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24/11/2019

Ne demandez jamais à un pirate de choisir entre son perroquet (sans jeu de mots) et sa jambe de bois (ouais bon si, OK, y'en a un)

Un Challenge qui, ma foi, se déroule très bien, et qui en plus me fait réaliser que j’adore les livres dans lesquels il est question de pirates !

Alors à l’abordage moussaillons, sortez vos jambes de bois et n’oubliez pas votre perroquet bavard, c’est l’heure d’hisser nos couleurs.

Éditeur : Livre de Poche
Parution : avril 1972
Pages : 219
Résumé :
Depuis l’Odyssée, aucun récit d’aventures n’eut plus de succès que l’Île au Trésor. Jim Hawkins et le terrible John Silver, l’homme à la jambe de bois, sont les héros de cette histoire. L’Hispaniola débarque sur l’île au Trésor les « bons » et les « méchants ». Dès lors, une lutte implacable se déroule pour retrouver le trésir amassé par Flint, redoutable pirate mort sans avoir livré son secret.






On dit de lui que c’est un « classique ». Personnellement, même si je sais ce que ce terme désigne, j’ai toujours eu du mal à le définir. Grâce à l’Île au Trésor, aujourd’hui j’y arrive. Enfin, un peu.

À l’époque où il a été écrit, il était destiné aux enfants. C’était au XIXème siècle. Aujourd’hui, clairement, il plaira davantage aux adultes. Disons qu’il est toujours à destination des adolescents, mais ces derniers seraient aujourd’hui incapables d’en apprécier toute la portée. Moi je suis plutôt contente d’avoir attendu pour le lire, je suis presque sûre qu’il m’aurait beaucoup moins plu quand j’étais jeune.

Toute la narration se fait du point de vue de Jim Hawkins qui est un garçon à l’âge indéfini (personnellement je le situe autour d’une douzaine d’années) très rusé, mature et courageux. Il a toutes les qualités du parfait jeune héros à qui tous les garçons peuvent s’identifier. Ainsi que les petites filles aussi, pourquoi pas bordel ! Quand il raconte son aventure il le fait en se focalisant sur l’essentiel, sur l’action. Le récit est donc très dynamique, il n’y a pas de temps mort quand c’est Jim qui tient la barre et cela en fait un parfait roman de piraterie et de quête. Si, au fil de l’aventure, ce petit gars l’emporte sur tout et sur tous, c’est qu’il possède l’imagination et l’innocence qui peuvent pulvériser les obstacles (et ça m’a donné envie de redevenir gosse, putain)

Il y a toutefois une petite partie où l’un des autres personnages prend la parole, c’est un adulte et son récit est plus dans l’analyse, c’est un peu plus ennuyeux mais ça se concentre davantage sur la psychologie des personnages et c’est finalement très intéressant. Ça m’a permis de me rendre compte que si, au premier abord, il semble y avoir le camp des gentils d’un côté et celui des méchants de l’autre, en réalité c’est bien plus complexe. Il peut y avoir tellement d’inattendues complicités entre chaque protagoniste qu’on s’y perd. L’auteur a pris soin de certes construire son roman comme une quête initiatique pleine de rêve et de fantasmagorie mais il n’en est pas moins resté réaliste. Dans l’adversité, les relations se font et se défont au gré des événements et des séductions.

Mais s’il y a bien un personnage parmi touts ceux-ci qui mérite d’être mentionné, c’est l’île elle-même. Elle y tient un rôle central et fortement symbolique. Elle présente d’abord tous les traits de l’endroit rêvé et utopique avant de finalement se révéler plus sombre dès lors que les hommes s’y perdent, comme si elle était contaminée par la noirceur des pensées pleines d’avarice des adultes. Un cadre donc idéal au combat essentiel que se livrent ce monde des adultes et celui de l’enfance (sous les traits de Jim Hawkins et de Long John Silver) En cela, elle m’a beaucoup rappelé le Pays Imaginaire de Peter Pan (les sirènes chelous en moins)

On tire une vraiment grande leçon de cette lecture. C’est un livre à mettre entre toutes les mains et les pieds. Pas de chichi.

05/03/2019

J'ai pas d'idée de titre. Ca me gonfle.


Bah quand même ! Et rien de tel qu’un bon gros classique anglais comme première chronique littéraire de l’année.

Editeur : Libretto
Parution : Juin 2012
Pages : 611

Résumé :
Ami et rival de Dickens, Wilkie Collins invente avec Pierre de lune le premier récit policier moderne, et donne au roman une nouvelle mission : dire et montrer ce qu'il est de bon ton de taire et de cacher. Borges, T. S. Eliot, Charles Palliser aujourd'hui, considèrent ce livre comme l'un des sommets absolus du genre. Il n'est évidemment pas question de résumer ici ce roman gouverné de bout en bout par la peur, oeuvre " hitchcockienne " avant la lettre, qui réussit cet inquiétant tour de force : une fois le livre refermé (après quelques nuits blanches), chaque lecteur possède, ou croit posséder, son interprétation du mystère. Du très grand art.


Autant les romans policier d’aujourd’hui ont vite fait de m’ennuyer, autant ceux d’hier me captivent. Non pas par leur enquête, le suspens, l’action ou tous les rebondissements et retournement de situation abracadabrantesques qui font la marque de fabrique des auteurs contemporain quand il s’agit de polar (un grand nombre, du moins) mais par tout le travail de finesse psychologique autour des personnages.

Dans chaque auteur anglais du XIXème se cache un grand sociologue. Tous les auteurs que j’ai lu de cette époque, que ce soit les sœurs Brontë, Austen, Hardy, Gaskell ou Trollope m’ont épatée par cette maîtrise qu’ils avaient concernant le développement de leurs personnages. Et ce grand Wilkie Collins, aussi.

Ce roman, qui m’a beaucoup fait penser à « Passion et repentir » que j’ai lu l’an dernier, regroupe plusieurs journaux, ou récit, de divers protagonistes ayant assisté malgré eux au vol, un soir d’anniversaire, d’un bijou : la Pierre de Lune.

Entre le serviteur dévoué, la dévote acharnée, le gentilhomme, l’avocat, le médecin de campagne ou encore le policier, je suis incapable de dire lequel m’a le plus plu. Ils représentent chacun, à leur manière, une caste de la société anglaise de cette époque, se confrontant les uns aux autres avec leurs qualités et leurs travers. C’est maître contre serviteur, riche contre pauvre, bien né contre malchanceux. Le choix narratif de l’auteur m’a permis de me sentir très proche de ces braves gens qui, à la demande de l’un d’entre eux, racontent comment ils ont vécu la disparition du bijou et ce qui leur arriva par la suite qui nous permettra, à nous lecteur, de découvrir l’identité du criminel. Leur point de vue créé une chronologie des événements très précise qui prouve à elle seule toute la maîtrise qu’avait Collins de son texte.

