26/05/2020
Vous saviez que l'allergie aux feuilles de fraises ça existait vous ?
22/03/2020
The magic begins again !
Pour la simple et bonne raison que j’ai décidé de faire un challenge personnel : relire Harry Potter !
J’en avais vraiment très envie, en tout cas ça me trotte dans la tête depuis au moins l’année dernière, et en plus de ça j'ai un anniversaire à fêter ! Cela fait exactement 20 ans que j’ai lu le premier tome, que quelqu’un m’a offert pour mes 12 ans en 2000. Alors ça, si c’est pas une bonne raison, je ne sais pas ce qu’il vous faut.
Parce que je suis absolument fan des films, que je regarde très souvent (d’ailleurs le DVD du premier vient de me lâcher, je suis super vénère vous imaginez même pas comment !), je n’ai strictement rien oublié de la trame principale de l’histoire ni des événements les plus importants, mais c’est bien la première fois depuis ma première lecture que je relis les livres. Du coup, je suis toute excitée, parce que je suis certaine qu’il y a beaucoup de petites choses dont je ne me souviens absolument pas et les redécouvrir me fait grave plaisir. Les films ont beau être aussi fidèles que possible (en tout cas, ils le sont d’après mes souvenirs) c’est délicat pour un scénario de tenir à 100% des livres.
Si j’ai peur ?
Un peu. Toutes les relectures que j’ai faite depuis l’ouverture de ce blog ont viré au drame (cf : Eragon et Le Clan des Otori) mais j’ai bien plus confiance en J.K Rowling qu’en toute autre personne sur cette Terre !
Et ma relecture du premier tome me confirme que j’ai eu raison de ne rien craindre !
Relu en janvier 2020, j’ai absolument adoré ! Alors oui je l’ai trouvé enfantin, c’est écrit, certes très bien, mais également très simplement, et je pense que c’est pour ça que j’ai particulièrement aimé. Effectivement l’auteure va à l’essentiel, elle ne se perd pas en descriptions trop longues ni n’en rajoute des caisses sur les monologues des personnages et ça confère à ce texte un dynamisme génial qui nous plonge directement dans l’action et les événements. Limite si j’avais pas parfois l’impression de me trouver juste à côté de Harry, Ron et Hermione dans la salle commune des Gryffondor ou en salle de classe pendant qu’ils parlaient !
Elle présente son univers par petites touches pour le rendre compréhensible même aux plus jeunes et on en découvre tout au long de l’histoire, ce qui fait qu’on ne cesse jamais de s’émerveiller…
… ni même de rire ! L’humour est pratiquement omniprésent, surtout grâce au personnage de Malefoy qui est ici absolument méchamment délicieux, j’avais oublié à quel point j’aimais ce garçon imbu et détestable (faut dire aussi que je l’apprécie pas des masses dans les films, je trouve qu’il a une tête à claque, surtout dans les premiers), sans oublier la simplicité bourru de Hagrid et les bizarreries facétieuses de Dumbledore.
Et que dire de Poudlard ? Ce château représente à lui seul un personnage, c’est un être vivant et capricieux qui possède ses secrets, son histoire et sa personnalité. Il y a qu’à voir comment il s’amuse à promener notre trio de héros d’un étage à l’autre parce que « les escaliers n’en font qu’à leur tête » !
J’ai lu le tome 2 en février-mars 2020 et… l’émerveillement est toujours au rendez-vous !
Fort heureusement, ce tome-là est un peu moins enfantin que le premier mais écrit avec toujours cette même plume dynamique qui nous conduit exactement là où elle le souhaite sans qu’on devine pour autant la destination. Ce qui m’a particulièrement stupéfixée dans ce texte c’est que, déjà, l’auteure commençait à distiller des indices subtils sur l’avenir de l’histoire, des choses à première vue insignifiantes mais qui m’ont fait comprendre que cette dame a, d’un bout à l’autre, depuis le début et ce jusqu’au dernier point final ultime, maîtrisé son récit. La véritable sorcière, en fait, c’est elle les gars !
