Sans compter que je ne m’attendais pas du tout à ce que le Saint-Michel, le vaisseau qui les a menés de la Terre à Akya, ait à nouveau son utilité. 

Et pour ce qui est de l’histoire d’amour entre Tancrède et Clorinde, alors ? Bah elle m’a tellement peu intéressée que j’ai pas grand-chose à en dire, si ce n’est que j’aime plutôt bien comment ça fini entre eux, voilà !

Bref, du bien, du moins bien et du très bien pour ce livre, ce qui nous donne un diptyque ma foi fort génial ! Si vous êtes féru de science-fiction qui sort de l’ordinaire tout en restant sur les rails des codes du genre, ne passez pas à côté !

Mes autres chroniques de S-F :