A côté de ça, faut quand même pas oublier que ce monsieur est considéré comme le précurseur du roman policier anglais, il y a donc une enquête, des questionnements et des réponses détournées, et que tous ces extraordinaires personnages ne font que se renvoyer la balle et se soupçonner mutuellement. Jusqu’à la toute fin je n’ai rien vu venir alors que, pour un polar comme il en sort à la pelle de nos jours, généralement je devine le dénouement à des kilomètres.

Toute l’histoire est en elle-même très simple : un diamant disparaît et des gens tentent tout pour le retrouver. La fin n’a elle non plus rien de bien compliqué et reste quelque peu ouverte (de mon point de vue en tout cas) mais Collins a su rendre ses personnages plus intéressants que tout ce mystère en leur donnant une profondeur telle que j’avais davantage envie de savoir comme ils allaient se relever de tout ça, que s’ils allaient finir par foutre la main sur cette foutue Pierre de Lune !

D’autres avis sur

Découvrir ce livre m’a permis de me rappeler que j’avais lu, il y a des années, « La Dame en blanc ». Il me semble que celui-ci est pour beaucoup le meilleur de l’auteur mais je n’en ai qu’un souvenir très vague. Je crois que je l’ai toujours. Et j’ai très envie d’une relecture !

D’autres anglais :

27/08/2018

Conte magique pour enfants psychotiques.

Que celui qui n'a jamais eu pitié du Capitaine Crochet aille s'enterrer.

Edition : Librio
Publication : 2013
Pages : 143

Résumé :
Un bien étrange personnage vient réveiller Wendy et ses deux frères : un enfant vêtu de feuilles, à la recherche de son ombre. Qui est-il et d'où vient-il donc, ce garçon qui ne connaît pas son âge et ignore ce qu'est un baiser ? Intrigués par Peter Pan et la lumière tintinnabulante qui l'accompagne où qu'il aille - la fée Clochette -, Wendy, John, et Michael n'hésiteront pas longtemps à le suivre au pays de l'Imaginaire, l'Île merveilleuse où les Enfants perdus, le capitaine Crochet et de nombreuses aventures les attendent.



Première chose, j'ai jamais aimé les innombrables et diverses adaptations de cette histoire, qu'il s'agisse du Disney, qui n'est clairement pas l'un de mes préférés, ou des nombreux films, y compris celui qui est centré sur l'auteur, James Barrie. Voilà pourquoi j'ai mis autant de temps à lire ce livre.

Ce qui m'a pourtant décidé à tenter cette aventure, c'est cette vidéo :


Alors merci infiniment à Lemon June qui a eu la curiosité d'ouvrir cette bombe atomique puis d'en parler, sans ça je crois que je m'y serais jamais intéressée.

Oubliez toute l'espièglerie qu'on colle généralement à cette histoire et toute l'ambiance bonne enfant, parce que, clairement, c'est mensonger. Ce livre est cruel, vraiment cruel, à la psychologie trouble. On est avec un personnage qui est un enfant depuis tellement longtemps, incapable de grandir, qu'il en est devenu totalement insensible.

Peter Pan vit dans un présent éternel, une ligne plate, sans aucune courbe où tout n'est que jeu. Il ne grandit pas. N'évolue donc pas. N'apprends, de ce fait, absolument pas de ses erreurs. C'est un enfant a qui on a donné le contrôle, trop de contrôle. Alors quand ça se passe pas comme prévu, gros caprice. Et allez donc provoquer un caprice chez un enfant armé d'une épée !

L'auteur nous fait comprendre d'entrée de jeu que ce sera sombre alors que l''île de l'Imaginaire n'est même pas encore mentionnée. En fait, dès que Peter apparaît. C'est d'abord à la mère de Wendy, John et Michael qu'il se montre, et cette chère Mme Darling (qui tient la place la plus affreuse dans l'histoire, mais je vais y revenir) a une frousse de tous les diables en apercevant, dans l'obscurité de la chambre de ses enfants, le sourire de cette canaille qui vient d'entrer par la fenêtre. En même temps si un inconnu rentrait dans la pièce où je dors par la fenêtre en souriant, moi aussi j'aurais la trouille, j'avoue.

Ce genre de personnage comme ce gamin, uniquement préoccupé par l'image qu'il renvoie aux autres, m'horripile au plus haut point, mais l'auteur ne s'est pas contenté de ça. Il a donné à Peter un côté aussi très vulnérable. Il ne veut pas grandir, certes, il est bon à enfermer, d'accord, mais il est aussi perpétuellement à la recherche d'une maman ! Il ne l'avouera jamais clairement, et c'est dit dans le texte de façon totalement inconsciente de sa part, mais c'est en fait quelque chose qui le frustre énormément ! L'une des seules choses qu'il n'obtiendra jamais vraiment : une mère. Et c'est peut-être pour ça qu'il est aussi cruel avec les adultes, pour ça qu'il ne laissera jamais grandir les Enfants Perdus, parce que c'est quelque chose qu'il se refuse. Dès que ceux-ci commencent à devenir trop âgés, vous savez ce que fait ce grand malade ?! Il les tue !!!

En vrai j'ai adoré ce garçon.

C'est parce qu'il veut une figure maternelle qu'il s'en va chercher, par une belle nuit, Wendy et ses frères. Rien que cette scène aussi m'a bien fait flipper. Et pour la convaincre de le suivre, Peter Pan utilise des arguments imparables ! Wendy, en devenant la maman des Enfants Perdus pourra, je cite : repriser leurs habits, leur raconter des histoires, et les border. Elle, folle de joie, elle accepte.

Pardon ?

Quand je disais que ce personnage était une grosse gourdasse dans le dessin animé et dans le film de 2003, bah j'étais loin du compte. Mais je reconnais que c'est pas de sa faute à elle, c'est celle de l'auteur. C'est le gros point négatif de ce livre qui fait que je n'ai pas eu de coup de cœur, je ne peux pas passer à côté de ça. Je ne sais pas ce qu'il en était en réalité car le peu d'informations biographiques que j'ai trouvé sur James Barrie n'en parlaient pas forcément, mais de mon point de vue ce livre transpire un putain de gros machisme qui pue ! Ce gars semblait avoir une idée toute faite de ce qu'était la femme : un objet qui pond, fait la cuisine, coud, et ferme sa gueule. Je sais bien que c'est malheureusement l'époque qui veut ça, mais ça fait quand même bien chier ! Et celle qui en fait le plus les frais dans ce texte, c'est même pas Wendy, c'est Mme Darling.

Elle passe son temps à attendre ses enfants, sans rien faire d'autre que se lamenter (ce qui est aussi un peu le cas de son mari, j'dois dire) mais l'auteur décrit son état d'un ton si froid ! Comme s'il voulait convaincre le lecteur que c'est pas grave, Mme Darling on peut s'en foutre royal. D'ailleurs la façon dont il l'éjecte de l'histoire à la fin résume assez bien ce qu'il pensait lui-même d'elle : "Mme Darling est morte, déjà, et oubliée" p.139. Merci, ça fait plaisir ! Sans compter que Wendy qui grandit devient encore plus intellectuellement limitée ! Nan mais qui laisserait partir son unique fille avec un enfant qu'elle sait très cruel, dangereux et insensible ?!