L’humour est toujours là, toujours grâce à Malefoy qui est vraiment absolument génial, mais aussi Ron qui devient plus attachant et Hermione moins agaçante (par contre j’ai toujours autant de mal avec Harry, même si je l’aime bien…) De facétieux Dumbledore devient mystérieux, Hagrid se dévoile et Poudlard… ma foi, le château reste fidèle à lui-même et livre, lui aussi, une part de son passé par le biais de la Chambre des Secrets. Un passé sombre, tragique, grâce auquel tout le texte en lui-même gagne en maturité. Mais pas trop, quand même, c’est toujours à destination des 11-12 ans, allons !
Ici, J.K Rowling nous prouve également que son univers n’est pas fait que de sorciers et sorcières légendaires, de baguettes magiques, de sorts et de sortilèges, mais également d’animaux, de créatures magiques qui peuvent être soient merveilleuses, soient terribles. Ici, elle nous présente Fumseck le Phoenix et le Basilic, et tous les deux, bien que totalement différents, sont absolument extraordinaires (au point que je suis incapable de dire vers lequel va ma préférence…). J’adorerais avoir une imagination comme celle-là !
Je vais continuer sur ma lancée en avril 2020 avec le tome 3. Attention, là mes attentes sont plus grandes car le film de ce tome est mon préféré, et j’ai hâte de commencer cette relecture !
Avril 2020... J’ai enfin lu le tome 3 (en vrai je l’ai terminé le mois dernier) et on est en mai. Bordel, je suis déjà en retard !
Les personnages n’en sont pas moins géniaux, surtout Malefoy et son humour, Harry et son caractère, sans oublier les disputes entre Ron et Hermione. Ce qui fait la force de ces récits, c’est chaque fois le monde qu’elle développe, tout l’univers de la magie qu’elle nous fait découvrir à chaque fois, encore et encore, tant par les sortilèges appris que par les créatures qu’on découvre. Sans oublier Poudlard, évidemment.
J’ai l’impression de me répéter chaque fois que je parle d’un livre sur cette chronique, et pourtant. Je suis chaque fois fascinée par tout ce qu’elle invente et décrit si bien.
La fin est vraiment géniale par toute la tension qu’elle laisse exploser. On plonge à pieds joins dans quelque chose de beaucoup plus sombre et cette fois l’auteure semble abandonner ses réticences et fait enfin le choix de basculer dans la dureté et la gravité. Et elle le fait très bien !
Ce que j’ai particulièrement apprécié dans le développement de l’univers, c’est qu’elle nous présente les écoles d’autres pays ! C’est peut-être idiot, mais je me souviens qu’à ma première lecture il y a vingt ans j’avais été très surprise car pas un seul instant je n’avais imaginé qu’il puisse y avoir d’autres écoles de magie hormis Poudlard. C’est pourtant logique, l’histoire se passant en Angleterre, il faut bien que d’autres pays aient aussi leurs écoles ! Avec ce qu’elle amène, elle nous prouve que son monde est encore bien plus vaste que ce qu’on s’imaginait tous. Mais aussi plus dangereux !
J'ai déjà commencé à lire le tome 5, alors à tout bientôt pour un update !
18/08/2019
"On peut aisément pardonner à l'enfant qui a peur de l'obscurité; la vraie tragédie de la vie, c'est lorsque les hommes ont peur de la lumière." - Platon
15/02/2018
Il y a quelques jours je me suis dit que ça faisait un moment que j'avais pas chroniqué de livres. Du coup, je vous parle d'un film. Et toc !
