Affichage des articles dont le libellé est Historique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Historique. Afficher tous les articles

26/05/2020

Vous saviez que l'allergie aux feuilles de fraises ça existait vous ?


C'est ce qui s'appelle prendre un gros coup de pied au cul !

Sans transition :

Éditeur : Le Tripode
Parution : 2013
Pages : 470

Résumé :
Voici l'histoire du dernier des hommes qui parlait la langue des serpents, de sa sœur qui tomba amoureuse d’un ours, de sa mère qui rôtissait compulsivement des élans, de son grand-père qui guerroyait sans jambes, d’une paysanne qui rêvait d’un loup-garou, d’un vieil homme qui chassait les vents, d’une salamandre qui volait dans les airs, d’australopithèques qui élevaient des poux géants, d’un poisson titanesque las de ce monde et de chevaliers teutons épouvantés par tout ce qui précède...


Ces quelques lignes en 4ème de couv nous promettent soit du nawak soit du lourd niveau imaginaire. J’ai une révélation à vous faire : il s’agit là d’un mélange subtil, intelligent et audacieux des deux. Et plus encore, à vrai dire.
Leemet, le narrateur et personnage principal, est celui dont parle le titre : l’homme qui savait la langue des serpents. De base, c’est assez inattendu, mais pour toute personne connaissant un tant soit peu Harry Potter (oui, j’ose évoquer le Fourchelangue) pas aussi déstabilisant qu’il y paraît. Et pourtant, ce Leemet, avec cette capacité qu’il a de discuter avec les vipères royales, n’est en réalité pas le personnage le plus surprenant et loufoque de ce roman indéfinissable, énorme pavé dans la mare littéraire.
Véritable épopée historique qui fait penser aux croisades, fresque chevaleresque, satire religieuse, aventure d’une vie mêlant habilement fantasy, fantastique, romance et gothique, le tout saupoudré d’un humour mordant toujours inattendu qui peut faire rire aux éclats mais auquel se mêle parfois une violence qui fait frémir.

Ce que l’auteur nous propose est unique, plein d’une audace rarement vue. Le début est pourtant relativement calme, presque banal : Leemet est un petit garçon qui assiste à une cérémonie religieuse qui l’ennui et qui préfère s’amuser, comme n’importe quel petit garçon. Mais il grandit et finit par comprendre que la religion n’est pas qu’ennuyeuse quand on ne la comprend pas : elle peut aussi être dangereuse.

Nous voyons tout un monde s’effacer, disparaître petit à petit à travers ses yeux et on se sent aussi impuissant que lui face à la modernité qui chasse le passé sans aucun remord, avec violence, incapable de s'accorder avec les valeurs ancestrales bien plus anciennes qu'elle. L’obscurantisme total évoqué ici, à travers ce monde moderne qui s’installe à la lisière de la forêt où vit Leemet, est effrayant, bien plus effrayant que les hommes de son peuple qui parlent la langue des serpents, que ceux qui possèdent, comme les reptiles, des crochets venimeux, ou encore les ours qui lorgnent après les jeunes filles, ce Sage qui voue un culte sanglant aux génies des bois dont on doute de plus en plus de l’existence…

Oui, au fil du récit c’est un monde toujours plus étrange que nous dévoile l’auteur et pourtant on accepte tout ce qu’il dévoile sans protester. C’est incongru ? Oui, évidemment, mais c’est amené avec un tel art de l’écrit, du conte et de la narration que cela semble s’imbriquer parfaitement dans son univers, le nôtre ; un univers qu’on a l’impression de connaître tant tout est fluide et naturel, mais qu’on découvre pourtant totalement. Après 400 pages, on en découvre encore et on n’a pas fini d’être surpris.

Les hommes de la forêt parlent aux serpents ? D’accord, dis-nous-en plus. Ils traient des louves et se nourrissent de leur lait grâce à cette langue qui fait obéir la majorité des animaux, sauf les hérissons et les fourmis qui en sont sourd ? Si tu le dis ! Allez, j’en veux encore. Les ours parlent, eux aussi, cette fameuse langue, et aiment séduire les femmes, toujours attendries par ces énormes plantigrades énamourés ? Je veux bien ! Qu’est-ce que t’as d’autre à me proposer ? Une créature qui vit au fond de l’océan et n’en remonte que tous les 1000 ans pour reprendre sa respiration ? Des anthropopithèques qui élèvent des poux, dont un de la taille d’un cheval ? Un sorcier qui capture les vents dans des sacs ? Une salamandre géante qui dort sous terre ?

Au bout d’un moment, j’en voulais juste plus, j’en voulais encore.

L’auteur semble nous nourrir de son imaginaire foisonnant mais il n’en oublie pas de garder un pied dans la réalité. Car, comme je le disais, la modernité chasse le passé à coup d’épées, d’aveuglement religieux et petit à petit l’imaginaire disparaît, la magie aussi, remplacés par la sanglante réalité d’un monde obscur, plongé dans les ténèbres de l’ignorance en étant pourtant persuadé de tout savoir grâce à un dieu de cruelle bonté : Jésus.
Si aucune date précise ne nous est donnée on peut donc quand même situer cette histoire au début de l’époque médiévale. On en arrive même à penser que, peut-être, tout ceci a réellement existé tant le talent de l’auteur est grand (et celui du traducteur aussi, qui a su rendre toute la puissance narrative de ce conte éternel !)
Il est difficile de parler d’une œuvre comme celle-ci. J’ai lu une admirable chronique que je vous partage ici.
Je ne me sens pas vraiment de taille à détailler une telle histoire. Sachez simplement qu’il est question de Leemet, l’homme qui savait la langue des serpents, qu’il est plein de courage, de détermination. Pourtant, tout ce qu’il entreprend pour tenter de sauver son monde qui s’efface paraît impossible, comme s’il tentait d’attraper la fumée du passé avec ses mains.

L’auteur fait désormais partie des meilleurs de mon répertoire de livres lus, et je lirai les autres titres de sa bibliographie sans hésiter.

Petit clin d'oeil à une amie qui a réussi à en parler mieux que moi : l'ours bibliophile !

04/08/2019

En direct des vacances, Syl s'agace !


Bordel bordel bordel bordel bordel bordel… Je vois pas quoi dire d’autre.


Éditeur : Folio
Parution : 2011
Pages : 683


Résumé :
Complots, trahisons, vengeances, mais aussi amitiés loyales et amours passionnées.... Shigeru grandit dans l’ atmosphère oppressante du chateau de Hagi, fief du Clan des Otori dont il est l’héritier. Il a l’étoffe d’un chef, un caractère noble et droit, une éducation accomplie qui le portent à régner. Mais il doit faire face aux appétits de conquêtes de son voisin, l’ambitieux Iida, et aux machinations et traîtrises de ses propres oncles. À la sanglante bataille de Yaegahara, son destin semble scellé. Pourtant, préparant dans le secret sa revanche , Shigeru attend son heure - lorsqu’il apprend qu’un jeune garçon vivant dans les montagnes lui ressemble étrangement...



Ah ça partait pourtant bien. Très bien même. Shigeru, le héros de cette aventure, était mon personnage préféré dans le premier tome de la trilogie principale de cette série, il était même carrément le seul qui, à mes yeux, en valait vraiment la peine (ce qui explique sans doute mes énormes déceptions à la lecture des deuxième, troisième et quatrième volumes)

Dans « Le fil du destin » on le découvre totalement, depuis son enfance alors qu’il est âgé d’environ quinze ans, jusqu’à sa rencontre avec Takeo qui marque le début du « Chant du rossignol ». Ce genre de personnage pétri d’honneur, courageux, plein de noblesse quoi qu’entêté et impatient, qui en plus de ça évolue pour devenir encore bien meilleur au fil des pages, j’adore. Shigeru a ses défauts et ses qualités et pourtant assez de recul sur lui-même pour mettre tout en œuvre afin d’effacer les traits de caractère qui pourraient lui porter préjudice autant à lui qu’à sa famille ou, plus largement dans cette histoire, à tout le clan des Otori.