J'accorde peut-être trop d'importance à l'image de la femme dans la littérature, je le reconnais, mais là il s'agit d'un conte, donc potentiellement lisible par des enfants (suis pas sûre qu'il ait été à destination d'un jeune public de base, par contre…) Et on ne va pas offrir à des gosses un tel personnage, ni même leur envoyer comme message que leur maman ne servent qu'à essuyer la bave qu'ils ont sur le menton et leur torcher le cul avant de crever seule comme des idiotes !

Ça m'a gavée, vraiment.

Heureusement qu'il y avait le personnage du Capitaine Crochet pour équilibrer, parce que sinon j'aurais tout à fait pu pousser juste une grosse gueulante sur ce texte. L'un des meilleurs personnages, et le plus développé surtout avec Peter. Clairement, ces deux-là sont pour moi les deux faces d'une même pièce. Ce qui les lie dans ce texte est très fort, une dualité superbe qui fait d'eux des Némésis parfaits. L'un ne va pas sans l'autre ! D'autant qu'ils sont tous les deux enfermés dans un même désir qui les enchaîne sur cette même ligne dont je parlais plus haut, ce même présent éternel, cette temporalité figée. Peter parce qu'il ne veut pas grandir mais désire tout de même une maman (une mère est un peu ce qui fait de nous des enfants, non ?), et Crochet parce qu'il est jaloux de l'éternelle jeunesse de son ennemi, mais l'envie aussi en même temps alors que lui, il est adulte, et qu'un retour en arrière est impossible. Pis ils sont aussi cruels l'un que l'autre, le pirate n'hésitant pas à zigouiller ceux de son équipage qui lui pompent l'air, comme ce gosse se débarrasse des Enfants Perdus qui grandissent.

Si vraiment je voulais prendre les choses plus largement, je dirais qu'en fait, psychologiquement, James Barrie a tenté de décrire le même état de désir impossible à assouvir, mais à deux âges différents. Ce qui voudrait dire (pour moi, hein, et c'est une théorie à laquelle je tiens !), que Peter et Crochet sont en fait un seul et même personnage. De façon imagée bien sûr. D'ailleurs, l'une des scènes qui clôture la fin de la lutte entre ces deux-là, qui m'a bien fait flipper au passage, vient presque valider cette théorie. Oui, presque, faut pas abuser non plus.

Mais je vous la citerai pas ce coup-ci. Par contre Lemon en parle dans sa vidéo si vous voulez, l'ennui c'est que ça risque de vous spoiler un peu. À vous de voir, je vous laisse le choix !

Pour conclure, un livre que j'ai adoré, que je relirai sûrement, que je garde, donc, et qui ne manquera pas de me révéler d'autres choses chaque fois que je le rouvrirai, j'en suis persuadée !

https://www.livraddict.com/biblio/livre/peter-pan-roman.html

Ça m'aura pris 15 jours pour écrire toutes ces conneries. Ce bouquin je l'ai lu lors de ma quatrième participation au Week-end à 1000, et depuis je me prends le chou. Et tout ça pour dire des choses que des dizaines de personnes ont sûrement dit avant moi, en plus.

Allez, bonne semaine à tous !

C'est moi ou c'est la première fois que je finis un article en glissant un mot sympa et poli ? Comme quoi, mieux vaut tard que jamais.

Tiens :
Je sais pas si j'en suis remise de celui-là encore.
J'ai lu le tome 3 des Otori !
J'ai toujours pas réussi à regarder d'autre Drama depuis celui-là !

09/08/2018

Je sens venir la bonne déprime.

Je commence à peine cet article et je suis déjà certaine que je vais m'engueuler avec moi-même, quelque chose de violent !

En plus, à tous les coups ça va partir dans tous les sens, comme de coutume. J'ai prévu de faire un truc construit, mais à mon avis l'échafaudage va se casser sévèrement la gueule. Enfin, c'est pas comme si vous aviez pas l'habitude, hein ?

Éditeur : Archipoche
Parution : 2016
Pages : 568

Résumé :
Recueilli par une grand-tante qui le dédaigne et lui promet un destin funeste, Jude Fawley, orphelin, ne trouve de sympathie qu'auprès de son maître d'école. Mais celui-ci l'abandonne à son tour pour suivre ses études à Christminster…
Rêvant de l'imiter, le jeune homme apprend le latin et le grec en autodidacte, gagnant sa vie comme tailleur de pierre. Mais l'appel de la chair a raison de ses aspirations : il se résigne à épouser Arabella, une paysanne qui n'entend rien à sa soit d'instruction.
Condamné par son origine modeste, Jude l'est encore par les liens d'un mariage forcé, puis par l'interdit pesant sur son amour illicite avec Sue, sa propre cousine. Décrivant "la guerre terrible qui se livre entre la chair et l'esprit", Thomas Hardy s'en prend avec vigueur aux lois sur le mariage, qui retardent l'accomplissement du destin de Jude.

Sachez qu'au moment où j'écris, là, j'ai pas totalement fini le livre, il me reste un peu plus de 100 pages à lire, mais je pouvais pas attendre, fallait que je me lance maintenant. Je sais pas trop pourquoi, et on s'en fout.

Le contexte c'est celui de l'Angleterre rurale de la fin du XIXè, typiquement le genre que j'aime vous le savez sans doute maintenant. Mais les auteurs de cette époque que j'ai lu jusqu'à présent (à savoir Austen, les sœurs Brontë et Trollope) ne m'avaient absolument pas habituée à ça, mais genre absolument pas du tout non.

Ce livre est d'un pessimisme à chialer ! C'est horrible ! Avec AusBroTroll (hein ?! Alors là, si vous avez pigé, vous êtes balèze) il y a toujours une lueur d'espoir, quelque chose de bien arrive toujours aux personnages à un moment donné, et ça fait plaisir parce qu'on a l'impression de sortir la tête du trou. Pas là. Pas avec Hardy.

Du coup, ça m'a révoltée, ça m'a indignée à un point dingue ! J'en suis arrivée à me taper le front avec le livre en retenant un cri de colère (ça va pas m'arranger, je suis d'accord), et les principaux responsables des sévices que je me suis infligée, se sont les personnages. Parce qu'ils laissent glisser ces cons ! Ils encaissent, et quand ça devient trop dur à supporter, ils partent. Et ça me révolte parce que je suis plutôt du genre à rentrer dans le gras de ceux qui m'emmerdent.

OK, là je viens de jeter un coup d'œil à mon plan et je me rends compte que j'aurais dû commencer en vous parlant de l'auteur pour vous aider à mieux comprendre. Génial, c'est déjà le bordel.