Mon dernier TAG vous présentait (présenter, présenter... j'ai chié 3 mots dessus, ouais, c'est vrai !) la trilogie de Glen Duncan dont le premier tome : "Le dernier loup-garou" m'avait énormément plu (dommage que les 2 suivants soient nazes...) Mais je me souviens aussi du film "Wolfman" de 2010 réalisé par Joe Johnston avec Benicio del Toro et Anthony Hopkins en tête d'affiche que j'avais énormément aimé grâce à ces deux acteurs qui sont parmi mes préférés (parce que bon, le scénar passait tout juste, autant l'avouer !) ce qui n'est pas hyper objectif, je vous l'accorde. Bien évidemment je pourrais en citer plein d'autre mais c'est pas le sujet.
Là j'y suis allée complètement à l'aveugle (ou presque. Oui, j'ai l'art et la manière de me contredire) car je ne connaissais pas, ou très peu, les acteurs, et n'ai même pas pris la peine de lire de quoi que ça parlait avant de me lancer. Ce qui est très rare chez moi, car je préfère savoir dans quoi je m'embarque.
Autant vous le dire tout de suite, ce film que j'ai revu deux fois depuis, est un coup de cœur. Le voici :
Allons-y gaiement et parlons immédiatement de ce qui a un peu coincé, comme ça c'est fait : j'ai un petit soucis avec l'actrice Park Bo Young. Je l'ai découverte dans le drama "Strong Woman Do Bong Soon" comme Ji Soo, dont je vous ai parlé dans ma chronique du film "One Way Trip". Je ne saurais pas vraiment expliquer pourquoi ça ne le fait pas avec elle... en fait, elle a certains tics quand elle parle qui me font penser aux bouderies de mon neveux de 3 ans et ça, ça a le don de m'énerver très vite ! Ce qui est con, je le reconnais moi-même, parce que c'est une très bonne actrice et son personnage de Kim Suni était vraiment très bien !
![]() |
| C'est elle |
Elle n'est pas nunuche, pas maniérée, elle semble maligne et intelligente, se révèle volontaire malgré une petite dépression et arrive malgré tout à rester très mignonne par moments. C'est un personnage plus complexe qu'on le pense que j'ai adoré découvrir !
Elle donne la réplique à Song Joong-Ki. Alors lui, une amie me l'a chaudement recommandé à plusieurs reprises et c'est la raison pour laquelle je me suis lancée dans ce film : découvrir cet acteur. Je ne suis absolument pas déçue de cette rencontre ! Il incarne ici un jeune homme que tous pensent orphelin, du genre de "L'enfant sauvage", abandonné dans les bois pendant la guerre. La mère de Suni le recueille (bon, elle n'a pas trop le choix en vrai), le nomme Cheol Su, et c'est toute la famille qui va s'attacher à lui.
![]() |
| En même temps, c'est difficile de ne pas s'attacher quand on voit ça ! |
L'acteur m'a totalement bluffé parce que son personnage aligne à peine plus de 3 mots durant les 2 heures que dure le film mais il parvient à tout faire passer grâce à ses expressions vachement variées, très riches, et interprétées à la perfection ! Parfois, rien qu'en le regardant dans les yeux j'arrivais à deviner à quoi il pensait, et quand on incarne un garçon muet à moitié loup, c'est un truc qui ne doit pas être facile à faire ! Alors franchement, bravo m'sieur, perd pas la main.
En fait ces deux-là vont s'apprivoiser. Ils sont aussi sauvages l'un que l'autre (parfois, Suni l'est même plus que Cheol Su) et l'apprentissage va se faire des deux côtés... ce qui n'est pas forcément gagné au début. C'est ça aussi que j'ai apprécié, le fait qu'il n'y ait pas de super coup de foudre dès le départ. D'ailleurs, ils s'ignorent plutôt pour commencer, même s'ils sont dans la même pièce, Cheol Su s'intéressant davantage à un crayon qu'à cette jeune femme (et là je me tais sinon je vous spoil tout)
Un moment donné je vais peut-être vous filer le synopsis hein, ça peut toujours servir :
"Suite à un étrange appel téléphonique, une vieille femme, nommée Kim Suni et vivant aux États Unis, se rend dans le chalet de son enfance en Corée du Sud.