Au bout d’un moment, il en devient sans doute un peu trop parfait, un peu trop passif à force d’attendre son heure, mais j’en ai jamais cessé de l’aimer.

Ouais.

Alors, c’est quoi qui a merdé exactement ?

Le rythme de ce récit est proprement dégueulasse, merde ! Pardon, mais j’en ai ras-le-bol. Les intentions de l’auteure me paraissaient claires au début, j’étais très contente en imaginant ce qu’elle voulait développer (tout un pan de l’histoire de Shigeru resté obscur, c’est-à-dire ce qui a provoqué sa rébellion) et en fait, je me suis plantée. Bien avant la moitié du bouquin, Lian Hearn s’encrasse dans un enchaînement de palabres, de réflexion et de face à face d’un ennui mortel avec des personnages clairement ennemis qui n’en finissent pas de se regarder dans le blanc des yeux. Très vite j’ai compris ce qu’elle faisait : en fait, avec ce livre elle prépare simplement le terrain, met tout le contexte en place, tend la situation à l’extrême et puis… les personnages n’ont plus qu’à attendre que Takeo arrive. Les bonds dans le temps n’en finissent pas et ça perd totalement à la fois de son charme et de sa logique puisque j’en suis arrivée à me demander comment les choses n’ont pas dégénérées bien avant. Ouais OK Takeo est le héros number one de toute cette série, je sais bien, mais dans ce cas pourquoi écrire sur Shigeru si c’est pour le laisser assis quelque part en attendant que l’autre arrive ?!!

Pourquoi je me suis farcie l’autre moitié de ce bouquin alors ?

Shigeru se décide enfin à agir et jure de faire payer ses oncles suite à une tragédie qui va faire de lui l’homme d’action qui n’a peur de rien qu’on découvre dans le tout premier tome. Je voulais la (re)voir, cette tragédie, car j’avais complètement oublié comment ça se déroulait (ma première lecture de ce truc datant de 10 ans), et quand je l’ai lu, à la toute fin, je me suis dit que c’était normal en fait que je l’ai oubliée. Et puis après j’ai ragé, parce que ça tombe complètement à l’eau ; cet événement, ultra important dans la vie de Shigeru est absolument nullissime, mis en scène de façon ennuyeuse. C’est pourtant lui qui a tout provoqué, bordel, lui qui transforme totalement Shigeru, alors pourquoi faire comme ça ?!! Pourquoi, putain ?!!

Quand j’ai lu ça je me suis dit qu’en fait cette lecture avait été une abominable perte de temps. Encore une fois la fin est naze, sans aucune saveur.

La seule chose à la limite dont je garde un bon souvenir c’est la belle relation entre Shigeru et Naomi. Si, dans le trilogie principale, Kaede m’énervait au plus haut point (et encore, je suis gentille, parce qu’en vrai j’avais juste envie de lui éclater la gueule par terre chaque fois qu’elle apparaissait), j’avoue avoir beaucoup aimé la figure féminine de ce tome-ci. Naomi est à la fois pondérée, noble, décidée et courageuse, mais aussi réfléchie et passionnée à la fois. Elle est complexe et c’est le genre de personnage qui pourrait beaucoup inspirer les femmes, peu importe les époques. L’histoire d’amour qu’elle vit avec Shigeru est aussi là bien meilleure que celle de Takeo et Kaede. La façon dont ils tombent amoureux est belle, c’est lent et ça évolue au fil des années. J’avais beaucoup de respect pour ce couple.

En gros, je pourrais conclure comme ça : les personnages étaient géniaux, l’histoire aurait pu être superbe mais encore une fois l’auteure n’a pas su faire son boulot et s’est contentée de lister des faits et des événements qui auraient mérité d’être racontés et décrits. Très bonne historienne, sans doute, cette Lian Hearn, mais très mauvaise conteuse.

Adieu !

D'autres avis sur


Non, vous ne rêvez pas, je me suis vraiment farci 5 livres 10 après les avoir lus pour la première fois, simplement parce que je suis une foutue têtue.

Du coup, je les ai virés de ma bibliothèque maintenant. C’est bien, ça fait de la place !


Ça donne ça :

25/05/2019

10 ans plus tard.

En vrai ce bouquin je l'ai fini en janvier je crois bien, mais j'étais tellement vénère qu'en le refermant j'ai préféré l'oublier et oublier cette chronique. Oublier aussi que j'avais adoré cette série au-delà du possible il y a quelques années.

Je suis sûre que vous voyez de quoi je parle !

Editeur : Folio
Parution : 2008
Pages : 748

Résumé :
Seize ans ont passé… Takeo et Kaede font régner sur les Trois Pays la paix et la prospérité. Leur fille aîné, la belle Shigeko, promet d’être une héritière digne d’eux. Mais cette harmonie est en danger. Certains membres de la Tribu n’ont pas renoncé à leur vengeance, des guerriers forts de l’appui de l’empereur convoitent le pouvoir, les étrangers arrivent avec leur religion et leurs armes à feu et le fils caché de Takeo, que la prophétie désigne comme artisan de sa mort, a grandi. Les ressorts de la tragédie sont en place…



Ce genre de déception est bien plus difficile à digérer que quand vous êtes simplement déçue par un livre que vous découvrez. Relire quelque chose que vous avez aimez et ne pas/plus comprendre pourquoi vous l'avez tant aimé, c'est déroutant et énervant. Là, je ne sais pas contre qui je dois m'énerver. Moi, ou l'auteure ? Qu'est-ce qui a bien pu m'arriver dans ma vie pour que je déteste à ce point "Le clan des Otori" ?

C'est vrai qu'en 10 ans j'en ai vécu des situations difficiles, mais il suffit de peu de choses pour vous transformer. Oui parce que relire des livres, ça a une signification hautement plus importante que simplement le "pour se faire plaisir". C'est aussi une façon de découvrir votre propre évolution psychologique et vous amener à vous interroger sur vous-même. Pendant ma lecture, je n'arrêtais pas de repasser dans ma tête ces quelques années qui se sont écoulées depuis ma découverte de cette série. Je suis revenue sur pas mal de choses et j'ai réalisé que oui, effectivement, j'avais énormément changé, et que parfois (presque toujours, d'ailleurs) vos goûts et vos préférences ne suivent pas ce changement. Fort heureusement, d'autres les remplacent, et les passions les plus fortes vous suivent plus longtemps. Je suis persuadée, tout au fond de mon petit cœur noir tout sec, que certaines m'accompagneront toute ma vie.

Mais pas "Le clan des Otori". Tout comme "Eragon" a fini par me quitter, lui aussi.

Attention, je vais parler de ce livre avec beaucoup d'acidité. L'histoire traîne en longueur, il ne se passe rien d'autre que des introspections ennuyeuses qui n'aboutissent à rien, même pas à une fin digne de ce nom. Un peu d'action aurait pu sauver tout ça, mais l'auteure n'a pas su doser et le peu de choses susceptibles de réveiller un tant soit peu mon intérêt ne durait que le temps d'un pet. Nan mais sans déconner, préparer une bataille importante pendant 10 plombes et la boucler en deux paragraphes, c'est pas du foutage de gueule ça ? Tout comme la trilogie de base, la fin est très, très mauvaise ! Je ne parle pas de l'événement ou de la situation, car j'ai aimé ce qu'il se passe, ce qui m'a énervée au-delà du possible, c'est la façon dont ça se passe. Autrement dit : l'auteure ne sait absolument pas raconter les choses. Comme historienne, je suis sûre qu'elle doit être très bonne, mais comme conteuse d'histoire, c'est autre chose.