L'auteur, donc : clairement féministe, défenseur de Darwin et passionné d'archéologie, ayant perdu la foi sans réussir totalement à en faire le deuil, il a pourtant connu, avec ses premiers livres, un joli succès à l'époque. Mais "Jude l'obscur" est tellement moderne et scandaleux pour les gentils hypocrites Victoriens qu'il est publiquement brûlé (le livre hein, pas l'auteur…) et vendu sous le manteau par les éditeurs/libraires qui ont assez de couilles pour le faire, enroulé dans du papier pour le cacher. Si si. Hardy provoque une telle polémique alors, et il en prend tellement dans la tronche, qu'il arrêtera totalement d'écrire des romans après ça, et se consacrera à la poésie, et au théâtre.

Quand j'ai su ça grâce à cette vidéo, je me suis dit qu'en fait c'est pas plus mal que j'ai pas vécu à cette époque. Là, je remercie pas AusBroTroll, à cause de qui je m'étais totalement voilé la face.

Bref, j'en reviens à ce que je disais avant cette parenthèse. À cause du titre, je m'attendais à un personnage sombre, torturé par l'ambition et son désir d'instruction que j'étais sûre d'apprécier parce que j'aime les gens mauvais. Sauf que c'est pas du tout ça. Jude est un personnage de l'ombre qui a un énorme désir d'apprendre, de s'élever et de s'extraire de sa condition, mais que le moindre coup met à terre et qui se résigne beaucoup trop facilement. De l'ambition, c'est clair qu'il en a, mais il ne se donne pas les moyens d'accomplir son rêve. D'accord, à l'époque tout est contre lui car l'instruction est littéralement refusée aux non-privilégiés qui doivent se contenter de rester à leur place, mais plutôt que de le rendre hargneux, cette réalité dégueulasse le laisse démoralisé, passif. Un gros, gros merde à ce personnage qui, s'il me plaisait au début, m'a tellement déçu au bout d'un moment que je suis limite contente de ce qui lui arrive. En sachant aussi que ça m'a énormément touchée. En fait, j'ai le cul entre deux chaises, là. Ce qui lui arrive est en parti à cause de l'ostracisme social de l'époque, et ça me révolte !

Sue, que j'ai d'abord pris pour un personnage résolument moderne, féministe et fort, n'a tellement pas conscience de l'être qu'elle finit par devenir juste terriblement égoïste après être passée par une phase de coquetterie terrible ! Avec ses "je t'aime moi non plus" à répétition, elle m'a très vite énervée. Mais là encore, je sais que cette évolution (régression, j'ai presque envie de dire) est due à l'époque dans laquelle elle évolue. J'ai le sentiment que Hardy a attaché moins d'importance à la façon dont serait perçue cette femme qu'aux raisons qui la rendent aussi insaisissables, c'est-à-dire les lois du mariage. Le personnage lui-même pose, dans le dernier tiers du livre, une question très pertinente : "pourquoi les femmes ne pourraient-elles pas choisir le père de leurs enfants ?" Putain, si ça c'est pas un gros pavé jeté dans la marre, je sais pas ce que c'est ! L'auteur critique très ouvertement le caractère sacré du mariage qui obligeaient les femmes, considérées à cette époque comme des êtres de seconde classe ne disposant même pas de leur corps et appartenant totalement à leur père, puis à leur mari, à obéir sans rien dire et à considérer cet état de fait comme totalement normal. Genre t'écartes les cuisses, tu ponds et tu te tais.

Dans les livres de AusBroTroll, c'est aussi très présent, je m'en suis rapidement aperçue, mais comme l'histoire d'amour finit souvent bien avec ces auteurs, je n'avais pas véritablement compris la gravité de la chose, je m'en rend compte maintenant. Et c'est ça qui m'indigne plus que les personnages, en réalité. C'est la réalité la plus cruelle que Hardy dépeint, il n'a clairement pas peur de le faire, il dit merde à l'obscurantisme. Je pensais qu'on avait atteint des sommets de crachats avec "La dame du manoir de Wildfell hall", bah je m'étais bien foirée ! Brontë est au plus haut de l'échelle pour ce qui est du "fuck !", mais Hardy est des kilomètres au-dessus d'elle.

On pourrait croire que rien ne m'a plu dans ce livre, mais en fait je l'ai adoré. Parce que des bouquins qui provoquent une telle réaction chez moi, c'est rare. Je vous jure que j'en hurlais parfois tellement j'en revenais pas ! Qu'un homme et une femme soient traités ainsi par la société simplement parce qu'ils refusent de voir les choses comme on leur dicte et de rentrer dans les rangs, sans rien faire cependant pour se relever hormis s'entêter à baisser la tête et partir, ça m'a foutue dans une telle rage ! C'est par cette cruauté et cette noirceur que l'histoire est belle, belle, belle.

Enfin, je dis ça mais j'ai pas encore lu la fin donc… Bah je vais lire les 100 pages qui me restent, et je reviens.

20 heures plus tard … (nan, j'ai pas mis des plombes à lire 100 pages, j'ai simplement dormi entre temps)

Une fin à la hauteur de tout ce que fut le livre : déprimante ! C'est dur, ça fait mal, ça m'a filé le bourdon, et pour être franche je suis contente d'avoir terminé. Je peux quand même pas m'empêcher de penser que je l'ai aimé. Je crois que j'aurais préféré ne pas l'aimer, tout le problème est là. Parce que comment on peut apprécier une histoire d'une telle noirceur ?!!

La façon d'agir de tous les personnages, sans exception, m'a fait gerber, je n'ai supporté aucun d'entre eux, et je crois que c'est ce que voulait l'auteur… enfin, j'espère. Parce que s'il avait dans l'idée de nous les rendre attachants, il a foiré. Ou alors il voulait juste qu'on ait pitié d'eux, et à ce moment-là, c'est réussi. Sauf pour Sue, que je hais du fond de mon âme maintenant que j'ai lu la fin. Sale peste, putain !!

J'en sais rien en fait. Je suis hors de moi.

D'autres avis sur
https://www.livraddict.com/biblio/livre/jude-l-obscur.html
 
Cette lecture clôt admirablement le challenge "Un mois, un auteur classique Britannique" que j'ai commencé il y a un an. Merci à Evy de l'avoir créé, j'ai découvert pas mal d'auteur, beaucoup de livres, et je suis passée par énormément d'émotions !

Si t'as rien d'autre à faire :
Exploratology est de retour !
Et un Hobbit, un !
Je vais commencer le tome 3.

23/06/2018

Conflits sociaux et lutte ouvrière. C'est ce qui s'appelle foutre un gros coup de pied dans la fourmilière.

Nouvelle lecture dans le cadre du challenge "Un mois, un auteur classique britannique" créé par Evy ! Et il a frôlé de près le coup de cœur.