Elle se remémore sa rencontre avec un jeune homme très étrange, 47 ans plus tôt. Sa famille a en effet accueilli celui-ci en pensant que c'était un orphelin. Ils le prénomment Cheol Su mais il ne sait ni parler, ni lire, ni écrire, ni même manger correctement.
Tout d'abord sceptique et ne voulant pas de lui chez eux, Kim Suni l'accepte finalement et essaye de lui apprendre à vivre normalement.
Mais comment va évoluer leur relation ? Cheol Su est-il vraiment un orphelin ? "
Mais au-delà de l'acteur, pourquoi j'ai tant aimé le film ?
Parce que, si la romance occupe une place importante, elle doit se tailler un chemin dans une atmosphère parfois sombre, une ambiance tendue, et quelques instants violents auxquels je ne m'attendais pas. Dès le moment où Suni et sa famille arrivent dans cette grande maison perdue à l'orée d'une forêt dont on ressent souvent la présence menaçante, on ne s'en éloigne plus ou alors très peu. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser qu'on était dans une sorte de huis-clos où la tension monte graduellement. Si j'ai senti arriver la brutalité de la fin je ne pouvais pas m'empêcher de me demander comment ça allait finir et plus les minutes s'écoulaient plus j'étais nerveuse.
Le plus beau dans tout ça c'est que ce film est aussi très drôle ! L'éducation de Cheol Su donne quelques scènes truculentes et j'ai souvent éclaté de rire, complètement prise par surprise.
![]() |
| Et encore, il a fait pire ! |
Je pense que c'est pour ça que, malgré que l'actrice m'agace un brin, c'est un coup de cœur. Tout y est. C'est grave, drôle, romantique et surtout inattendu malgré les quelques incohérences qui se glissent ici et là. Je ne dirai pas lesquelles parce que je risque de vous spoiler, sans compter que c'est vraiment trois fois rien.
Et que dire de l'OST ? Il est super beau ! Je le trouve grave, triste, léger et joyeux à la fois. En fait, il est totalement comme le film. La version piano est aussi très belle.
Concernant la fin, ce qu'il s'est passé est assez étrange. La première fois que je l'ai vu j'étais tellement déboussolée que ça a bloqué un peu, j'étais pas sûre d'apprécier et je trouvais ça trop triste. Puis, au deuxième visionnage (et au troisième, tant qu'à faire !) j'ai réussi à y voir un peu d'espoir. À mon avis c'est une conclusion qu'il faut savoir aimer, il faut prendre le temps de la décortiquer et de la comprendre, parce qu'en voyant ça après deux heures de yo-yo sentimental on se dit forcément qu'il manque quelque chose. Mais en prenant du recul je pense qu'on peut faire la part de ce qui a été exploité, dit, et de ce qui est tu et laisser à la libre interprétation du spectateur (toi, moi, le premier péquenot venu, quoi) Pour résumer : ouais, j'aime beaucoup la fin, et c'est un point supplémentaire qui explique le coup de cœur.
Je termine en intégrant le trailer ni vu ni connu (vous me connaissez, j'aime quand ça bouge !) mais je vous mets en garde : comme tous les trailers, il en dévoile un peu... mais il est grave beau !
Reconnaissez que les affiches aussi ont de la gueule !
06/01/2018
Émotions.
Editeur : CastermanCollection : Écritures
Parution : septembre 2017 (2ème édition)
Pages : 320
Résumé :
Une nuit, Kazuhiro Kubota, père de famille et employé surmené, percute un jeune motard, Takuya Onodéra.