Les personnages de Kaede et Takeo étaient là aussi ultra agaçant. Kaede plus que jamais. Au début, je trouvais que leurs enfants relevaient un peu le niveau, notamment les jumelles qui ont des personnalités très intéressantes, mais soit leur évolution ne m'a absolument pas plu, soit elles n'évoluent carrément pas. Et les autres personnages qui gravitent autour de cette famille ne sont tellement pas mis en avant que j'ai oublié à la fois leur nom et leur utilité dans l'histoire.

Je ne dis pas que tout est bon à jeter dans ce livre. Pour ceux qui le découvrent, c'est de la bonne aventure saupoudrée d'historique et de fantastique. Mais pour moi, qui redécouvre un quasi coup de cœur d'adolescente ? Bah c'est de la merde.

Et vous savez quoi ? Le pire c'est que le relis quand même le tome 5. Je suis dingue ou quoi ?

26/12/2018

Joyeux Noël, Banannée, pommes sautées, toussa

J'aime bien cet instant entre deux fêtes. Pile celle où on est. Noël vient de passer, on sait que le Nouvel An approche, on est dans une attente fébrile de pouvoir se bourrer la gueule sans complexe (moi, surtout, parce que je viens de découvrir le goût paradisiaque du Sauternes !) et la semaine passe sans qu'on la voit.

Alors quoi de mieux qu'un bon livre pour marquer cette petite période de façon plus prononcée ?

Editeur : Pocket
Parution : 2013
Pages : 691

Résumé :
Un labyrinthe qui cache un secret, une conteuse victorienne dont l'oeuvre a disparu, trois générations de femmes unies par une même histoire… En 1913, sur le port de Brisbane, en Australie, une petite fille de quatre ans est retrouvée abandonnée sur un bateau arrivant d'Angleterre, avec pour tout bagage une valise contenant quelques vêtements et un superbe livre de contes de fées. Recueillie par un couple, elle n'apprend son adoption que le jour de son vingt et unième anniversaire. Des années plus tard, Nell décide de partir à la recherche de son passé, en Cornouailles, au domaine de Blackhurst. À sa mort, sa petite-fille Cassandra poursuit cette quête et se rend à son tour en Angleterre afin de percer les secrets du domaine… 

Ode au pouvoir de l'imaginaire. Voilà. Techniquement je pourrais arrêter la chronique ici.

Kate Morton a un don incroyable pour nous livrer des histoires prenantes, mystérieuses, empreintes de mysticisme, matinées d'un peu de fantastique, d'historique, et surtout d'un gros secret.

C'est le deuxième livre que je lis d'elle et je ne suis pas déçue. Je ne me souviens pas exactement pourquoi je n'ai pas mis de coup de cœur sur "Les heures lointaines", et j'ai un peu la flemme de relire la chronique (j'ai la gueule de bois en même temps) donc ce sera à vous de me dire, mais là si je ne le mets pas c'est parce que je n'ai pas pu m'empêcher de trouver quelques grosses similitudes entre les deux bouquins.

Nous suivons plusieurs femmes à travers les époques : Eliza en 1900, Nell en 1975 et Cassandra en 2005, toutes trois liées par quelque chose de très fort, presque une tragédie, et des désirs communs, entre l'écriture, la recherche de la vérité et des origines, et la peinture. Toutes les trois sont des créatrices, des artistes, brutalisées, presque traumatisées par la vie, mais qui se battent tout de même. En cela, les figures qu'elles incarnent sont fortes quoiqu'un peu stéréotypées. Je dois reconnaître que l'auteure passait parfois tellement vite de l'une de ces femmes à une autre que j'ai eu du mal, au début, à me lier à l'une d'elle, je trouvais qu'elles manquaient de profondeur. Puis après je me suis souvenue que j'avais plus ou moins ressenti la même chose avec "Les heures lointaines" et, comme je le pensais, ça s'est arrangé après quelques pages. Finalement, je les ai trouvées géniales, et Cassandra en particulier.

Mais le gros point qui m'a, je l'avoue, un peu fait grincer des dents, c'est le fameux domaine de Blackhurst, château sombre noyé par les états d'âme de ses occupants à la limite de la dépression. Ca m'a énormément rappelé Milderhust, grand manoir inquiétant, étouffant, qui donnait tout le ton fantastique dans "Les heures lointaines". Les deux sont très semblables, la façon dont l'auteure se sert d'eux comme des personnages parfois à part entière aussi. Franchement, ça a un peu gâché ma lecture, parce que je pouvais pas m'empêcher de me dire parfois qu'elle les avait construit sur le même modèle. Je ne sais pas trop pourquoi ça m'a gêné, mais ça m'a gêné !

Heureusement, la force du récit, du mystère, et le poids des mots ont tout rattrapé. J'ai été happée de la même façon et par les mêmes choses qu'à ma lecture des "Heures lointaines". Je ne saurai pas l'expliquer, mais la densité de l'histoire et la complexité historique me tenaient totalement. L'époque de la fin du XIXème siècle m'a toujours beaucoup plu, et le fait que ça se passe ici quasiment en huis-clos donnait un aspect nouveau pour moi. Les chamboulements et changements semblent loin dans Blackhurst dont les habitants vivent presque repliés, en autarcie. Mais, c'est bien connu, on est toujours rattrapé par son époque.

Plus simplement, je pense que le style de l'auteure me convient totalement. Elle prend son temps, on danse d'un protagoniste et d'un flashback à l'autre, et j'aime faire preuve de patience avec elle, ses personnages, et les secrets qu'elle veut nous livrer. J'ai hâte de lire un prochain livre d'elle !

D'autres avis sur

Livre lu dans le cadre du Cold Winter Challenge !

Il est là :
CWC, 3ème !!
La Servante Ecarlate, tu connais ?

11/05/2018

Il était une fois une Syl qui se prend une grosse baffe !

Tous les ans, à chacun de mes Bilan/Objectifs, je fais une liste de livres déjà lus, adorés, que j'aimerais relire. La plupart parce que je ne m'en souviens pas trop, outre le ressenti global, et les autres parce que c'est l'inverse : j'aime à fond, je sais pourquoi et j'ai envie de me régaler avec un livre qui me plaira forcément !

Mais j'y arrive pas toujours. L'an dernier j'en ai relu aucun, alors que l'année d'avant je m'étais rebouffé la série de "L'Héritage" de Paolini et, en gros, j'avais nettement moins aimé qu'à ma première lecture qui datait de 10 bonnes années.

Bah là, viens de m'arriver la même chose, et non seulement c'est con, mais en plus ça me gave un brin.

Éditeur : Gallimard
Collection : Folio
Parution : 2003
Pages : 370

Résumé :
Dans sa forteresse d’Inuyama, l’impitoyable seigneur Iida Sadamu, du clan des Tohan, assure sa protection grâce au “parquet du rossignol” qui conduit à sa chambre. Construit avec un art consommé, ce parquet chante au moindre effleurement d’un pied humain. Aucun assassin ne peut le franchir sans qu’Iida l’entende…
Au XVIème siècle, dans un Japon médiéval mythique, le jeune Takeo grandit dans un village tranquille, au sein d’une communauté qui condamne la violence. Mais cette communauté est victime de persécutions, et les habitants du village de Takeo sont massacrés par les hommes d’Iida. Sauvé et adopté par sire Shigeru, chef du Clan des Otori, le jeune garçon se trouve plongé dans un univers d’intrigues et de luttes violentes entre les clans de ce Japon féodal.
Animé par son désir de vengeance et son devoir de loyauté, transporté par l’intensité de son amour pour la belle Kaede, Takeo devra trouver sa propre voie.
Sa quête le conduira derrière les murailles d’Inuyama, où il devra franchir le parquet du rossignol… cette nuit-là le rossignol se taira-t-il ?