Éditeur : Points
Parution : 2010
Pages : 673

Résumé :
Après une enfance passée dans un village riant du Hampshire, Margaret Hale, fille de pasteur, s'installe dans une ville du Nord. Témoin de luttes entre ouvriers et patrons, sa conscience sociale s'éveille. John Thornton, propriétaire d'une filature, incarne tout ce qu'elle déteste : l'industrie, l'argent et l'ambition. Malgré une hostilité affichée, John tombera sous son charme.





De base, ce genre d'histoire me plaît pas mal, le soucis c'est que j'ai eu du mal avec Margaret. Au début, je l'ai trouvé vachement horripilante, hautaine, butée et passive en même temps. Elle laisse pratiquement tout le monde décidé pour elle et s'arme juste de courage et de patience pour tout supporter en râlant dans son coin. On est un peu loin de la femme téméraire qui n'hésite pas à dire les choses, à l'instar de la Lizzy de Jane Austen.

Heureusement, elle change lorsqu'elle rencontre Thornton. Cet homme éveille en elle une combativité qu'elle s'efforçait jusqu'ici de garder sous contrôle et elle va commencer à l'ouvrir, à se sentir impliquée et à se battre davantage pour défendre ses idées et son point de vue. Là, elle m'a plu un peu plus. Mais juste un peu. Parce qu'elle continuera finalement de se laisser balloter… Bon, je suis un peu méchante, c'est un très bon personnage vu le contexte du roman, malheureusement pour elle des héroïnes de cette trempe il en existe des bien meilleures créées par des auteurs de la même époque. Je pense notamment à Mary, dans "Le docteur Thorne" de Trollope, avec qui j'ai eu un peu de mal aussi, mais qui me paraît maintenant vachement plus chouette.

La romance est ici construite à peu près comme dans "Orgueil et Préjugés" : Margaret se fait rapidement des préjugés hostiles pour les plus fortunés de la ville de Milton, prend Thornton en grippe, n'hésite pas à lui faire comprendre qu'elle n'est absolument pas d'accord avec sa façon de traiter ses ouvriers ou de voir les choses, et l'envoie péter sans arrêt. Et comme de juste, il se met à craquer pour elle, et petit à petit…

Mais j'en dis pas plus.

L'ennui c'est que le potentielle de cette histoire d'amour est cachée derrière la dure réalité sociale que l'auteure a voulu dénoncer, à savoir les conditions de travail des ouvriers dans les grosses villes industrielles. Elle s'est concentrée là-dessus au point d'en effacer le reste et malgré que ce soit vachement intéressant j'ai trouvé ça un peu dommage (c'est mal dosé pour moi en gros). Elle a l'air de savoir de quoi elle cause et j'ai pas pu m'empêcher de penser qu'elle avait manifestement pris le parti de considérer les patrons comme les méchants et les ouvriers comme les victimes. Elle avait fait son choix, quoi. Ce qu'il y a de bien, c'est qu'elle dénonce tout de même les qualités et les travers de chacun, ce qui permet au lecteur de faire ses propres choix. Je ne doute pas que ce livre, à sa sortie au XIXème siècle, a dû remuer pas mal la bonne société.

Sans compter qu'il y a dans ce texte une intensité dramatique que je n'avais pas vu jusqu'ici dans les classiques anglais que j'ai pu lire (d'un autre côté, j'en ai lu moins qu'il n'y paraît). Il y a de la tragédie, des morts, et ce qui fini par arriver à Margaret m'a tout de même touchée malgré la difficulté que j'ai eu pour m'attacher à elle.

Je vais parler un peu du personnage de John Thornton maintenant. Parce que lui, je l'ai vraiment adoré ! Il rejoint sans hésitation le petit groupe de gars qui sont parmi mes chouchous dans la littérature (j'en présente quelques-uns dans ce TAG que j'ai publié à la Saint-Valentin) Contrairement à son homologue féminin dans cette histoire, c'est quelqu'un qui se remet en question, qui évolue beaucoup au fil des événements, qui garde un sang-froid absolu face à ce qui lui tombe dessus, et ne baisse jamais les bras. J'ai adoré son caractère malgré l'impulsivité un peu violente dont il fait preuve parfois.

Ce qui me fait finalement dire que ce n'est pas un coup de cœur, c'est la fin. Une grosse facilité vient clôturer cette histoire, un choix est fait pour terminer tout ça et je suis déçue car je trouve ça trop facile, ça contraste trop avec les drames et la dureté utilisés tout le long du texte. Ouais, en fait j'aurais aimé que ça se termine autrement, très clairement. 
Mais ça reste malgré tout une très bonne lecture car elle m'a fait découvrir autre chose. Gaskell dénonce, prend ses responsabilités, et même si elle a préféré rester prudente à la fin, j'ai apprécié ça.
 
D'autres avis sur
https://www.livraddict.com/biblio/livre/nord-et-sud.html
 
Allez, maintenant je m'en vais regarder l'adaptation de la BBC.

Au fait, nouveau tirage BookJar ! Mais comme j'ai la flemme de prendre une photo, je vais me contenter de vous annoncer que prochainement, je vais lire "Le peuple des Rennes" de Megan Lindholm, alias Robin Hobb.
 
Si t'as pas mieux à faire :
Un nouveau drama coup de cœur !
Je viens de commencer le tome 2.
Et celui-là.

17/04/2018

Alors euh... C'est l'histoire d'un mec !

Ça faisait un moment que je voulais retenter l'expérience Brontë. J'ai lu Hurlevent voilà un bail et l'ai adoré (j'ai grave envie de le relire d'ailleurs !), j'avais donc l'intention de rester avec Charlotte, histoire de ne pas m'éloigner d'une certaine zone de confort. Mais finalement, c'est avec Anne que j'ai passé ces 15 derniers jours grâce au challenge Un mois, un auteur classique britannique auquel je participe depuis septembre et jusqu'à août.

Franchement, non seulement je l'ai lu les doigts dans le museau, mais en plus j'ai passé un moment de fou !

Éditeur : Archipoche
Parution : 2013
Pages : 564

Résumé :
L'arrivée de Mrs Helen Graham, la nouvelle locataire du manoir de Wildfell Hall, bouleverse la vie de Gilbert Markham, jeune cultivateur. Qui est cette mystérieuse artiste, qui se dit veuve et vit seule avec son jeune fils ? Quel lourd secret cache-t-elle ? Sa venue alimente les rumeurs des villageois et ne laisse pas Gilbert insensible. Cependant, la famille de ce dernier désapprouve leur union et lui-même commence à douter de Mrs Graham... Quel drame s'obstine-t-elle à lui cacher ? Et pourquoi son voisin, Frederick Lawrence, veille-t-il si jalousement sur elle ? 



