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26/05/2020

Vous saviez que l'allergie aux feuilles de fraises ça existait vous ?


C'est ce qui s'appelle prendre un gros coup de pied au cul !

Sans transition :

Éditeur : Le Tripode
Parution : 2013
Pages : 470

Résumé :
Voici l'histoire du dernier des hommes qui parlait la langue des serpents, de sa sœur qui tomba amoureuse d’un ours, de sa mère qui rôtissait compulsivement des élans, de son grand-père qui guerroyait sans jambes, d’une paysanne qui rêvait d’un loup-garou, d’un vieil homme qui chassait les vents, d’une salamandre qui volait dans les airs, d’australopithèques qui élevaient des poux géants, d’un poisson titanesque las de ce monde et de chevaliers teutons épouvantés par tout ce qui précède...


Ces quelques lignes en 4ème de couv nous promettent soit du nawak soit du lourd niveau imaginaire. J’ai une révélation à vous faire : il s’agit là d’un mélange subtil, intelligent et audacieux des deux. Et plus encore, à vrai dire.
Leemet, le narrateur et personnage principal, est celui dont parle le titre : l’homme qui savait la langue des serpents. De base, c’est assez inattendu, mais pour toute personne connaissant un tant soit peu Harry Potter (oui, j’ose évoquer le Fourchelangue) pas aussi déstabilisant qu’il y paraît. Et pourtant, ce Leemet, avec cette capacité qu’il a de discuter avec les vipères royales, n’est en réalité pas le personnage le plus surprenant et loufoque de ce roman indéfinissable, énorme pavé dans la mare littéraire.
Véritable épopée historique qui fait penser aux croisades, fresque chevaleresque, satire religieuse, aventure d’une vie mêlant habilement fantasy, fantastique, romance et gothique, le tout saupoudré d’un humour mordant toujours inattendu qui peut faire rire aux éclats mais auquel se mêle parfois une violence qui fait frémir.

Ce que l’auteur nous propose est unique, plein d’une audace rarement vue. Le début est pourtant relativement calme, presque banal : Leemet est un petit garçon qui assiste à une cérémonie religieuse qui l’ennui et qui préfère s’amuser, comme n’importe quel petit garçon. Mais il grandit et finit par comprendre que la religion n’est pas qu’ennuyeuse quand on ne la comprend pas : elle peut aussi être dangereuse.

Nous voyons tout un monde s’effacer, disparaître petit à petit à travers ses yeux et on se sent aussi impuissant que lui face à la modernité qui chasse le passé sans aucun remord, avec violence, incapable de s'accorder avec les valeurs ancestrales bien plus anciennes qu'elle. L’obscurantisme total évoqué ici, à travers ce monde moderne qui s’installe à la lisière de la forêt où vit Leemet, est effrayant, bien plus effrayant que les hommes de son peuple qui parlent la langue des serpents, que ceux qui possèdent, comme les reptiles, des crochets venimeux, ou encore les ours qui lorgnent après les jeunes filles, ce Sage qui voue un culte sanglant aux génies des bois dont on doute de plus en plus de l’existence…

Oui, au fil du récit c’est un monde toujours plus étrange que nous dévoile l’auteur et pourtant on accepte tout ce qu’il dévoile sans protester. C’est incongru ? Oui, évidemment, mais c’est amené avec un tel art de l’écrit, du conte et de la narration que cela semble s’imbriquer parfaitement dans son univers, le nôtre ; un univers qu’on a l’impression de connaître tant tout est fluide et naturel, mais qu’on découvre pourtant totalement. Après 400 pages, on en découvre encore et on n’a pas fini d’être surpris.

Les hommes de la forêt parlent aux serpents ? D’accord, dis-nous-en plus. Ils traient des louves et se nourrissent de leur lait grâce à cette langue qui fait obéir la majorité des animaux, sauf les hérissons et les fourmis qui en sont sourd ? Si tu le dis ! Allez, j’en veux encore. Les ours parlent, eux aussi, cette fameuse langue, et aiment séduire les femmes, toujours attendries par ces énormes plantigrades énamourés ? Je veux bien ! Qu’est-ce que t’as d’autre à me proposer ? Une créature qui vit au fond de l’océan et n’en remonte que tous les 1000 ans pour reprendre sa respiration ? Des anthropopithèques qui élèvent des poux, dont un de la taille d’un cheval ? Un sorcier qui capture les vents dans des sacs ? Une salamandre géante qui dort sous terre ?

Au bout d’un moment, j’en voulais juste plus, j’en voulais encore.

L’auteur semble nous nourrir de son imaginaire foisonnant mais il n’en oublie pas de garder un pied dans la réalité. Car, comme je le disais, la modernité chasse le passé à coup d’épées, d’aveuglement religieux et petit à petit l’imaginaire disparaît, la magie aussi, remplacés par la sanglante réalité d’un monde obscur, plongé dans les ténèbres de l’ignorance en étant pourtant persuadé de tout savoir grâce à un dieu de cruelle bonté : Jésus.
Si aucune date précise ne nous est donnée on peut donc quand même situer cette histoire au début de l’époque médiévale. On en arrive même à penser que, peut-être, tout ceci a réellement existé tant le talent de l’auteur est grand (et celui du traducteur aussi, qui a su rendre toute la puissance narrative de ce conte éternel !)
Il est difficile de parler d’une œuvre comme celle-ci. J’ai lu une admirable chronique que je vous partage ici.
Je ne me sens pas vraiment de taille à détailler une telle histoire. Sachez simplement qu’il est question de Leemet, l’homme qui savait la langue des serpents, qu’il est plein de courage, de détermination. Pourtant, tout ce qu’il entreprend pour tenter de sauver son monde qui s’efface paraît impossible, comme s’il tentait d’attraper la fumée du passé avec ses mains.

L’auteur fait désormais partie des meilleurs de mon répertoire de livres lus, et je lirai les autres titres de sa bibliographie sans hésiter.

Petit clin d'oeil à une amie qui a réussi à en parler mieux que moi : l'ours bibliophile !

22/03/2020

The magic begins again !

Cette année je me suis lancée comme défi de ne faire aucun challenge littéraire (dit-elle en faisant comme si ça faisait pas près de deux mois qu’elle n’avait rien publié sur ce blog !) J’en fait peu à l’année, un qui dure généralement plusieurs semaines, comme le CWC par exemple, ou le PAC, avec quelques week-end à 1000 par-ci par-là, donc je ne suis pas non plus une grosse consommatrice, mais j’ai tout de même décidé de les éliminer totalement de ma vie de lectrice cette année.
Pour la simple et bonne raison que j’ai décidé de faire un challenge personnel : relire Harry Potter !

J’en avais vraiment très envie, en tout cas ça me trotte dans la tête depuis au moins l’année dernière, et en plus de ça j'ai un anniversaire à fêter ! Cela fait exactement 20 ans que j’ai lu le premier tome, que quelqu’un m’a offert pour mes 12 ans en 2000. Alors ça, si c’est pas une bonne raison, je ne sais pas ce qu’il vous faut.

Parce que je suis absolument fan des films, que je regarde très souvent (d’ailleurs le DVD du premier vient de me lâcher, je suis super vénère vous imaginez même pas comment !), je n’ai strictement rien oublié de la trame principale de l’histoire ni des événements les plus importants, mais c’est bien la première fois depuis ma première lecture que je relis les livres. Du coup, je suis toute excitée, parce que je suis certaine qu’il y a beaucoup de petites choses dont je ne me souviens absolument pas et les redécouvrir me fait grave plaisir. Les films ont beau être aussi fidèles que possible (en tout cas, ils le sont d’après mes souvenirs) c’est délicat pour un scénario de tenir à 100% des livres.
Si j’ai peur ?
Un peu. Toutes les relectures que j’ai faite depuis l’ouverture de ce blog ont viré au drame (cf : Eragon et Le Clan des Otori) mais j’ai bien plus confiance en J.K Rowling qu’en toute autre personne sur cette Terre !
Et ma relecture du premier tome me confirme que j’ai eu raison de ne rien craindre !