L'un meurt rapidement, l'autre survit miraculeusement. Lorsque Takuya sort du coma, sa famille découvre, déconcertée, que non seulement il souffre d'amnésie, mais qu'il semble aussi avoir changé de personnalité... La conscience de Kazuhiro Kubota vient de se réveiller dans le corps du jeune homme, comme si une ultime occasion de comprendre ce qui comptait réellement dans sa vie lui était offerte. Mais le temps presse : Takuya retrouve sa mémoire petit à petit, tandis que l'esprit de Kazuhiro tente de reprendre contact avec sa famille.
Et la cohabitation des deux âmes dans un seul corps s'annonce difficile.
Cela risque d'être difficile de baver beaucoup sur cette BD. Parce qu'en fait seules les émotions semblent compter, ici, pour Taniguchi.
Tout le monde ou presque connaît ses graphismes. Personnellement, je ne peux m'empêcher de les trouver plats sur certains points de vue, mais c'est à cela que je reconnais le style de l'auteur. Il est lui, inimitable.
Concernant les textes, il y en a peu. Vu le nombre de pages j'ai tout de même mis presque deux heures à le lire mais je pense que les petites pauses que j'ai fait y sont pour quelque chose. Pourquoi des pauses ? Parce que j'avais besoin, parfois, de le refermer pour encaisser.
Le message là-dedans est tellement fort, tellement beau, qu'il a bien failli me tirer une larmichette ! On pourrait croire que ce n'est que l'histoire d'une reconstruction après un terrible accident (la chance d'avoir survécu, toussa toussa, la culpabilité du survivant, blalabla) mais non. Ou alors, pas totalement.
C'est l'histoire des regrets. Des émotions des gens qui restent. De la trace qu'on laisse derrière nous, en partant. J'y ai aussi vu une force : celle de se donner la possibilité d'agir tant qu'on le peut, tant qu'on est vivant ! (en gros : retirez-vous les doigts du cul, comme le dirait ce cher Arthur)
Paradoxalement, il y a aussi le "lâcher prise". Savoir partir quand il le faut.
Malgré tout ça, Taniguchi a réussi à laisser une positivité et un amour de la vie sidérant ! Tant d'espoir, de sérénité et d'avenir dans un manga (roman graphique, j'ai presque envie de dire!) qui traite de la mort, c'est quand même grand.
Vous me connaissez maintenant, bande de coquinous, et vous savez que dès que c'est recouvert d'un peu de fantastique ça me botte ! Il y en a, bien sûr, parce que bon deux âmes/esprits dans un seul corps, c'est pas tous les jours qu'on voit ça. Malheureusement, c'est cet aspect qui m'a un peu perdue et qui fait que je ne peux pas y mettre de coup de cœur. Cet enchaînement de personnalités, ces deux hommes qui se parlent dans leur tête, cafouillait un peu par moment. J'avais du mal à comprendre qui parlait, parfois, et ça m'a retiré un peu de plaisir de lecture. Je ne suis pas douée, c'est dommage !
Merci beaucoup à la personne qui me l'a offert, j'ai découvert grâce à elle quelque chose de puissant qui m'a un peu noué les tripes (mais pas trop, hein, manquerait plus que je devienne sentimentale !) et que je relirai très certainement de nombreuses fois avec plaisir.
Non. Non, c'est pas moi qui ai écrit le poème tout caca au début de l'article, non non. C'est mon double maléfique. Le con.
Ici c'est bien aussi :
La nouvelle rubrique se dessine et s'affirme avec Healer
Ma dernière grosse claque de 2017 !
Et ça celle de 2016
08/12/2017
Il faut avoir une sacré paire de couilles pour pondre un chef d'oeuvre comme ça !
"Avoir une sacré paire d'ovaires", ça se dit ?
Bon, on s'en fout. Le seul truc à savoir, c'est que ce livre envoie du pâté !