Tout s'est plutôt bien passé durant, disons, le premier tiers du livre. Ensuite, ça a été la chute.

Genre une terrible chute libre jusqu'au crash le plus douloureux qui soit.

Je remets dans son contexte : l'univers est celui d'un Japon féodal mâtiné de fantasy, avec de l'aventure, des mystères, une vengeance, un peu de magie, des personnages qui apparaissent charismatiques quand on les rencontre et puis la construction en elle-même a déjà fait ses preuves. Mais si, vous voyez ce que je veux dire ! Celle d'un jeune garçon qui perd tout avant d'être pris en main par un mentor qui va lui redonner l'espoir, lui offrir un but, une quête initiatique, toussa. Genre c'est comme ça qu'est construit Star Wars par exemple, ou Harry Potter ou encore, histoire de pas perdre le fil de ma démo : "Eragon".

Donc bon, le début ça marchait bien pour moi ! D'autant que je gardais un très bon souvenir de ma première lecture, faite 9 ans plus tôt. J'ai ressorti le bouquin de ma bibliothèque, qu'il n'avait jamais quitté, c'est dire ! (Ceux qui me connaissent bien savent que je garde rarement les livres, sauf si je les ai vachement adorés) J'étais contente que mon ressenti soit globalement le même. Takeo me plaisait beaucoup, Shigeru m'a tout de suite séduite comme la première fois, et Kaede me laissait vaguement indifférente, comme la première fois aussi (moi et les personnages féminins, hein, c'est compliqué)

Pourquoi ça a cassé alors, et à quel moment ?

C'est trop lisse. En fait, j'ai fini par me rendre compte que ce livre ne se démarquait en rien d'autres qui étaient bien meilleurs. Je ne dis pas qu'il est nul. Il est bourré de qualités, très bien écrit (et traduit aussi, ça joue faut pas l'oublier) et distrait efficacement.

Oui mais voilà, pour moi ça ne suffit pas. Les gentils sont trop gentils, sans beaucoup de défauts (mis à part un léger entêtement de la part de Shigeru qu'il semble transmettre à Takeo) et les méchants très méchants, sans grisaille. Des personnages qui ont, pour moi, manqué de profondeur ! Et puis les trahisons qu'on voit venir grosses comme des 35 tonnes... nan le mieux c'est que j'en parle pas de ça !

Le problème est là : je l'ai lu il y a 9 ans, à une époque où je commençais seulement à découvrir le bonheur de me passionner pour la lecture (oui, c'est quelque chose qui m'est venu assez tard) Cette série fait donc partie des premières que j'ai découvert dans ce genre. Depuis, j'en ai lu bien d'autre ; des univers qui offraient bien plus d'horizons que ce "Silence du Rossignol", des histoires bien plus originales, qui savaient se démarquer par ce qu'elles apportaient de nouveaux. Avec les Otori, c'est trop convenu, vu et revu. Rien de neuf pour moi quoi.

J'ai aussi senti quelque chose d'étrange, comme si l'auteure n'avait pas assumé le côté quelque peu jeunesse de son livre par cette construction dont je vous parlais et les facilités. Du coup, elle a rajouté des choses assez crues, notamment dans la violence et le sexe qui, de mon point de vue, cassait complètement le style.

/!\Attention spoilers/!\
Le pire de tout je crois ça a été la rapidité de certaines choses qui, selon moi, demandent normalement du temps. Du coup, c'était fade alors que ça aurait pu apporter quelque chose de bien plus développé ! L'initiation de Takeo a été la première. Le gamin est un paysan ignorant pendant les 15 premières années de sa vie, et boum, tout à coup il se découvre des dons par dizaines, se révèle patient, un tueur unique de par son ascendance, avec un grand sens de l'honneur ? Non. Pourquoi ne pas s'attarder un peu sur son apprentissage ? Lui et Kaede se regardent dans les yeux une fois et tout à coup leurs âmes sont liées, ils sont amoureux jusqu'à la mort ? Non plus. Pourquoi ne pas les confronter un peu avant, créer un face à face autre que le "ouah elle est trop belle !" ? J'ai pas compris comment ni pourquoi ils tombaient amoureux, ça a été foutu dans le bouquin là, au milieu, comme un chien laisse sa crotte sur les pavés. Et ça me met en boule !
/!\Fin du spoil/!\

Est-ce que je prends le temps de parler de la fin que j'ai trouvé précipitée et où j'ai pas pu m'empêcher de me dire : "tout ça pour ça ? Mais c'est du réchauffé !!!" Ouais ? Nan, on va éviter.

Le plus bizarre dans tout ça, c'est que ça marche. Je suis allée jusqu'au bout parce que les pages défilent malgré les choses qui vont trop vite coupées par des descriptions de paysage qui se répètent un peu. Ça se lit, quoi. En vrai j'en attendais peut-être trop.

Néanmoins, je ne perds pas espoir ! Il se trouve que je ne me souvenais absolument pas de ce premier tome, tout ce dont j'étais sûre c'était que la série entière (5 livres en tout donc) m'avait beaucoup plu, mais l'histoire de ce bouquin-là m'était totalement sortie de la tête, je n'en avais vraiment aucun souvenir. Je me dis que si j'ai tant aimé la série dans son ensemble, c'est certainement parce qu'elle gagne en maturité stylistique et scénaristique (ouais je sors les grands mots, ça rigole plus !) au fil du temps.

Vous avez bien compris : je ne vais pas baisser les bras et lire les autres. Alors prenez garde, vous allez en bouffer du Otori !

D'autres avis sur
https://www.livraddict.com/biblio/livre/le-clan-des-otori-tome-1-le-silence-du-rossignol.html


Le truc le plus cool en fait dans toute cette histoire, c'est que je l'ai lu en commun avec une pote ! J'aime beaucoup les lectures communes et on a échangé nos ressenti au fur et à mesure de notre avancée. Le mois prochain on se fait le tome 2 ! J'ai hâte d'y être, chère amie Cyan !

Update du 6 juillet 2018
(et en vrai, il me reste quelques pages à lire pour le finir…)

Mais je peux déjà vous dire que mon ressenti est le même que pour le tome 1 : je me suis ennuyée. Voire plus, peut-être. Tous les éléments en suspens n'ont pas bougé. Rien n'a bougé en fait. Et le peu qu'il s'est passé était ennuyeux. Les personnages intéressants se sont volatilisés, ceux qui restent sont chiants. Je comprends de moins en moins pourquoi et comment j'ai pu aimer cette série il y a 10 ans !


Update du 25 août 2018
(facepalming et masochisme primaire, bonjour !)