Relu en janvier 2020, j’ai absolument adoré ! Alors oui je l’ai trouvé enfantin, c’est écrit, certes très bien, mais également très simplement, et je pense que c’est pour ça que j’ai particulièrement aimé. Effectivement l’auteure va à l’essentiel, elle ne se perd pas en descriptions trop longues ni n’en rajoute des caisses sur les monologues des personnages et ça confère à ce texte un dynamisme génial qui nous plonge directement dans l’action et les événements. Limite si j’avais pas parfois l’impression de me trouver juste à côté de Harry, Ron et Hermione dans la salle commune des Gryffondor ou en salle de classe pendant qu’ils parlaient !
Elle présente son univers par petites touches pour le rendre compréhensible même aux plus jeunes et on en découvre tout au long de l’histoire, ce qui fait qu’on ne cesse jamais de s’émerveiller
… ni même de rire ! L’humour est pratiquement omniprésent, surtout grâce au personnage de Malefoy qui est ici absolument méchamment délicieux, j’avais oublié à quel point j’aimais ce garçon imbu et détestable (faut dire aussi que je l’apprécie pas des masses dans les films, je trouve qu’il a une tête à claque, surtout dans les premiers), sans oublier la simplicité bourru de Hagrid et les bizarreries facétieuses de Dumbledore.
Et que dire de Poudlard ? Ce château représente à lui seul un personnage, c’est un être vivant et capricieux qui possède ses secrets, son histoire et sa personnalité. Il y a qu’à voir comment il s’amuse à promener notre trio de héros d’un étage à l’autre parce que « les escaliers n’en font qu’à leur tête » !


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J’ai lu le tome 2 en février-mars 2020 et… l’émerveillement est toujours au rendez-vous !

Fort heureusement, ce tome-là est un peu moins enfantin que le premier mais écrit avec toujours cette même plume dynamique qui nous conduit exactement là où elle le souhaite sans qu’on devine pour autant la destination. Ce qui m’a particulièrement stupéfixée dans ce texte c’est que, déjà, l’auteure commençait à distiller des indices subtils sur l’avenir de l’histoire, des choses à première vue insignifiantes mais qui m’ont fait comprendre que cette dame a, d’un bout à l’autre, depuis le début et ce jusqu’au dernier point final ultime, maîtrisé son récit. La véritable sorcière, en fait, c’est elle les gars !
L’humour est toujours là, toujours grâce à Malefoy qui est vraiment absolument génial, mais aussi Ron qui devient plus attachant et Hermione moins agaçante (par contre j’ai toujours autant de mal avec Harry, même si je l’aime bien…) De facétieux Dumbledore devient mystérieux, Hagrid se dévoile et Poudlard… ma foi, le château reste fidèle à lui-même et livre, lui aussi, une part de son passé par le biais de la Chambre des Secrets. Un passé sombre, tragique, grâce auquel tout le texte en lui-même gagne en maturité. Mais pas trop, quand même, c’est toujours à destination des 11-12 ans, allons !
Ici, J.K Rowling nous prouve également que son univers n’est pas fait que de sorciers et sorcières légendaires, de baguettes magiques, de sorts et de sortilèges, mais également d’animaux, de créatures magiques qui peuvent être soient merveilleuses, soient terribles. Ici, elle nous présente Fumseck le Phoenix et le Basilic, et tous les deux, bien que totalement différents, sont absolument extraordinaires (au point que je suis incapable de dire vers lequel va ma préférence…). J’adorerais avoir une imagination comme celle-là !

Je vais continuer sur ma lancée en avril 2020 avec le tome 3. Attention, là mes attentes sont plus grandes car le film de ce tome est mon préféré, et j’ai hâte de commencer cette relecture !

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Avril 2020... J’ai enfin lu le tome 3 (en vrai je l’ai terminé le mois dernier) et on est en mai. Bordel, je suis déjà en retard !
Bonjour, appelez-moi le Lapin Blanc.
OK blague de merde.
Passons à la chronique.


D’aussi loin que je me souvienne, « Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban » a toujours été mon préféré. J’ai bouffé le film un milliard de fois sans me lasser, et maintenant je peux affirmer que même le livre (pour l’instant du moins) est celui que je préfère.
Premièrement, les choses sont un peu plus sombres. On sent ici que l’auteure commence à opérer la transition entre l’enfance et la véritable adolescence. Par exemple : Harry, Ron et Hermione connaissent leur première dispute, et à cet âge ce n’est pas évident à gérer.
L'humour unique de cette série est cependant toujours au rendez-vous, grâce aux mêmes personnages principalement (Malefoy, les jumeaux Weasley et Ron) mais on ne s'en lasse clairement pas !
On en apprend également plus sur l’histoire de Lily et James Potter, notamment les raisons de leur mort, et ça assombrit encore un peu plus l’atmosphère. C’est dans ce contexte qu’arrivent de nouveaux personnages : Remus Lupin et Sirius Black, et ça fait du bien de voir de nouvelles têtes. Bien sûr il y a eu Lockhart dans le tome précédent mais ce personnage n’a pas eu le même impact que les deux autres dans la vie de Harry.
Je me suis surprise à tout autant apprécier Lupin que Black, alors que dans mes souvenirs c’était surtout Black que j’avais aimé à ma première lecture. Je m’étais tellement habituée à la figure rassurante que Lupin incarne dans le film, à cet air si inoffensif qu’a l’acteur, que j’avais oublié qu’il puisse être à ce point… inquiétant, dans le livre. C’est un personnage en qui j’ai eu immédiatement confiance à l’écran, mais avec le bouquin je me sentais moins rassurée. Il a un petit côté dangereux en vrai que l’auteure n’a pas caché, et j’ai bien aimé !
Concernant le monde de la magie, à l’instar de Harry, Ron et Hermione, on en apprend encore un peu plus, notamment par le biais de sortilèges comme celui du Patronus, ou de créatures, comme L’Épouvantard. Et c’est toujours un plaisir d’en découvrir davantage !
Poudlard n’en finit pas non plus de se livrer, sauf que cette fois ce n’est entre ses murs. C’est pour s’en échapper ! Entre passages secrets et planques ce château est plus vivant que vivant ! On découvre aussi Pré-au-Lard, ce village 100% sorciers où je kifferai de vivre !
Bref, de la découverte et encore de la découverte, mais pas que. Comme je le disais au début, l’auteure opère ici une transition, on sent bien, dans la rédaction comme dans l’atmosphère, un peu plus sombre, qu’elle est prête à passer à la vitesse supérieure. En sachant ce qui va arriver à la fin du prochain tome, je peux déjà ici sentir les prémisses de la catastrophe. Les indices sont là, disséminés très habilement, subtils, et pourtant bien présents.
Du pur génie.

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Nous voici au mois de juillet, et je chronique enfin le tome 4, lu en juin.
Je vis dans un décalage temporaire permanent ! 

On continue la relecture de cette fabuleuse série qui a changé la vie de beaucoup de lecteurs, jeunes ou vieux, dont la mienne.
Vous savez peut-être tous que l’auteure, avec ce tome, opère un tournant important de l’histoire, surtout dans le style. Finie la magie et la naïveté lumineuse de l’enfance, et pourtant tout n’est pas encore sombre. Les moments oscillent entre légèreté, humour et amitié ; tension, gravité et dangers. Comme si, finalement, l’auteure ne savait pas trop quoi choisir et alternait tout ça en les mélangeant parfois.
C’est sans doute pour ça que j’ai moins aimé que le tome précédent. C’est un peu trop mêlé pour le coup, comme si elle ne savait elle-même pas vraiment…

Les personnages n’en sont pas moins géniaux, surtout Malefoy et son humour, Harry et son caractère, sans oublier les disputes entre Ron et Hermione. Ce qui fait la force de ces récits, c’est chaque fois le monde qu’elle développe, tout l’univers de la magie qu’elle nous fait découvrir à chaque fois, encore et encore, tant par les sortilèges appris que par les créatures qu’on découvre. Sans oublier Poudlard, évidemment.