Éditeur : Monsieur Toussaint LouvertureParution : mars 2016
Pages : 954 (et je ne mens même pas)
Résumé :
Dans la Maison, vous allez perdre vos repères, votre nom et votre vie d'avant. Dans la Maison, vous vous ferez des amis, vous vous ferez des ennemis. Dans la Maison, vous mènerez des combats, vous perdrez des guerres. Dans la Maison, vous connaîtrez l'amour, vous connaîtrez la peur, vous découvrirez des endroits dont vous ne soupçonniez pas l'existence, et même quand vous serez seul, ça ne sera jamais vraiment le cas. Dans la Maison, aucun mur ne peut vous arrêter, le temps ne s'écoule pas toujours comme il le devrait, et la Loi y est impitoyable. Dans la Maison, vous atteindrez vos dix-huit ans transformé à jamais et effrayé à l'idée de devoir la quitter.
C'est sûr que quand on lit ce petit morceau de rien, puis le nombre de pages (près de 1000, véridique, c'est pas une faute de frappe de ma part) et quand on voit la tête du bouquin, on est en droit de se demander ce que c'est que cet ovni.
Et de fait, c'est bien un truc venu d'ailleurs.
Sachez tout d'abord que c'est incroyablement gothique, sombre, dérangeant, et écrasant. L'atmosphère était parfois si étrange, lugubre et irréelle, que j'ai souvent arrêté ma lecture pour me plonger dans un autre livre plus facile d'approche, ou bien plus doux. Parce que sinon, j'aurais fini par devenir timbrée (déjà que mon état psychologique est pas fameux !) C'est donc pour ça que j'ai mis deux mois à le lire.
L'histoire c'est celle de la Maison. Pour moi, elle était clairement le personnage central de ce livre. À l'intérieur, il y a des enfants. Ils y entrent très jeunes, souvent âgés de 5 ou 6 ans, pour n'en sortir qu'à leur majorité, à 18 ans. Pourquoi ? Parce qu'en fait il s'agit d'un "internat" pour enfants handicapés/inadaptés/rejetés/infirmes... bref, cabossés quoi. Les éducateurs sont très peu présents, les gosses sont donc livrés à eux-mêmes dans cette Maison qui, parfois, paraît vivante. Ils se sont organisés en groupes : il y a Les Faisans, Les Rats, Les Chiens, Les Oiseaux, et Le Groupe 4, dont nous allons suivre la naissance. Ils se sont chacun donnés des surnoms qui font loi dans ce monde bien à eux. Aucune identité vraiment "claire" n'est mentionnée à aucun moment dans le livre, ce qui donne une dimension presque surnaturelle à tout le récit.
Nous suivons des personnages en particulier qui apparaissent presque chacun leur tour, certains plus que d'autres : Fumeur est celui qui revient le plus, d'après moi ; il y a aussi Sphinx, que j'ai particulièrement aimé ; L'Aveugle, que je n'ai pas réussi à cerner ; Chacal Tabaqui, peu présent mais très charismatique ; Gros Lard, qui m'a bien fait poiler ; et Ralf, le seul éducateur à prendre la parole dans tout ce bordel et que j'ai pas trouvé très honnête. En fait, c'est le seul adulte à faire entendre sa voix et c'est le seul personnage dont je me suis méfiée du début à la fin.
Quand ça commence, nous sommes avec Fumeur, un adolescent qui vient d'arriver dans la Maison. Il y est donc entré "sur le tard" comparé aux autres occupants qui sont là depuis déjà 10 ans, et peine à se faire accepter. Il a l'air de s'en foutre, mais on sent bien que c'est difficile à supporter pour lui car les autres lui en font voir de toutes les couleurs. Au début, on pourrait penser que ces gosses sont violents et méchants les uns envers les autres, mais en réalité ils ne le sont qu'avec les nouveaux. Parce que ce monde qu'ils se sont créés, c'est une famille pour eux et la Maison est leur mère. Toute nouvelle tête peut donc être une potentielle menace pour la vie de cette "communauté". Mais une fois dépassé ça, on comprend qu'il y a entre les élèves une réelle entraide et fraternité.