Nan mais à ce point-là, c'est que j'aime me faire du mal ! Ce bouquin a été une horreur à lire. Alors que les précédents étaient hyper lents et parfois trop contemplatifs, voilà que l'auteure a foutu dans celui-là toute l'action, comme si elle voulait s'efforcer de tout conclure simplement parce que le mot "trilogie" ça fait chouette sur la couverture. J'avais envie de me pendre, sérieux. Je vous parle même pas de Kaede, qu'a tout simplement giclé de l'histoire ! Alors d'accord, elle m'agaçait dans les 2 premiers tomes, mais au moins elle était là !! Voilà qu'ici elle se transforme en princesse en détresse con comme un pied de table. Au secours ! Mais c'est rien comparé à Taeko. Lui, il est champion en titre de la connerie. Mais heureusement qu'un personnage malin et super utile arrive toujours pour le sortir de la mouise, parce que sinon cet abruti ce serait noyé dans sa soupe miso depuis longtemps. Puis sans déconner, c'est quoi cette fin ? Trois tomes pour que ça finisse comme ça. L'auteure se fout de notre gueule ! La tentative était bien, les idées étaient bonnes, mais putain, elle a tout foiré ! C'était de la merde, voilà. Et vous savez quoi ? Je vais quand même le tome 4. Je sais, là y'a du niveau dans le genre automutilation, mais je me dis que je suis plus drôle quand je râle sur un truc que j'ai pas aimé, et y'a pas assez d'avis négatifs sur ce blog. Je m'inflige ça pour lui. Si c'est pas beau.

Pour découvrir mes avis sur le tome 4 et le tome 5 : ici et .
Oui parce que j'ai préféré leur faire une chronique perso à chacun. Juste comme ça.

Badaboum :
Et hop, un Brontë !
Les Goonies, juste parce que je les aime.
Et puis ça.

31/07/2017

Tout, tout, vous saurez tout sur les chinois !!

Je ne sais même plus comment j'ai fait pour me retrouver avec une trilogie aussi énormantesque (si si ça existe) dans ma PAL ...
Je les ai acheté, ça c'est sûr ('fin j'veux dire, j'l'ai pas volé et on ne me l'a pas offerte non plus), mais je ne me souviens plus quand ni même ce qui m'a décidé à le faire, parce que bon c'est pas un best seller en France ce truc. J'en ai entendu parler bon sang ?
M'en rappelle pas.
Mais je pense que "L'étonnante aventure des Brigands Justiciers de l'Empire du Milieu" de Philippe Videlier, que j'ai lu à sa sortie en 2012 y est pour quelque chose, car je crois me souvenir qu'il y a pas mal de références dedans, sans compter que les chapitres sont construits de la même façon.

Ca arrive parfois. Non ? Ca ne vous est jamais arrivé ? Fichtre.


Editeur : Flammarion
Parution : 2009
Pages : 640

Résumé :
Chine, IIIème siècle. La dynastie des Han touche à sa fin. Les Trois Royaumes : Wei, Chou et Wou peinent à s'entendre et les rivalités sont vives. Tout commence quand Ts'ao T'sao, grand seigneur de la guerre, envahit le royaume de Wou avec ses millions de soldats. Souen K'iuan et Lieou Pei, ennemis de toujours, s'allient alors pour l'affronter, sur terre et sur mer.
Véritable Iliade chinoise, cette extraordinaire saga retrace les destins de héros mythiques tels Lieou Pei, modèle de vertu et de loyauté, Ts'ao T'sao, cruel et calculateur, Tchou-Ko Leang le sage ou encore Kouan Yu le guerrier. Roman-fleuve rythmé par les batailles et les ballades poétiques où s'entremêlent mythe et histoire, Les Trois Royaumes est un classique de la littérature asiatique, transmis de génération en génération et aujourd'hui un chef-d'oeuvre incontesté de la littérature mondiale.
Ses personnages sont aussi familiers aux Chinois que nos trois mousquetaires, et l'inquiétante figure de Ts'ao Ts'ao a troublé les rêves de maints petits Chinois de treize ans, comme le cardinal de Richelieu est venu effrayer notre enfance.



Difficile de parler d'une telle œuvre, sans compter que je n'ai lu que le premier tome pour le moment, mais va falloir que vous fassiez avec.

Bon, je vous le dis tout de suite : ça n'a pas été une lecture facile ! De toute façon, quand je l'ai sorti de mon bocal à anchois le mois dernier (car oui, il s'agit de ma lecture BookJar tirée à la fin du mois de juin) je l'ai dit tout de suite que ça n'allait pas être simple. Et de fait, ça ne l'a pas été.

Ca m'a énormément fait penser à la série des "Rois maudits" de Druon que je suis en train de lire (j'en suis au tome 5 si j'dis pas de connerie) tant c'est épique. J'avoue que l'aspect historique est ce qui m'a le plus fasciné, bien davantage que les personnages, leurs histoires ou mêmes les problèmes qu'ils vont avoir. Ce IIIème siècle chinois m'a beaucoup intéressé malgré ses complexités et j'étais totalement fascinée par les traditions et autres trucs de ce genre.
Ce qui est un peu con c'est que je sais que je vais avoir plus de facilité à vous parler des quelques défauts de ce texte que de ses qualités... comme quoi on retient toujours plus facilement le mauvais que le bon (séquence philosophico-merdique bonjour !). C'est un récit de guerre pur et dur. Limite on dirait un peu "L'art de la guerre" de Sun Tzu. Comment ça vous ne connaissez pas ?! Nan mais si en plus mes références vous disent rien, j'vais pas y arriver moi ! Ce que j'adore dans tout ça, c'est que tout est vrai ! Bon, sans doute pas toutes les batailles, à mon avis l'auteur a fait pas mal de rajouts sortis de son imagination, mais après quelques recherches personnelles j'ai plus ou moins compris que la dynastie des Han avait presque disparu à cette époque et pour les mêmes raisons que celles évoquées dans le synopsis de ce livre, et j'ai toujours trouvé ce genre de chose passionnante. Nous sommes donc en présence d'un récit historique écrit à la façon d'un roman !

Au début, je ne vous cache pas que j'ai été déroutée, car les face à face s'enchaînent, sans compter les mises à mort et les combats, les uns après les autres, entrecoupés de moment de calme bref, sans qu'une chronologie exacte ne nous soit donnée, je me suis donc retrouvée à la moitié du bouquin à réaliser que presque 15 années s'étaient écoulées ! En tout cas, c'est ce que j'ai compris ...

Mais ce manque de repère n'est finalement pas très grave, car le lecteur peut déduire lui-même, s'il est pas trop con (et manifestement je l'ai été) du temps qui passe grâce aux personnages qui voyagent et aux quelques dialogues qui peuvent nous faire comprendre que ça fait un long moment qu'ils ne se sont pas vus.

Les personnages maintenant, je vais un peu en parler. Oui, un peu, parce que finalement mis à part leur physique, leurs noms, et leur caractère, on en apprend pas des masses les concernant. L'intrigue est tellement dense et intense que les personnages ne sont finalement que secondaires dans cette œuvre. En plus, je les ai trouvé un peu manichéen, il y a les méchants d'un côtés et les gentils de l'autre, j'avoue que c'était dérangeant mais comme ils ne sont finalement là "que pour" servir l'histoire, c'est pas bien grave au fond.

Ah oui, un petit truc pour finir : je vous préviens, si vous voulez lire cette œuvre stupéfiante, ne prenez pas les éditions Flammarion !!! C'est une horreur ! Bon, moi j'ai pas trop le choix de continuer avec eux puisque j'ai acheté les 3 tomes directement, mais si j'avais pu changer d'éditeur pour les 2 autres, je l'aurais fait sans hésiter ! Entre la 4ème de couv et le récit, les noms des personnages n'ont pas la même orthographe ! Lieou Pei devient Lieou Pi (bon ça, ça va encore, la différence est pas bien grande, j'ai vite compris moi-même que c'était le même gars), mais pour d'autres c'est plus chiant ! Ce qui est con de ma part c'est que, si je les remarquais sur le coup, j'ai oublié de les noter ... Bon, il y a peut-être une explication pour ça : je sais qu'au Japon, en fonction de son âge et/ou son rang et/ou sa situation, quelqu'un pouvait changer plusieurs fois de nom dans sa vie, il y a peut-être eu l'équivalent en Chine, mais je doute que cette explication soit valable parce que c'était l'orthographe des noms qui changeaient et non pas le nom dans sa globalité. En plus les gens à cette époque avaient plusieurs noms, entre leurs noms principaux, secondaires, surnoms et appellation, un seul mec pouvait avoir 4 identités différentes ! Point positifs : il y a des notes explicatives et historiques à la fin du bouquin, donc ça va, mais chercher à chaque fois qu'un personnage apparaît c'est gonflant au bout d'un moment.