J’ai l’impression de me répéter chaque fois que je parle d’un livre sur cette chronique, et pourtant. Je suis chaque fois fascinée par tout ce qu’elle invente et décrit si bien.

La fin est vraiment géniale par toute la tension qu’elle laisse exploser. On plonge à pieds joins dans quelque chose de beaucoup plus sombre et cette fois l’auteure semble abandonner ses réticences et fait enfin le choix de basculer dans la dureté et la gravité. Et elle le fait très bien !

Ce que j’ai particulièrement apprécié dans le développement de l’univers, c’est qu’elle nous présente les écoles d’autres pays ! C’est peut-être idiot, mais je me souviens qu’à ma première lecture il y a vingt ans j’avais été très surprise car pas un seul instant je n’avais imaginé qu’il puisse y avoir d’autres écoles de magie hormis Poudlard. C’est pourtant logique, l’histoire se passant en Angleterre, il faut bien que d’autres pays aient aussi leurs écoles ! Avec ce qu’elle amène, elle nous prouve que son monde est encore bien plus vaste que ce qu’on s’imaginait tous. Mais aussi plus dangereux !



J'ai déjà commencé à lire le tome 5, alors à tout bientôt pour un update !

11/09/2019

Moi je dis une hache c'est un bon compromis entre le marteau et l'épée ! ... Putain, fallait vraiment y penser à celle-la.

Ah mais non, je ne l'ai pas volée ! Je l'ai transférée, nuance. Chronique auparavant écrite pour un autre site, je me permets de la rapatriée ici.

De quoi ça parle ? D'un guerrier bourru, d'une hache, d'une guerre. Et c'est signé Gemmell.

Éditeur : Milady
Parution : 2010
Pages : 512

Résumé :
Son nom est Druss. Garçon violent et maladroit, il vit dans un petit village de paysans situé au pied des montagnes du pays drenaï. Bûcheron hargneux le jour, époux tendre le soir, il mène une existence paisible au milieu des bois. Jusqu’au jour où une troupe de mercenaires envahit le village pour tuer tous les hommes et capturer toutes les femmes. Druss, alors dans la forêt, arrive trop tard sur les lieux du massacre. Le village est détruit, son père gît dans une mare de sang. Et Rowena, sa femme, a disparu… S’armant de Snaga, une hache ayant appartenu à son grand-père, il part à la poursuite des ravisseurs. Déterminé à retrouver son épouse, rien ne devra se mettre en travers de son chemin. Mais la route sera longue pour ce jeune homme inexpérimenté. Car sa quête le mènera jusqu’au bout du monde. Il deviendra lutteur et mercenaire, il fera tomber des royaumes, il en élèvera d’autres, il combattra bêtes, hommes et démons. Car il est Druss, et voici sa légende… 
Alors là franchement, je vous le dis tout de suite, je risque de manquer d’arguments. Je crois que c’est pour moi l’un des meilleurs de l’auteur que j’ai lu jusqu’ici !
C’est foutrement épique et ça commence très vite pour ne jamais s’essouffler jusqu’à la dernière page. Il y a du drame, de l’humour, beaucoup d’aventures, quelques réflexions pas débiles du tout sur la violence et le besoin qu’a un être humain de parfois la laisser s’exprimer mais surtout, il y a des personnages inoubliables !
Druss, pour commencer, est parfait. Vraiment. Je crois que c’est la première fois que je dis ça d’un personnage de fantasy. On n’est pas avec un héros basique, ni même avec un anti-héros comme on en voit souvent maintenant, mais avec quelqu’un fait d’ombres et de lumières, têtu, acharné, torturé mais aussi très amoureux, droit et loyal… J’ai vraiment adoré. Ce n’est pas la première fois que j’ai affaire à lui, ayant déjà lu « Légende » il y a longtemps, mais je l’avais moins apprécié dans celui-là. Sans doute parce qu’il n’est pas les des protagonistes principaux. Ici, c’est de lui dont il est question, de son amour, de ses combats, de ses choix.
Évidement, parce qu’il s’agit de la saga Drenaï, il y est aussi question du pays, mis en danger par l’empereur de la Ventria. J’ai aimé découvrir ce que ces deux territoires voisins et ennemis de longue date étaient devenus bien longtemps après les récits dont il est question dans Waylander. Gemmell, alors qu’il s’agit quasiment toujours de guerre et de défis entre les puissants m’étant en péril la paix des nations, ne se répète pas dans ce bouquin, il se renouvèle énormément avec Druss et je n’ai pratiquement rien retrouvé qui ait déjà été exploité dans la trilogie précédente, hormis une histoire de démon…
C’est d’ailleurs le seul point négatif que j’ai gardé de cette lecture, il y a un ou deux passages un peu zarbes que j’ai pas bien saisi et qui n’étaient, de mon point de vue, pas forcément utiles. Ils ont même un peu plombé le rythme je trouve, mais ça ne dure pas longtemps et ne m’a de toute évidence pas énormément gêné.
Point essentiel : j’ai beaucoup aimé la fin ! Ça termine comme ça commence. La boucle est bouclée j’ai envie de dire. Chapeau Mr Gemmell !
J’ai failli oublier ! Rowena, la femme de Druss, est l’un des seuls personnages féminins à qui je n’ai rien à reprocher en fantasy, et c’est suffisamment rare pour que je le souligne.

04/08/2019

En direct des vacances, Syl s'agace !


Bordel bordel bordel bordel bordel bordel… Je vois pas quoi dire d’autre.


Éditeur : Folio
Parution : 2011
Pages : 683


Résumé :
Complots, trahisons, vengeances, mais aussi amitiés loyales et amours passionnées.... Shigeru grandit dans l’ atmosphère oppressante du chateau de Hagi, fief du Clan des Otori dont il est l’héritier. Il a l’étoffe d’un chef, un caractère noble et droit, une éducation accomplie qui le portent à régner. Mais il doit faire face aux appétits de conquêtes de son voisin, l’ambitieux Iida, et aux machinations et traîtrises de ses propres oncles. À la sanglante bataille de Yaegahara, son destin semble scellé. Pourtant, préparant dans le secret sa revanche , Shigeru attend son heure - lorsqu’il apprend qu’un jeune garçon vivant dans les montagnes lui ressemble étrangement...



Ah ça partait pourtant bien. Très bien même. Shigeru, le héros de cette aventure, était mon personnage préféré dans le premier tome de la trilogie principale de cette série, il était même carrément le seul qui, à mes yeux, en valait vraiment la peine (ce qui explique sans doute mes énormes déceptions à la lecture des deuxième, troisième et quatrième volumes)

Dans « Le fil du destin » on le découvre totalement, depuis son enfance alors qu’il est âgé d’environ quinze ans, jusqu’à sa rencontre avec Takeo qui marque le début du « Chant du rossignol ». Ce genre de personnage pétri d’honneur, courageux, plein de noblesse quoi qu’entêté et impatient, qui en plus de ça évolue pour devenir encore bien meilleur au fil des pages, j’adore. Shigeru a ses défauts et ses qualités et pourtant assez de recul sur lui-même pour mettre tout en œuvre afin d’effacer les traits de caractère qui pourraient lui porter préjudice autant à lui qu’à sa famille ou, plus largement dans cette histoire, à tout le clan des Otori.