Je ne sais pas trop à quoi je m'attendais en le commençant (je crois que je n'avais même pas pris la peine de faire des pronostics) mais certainement pas à ça ! Ce bouquin est décrit comme étant l'un des premiers romans féministes, alors quelle ne fut pas ma surprise quand j'ai réalisé que tout se passait du point de vue d'un homme.

Si si, je vous jure. Ce qui n'empêche pas d'en faire un roman féministe, maintenant je l'ai bien compris (j'ai l'air bête là, hein ?)
 
C'est le Gilbert là, qui nous raconte sa vie pour commencer. Il est fermier, pas franchement content de l'être et, disons-le, il s'emmerde dans la vie. Et il n'y pas que lui. En fait, tout ce beau monde s'ennuie tellement dans cette campagne profonde du XIXème siècle que l'arrivée d'une mystérieuse jeune mère célibataire et de son fils devient le sujet de discussion le plus important dans leur petit cercle d'hypocrites. Et tout ça avec un mec en narrateur ?
 
J'étais assez perplexe. Mais le portrait qu'Anne Brontë nous brosse de cette joyeuse bande est tellement horrible et succulent en même temps que j'en ai eu très vite plus rien à faire et je lisais, lisais, lisais.
 
C'est en cela que ça m'a fait beaucoup penser à "Orgueil et Préjugés", car cette brave Helen va vite se retrouver la cible de tous les racontars les plus dégueulasses dispersés par le voisinage, tout ça parce que Gilbert va délaisser pour elle une jeune femme à qui il faisait potentiellement du rentre dedans ! Voilà, orgueil froissé, préjugés faciles, méchanceté gratuite. De maison en maison le bruit va se répandre que cette jeune femme est la maîtresse du propriétaire du manoir, qu'elle n'a donc aucune vertu car elle n'est pas mariée...

Heureusement que Gilbert est loin d'être con ! D'accord, il sera déstabilisé par tout ce qu'il entend, mais il mettra un point d'honneur à se faire sa propre opinion et voudra à tout prix connaître la vérité, au risque de paraître borné.

Et c'est là qu'Helen prend enfin la parole, à travers un journal qu'elle a tenu durant cinq années et qu'elle confie à Gilbert, étant incapable de lui raconter de vive voix tout ce par quoi elle est passée. Sa vie nous est donc livrée par l'intermédiaire de ce jeune homme qui en fait la lecture... Ce récit dans le récit, si j'ose dire, m'a fait pensé ici à Hurlevent. Si je me rappelle bien, la construction était un peu similaire.

Bref. Cette chronique part dans tous les sens, elle n'a ni queue ni tête.

D'abord, Helen m'agaçait. À travers les yeux de Gilbert elle nous apparaît comme une femme distante, froide, très pieuse et têtue. J'en suis encore à me demander comment il a pu s'attacher à elle comme ça ! Mais grâce à ce journal qu'il lit pour nous, on découvre une femme qui a des rêves et une détermination unique pour l'époque. Elle est indépendante, forte, et n'hésitera pas à braver les conventions.

Ce journal dans le roman était fantastique ! Il serait un peu autobiographique que ça m'étonnerait pas. En tout cas, ça me paraissait vachement authentique. Découvrir de façon aussi intime la vie d'une femme à cette époque, c'est vraiment quelque chose.

Tentative d'émancipation de la femme de la part de Brontë ? Y'a pas des kilomètres. Ce roman a dû faire pas mal de bruit quand il est sorti, en 1848 ou 49, je sais plus (oui, c'est toujours précis avec moi) non seulement parce qu'il dresse un portrait nouveau du genre féminin, mais aussi parce qu'il n'hésite pas à en dresser un, bien négatif, de l'homme... et de certaines femmes. Personne n'est épargné dans ce livre. Tous les personnages ont leurs vices, leurs problèmes, mais aussi leurs espoirs et leurs rêves. C'est tout de même toujours contrebalancé et on reste dans la romance, mine de rien. Disons que, là où il y a des langues de vipères, il y aura toujours une figure bienveillante pour venir redresser la situation. Comme si l'auteure ne voulait pas être totalement pessimiste. Je pense qu'elle y aurait gagné en profondeur, pourtant, en gravité, en sincérité et en vérité.

C'est un peu le reproche que je lui fais : il y a le blanc et le noir. Pas d'entre-deux. Pas de gris, pas de mal dans le bien et vice-versa. C'est un peu trop manichéen (pas sûre que ce soit le bon mot) même s'il est clair pour moi que l'auteure a poussé un coup de gueule, a dit ce qu'elle avait à dire et PAN ! dans les dents de la bonne société bourgeoise de l'époque. Enfin, c'est surtout la gente masculine qui en a pris pour son grade ici.

Quoique.
 
D'autres avis sur
https://www.livraddict.com/biblio/livre/la-recluse-de-wildfell-hall-la-chatelaine-de-wildfell-hall-la-dame-du-manoir-de-wildfell-hall.html

Il m'est arrivé un truc très étrange, récemment. Quasiment coup sur coup j'ai accidentellement mis dans ma bouche de la peinture et du shampooing (pas en même temps rassurez-vous) Mais genre pas en mousse sous la douche hein, non non, du bon shampooing pas dilué sur la brosse à dent en lieu et place du dentifrice. J'étais pas très réveillée.

Du coup, j'ai un conseil pour vous : évitez le Garnier saveur argile douce et cédrat. Il attaque vachement le palais.

BOUM !!
Giebel de retour !
Le fourre-tout du drama
Ça c'était y'a un an, à une ou deux vaches près

01/04/2018

Parce que, parce que, parce que... voilà. J'ai pas toujours envie de justifier ce que je fais, non plus.

Les classiques, on ne les aime jamais assez ! Sans déconner, je crois que ma vie de lectrice a changé le jour où j'ai commencé à les apprécier. C'est venu plutôt tardivement, malheureusement, même si je me souviens de deux ou trois bouquins que j'ai aimé au lycée... je ne vais pas mentir, le fait que lire soit une obligation me bloquait complètement pendant mes études (et après je suis devenue libraire... j'aime me faire du mal apparemment !)
J'ai vraiment pris conscience que ça pouvait être une source de plaisir de lecture intarissable que le jour où j'ai lu "Orgueil et Préjugés" (c'est moi où je parle de ce livre dans pratiquement tous mes articles ?) Pourquoi intarissable ?

Des classiques, il en existe des milliers ! Tous différents, que ce soit en terme de genre, de nationalité, d'époque, d'écriture. Une vie entière n'y suffirait pas pour tous les lire !

J'ai décidé de rendre un petit hommage à ces œuvres qui font peur (ne niez pas, vous aussi vous en avez eu peur, comme moi ! Et peut-être que certains les fuient toujours, d'ailleurs) à travers un TAG que j'ai découvert sur la chaîne de Pinupapple & Books.