Si encore il n'y avait que ça qui cloche dans ce texte avec Flammarion, mais non ! Non content de nous embrouiller avec une traduction qui laisse un peu à désirer, voilà-t'y pas que j'ai trouvé une avalanche de coquilles monstrueuse !! Bon, ça arrive, je le sais, moi-même je fais des fautes et des oublis, alors c'est hyper rare que je le fasse remarquer parce que généralement j'en relève qu'un ou deux et ça ne me dérange absolument pas, mais là il y en avait vraiment beaucoup ! Entre les lettres, ou même carrément les mots, ou encore les majuscules oubliées, 2-3 ça passe, mais une vingtaine non merci !

Après, quand je me suis renseignée sur le film (car oui, ça a été adapté en un film de près de 5 heures pour la version asiatique, j'suis sûr que vous l'aviez pas remarqué malgré le bandeau qu'il y a sur la mamage du bouquin) j'ai vu qu'il était sorti en 2009 ... qui est aussi la date de publication de la trilogie. Donc à mon avis il l'ont traduit et sorti dans l'urgence. Je ne leur dis pas bravo là.

D'autres avis sur
http://www.livraddict.com/biblio/livre/l-epopee-des-trois-royaumes-tome-1.html


Comme je fais d'habitude avec les séries, des updates viendront au fur et à mesure de mes lectures sur cette chronique. Je vais me botter le cul pour que ça ne me prenne pas trop de temps. Genre, les finir avant la fin de l'année ce serait bien.

Hey, mine de rien j'suis quand même vachement fière de moi de l'avoir lu ce truc !

Et comme chaque fin de mois, c'est l'heure du tirage BookJar !! Pile sur la chronique du livre tiré le mois dernier, c'est beau nan ?

Au mois d'août, je vais donc lire (livre présenté par Pile-Poil) :



Oh putain oui !!! Un Gemmell !!! Je commençais à désespérer de ne jamais en tirer un ! Ca va être putain de génial !

Update du 20 mars 2018

Bon, j'ai loupé, les coups de pieds dans le fion n'ont eu aucun effet et j'ai traîné à lire la suite.

Éditeur : Flammarion
Parution : 209
Pages : 845

Résumé :
Cao Cao, tenant le Fils du Ciel sous sa coupe, domine désormais le Nord et le Centre de l'Empire après son éclatante victoire à Guan-du sur les forces de Yuan Shao. Au bout de nombreuses années d'errance et d'infortune, Liu Bei rencontre enfin, à Longzhong, le génial Zhuge Liang qui devient son fidèle conseiller militaire. Le clan Sun Quan, dont le prestige se répand dans toute la région du Sud du Grand Fleuve, s'escrime à maintenir son patrimoine tout en cherchant à élargir son territoire. Peu à peu, la situation tripartite commence à prendre forme, et la grande bataille de la Falaise Rouge est imminente...



Le plus étonnant dans tout ça c'est que je n'ai pas eu beaucoup de mal à resituer le contexte et les personnages. J'arrivais même à me souvenir qui avait buté qui, c'est formidable !

J'ai lu la moitié. J'ai abandonné. Voilà, comme ça vous le savez, je ne tourne pas autour du pot.

C'était toujours aussi intéressant, mais finalement ce qu'il se passe c'est que les batailles sont les mêmes et ne servent que pour prendre des territoires et des provinces pour lesquelles il y a déjà eu des combats 20 pages plus tôt... difficile. Si les personnages avaient été plus approfondis, vraiment là, j'aurais été au bout, je ne vous le cache pas, mais ils ne sont que des figures vaguement humaines présentes uniquement pour l'Histoire (oui, avec un grand H)

Ce qu'il s'y passe n'est qu'une répétition du tome 1. Et d'après ce que j'ai compris, ce sera la même pour le tome 3. Pour être totalement honnête avec vous, je n'ai pas envie de vivre ça sur encore 1000 pages.

Voilà. Je n'ai rien à dire de plus car en réalité il n'y a pas d'histoire à proprement parler, simplement des événements relatés. Une bonne fresque historique mais trop touffue, trop précise et trop lente pour moi, je ne suis pas assez courageuse. Je la laisse à ceux qui sauront l'apprécier comme elle le mérite !

D'autres avis sur
https://www.livraddict.com/biblio/book.php?id=47922


Je déteste quand ce genre de chose m'arrive, pas vous ?

Pour toi :
De la neige, de la neige, de la neige !!
Un tueur magnanime
Un musicien du VIème siècle

22/06/2017

Ca devient de plus en plus dur de trouver un titre, je crois que mon cerveau fuit. Il s'est liquéfié.

Ne vous en faites pas, je ne vais pas vous servir la sempiternelle (j'utilise ce mot mais en vrai je le trouve ultra moche ! Comme dithyrambique. Avouez que c'est pas beau.) déclaration comme quoi j'en ai marre parce qu'il fait trop chaud tralala (et pourtant c'est vrai qu'il fait chaud !) parce que bon, j'ai eu tellement froid cet hiver à cause d'une panne de chaudière que ce serait mal venu de me plaindre. Et pourtant me plaindre j'adore ça.

On pense que cette ritournelle (mais bordel, qu'est-ce que j'ai avec les mots moches aujourd'hui ?!) de l'homme qui passe son temps à se plaindre ne date que de quelques années. Et pourtant, en réalité c'est une constante bien plus ancienne.



Editeur : Gallimard/Unesco
Parution : 1986
Pages : 439

Résumé :
Un jeune professeur pendant l'ère Meiji accueille un jeune chat chez lui. Le chat, observateur silencieux et plein d'esprit, va être témoin et chroniqueur de tout le petit monde d'hurluberlus entourant le professeur. Il va faire l'apprentissage de la vie aux côtés de ce qui convient le mieux à cet objectif : un grand professeur de littérature anglaise, le professeur Kushami.




Difficile de parler d'un roman quand tout, absolument tout, n'est que la satire d'une société en pleine transition.

J'avoue que beaucoup de choses m'ont paru plus évidentes quand j'ai pris le temps de faire quelques recherches biographiques sur l'auteur. Il se trouve que bien que Sôseki ait commencé sa carrière de professeur en suivant une formation en lettres classiques chinoises et en haïku (de l'oriental pur et dur donc) il a ensuite été envoyé en Angleterre pendant trois ans afin d'y apprendre la langue, puis est retourné au Japon pour enseigner l'anglais à l'Université impériale de Tokyo. On est d'accord que le gars envoie du lourd non ?

On se retrouve donc avec un homme, connu pour être relativement solitaire et un peu torturé (d'après ce que j'ai compris hein, donc je peux me tromper !) très au fait et admiratif de la culture occidentale mais pas pour autant couper de sa propre culture ... la vie n'a pas du être simple, Sôsô ! Et pourtant, bien qu'il critique beaucoup le Japon dans "Je suis un chat", il se trouve que c'est précisément le roman qui a fait sa popularité.

(pause dramatique)

J'ai une théorie, ça vaut ce que ça vaut : tout est du point de vue d'un chat. Voilà, point. Merci au revoir.