Au bout d’un moment, il en devient sans doute un peu trop parfait, un peu trop passif à force d’attendre son heure, mais j’en ai jamais cessé de l’aimer.

Ouais.

Alors, c’est quoi qui a merdé exactement ?

Le rythme de ce récit est proprement dégueulasse, merde ! Pardon, mais j’en ai ras-le-bol. Les intentions de l’auteure me paraissaient claires au début, j’étais très contente en imaginant ce qu’elle voulait développer (tout un pan de l’histoire de Shigeru resté obscur, c’est-à-dire ce qui a provoqué sa rébellion) et en fait, je me suis plantée. Bien avant la moitié du bouquin, Lian Hearn s’encrasse dans un enchaînement de palabres, de réflexion et de face à face d’un ennui mortel avec des personnages clairement ennemis qui n’en finissent pas de se regarder dans le blanc des yeux. Très vite j’ai compris ce qu’elle faisait : en fait, avec ce livre elle prépare simplement le terrain, met tout le contexte en place, tend la situation à l’extrême et puis… les personnages n’ont plus qu’à attendre que Takeo arrive. Les bonds dans le temps n’en finissent pas et ça perd totalement à la fois de son charme et de sa logique puisque j’en suis arrivée à me demander comment les choses n’ont pas dégénérées bien avant. Ouais OK Takeo est le héros number one de toute cette série, je sais bien, mais dans ce cas pourquoi écrire sur Shigeru si c’est pour le laisser assis quelque part en attendant que l’autre arrive ?!!

Pourquoi je me suis farcie l’autre moitié de ce bouquin alors ?

Shigeru se décide enfin à agir et jure de faire payer ses oncles suite à une tragédie qui va faire de lui l’homme d’action qui n’a peur de rien qu’on découvre dans le tout premier tome. Je voulais la (re)voir, cette tragédie, car j’avais complètement oublié comment ça se déroulait (ma première lecture de ce truc datant de 10 ans), et quand je l’ai lu, à la toute fin, je me suis dit que c’était normal en fait que je l’ai oubliée. Et puis après j’ai ragé, parce que ça tombe complètement à l’eau ; cet événement, ultra important dans la vie de Shigeru est absolument nullissime, mis en scène de façon ennuyeuse. C’est pourtant lui qui a tout provoqué, bordel, lui qui transforme totalement Shigeru, alors pourquoi faire comme ça ?!! Pourquoi, putain ?!!

Quand j’ai lu ça je me suis dit qu’en fait cette lecture avait été une abominable perte de temps. Encore une fois la fin est naze, sans aucune saveur.

La seule chose à la limite dont je garde un bon souvenir c’est la belle relation entre Shigeru et Naomi. Si, dans le trilogie principale, Kaede m’énervait au plus haut point (et encore, je suis gentille, parce qu’en vrai j’avais juste envie de lui éclater la gueule par terre chaque fois qu’elle apparaissait), j’avoue avoir beaucoup aimé la figure féminine de ce tome-ci. Naomi est à la fois pondérée, noble, décidée et courageuse, mais aussi réfléchie et passionnée à la fois. Elle est complexe et c’est le genre de personnage qui pourrait beaucoup inspirer les femmes, peu importe les époques. L’histoire d’amour qu’elle vit avec Shigeru est aussi là bien meilleure que celle de Takeo et Kaede. La façon dont ils tombent amoureux est belle, c’est lent et ça évolue au fil des années. J’avais beaucoup de respect pour ce couple.

En gros, je pourrais conclure comme ça : les personnages étaient géniaux, l’histoire aurait pu être superbe mais encore une fois l’auteure n’a pas su faire son boulot et s’est contentée de lister des faits et des événements qui auraient mérité d’être racontés et décrits. Très bonne historienne, sans doute, cette Lian Hearn, mais très mauvaise conteuse.

Adieu !

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Non, vous ne rêvez pas, je me suis vraiment farci 5 livres 10 après les avoir lus pour la première fois, simplement parce que je suis une foutue têtue.

Du coup, je les ai virés de ma bibliothèque maintenant. C’est bien, ça fait de la place !


Ça donne ça :

25/05/2019

10 ans plus tard.

En vrai ce bouquin je l'ai fini en janvier je crois bien, mais j'étais tellement vénère qu'en le refermant j'ai préféré l'oublier et oublier cette chronique. Oublier aussi que j'avais adoré cette série au-delà du possible il y a quelques années.

Je suis sûre que vous voyez de quoi je parle !

Editeur : Folio
Parution : 2008
Pages : 748

Résumé :
Seize ans ont passé… Takeo et Kaede font régner sur les Trois Pays la paix et la prospérité. Leur fille aîné, la belle Shigeko, promet d’être une héritière digne d’eux. Mais cette harmonie est en danger. Certains membres de la Tribu n’ont pas renoncé à leur vengeance, des guerriers forts de l’appui de l’empereur convoitent le pouvoir, les étrangers arrivent avec leur religion et leurs armes à feu et le fils caché de Takeo, que la prophétie désigne comme artisan de sa mort, a grandi. Les ressorts de la tragédie sont en place…



Ce genre de déception est bien plus difficile à digérer que quand vous êtes simplement déçue par un livre que vous découvrez. Relire quelque chose que vous avez aimez et ne pas/plus comprendre pourquoi vous l'avez tant aimé, c'est déroutant et énervant. Là, je ne sais pas contre qui je dois m'énerver. Moi, ou l'auteure ? Qu'est-ce qui a bien pu m'arriver dans ma vie pour que je déteste à ce point "Le clan des Otori" ?

C'est vrai qu'en 10 ans j'en ai vécu des situations difficiles, mais il suffit de peu de choses pour vous transformer. Oui parce que relire des livres, ça a une signification hautement plus importante que simplement le "pour se faire plaisir". C'est aussi une façon de découvrir votre propre évolution psychologique et vous amener à vous interroger sur vous-même. Pendant ma lecture, je n'arrêtais pas de repasser dans ma tête ces quelques années qui se sont écoulées depuis ma découverte de cette série. Je suis revenue sur pas mal de choses et j'ai réalisé que oui, effectivement, j'avais énormément changé, et que parfois (presque toujours, d'ailleurs) vos goûts et vos préférences ne suivent pas ce changement. Fort heureusement, d'autres les remplacent, et les passions les plus fortes vous suivent plus longtemps. Je suis persuadée, tout au fond de mon petit cœur noir tout sec, que certaines m'accompagneront toute ma vie.

Mais pas "Le clan des Otori". Tout comme "Eragon" a fini par me quitter, lui aussi.

Attention, je vais parler de ce livre avec beaucoup d'acidité. L'histoire traîne en longueur, il ne se passe rien d'autre que des introspections ennuyeuses qui n'aboutissent à rien, même pas à une fin digne de ce nom. Un peu d'action aurait pu sauver tout ça, mais l'auteure n'a pas su doser et le peu de choses susceptibles de réveiller un tant soit peu mon intérêt ne durait que le temps d'un pet. Nan mais sans déconner, préparer une bataille importante pendant 10 plombes et la boucler en deux paragraphes, c'est pas du foutage de gueule ça ? Tout comme la trilogie de base, la fin est très, très mauvaise ! Je ne parle pas de l'événement ou de la situation, car j'ai aimé ce qu'il se passe, ce qui m'a énervée au-delà du possible, c'est la façon dont ça se passe. Autrement dit : l'auteure ne sait absolument pas raconter les choses. Comme historienne, je suis sûre qu'elle doit être très bonne, mais comme conteuse d'histoire, c'est autre chose.