Suffit le blabla ! C'est parti :


1. Quelle est pour toi la définition d'un classique ?
C'est une question hyper intelligente, et de fait c'est galère d'y répondre ! Comme sa créatrice le dit dans sa vidéo, je pense qu'effectivement il s'agit d'un livre qui a marqué son époque, donc ça peut être il y a 100, 200, 300 ou 1000 ans ! Ou même plus hein, parce que bon Homère ça fait un bail qu'il a écrit son Iliade et son Odyssée.
Personnellement, je pense qu'un classique est aussi un livre qui marque profondément un lecteur peu importe la génération... C'est pas très clair, hein ?

2. Quel a été le classique qui t'a fait aimer les classiques ?

Pour moi ça s'est fait en 2 temps.
L'année de mon BAC mon prof de littérature nous a fait lire "Les liaisons dangereuses" de Laclos et j'ai eu un immense coup de cœur pour ce livre, j'ai pris une claque monumentale ! L'ennui c'est que j'étais jeune, fainéante, et j'ai pas spécialement sauté sur d'autres bouquins du genre. En fait, ça ne m'est même pas venu à l'idée.
Ensuite, en devenant libraire des années plus tard je me suis mise à échanger avec beaucoup de gens (des clients pour la plupart) et quelqu'un m'a fait un tel éloge de Jane Austen que je l'ai lu. J'ai commencé par "Raison et sentiments" que j'ai beaucoup aimé et un peu après j'ai lu "Orgueil et Préjugés" et là ça a été le déclic ! Depuis, je lis beaucoup de classiques.



3. Qu'apprécies-tu dans les classiques que tu ne retrouves pas dans les romans contemporains ?
J'aime à penser que "contemporains" englobe la fantasy, la science-fiction et le polar. Que les choses soient bien claires : si vous connaissez mon blog depuis un moment vous le savez que je lis de tout, je suis le genre de lectrice à considérer qu'un genre en vaut bien un autre. Pour les autres, si vous ne me connaissez pas, vous êtes prévenus : je ne pense pas un genre littéraire au-dessus d'un autre, voilà.
C'est difficile de répondre, parce que je ne sais pas trop quel mot mettre sur ce que je ressens. Disons qu'il y a une qualité certaine de rédaction dans un classique, des messages très forts et des personnages avec une psychologie de qualité. Mais le plus important pour moi, c'est le voyage temporel que ça m'offre à chaque fois que j'en ouvre un nouveau. Lire un classique c'est voyager dans le temps, découvrir une société ancienne qui parfois n'existe plus, mais aussi des codes moraux et sociaux intéressants que j'aime étudier.

4. Quel est ton courant littéraire préféré ?
Pour celle-là je ne vous cache pas que j'ai eu besoin d'aide. Ouais, j'ai pas honte de dire que malgré un BAC littéraire, bhé je ne savais pas trop ce qu'est un courant littéraire.
Alors je glisse un gros merci à l'auteure Rose Darcy pour son aide, elle m'a tout bien expliqué j'ai tout compris !

Bon, étant donné que Jane Austen, les sœurs Brontë et d'autres auteures de cette époque sont parmi mes préférées, je pense que le pré-romantisme est ce que je préfère, mais le baroque me convient aussi, si j'ai bien compris ce que c'est. Par contre, j'ai du mal avec le naturalisme apparemment puisque je n'aime pas du tout Zola... Alors que j'adore George Sand... Mais est-ce que c'est du naturalisme, Sand ?
Bordel, c'est compliqué.

5. Quel classique conseillerais-tu en premier ?

Du coup ce sera "Orgueil et Préjugés". D'accord "Les liaisons dangereuses" est le premier qui m'a plu, mais c'est épistolaire et ce genre n'est pas évident à apprécier pour un premier contact. Après, si ça ne vous fait pas peur, allez-y, bien sûr !
Sinon dans le genre fantastique/roman noir, si vous aimez, lisez "Melmoth" de Maturin. Honte à moi, je ne l'ai pas encore chroniqué, mais il fait partie de ces livres que j'ai tellement aimé à la folie que j'ai peur de foirer mon coup en en parlant. Ceci dit, en plus accessible que j'ai adoré aussi il y a "La Vénus d'Ille".

Je peux glisser un gros classique japonais mine de rien : "Le dit du Genji", voilà.




6. Un classique que tu as détesté.
"La bête humaine" de Zola. Ce livre m'a mise mal à l'aise sans trop que je sache pourquoi. Je l'ai lu au lycée alors ça remonte. Ça vaudrait sans doute le coup que je le relise, ou que je tente un autre texte de l'auteur, je crois.
Sinon il y a également "Alice au Pays des Merveilles" avec ce putain de chat qui me fout la trouille.

Oui, je donne plusieurs livres en réponse à presque chacune des questions. Mais chut, c'est pas grave !

7. Le livre classique que tu as préféré.
Évidemment je pourrais vous ressortir le même, encore et toujours, mais je vais en donner un autre sinon c'est un peu chiant.
"Les hauts de Hurlevent" est un livre fascinant. Il faudrait que je le relise aussi pour bien confirmer mon coup de cœur, mais vraiment c'est un bijou !

8. Un classique que tu as envie de lire.


"Les mystères d'Udoplhe" de Ann Radlciffe. C'est une auteure qu'il faut vraiment que je découvre. En plus ça fait des plombes que j'ai le bouquin dans ma PAL.











9. Si tu devais choisir entre lire à vie des classiques ou des contemporains, que choisirais-tu ?
Joker. Si, j'ai le droit.
Je n'aime pas trop ce genre de question. J'aime bien les classiques, c'est vrai, et je suis fière de moi d'en apprécier certains, mais me foutre moi-même dans une case définie me gêne.

10. Un classique qui commence par la première lettre de ton prénom ?
Syl n'est pas mon vrai prénom, vous vous en doutez certainement, mais on va dire que si parce que ça me permet de citer "Shirley" de Charlotte Brontë.

11. Ton personnage de roman classique préféré ?

Darcy, évidemment, mais il y a aussi Landry, personnage masculin principal de "La petite Fadette" de George Sand dont je suis un peu tombée amoureuse, tout comme la Fadette elle-même, que j'ai adoré.
Sans oublier Scrooge, des "Contes de Noël" de Dickens, gros coup de cœur pour lui !










12. Un classique qui t'a fait rire ?
Ce petit animal fourbe et rusé dans "Je suis un chat" m'a beaucoup amusée !

13. Un classique qui t'a fait pleurer ?
Je ne pleure jamais avec un livre (même en regardant un film ou une série, ou en écoutant une chanson, ça m'arrive rarement) mais Hurlevent m'a plusieurs fois serré le cœur.

14. Un classique que tu n'as jamais terminé ?
Je l'ai ai tous fini jusqu'à présent, je n'ai aucun abandon de classique à mon actif même si j'étais à deux doigts avec "Mansfield Park".



C'est super intéressant de faire ce genre de TAG. Je me rends compte grâce à ça que, mine de rien, j'en connais pas mal, j'en ai lu un bon nombre et, plus cool encore, il m'en reste vachement à lire !