Si on creuse un peu, on comprend tout de suite que, certes, c'est totalement satirique vu que le chat passe son temps à analyser et se moquer des réactions et des pensées de son maitre (très vieillottes hein, puisque ledit maître n'a pas l'air de vouloir changer de siècle) mais puisque c'est un chat qui nous parle, ça va, ça passe. Après tout, ces petites bêtes sont connues pour être nonchalantes et moqueuses non ? Je trouve que c'est un franchement joli tour joué par l'auteur, qui se cache derrière l'identité de ce chat pour dire ce qu'il a envie de dire malgré que ça ne soit pas reluisant pour les japonais (surtout pour ceux qui refusent de voir et de comprendre que les choses changent) Et il n'y va pas de main morte :

"Voilà une bonne définition des êtres humains : il suffit de dire que ce sont des individus qui se créent sans cesse des choses dont ils n'ont pas besoin et passent ensuite leur temps à s'en plaindre." p.348

Fait mal hein ? Et quand on y regarde de près et quand on sait que ce livre a été écrit au tout début du XXème siècle on se dit que putain, on n'a pas beaucoup changer. A ne pas s'y tromper, le chat, c'est Sôseki, vraiment. D'ailleurs, le titre le dit non ?

Mais heureusement que tout n'est pas que moquerie perpétuellement, sinon je ne serai certainement pas aller au bout de ce livre. Il y a pas mal de passages drôles également, où Sôseki met le chat en scène de façon grotesque, car cette petite bête n'est pas bien âgé (le roman se termine il n'a que 2 ans) et il lui arrive de se mettre dans des situations ridicules, comme les chats savent le faire, tout en restant digne malgré tout et j'avoue avoir souri de ses déconfitures.

Mais ce chat, ce chat, ce chat !, c'est aussi un grand philosophe. Il se pose quelques questions par moment, lorsqu'il assiste à une réaction de son maître qu'il ne comprend pas, et j'étais vraiment intéressée par les réponses qu'il pouvait apporter de lui-même après un instant de réflexion. Mais il ne fait pas que ça à longueur de journée, il mène aussi une vie de chat faite de sieste, de chasse, et de visites en catimini chez les voisins qui, je le reconnais, m'ont un peu ennuyée.

Ben oui, j'ai toujours un truc négatif à dire toute façon. Non pas que ce n'était pas intéressant non plus, la première fois j'ai trouvé ça charmant de suivre ses déambulations de félin, mais après j'ai trouvé que ça ralentissait énormément le roman et créait des sortes de points morts où je me suis fait chier. Ceci dit, ces instants donnaient eux aussi naissance parfois à de jolis moments de philosophie sympatoches (vous attendez pas à du Descartes non plus hein, sinon j'aurai rien compris !) notamment lorsque le chat (qui n'a pas de nom au fait, il se fait appeler juste "le chat" ... bravo à celui qui a compris la référence !) nous parle de ces différentes techniques de chasse, ou de sport selon son point de vue, dont l'une consiste à grimper le long des pins, puis à en redescendre, et voici ce qu'il en dit :

"Descendre, c'est ralentir une chute, et tomber, c'est accélérer une descente, voilà tout." p.239

Pour se justifier quand il tombe cela dit. De la mauvaise foi ? Chez un chat, ça ne m'étonnerait même pas. Ca m'a un peu fait penser à mon neveu qui me dit : "marraine, tu m'as fait dépasser !" quand on fait des coloriages l'un en face de l'autre, même pas au coude à coude. Je me marre toujours dans ces moment-là, sans oublier de m'excuser bien entendu.

Je la vois venir la question : comment il peut savoir tout ça ce chat ? Après tout, ce n'est qu'un chat ! C'est Sôseki déjà, j'en suis sûre, et j'avoue que je me suis posée la même question au début, puis arrivé à la moitié du bouquin on comprend enfin pourquoi et ça donne un petit coup de fouet au roman, c'est assez chouette.

Parlons un peu de ce qu'il se passe vraiment dans l'histoire, maintenant. Le professeur Kushami est quelqu'un de taciturne, un peu fainéant, très accroché à sa culture malgré son statut de prof d'anglais. Le roman n'est en fait qu'une suite de visite qu'il reçoit, de gens plus ou moins sympathiques, qui vont tous le gonfler à différentes échelles et sur différents sujets. Rassurez-vous, bien qu'il y ait 5 ou 6 personnages, il est très facile de les reconnaître car ils reviennent régulièrement et ont tous un caractère très différent. En présentant ces hommes et ces femmes, Sôseki a peut-être voulu confronter les différents opinions qu'il était possible de trouver au Japon à cette époque. J'suis pas experte non plus hein.

Et la fin alors ? Comment ce genre de livre peut finir d'après vous ? Plus j'arrivais au bout, et plus je me posais cette question. Le dernier chapitre n'est qu'un concentré de presque tous les sujets évoqués précédemment et qui trainent sur tout un dialogue, un très très long dialogue entre tous ces personnages qui se retrouvent pour le clap de fin. De nombreuses choses sont très intéressantes et approfondies, et d'autres m'ont fait dresser les cheveux sur la tête.

Ah bah oui, roman écrit au début du siècle dernier, donc certains des personnages, très égocentriques en passant, ont des convictions très arriérés, notamment au sujet de la place de la femme dans la société ... là je vous jure que j'ai fait des bons au plafond et que j'y allais avec les "bandes de connard" et "bordel" et "et allez, c'est ça !" mais y'a encore un truc qui m'a laissé baba. A un moment donné de ce long dialogue de 30-40 pages, voilà qu'ils se mettent à parler du mariage :

"A considérer soigneusement les tendances de notre civilisation actuelle, je peux prédire que dans un avenir lointain le mariage deviendra une impossibilité. La raison ? La voilà : comme je viens de le dire, nous sommes dans un monde centré sur l'individu.[...]" p.423

Et il y a tout un discours comme ça après mais sorti du contexte ce sera incompréhensible, mais c'est dingue quand même de balancer quelque chose commence ça il y a un siècle !

Mais je ne voyais toujours pas comment il allait terminer et puis voilà que 3 ou 4 paragraphes s'enchainent et la fin est là, clap, fini.

Une fin que j'aurai jamais imaginé, je ne vous le cache pas ! D'un autre côté, c'est plutôt logique de finir de cette façon, sinon le roman aurait pu continuer indéfiniment quand on y réfléchit. Sauf que vous savez pas de quoi je parle puisque vous ne savez pas comment ça finit.

Héhéhéhéhé

Pas un coup de cœur, mais une bonne lecture que je suis fière d'avoir terminée, et un livre dont je me souviendrai longtemps !

Plus d'avis sur
http://www.livraddict.com/biblio/livre/je-suis-un-chat.html


Et ça m'a pris 5 heures pour vous pondre ça ! Je suis tellement crevée que j'ai même pas envie de me casser la tête pour tenter de vous balancer un truc drôle (ou alors je vous lance une banane ... non ?) Je vais me contenter d'aller boire une bonne bière fraîche !

Ah si, une petite chose : je savais pas où classer ce livre dans les libellés, contemporain, parce que vraiment certaines choses conviennent tout à fait à notre époque!, ou historique ? Dans le doute, je l'ai foutu dans les deux, rien à foutre.

Glouglou :
La mémoire d'un enfant ? De la vraie pâte à modeler !
Ca aussi c'est japonais.
Le dernier TAG, qui date du mois de mars. Je ne vais pas tarder à en faire un nouveau !

21/05/2017

Vous la connaissez cette sensation ? Celle qui vous constipe quand vous savez qu'il aurait été préférable de fermer votre grande gueule ?