Les personnages de Kaede et Takeo étaient là aussi ultra agaçant. Kaede plus que jamais. Au début, je trouvais que leurs enfants relevaient un peu le niveau, notamment les jumelles qui ont des personnalités très intéressantes, mais soit leur évolution ne m'a absolument pas plu, soit elles n'évoluent carrément pas. Et les autres personnages qui gravitent autour de cette famille ne sont tellement pas mis en avant que j'ai oublié à la fois leur nom et leur utilité dans l'histoire.

Je ne dis pas que tout est bon à jeter dans ce livre. Pour ceux qui le découvrent, c'est de la bonne aventure saupoudrée d'historique et de fantastique. Mais pour moi, qui redécouvre un quasi coup de cœur d'adolescente ? Bah c'est de la merde.

Et vous savez quoi ? Le pire c'est que le relis quand même le tome 5. Je suis dingue ou quoi ?

02/05/2019

8 ans que ça dure.


Cette chronique sera un peu différente de ce que je fais habituellement. Je ne vais pas parler d’un seul livre en particulier, mais d’une série entière. Que dis-je, de tout une saga ! Non pas pour vous décortiquer chaque tome et vous balancer du spoil dans la gueule en veux-tu en voilà, rassurez-vous, mais uniquement pour vous présenter l’univers génialissime créé par nul autre que Robin Hobb. Je veux bien sûr parler du cycle de l’Assassin Royal.

Je vous prie de croire que descendre tous ces bouquins de ma bibliothèque jusque dans les escaliers, c’était bien casse-couilles !

Je l’ai découvert il y a 8 ans, lorsqu’une amie m’a prêté le tout premier tome : « L’apprenti assassin ». Je ne savais absolument pas dans quoi je foutais les pieds, ni même que cette passion allait m’accompagner un bon bout de temps, au gré de mes déménagements et de mes galères. Enormément de livres sont passés à la trappe depuis, des livres que je pensais garder et dont je me suis finalement séparée parce que je ressentais plus rien pour eux, certains que j’ai relu et bien moins aimés puis que j’ai donné, et d’autres que j’ai revendu parce que j’avais besoin d’oseille (oui parfois tout n’est qu’une question de pognon !) mais pas l’Assassin Royal. Cette série a subi pas moins de 7 changements de domicile, plusieurs invasions de mouche à caca, une tentative vite avortée de mon petit frère de s’essayer à la lecture, de la bave de chien, l’humidité, la poussière et le temps qui passe. La plupart des tomes sont cloqués de taches jaunes, surtout les 6 premiers et tous ceux des « Aventuriers de la mer », et sentent le vieux parchemin qui donne faim (si si, je vous jure)

Une saga qui s’apprivoise
Je me souviens parfaitement du moment et de l’endroit où je me trouvais quand j’ai lu le tout premier tome ; et surtout, je me souviens de ce que j’ai ressenti. Honnêtement, je me suis simplement dit que j’avais trouvé là une bonne distraction, une lecture efficace et agréable comme je les aime qui, manifestement, puisque je savais de combien de livres était constituée la série, serait avec moi quelques mois. Ça n’a pas été un coup de cœur immédiat. Je passais simplement un bon moment, au début, avec une narration que je n’avais jamais vu en fantasy et des personnages parfaits, avec juste ce qu’il faut de commun dans le genre pour qu’on soit pas trop dépaysé. C’est quand j’ai compris, petit à petit, que tout un vaste monde riche, bien loin d’avoir tout dévoilé, était en train de s’ouvrir sous mes yeux et que j’en percevais à peine les premières toiles, que j’ai été happée.
Avec Robin Hobb, on apprend la patience. La dernière série en date de ce cycle : « Le fou et l’Assassin », se termine tout juste et j’ai la sensation qu’on a à peine entrevu ce que l’auteure voulait nous raconter. Pourtant, 5 séries composent cette saga, avec chacune 6 à 9 tomes (oui, elle voit grand) mais ça se dévoile lentement, ça s’échappe et nous montre l’infini d’un monde vaste. Parfois, j’avais l’impression d’en saisir une partie, d’en connaître enfin un morceau, une part de son histoire, ou ne serait-ce qu’un bourg, une colline ou une vallée, et puis tout s’échappait et se remodelait de lui-même par un souvenir, l’arrivée d’un nouveau personnage ou bien un petit détail qui me sautait aux yeux et m’obligeait à tout remettre en question.
Si je n’avais qu’une seule chose à reprocher à toute cette fresque romanesque, ce serait son rythme. Hormis la lenteur de l’évolution de l’intrigue et des révélations qui jalonne le récit, je trouvais que ça manquait parfois cruellement d’action. Il y en a, évidemment, au fil des livres, car les personnages ont des missions à accomplir et des batailles à mener, mais assez souvent les développements sont tout en finesse, en dialogues et en réflexion. L’auteure n’essaye même pas de nous faire croire que c’est accidentel ; elle nous livre un récit d’une complexité étonnante en nous mettant l’eau à la bouche par ses rares bribes d’information et elle le fait clairement exprès. C’est comme si, tout en nous offrant tout ça, elle nous retenait en arrière, par la main, en nous disant : « Nan nan, pas tout de suite »

Des protagonistes qui se livrent
Mais avant d’être des épopées, ces histoires sont des personnages. Pas moins d’une dizaine de mecs et de nanas par séries interagissent et évoluent dans certaines situations qui, aussi étonnant que ça paraisse, ne sont jamais les mêmes. Malgré certaines lignes scénaristiques qui se regroupent, car tout ça suit un fil principal, l’auteure ne nous raconte jamais la même chose. Bah il en va de même pour les personnages. Evidemment, certains traits de caractère se ressemblent (et je soupçonne, pour quelques-uns, que ce soit fait exprès) mais tous sont bien définis, reconnaissables. Parfois attachants, parfois haïssables, certains m’ont tout de suite touchée et d’autres ne m’ont plu qu’après un peu de temps grâce à une évolution sensible.
Entre Brodette, Kettricken, Œil-de-Nuit, Burrich, Altéa, Malta, Parangon, Kalo, Carson, Alise, Persévérance et bien d’autres, j’ignore lequel je suis le plus triste de quitter !
Le travail psychologique et émotionnel que Robin Hobb accomplit avec eux est d’autant plus incroyable que près de soixante années (si je dis pas de conneries) s’écoulent entre le tout premier tome et le tout dernier. Ces personnages changent donc et évoluent constamment en fonction de la série et l’époque dans laquelle on les retrouve (car oui, les crossovers sont nombreux et certains principaux d’un arc peuvent apparaître en tant que secondaires dans un autre à des années d’intervalle !!) En fait, en tant que spectateurs, on les observe traverser la vie et c’est incroyablement touchant la plupart du temps, ça fout une boule au ventre par moment quand on se rappelle par exemple comment étaient certains d’entre eux bien des années plus tôt. Parfois, j’avais juste l’impression de retrouver de vieilles connaissances, et je me sentais tout de suite à l’aise dans une nouvelle série quand d’anciens personnages apparaissaient, même succinctement, ce qui permet de prendre tout de suite pied.
L’auteure réussit l’exploit de toujours nous faire aimer de nouveaux protagonistes malgré la nostalgie et la tristesse qu’on a ressenti en quittant les précédents. Personnellement, je n’ai jamais eu aucun mal à commencer une toute nouvelle aventure parce que je savais qu’elle avait le talent suffisant pour me faire adorer de nouveaux personnages, car le travail qu’elle accomplit me convient parfaitement. Je suis très sensible à l’attachement quand je lis, certains personnages deviennent vraiment des amis, alors je suis totalement et toujours ouverte à ce que Hobb propose. En gros, je suis à 100% le genre de lecteur qui convient à son style quoi.