Je vais vous raconter comment j'ai déniché ce petit questionnaire chez Pinupapple. Il y a environ deux semaines j'ai lu un article foutrement intéressant sur le blog de La Luciole sur les "canons littéraires" que j'ai trouvé génial, et ce qu'elle y raconte m'a lancé à la recherche de chaînes Booktube pouvant parler de Classiques. Mon constat : il y en a effectivement assez peu, mais celles qui existent sont des petites pépites !

C'est l'heure du tirage BookJar, maintenant ! Ça fait tellement longtemps depuis le dernier que j'étais super excitée en foutant la main dans ce putain de bocal. Nan mais des fois j'ai vraiment 4 ans.


Le plus beau c'est que ça colle impec' avec ce TAG, puisqu'il s'agit d'un classique ! Le dernier Wilkie Collins que j'ai lu remonte à 5 plombes en plus, alors je suis ravie de retrouver l'auteur pour ce bouquin qui ronfle dans ma PAL depuis des temps immémoriaux.


Voilà voilà :
Le Boyfriend TAG de la Saint-Valentin !
Le Fanazo & Book TAG
Et sinon ça c'était un film génial !

18/01/2018

« Les gens aiment à croire que le conflit est entre le bien et le mal. Le vrai conflit est entre la vérité et le mensonge. » de Don Miguel Ruiz

C'est pas moi, promis juré ! Je plaide non coupable.

N'empêche que des fois c'est pratique la légitime défense.

Hein ? Non, j'ai rien bu, pourquoi ?


Édition : Le Livre de Poche
Collection : Jeunesse
Parution : 2015
Pages : 384

Résumé :
Prêt à tout pour conquérir Gladys - qui ne veut épouser qu'un homme célèbre -, Edward Malone, jeune journaliste en début de carrière, s'engage à suivre le terrible professeur Challenger en Amérique du Sud, pour rapporter des preuves de ce qu'il affirme envers et contre tous : les animaux de la préhistoire existent encore de nos jours !




Je dois dire que je commençais cette lecture avec une petite appréhension, parce qu'il y a quelques années j'ai regardé un téléfilm adapté de ce texte (il en existe des centaines, je le sais bien !) que j'avais vraiment adoré, et il m'arrive encore de me poser devant quand il repasse à la télé. Fort heureusement, j'ai aussi beaucoup aimé le bouquin !

J'en suis franchement contente parce que c'est le second livre du challenge des découvertes britanniques que j'aime au point de le chroniquer après "Les contes de Noël" de Dickens (n'oublions pas "Emma" d'Austen que j'ai détesté) Il est toutefois très différent de cet autre classique, et ça n'a pas été pour me déplaire !

Premièrement, il n'y a pas qu'un seul genre narratif. Si j'ai trouvé ça un peu maladroit, surtout pour le dernier, j'admets que ça donne au texte un aspect assez original. Tout le long nous sommes avec Malone, ce petit journaliste qui rêve de conquérir une jeune femme que j'ai trouvé capricieuse et superficielle au possible (une chiante, quoi) dénommée Gladys (en plus elle a un prénom à la con) et il fait le récit de cet espoir à travers une sorte de journal. Pour être enfin apprécié de cette nana, il la prend au mot lorsqu'elle affirme qu'elle préfère les hommes d'action et aventureux et décide d'approcher le Pr Challenger, homme au caractère très difficile, afin d'en apprendre plus sur le mystérieux "monde perdu" dont ce dernier ne cesse de parler, jusqu'à s'enrôler avec lui et 2 autres hommes dans une expédition bien dangereuse. J'ai préféré cette partie-là entre toutes car elle est dynamique et très drôle, d'autant qu'on en découvre pas mal sur les certitudes scientifiques de l'époque et la belle société anglaise, chose que j'adore.

C'est au départ de l'expédition que commence un autre style : celui des lettres. Il s'agit plus d'une sorte de récit de voyage que Malone adresse à ses lecteurs du journal en espérant que les feuilles atteignent Londres. Il y relate leur épopée pratiquement au jour le jour. J'avoue avoir un peu moins apprécié cette partie. Nous ne sommes pas directement dans l'action mais uniquement dans ce que Malone nous en raconte et je lui ai trouvé beaucoup moins de dynamisme. Toutefois, la découverte de ce plateau oublié du temps et inconnu du XXème siècle m'a beaucoup plu, l'auteur, même s'il semble avoir pris quelques libertés lors de la description de certains animaux préhistoriques, s'est néanmoins efforcé de rester le plus proche possible de la réalité et ça m'a permis de m'immerger très facilement.

Le troisième style était, pour moi, moins équilibré et aurait pu être évité. J'aurais préféré que Doyle en revienne au récit du genre de la première partie, mais il a préféré user d'une sorte de compte rendu relatant le retour au pays de nos aventuriers. Compte rendu que Malone semble nous lire... heureusement, il n'a fait ça que pour le dernier chapitre ! C'est toutefois assez efficace pour clore cette histoire, ce qui est surprenant. Comme quoi, l'auteur n'est pas un grand pour rien !

Et que dire des personnages ? Je les ai tous aimé. Malone, même s'il paraît vachement niais au début, change et s'affirme grâce à la proximité de Lord John Roxton, grand aventurier. Lui, j'ai mis plus de temps à l'apprécier parce qu'il est pédant, vantard, et n'évolue pas des masses, mais c'est tout de même lui qui, la plupart du temps, donne le rythme à l'expédition alors je lui pardonne. Quant aux professeurs Challenger et Summerlee, je les ai vraiment adoré ! Ils ne sont pratiquement jamais d'accord et leurs échanges donnent tout le ton amusant du texte.

Malgré que ce livre soit court ils étaient tous très bien construits et attachants. Ils portent efficacement l'intrigue.

Quant au rythme, il est très bon. Il se passe toujours quelque chose et les descriptions s'ancrent parfaitement dans le récit sans y installer un seul temps mort.

En bref, un très bon roman d'aventure. J'aurais quand même apprécié qu'il soit un peu plus complexe, un peu plus long peut-être. Je pense que lors de sa publication il s'adressait surtout à un jeune lectorat, l'ennui c'est qu'aujourd'hui le vocabulaire risque d'être trop soutenu pour les adolescents. Maintenant, il s'adresse davantage à tous les férus de classiques.

D'autres avis sur
https://www.livraddict.com/biblio/livre/le-monde-perdu.html


Mais oui ça va ! Je vais bien, ne vous en faites pas. Je voulais juste vous prouver que je peux écrire une chronique sans utiliser de gros mots, putain !

... ah merde.

Nan mais là c'est de votre faute.

Hey ! Je suis fière de vous annoncer que j'ai validé mon Cold Winter Challenge cette année aussi ! 8 livres lus en 6 semaines, c'est pas mal non ?