J'ai facilement tendance à la dépression, et bordel ce que c'est emmerdant ! En même temps, question hérédité je suis gâtée là-dessus, parce que la plupart des femmes de ma famille sont dépressives, bipolaires, asthmatiques (si si ça compte!) et alcooliques.

Ouille !

Quelqu'un pour me raconter une bonne blague ?

Les blagues c'est bon pour la santé du cigare.

Editeur : Milady
Pages : 689
Parution : septembre 2016

Résumé :
Abigail s'inquiète pour l'avenir de sa famille depuis qu'elle est ruinée jusqu'à ce qu'un étrange notaire leur propose d'emménager dans un grand manoir abandonné. Son père et elle sont accueillis à Pembrooke Park par le charmant vicaire, William, qui leur apprend que, selon des rumeurs, une pièce secrète renfermerait un trésor ...
Aux prises entre de vieux amis et de nouveaux ennemis, Abigail ignore la nature des dangers auxquels elle devra faire face avant de lever le voile sur ces mystères et de trouver l'amour qu'elle recherche depuis toujours ...



Bon, déjà la sympathique Abigail ne cherche pas l'amour depuis "toujours" hein, que ce soit clair, parce que la miss elle a 23 ans à peine donc bon, du calme. L'ennui c'est qu'à cette époque (1817-1818) a cet âge-là, t'es déjà totalement périmée quand t'es une femme. Dur.

Cette jeune Abigail (j'insiste !) a foiré sa Saison, dans le sens où, si quelques gentlemen lui ont fait la cour, elle n'a reçu aucune demande en mariage. Donc, de son point de vue et de celui de sa mère, c'est foiré pour elle, elle finira vieille fille. Mais là où Abigail a encore moins de chance, c'est qu'elle a une petite sœur, Louisa, et cette Louisa est beaucoup plus belle qu'elle. Ses parents mettent tous leurs espoirs en Louisa et sont persuadés qu'elle fera un mariage riche. Alors quand cette merde financière touche la famille, évidemment la dot d'Abigail lui est arrachée pour être utilisée afin que Louisa puisse faire une Saison avec de belles robes et de beaux bijoux.

Abigail est tellement humble qu'elle accepte immédiatement ça comme si c'était normal ! Ses parents louent son pragmatisme et sa mère se repose énormément sur elle pour tout ce qui concerne la gérance de la maison et des domestiques, et son père lui-même lui demande toujours son avis et ses conseils financiers. Ce qui mène la famille au bord de la misère, donc faut croire que l'Abigail n'est pas aussi maligne qu'elle le croit.

Pour être honnête, j'aimais beaucoup Abigail au début. Elle est intelligente, veut toujours bien faire, prend son travail très au sérieux et tente tout pour réparer ses erreurs et se faire pardonner. Et puis finalement, je me suis rendue compte que l'auteure s'était beaucoup (trop !!) inspirée des personnages de Jane Austen. Abigail est volontaire comme Elizabeth Bennet, charmante et gentille comme Jane Bennet, humble et douce comme Anne Eliott, et pragmatique comme Elinor Dashwood (pour ne citer qu'elles) mais ce qui m'a fait décrocher du personnage au bout d'un moment, ce n'est pas ça. Abigail ne change pas. En fait si, elle change, mais faut attendre les 20 dernières pages pour qu'elle s'affirme.

Sans déconner !!

Tout le long du livre, elle subit, pause des questions sans réfléchir aux conséquences, et laisse sa sœur minauder avec les hommes sans chercher à se mettre en avant une seule fois. Trop, beaucoup trop effacée ! J'aurai pris plus de plaisir à la suivre si seulement son évolution s'était faite petit à petit et non pas brusquement comme ça à la toute fin.

Pourquoi j'ai bien aimé ce livre alors ? (oui parce que je l'ai vraiment bien aimé) Bah parce que l'atmosphère et l'époque sont superbes ! Sans oublier le mystère qui plane autour de Pembrooke Park, et qui est diablement efficace. Je ne pouvais pas m'empêcher de tourner les pages pour savoir, je voulais vraiment savoir ce qu'il s'était passé, et je n'ai rien vu venir.

Pour vous résumer : il n'y pas eu un mais deux meurtres, puis deux années s'écoulent avant que toute une famille ne prenne brusquement la fuite, abandonnant Pembrooke Park. Abigail et sa famille prennent possession des lieux en tant que locataires précisément 18 ans après cette fuite énigmatique (et 20 ans après les meurtres donc), mais ils ignorent qui est le propriétaire légitime des lieux, car le notaire refuse de leur donner son nom. Vous devinez donc que ce sont plusieurs mystères qui planent autour de ce manoir.

Au début je trouvais qu'il y avait trop de personnage, et j'avoue avoir été perdue quelques fois (une dizaine de personnages importants quand même !) et puis quand tout s'est révélé sous mes yeux, quand le secret n'en fut plus un, tout s'est emboîté parfaitement et chaque personnage avait sa place, ils avaient tous des raisons d'être là, et là je ne peux que dire bravo à l'auteure parce qu'à mon avis c'était pas facile de monter une intrigue familiale pareille.

Finalement, je suis heureuse qu'il y ait eu d'autres personnages pour que j'apprécie ce livre. J'ai eu un gros coup de cœur par exemple pour William qui, je pense, doit être le seul personnage de l'auteur. Vraiment de l'auteur. Les autres sont un peu caricaturaux et il me semblait les connaître déjà, les avoir déjà rencontrés, mais pas William. Il n'a rien de spécifiquement original, ni de parfait, mais il est à Klassen, il est là et il est charmant et mystérieux, mais aussi calme et curieux, un peu philosophe, taquin, pieux, bref, il a beaucoup de qualités simples qui font de lui un personnage très agréable avec lequel j'étais contente de me retrouver.

Mais je crois que c'est surtout l'atmosphère que je n'oublierai pas : romantique et sombre à la fois, avec ses bals mais aussi ses silhouettes dangereuses dans les parcs et les bruits inquiétants derrière les murs. Il y a un petit côté gothique qui m'a beaucoup plu.

Et rassurez-vous, l'assurance que prend Abigail à la fin, la femme qu'elle devient enfin m'a beaucoup plu, j'étais heureuse de la voir redresser la tête. Je suis simplement déçue que ça n'ait pas été plus fluide que ça.

En bref, un vraiment bon roman dont je n'ai malheureusement pas pu faire un coup de cœur, mais dont je me souviendrai longtemps. Et j'étais très triste de quitter William.

D'autres avis sur
http://www.livraddict.com/biblio/livre/le-secret-de-pembrooke-park.html


Ca ne se voit peut-être pas, mais je suis vraiment vraiment contente que ce livre m'ait plu, parce que c'est le tirage BookJar du mois d'avril pour le mois de mai, et c'est le premier BookJar qui me plait au point d'en faire une chronique !
En janvier j'ai tiré "Mort sur la ville" d'Alex Kava qui m'a beaucoup ennuyé.
En février c'était "La mare au diable" de George Sand que ça m'a fait plaisir de découvrir, mais sans plus.
En mars il y a eu "Je suis une légende" de Richard Matheson qui m'a laissé une impression mitigée, un sentiment d'inabouti.
Et enfin, en avril, "Le secret de Pembrooke Park" est sorti du bocal à anchois.

Il était temps petit vanire !! ... euh navire.

Et sinon vous comment ça va ? Je me rends compte que je ne vous le demande pas assez ça.

Cadeau :
Comme quoi, même ça ça peut me plaire !
Celui-là aussi.
Le premier coup de cœur de l'année, rappelez-vous !