Un monde qui s’étend toujours plus
Dans la majorité des livres/séries fantasy que je connais et que j’apprécie, les frontières sont clairement définis dès le départ (je pense notamment à « Druides » de Olivier Peru ou encore « Les Royaumes de Tobin » de Lynn Flewelling qui sont de superbes bouquins) et je pensais que c’était la même chose quand j’ai commencé l’Assassin Royal. Mais Robin Hobb a plus d’un tour dans son sac et tout comme elle aime prendre son temps avec l’intrigue, elle aime aussi dévoiler ses créations par petites touches. Si j’ai très vite compris que ses livres cachaient beaucoup de choses et surtout un monde incroyablement riche et vaste, ça s’est cependant dévoilé lentement. Chacune des séries se passe dans un coin particulier d’une carte gigantesque et tout fini par avoir un lien malgré les distances géographiques parfois astronomiques. Seulement, encore une fois, il faut savoir faire preuve de patience.
Tout le cycle semble être arrivé à son terme et je n’ai compris qu’à la toute fin comment chacun des pays et des royaumes étaient liés (je soupçonne même un lien avec l’endroit où se passe « Le soldat chamane », l’une de ses seules séries qui ne serait pas, à première vue, liée à « L’Assassin Royal ») mais je saurais pas expliquer comment…
En réalité, des choses restent en suspens. En tout cas, c’est mon ressenti. Du coup, j’ose espérer, mais peut-être que c’est uniquement dû au fait que je ne veux pas que ce soit terminé !!, que l’auteure va continuer sur sa lancée.
Elle en a fait énormément, ça fait des années que ça dure, mais tout est si étendu et complexe que je suis certaine qu’elle pourrait continuer comme ça un moment. Entendons-nous bien, je suis la première à déclamer souvent rapidement et toujours haut et fort que certaines séries vont trop loin, en livre comme à la télé, et qu’auteurs et/ou réalisateurs devraient arrêter de tirer sur la corde et d’en faire trop (je pense au « Trône de Fer », notamment) Quand certaines s’arrêtent en pleine gloire, je suis plutôt contente, surtout si je pressentais un dérapage en cours de route si ça stoppait pas. Alors que j’en redemande pour ce cycle, ça veut sans doute dire quelque chose.

Une auteure qui n’a pas froid aux yeux
Pratiquement inexistantes au début, l’homosexualité et la bisexualité s’invitent ensuite dans la saga avec un naturel qui m’a d’abord désarmée. L’originalité de ses personnages et la multiplicité des différentes personnalités s’expliquent sans doute un peu grâce à ce sujet que Robin Hobb n’a pas hésité à aborder.
Certains protagonistes sont à l’aise avec leur sexualité depuis des années, d’autres la découvrent seulement, et c’est traité sans prise de position, sans interdit et sans peur.
Elle n’hésite pas non plus à pimenter quelque peu ses récits par des scènes légèrement érotiques, bourrées de charme et d’amour, et d’autres plus violentes qui m’ont parfois fait grincer des dents malgré la nécessité de leur présence. Elle évoque  et dénonce des sujets sensibles comme le viol, l’esclavage, la dépression, l’abandon, la maltraitance infantile, la fugue, et beaucoup d’autre qui donne à ses histoires une profondeur tragique.
J’aime particulièrement quand elle traite, avec beaucoup de sensibilité, du rapport de l’être humain avec l’Histoire en général, et le passé. Certains n’accordent absolument aucune importance aux monuments et civilisations historiques et dans un élan parfaitement égoïste sous couvert de tout raser pour mieux renaître, détruisent et saccagent sans pitié. L’auteure nous sensibilise, à travers ses textes, à l’importance de la sauvegarde de notre patrimoine et de la conservation des souvenirs et des actes historiques sous toute leur forme. Oui, la guerre est quelque chose de terribles, les génocides aussi (et il y en a, dans ses livres) mais aussi horribles qu’ils soient, on ne doit pas pour autant les oublier, au risque de commettre les mêmes erreurs.
Je pense qu’elle et moi portons un même regard sur ce sujet, et c’est sans doute pour ça que ce cycle m’a totalement envoûtée. Et c’est particulièrement présent et poignant dans « Le soldat chamane ».

C’est assez casse-gueule, à bien y regarder, d’écrire une telle chronique. C’est vraiment un tel coup de cœur énorme que j’ai l’impression de ne pas être objective. J’ai tenté de parler des plus et des moins, mais étant donné que je suis ultra fan du concept, du style et de tout ce qui va avec, bah j’ai l’impression de manquer de discernement.

23/07/2018

Le Hobbit, ou : comment chier des briques.

Bah évidemment, j'ai pas pu m'empêcher de faire une comparaison des deux ! J'ai vu les films à leur sortie, tous au ciné, et j'en ai pris plein les mirettes, soyons franche. On est d'accord que visuellement ça envoyait du pâté, les personnages étaient hypers attachants (surtout les nains !), l'univers du Seigneur des Anneaux était totalement là et une grosse vague de nostalgie m'a frappé la tronche, sans oublier que tout ce qui touche de près ou de loin à ça, j'en suis dingo.

Mais bon. Depuis j'ai lu le livre, et je me pose une question : pourquoi ?!!!!


Éditeur : Hachette
Collection : Aventure
Parution : novembre 2013
Pages : 503

Résumé :
Bilbo, comme tous les hobbits, est un petit être paisible qui n'aime pas être dérangé quand il est à table. Mais un jour, sa tranquillité est troublée par la venue d'un magicien nommé Gandalf, et de treize nains barbus qui n'ont qu'une idée en tête : récupérer le trésor de leurs ancêtres, volé par Smaug le dragon sur la Montagne Solitaire. Suite à un malentendu, Bilbo se retrouve malgré lui entraîné dans cette périlleuse expédition.



En vrai c'est pas cette version que j'ai lu, moi c'était le Livre de Poche tout ce qu'il y a de plus bateau, mais je trouve la couv' de celle-là trop, trop classe !!

Bref. Le début est purement génial, c'est douillet et drôle, et Bilbo ne m'a jamais paru aussi sympathique qu'en cet instant, ce qui m'a convaincue que, comme je le pense depuis des années, le premier film : Un voyage inattendu, est mon préféré. C'est là que j'ai compris, en quelques pages seulement, que Tolkien avait réussi à me faire aimer ce chouette Hobbit alors que Jackson, non. Pas du tout, même.

Là où j'ai trouvé le personnage distant à l'écran (il m'ennuyait, clairement) celui du bouquin m'a touchée. Ce petit être qui rêve malgré lui de découvrir autre chose que sa vie calme de Hobbit, c'était comme un message, un appel à la découverte. La preuve, s'il en est besoin, que Tolkien s'adressait effectivement à des enfants quand il a commencé à écrire cette histoire (à la base c'était un conte pour ses gosses je crois) Sans compter qu'il semble beaucoup plus jeune que ce que j'ai cru dans les films… franchement, même si l'acteur était très bon, il avait l'air d'avoir déjà pas mal roulé sa bosse. Du coup, je me suis sentie plus proche de lui, il m'a rappelé Frodon, et ça m'a fait du bien de rencontrer un autre Hobbit courageux. Et le plus du plus avec Bilbo, c'est qu'il est bien dans ses baskets !

C'est un autre point marqué par Tolkien, et l'un des plus importants. Certes, le personnage change, il s'affirme et devient plus téméraire au fil des aventures, mais en fait on comprend dès le départ que c'est quelqu'un de solide sur qui les nains vont pouvoir compter même si, comme tout Hobbit, il rêve parfois d'un bon feu de cheminée devant lequel étendre ses pieds poilus en fumant la pipe. Du côté du film, encore une fois pour moi il semble que ce soit l'acteur qui ait posé problème. Sa façon d'interpréter le personnage, notamment par certaines de ses mimiques toujours hésitantes, m'a très vite agacée, alors qu'à l'origine, tel qu'inventé par l'auteur, il est plutôt sûr de lui comme gars.

Et les nains alors ? Sur l'écran, je les ai adoré ! Ils sont drôles, chiants, têtus, chacun différents, et ont tous quelque chose d'unique qui permet de les reconnaître (et c'est pas une mince affaire, ils sont quand même 13 !) Mais dans le livre, ils ne sont que des faire-valoir, des présences nécessaires au récit qui servent simplement à justifier certains événements. Ou pas. Je me demande pourquoi Tolkien a voulu qu'ils soient si nombreux, car il ne nous aide pas à les différencier, ne nous aide pas non plus à nous attacher à eux. Ils me sont rester flous, plus ou moins tous sortis du même moule… si c'était pour ça, pourquoi ne pas en mettre seulement 3 ou 4 et faire en sorte que leur présence soit plus marquante ?

D'accord, le livre s'appelle "Bilbo le Hobbit", pas "Les 13 nains en maraudes", mais bon. Crotte. Du coup là, je sais pas trop. Un point pour Jackson, je pense. Parce que vraiment, ces nains étaient géniaux !

Quant à l'histoire, clairement, Tolkien remporte direct le duel. Son livre est court, c'est un concentré d'aventures, de rebondissements, de situations burlesques ; c'est un voyage initiatique qui représente assurément le passage de l'enfance à l'âge adulte (enfin, c'est comme ça que moi je le vois hein) avec non pas un mais plusieurs messages, qui ne se veulent absolument pas moralisateurs. C'est comme s'il avait voulu faire comprendre à tous ceux qui le liraient que peu importe les embûches, les problèmes sur le chemin, il y a toujours une solution, il suffit pour ça de s'armer de courage (et d'un anneau magique aussi, mais bonne chance, ça se trouve pas dans n'importe quelle grotte)

Oui je sais, d'autres très bons livres jeunesse (et adultes, aussi) ont fait comme lui, et peut-être mieux d'ailleurs, mais ce que j'ai grandement apprécié c'est qu'il n'y va pas par 4 chemins. Les actions sont brèves, mais incisives. Il en a pas fait des caisses. Alors que Jackson, bah il s'est fait plaisir !

La seule raison pour laquelle j'ai aimé le deuxième film : La désolation de Smaug, c'est… pour Smaug. Ce dragon a une classe intersidérale, et vu au ciné ça claque sévère ! Merci, merci beaucoup à tout le travail qu'ils ont dû faire pour que ça rende aussi bien. Dans le livre par contre, visuellement c'est difficile d'en avoir une image, Tolkien ne le décrit pas (il ne décrit pas les nains non plus, mis à part au début où il parle de leurs vêtements), mais à tout de même réussi à le rendre vachement charismatique. Pour ce qui est du troisième film, je me suis affreusement ennuyée, c'était horrible. J'ai fait l'effort de le revoir plusieurs fois, hein, j'suis pas vache, pour chaque fois en retirer la même conclusion : putain que c'est long. Ce que Tolkien avait réussi de mieux, à savoir entretenir toute la tension sans faire traîner les choses en longueur, et aller à l'essentiel tout en permettant aux lecteurs de vivre à fond les événements, Jackson l'a détruit !

Pourquoi ? Bah pour chier des briques. Hey, fallait bien les justifier les millions que tout ça a dû coûter ! Alors pour ça, on fait un troisième film tout caca et les gens vont payer une place à 20 boules cinquante pour le voir.

Ouais, j'exagère un peu. Mais je suis pas hyper loin de la vérité que ça m'étonnerait pas. Dans le film, des choses qui ne servent strictement à rien ont été développées et étirées jusqu'à la rupture ! C'est affreux de faire ça ! Et d'accord, les clins d'œil au Seigneur des Anneaux sur le moment quand on les voit c'est sympa, mais maintenant que j'ai lu le bouquin je suis catégorique : putain, Jacky, tu t'es planté !

Ce livre, il est universel. Il s'adresse à tout le monde, il n'a de fantasy que les paysages, les nains, les elfes, les créatures. Pour le reste, c'est un conte transgénérationnel, une histoire de courage, de témérité et d'amitié, qui continue de parler aux gens 80 ans après sa sortie ! On ne le lit pas simplement pour l'univers, on le lit pour nous, parce qu'il donne des forces, il nous dit de rester nous-mêmes, humbles, mais fiers et forts dans la bataille !

Alors qu'est-ce que vous attendez putain, sortez les arcs, les épées, les lances, les haches et les potions magiques, qu'on s'en aille trucider du Gobelin dare-dare !!

D'autres avis sur
https://www.livraddict.com/biblio/livre/bilbo-le-hobbit-le-hobbit.html


Vous savez quoi ? À la base, j'avais pas l'intention de parler des films. Je me disais que non, il fallait vraiment que je parle du livre, uniquement du livre, parce qu'il le mérite à fond bordel.

Pis c'est parti en couilles. Encore.

Cadeau :
Un joyeux Anniblog, et des livres à gagner !
Un TAG des séries télés
Sans déconner, t'es toujours là, toi ?

11/05/2018

Il était une fois une Syl qui se prend une grosse baffe !

Tous les ans, à chacun de mes Bilan/Objectifs, je fais une liste de livres déjà lus, adorés, que j'aimerais relire. La plupart parce que je ne m'en souviens pas trop, outre le ressenti global, et les autres parce que c'est l'inverse : j'aime à fond, je sais pourquoi et j'ai envie de me régaler avec un livre qui me plaira forcément !

Mais j'y arrive pas toujours. L'an dernier j'en ai relu aucun, alors que l'année d'avant je m'étais rebouffé la série de "L'Héritage" de Paolini et, en gros, j'avais nettement moins aimé qu'à ma première lecture qui datait de 10 bonnes années.

Bah là, viens de m'arriver la même chose, et non seulement c'est con, mais en plus ça me gave un brin.

Éditeur : Gallimard
Collection : Folio
Parution : 2003
Pages : 370

Résumé :
Dans sa forteresse d’Inuyama, l’impitoyable seigneur Iida Sadamu, du clan des Tohan, assure sa protection grâce au “parquet du rossignol” qui conduit à sa chambre. Construit avec un art consommé, ce parquet chante au moindre effleurement d’un pied humain. Aucun assassin ne peut le franchir sans qu’Iida l’entende…
Au XVIème siècle, dans un Japon médiéval mythique, le jeune Takeo grandit dans un village tranquille, au sein d’une communauté qui condamne la violence. Mais cette communauté est victime de persécutions, et les habitants du village de Takeo sont massacrés par les hommes d’Iida. Sauvé et adopté par sire Shigeru, chef du Clan des Otori, le jeune garçon se trouve plongé dans un univers d’intrigues et de luttes violentes entre les clans de ce Japon féodal.
Animé par son désir de vengeance et son devoir de loyauté, transporté par l’intensité de son amour pour la belle Kaede, Takeo devra trouver sa propre voie.
Sa quête le conduira derrière les murailles d’Inuyama, où il devra franchir le parquet du rossignol… cette nuit-là le rossignol se taira-t-il ?


Tout s'est plutôt bien passé durant, disons, le premier tiers du livre. Ensuite, ça a été la chute.

Genre une terrible chute libre jusqu'au crash le plus douloureux qui soit.

Je remets dans son contexte : l'univers est celui d'un Japon féodal mâtiné de fantasy, avec de l'aventure, des mystères, une vengeance, un peu de magie, des personnages qui apparaissent charismatiques quand on les rencontre et puis la construction en elle-même a déjà fait ses preuves. Mais si, vous voyez ce que je veux dire ! Celle d'un jeune garçon qui perd tout avant d'être pris en main par un mentor qui va lui redonner l'espoir, lui offrir un but, une quête initiatique, toussa. Genre c'est comme ça qu'est construit Star Wars par exemple, ou Harry Potter ou encore, histoire de pas perdre le fil de ma démo : "Eragon".

Donc bon, le début ça marchait bien pour moi ! D'autant que je gardais un très bon souvenir de ma première lecture, faite 9 ans plus tôt. J'ai ressorti le bouquin de ma bibliothèque, qu'il n'avait jamais quitté, c'est dire ! (Ceux qui me connaissent bien savent que je garde rarement les livres, sauf si je les ai vachement adorés) J'étais contente que mon ressenti soit globalement le même. Takeo me plaisait beaucoup, Shigeru m'a tout de suite séduite comme la première fois, et Kaede me laissait vaguement indifférente, comme la première fois aussi (moi et les personnages féminins, hein, c'est compliqué)

Pourquoi ça a cassé alors, et à quel moment ?

C'est trop lisse. En fait, j'ai fini par me rendre compte que ce livre ne se démarquait en rien d'autres qui étaient bien meilleurs. Je ne dis pas qu'il est nul. Il est bourré de qualités, très bien écrit (et traduit aussi, ça joue faut pas l'oublier) et distrait efficacement.

Oui mais voilà, pour moi ça ne suffit pas. Les gentils sont trop gentils, sans beaucoup de défauts (mis à part un léger entêtement de la part de Shigeru qu'il semble transmettre à Takeo) et les méchants très méchants, sans grisaille. Des personnages qui ont, pour moi, manqué de profondeur ! Et puis les trahisons qu'on voit venir grosses comme des 35 tonnes... nan le mieux c'est que j'en parle pas de ça !

Le problème est là : je l'ai lu il y a 9 ans, à une époque où je commençais seulement à découvrir le bonheur de me passionner pour la lecture (oui, c'est quelque chose qui m'est venu assez tard) Cette série fait donc partie des premières que j'ai découvert dans ce genre. Depuis, j'en ai lu bien d'autre ; des univers qui offraient bien plus d'horizons que ce "Silence du Rossignol", des histoires bien plus originales, qui savaient se démarquer par ce qu'elles apportaient de nouveaux. Avec les Otori, c'est trop convenu, vu et revu. Rien de neuf pour moi quoi.

J'ai aussi senti quelque chose d'étrange, comme si l'auteure n'avait pas assumé le côté quelque peu jeunesse de son livre par cette construction dont je vous parlais et les facilités. Du coup, elle a rajouté des choses assez crues, notamment dans la violence et le sexe qui, de mon point de vue, cassait complètement le style.

/!\Attention spoilers/!\
Le pire de tout je crois ça a été la rapidité de certaines choses qui, selon moi, demandent normalement du temps. Du coup, c'était fade alors que ça aurait pu apporter quelque chose de bien plus développé ! L'initiation de Takeo a été la première. Le gamin est un paysan ignorant pendant les 15 premières années de sa vie, et boum, tout à coup il se découvre des dons par dizaines, se révèle patient, un tueur unique de par son ascendance, avec un grand sens de l'honneur ? Non. Pourquoi ne pas s'attarder un peu sur son apprentissage ? Lui et Kaede se regardent dans les yeux une fois et tout à coup leurs âmes sont liées, ils sont amoureux jusqu'à la mort ? Non plus. Pourquoi ne pas les confronter un peu avant, créer un face à face autre que le "ouah elle est trop belle !" ? J'ai pas compris comment ni pourquoi ils tombaient amoureux, ça a été foutu dans le bouquin là, au milieu, comme un chien laisse sa crotte sur les pavés. Et ça me met en boule !
/!\Fin du spoil/!\

Est-ce que je prends le temps de parler de la fin que j'ai trouvé précipitée et où j'ai pas pu m'empêcher de me dire : "tout ça pour ça ? Mais c'est du réchauffé !!!" Ouais ? Nan, on va éviter.

Le plus bizarre dans tout ça, c'est que ça marche. Je suis allée jusqu'au bout parce que les pages défilent malgré les choses qui vont trop vite coupées par des descriptions de paysage qui se répètent un peu. Ça se lit, quoi. En vrai j'en attendais peut-être trop.

Néanmoins, je ne perds pas espoir ! Il se trouve que je ne me souvenais absolument pas de ce premier tome, tout ce dont j'étais sûre c'était que la série entière (5 livres en tout donc) m'avait beaucoup plu, mais l'histoire de ce bouquin-là m'était totalement sortie de la tête, je n'en avais vraiment aucun souvenir. Je me dis que si j'ai tant aimé la série dans son ensemble, c'est certainement parce qu'elle gagne en maturité stylistique et scénaristique (ouais je sors les grands mots, ça rigole plus !) au fil du temps.

Vous avez bien compris : je ne vais pas baisser les bras et lire les autres. Alors prenez garde, vous allez en bouffer du Otori !

D'autres avis sur
https://www.livraddict.com/biblio/livre/le-clan-des-otori-tome-1-le-silence-du-rossignol.html


Le truc le plus cool en fait dans toute cette histoire, c'est que je l'ai lu en commun avec une pote ! J'aime beaucoup les lectures communes et on a échangé nos ressenti au fur et à mesure de notre avancée. Le mois prochain on se fait le tome 2 ! J'ai hâte d'y être, chère amie Cyan !

Update du 6 juillet 2018
(et en vrai, il me reste quelques pages à lire pour le finir…)

Mais je peux déjà vous dire que mon ressenti est le même que pour le tome 1 : je me suis ennuyée. Voire plus, peut-être. Tous les éléments en suspens n'ont pas bougé. Rien n'a bougé en fait. Et le peu qu'il s'est passé était ennuyeux. Les personnages intéressants se sont volatilisés, ceux qui restent sont chiants. Je comprends de moins en moins pourquoi et comment j'ai pu aimer cette série il y a 10 ans !


Update du 25 août 2018
(facepalming et masochisme primaire, bonjour !)

Nan mais à ce point-là, c'est que j'aime me faire du mal ! Ce bouquin a été une horreur à lire. Alors que les précédents étaient hyper lents et parfois trop contemplatifs, voilà que l'auteure a foutu dans celui-là toute l'action, comme si elle voulait s'efforcer de tout conclure simplement parce que le mot "trilogie" ça fait chouette sur la couverture. J'avais envie de me pendre, sérieux. Je vous parle même pas de Kaede, qu'a tout simplement giclé de l'histoire ! Alors d'accord, elle m'agaçait dans les 2 premiers tomes, mais au moins elle était là !! Voilà qu'ici elle se transforme en princesse en détresse con comme un pied de table. Au secours ! Mais c'est rien comparé à Taeko. Lui, il est champion en titre de la connerie. Mais heureusement qu'un personnage malin et super utile arrive toujours pour le sortir de la mouise, parce que sinon cet abruti ce serait noyé dans sa soupe miso depuis longtemps. Puis sans déconner, c'est quoi cette fin ? Trois tomes pour que ça finisse comme ça. L'auteure se fout de notre gueule ! La tentative était bien, les idées étaient bonnes, mais putain, elle a tout foiré ! C'était de la merde, voilà. Et vous savez quoi ? Je vais quand même le tome 4. Je sais, là y'a du niveau dans le genre automutilation, mais je me dis que je suis plus drôle quand je râle sur un truc que j'ai pas aimé, et y'a pas assez d'avis négatifs sur ce blog. Je m'inflige ça pour lui. Si c'est pas beau.

Pour découvrir mes avis sur le tome 4 et le tome 5 : ici et .
Oui parce que j'ai préféré leur faire une chronique perso à chacun. Juste comme ça.

Badaboum :
Et hop, un Brontë !
Les Goonies, juste parce que je les aime.
Et puis ça.