L'auteure, malgré l'atmosphère angoissante, garde un style d'écriture super agréable et particulièrement fluide. Chaque prise de parole est différente, car elle jongle entre les points de vue, les récits à la première personne puis ceux à la troisième, et les flash-back qui, et j'ai trouvé ça dommage, finissent par disparaître à mesure que passent les pages. Il y a donc toute une première moitié du livre où nous découvrons les personnages alors qu'ils devraient quitter la Maison d'ici deux ou trois ans à peine, qui va être entrecoupée de retour en arrière où nous découvrons ces mêmes garçons alors qu'ils sont tout jeunes et qu'ils viennent à peine d'arriver (Fumeur n'apparaît donc pas dans ces flash-back, suivez un peu !)
Au début, ces coupures me dérangeaient, je ne vous le cache pas, surtout les changements entre les "je" et les "il", mais très vite je me suis rendue compte que ça me permettait, au contraire, une meilleure compréhension. Je pouvais ainsi me dire : ah ! Si c'est du "je", c'est Fumeur ! Il y avait donc moins de risque que je me retrouve perdue en cours de route.
Et le reste de l'histoire alors ? Bah y'en a pas. Fumeur arrive et doit s'adapter. Point.
... Nan, ok, j'exagère ! En fait, il y en a une, mais elle s'installe lentement, tardivement et (je ne vous dis pas la suite, sinon je vous dévoile toute l'intrigue. Ce serait con) Entre les flash-back et le moment présent, il y a un trou de dix années. Au bout d'un moment, on comprend que quelque chose s'est passé pendant ce trou. Quelque chose qui va avoir des répercussions des années plus tard et qui m'a totalement intriguée et tenue en laisse jusqu'à la fin.
On est dans un huis-clos total, vous l'aurez compris (ou alors vous n'avez rien lu de ce que je viens de baver et vous êtes arrivés sur cette phrase totalement par hasard)
À l'intérieur de la Maison, il y a une véritable mythologie, les rites et les codes d'une vie en collectivité qui semble se dérouler dans une autre dimension tant c'est parfois surréaliste. Si certaines scènes de franche camaraderie me mettaient le sourire aux lèvres, ça pouvait très vite partir sur du tellement étrange que j'avais l'impression d'être tombée dans un univers alternatif au notre.
L'auteure s'amuse avec la ligne du fantastique (du merveilleux, aussi, quelquefois) sans jamais la franchir, de peur sans doute de basculer totalement dans la folie. Quoique ... des fois, elle allait vachement loin dans le surréaliste et je me demandais ce qu'elle pouvait bien avoir fumé ! Ce qui doit certainement être le plus grand défaut du livre, car il n'est de fait pas accessible à tous. Je ne vous cache pas que moi-même j'ai failli rester sur le carreau une ou deux fois.
Il y a un truc dont je tiens absolument à parler et que j'ai particulièrement apprécié : l'auteure ne s'attarde pas sur les handicaps de ces personnages. Beaucoup sont en fauteuil roulant, à d'autres ils manquent certainement plus d'une case, l'un d'eux est aveugle et psychotique, et il y en a un qui n'a carrément pas de bras ; tout ceci pouvait donc donner des scènes avec beaucoup d'émotion ou d'humour, pourtant ce n'est qu'à peine évoqué. Pour certains d'entre eux, ça m'a pris plusieurs centaines de pages avant de découvrir leur "particularité". Mariam Petrosyan a réussi à faire de ses personnages, malgré leurs différences, des garçons comme les autres évoluant dans un univers étrange. Je lui tire mon chapeau, autant pour ce joli message et ses descriptions toute en finesse que pour son imagination fabuleuse.
Et pourquoi, avec tout ce que je viens de vous balancer, que j'en fais pas un coup de cœur ?
Je suis chiante, pour commencer, et ensuite : j'ai pas aimé la fin. J'accorde beaucoup d'importance aux fins. Et là, je n'ai pas compris l'intérêt de rajouter ce genre d'épilogue. Si l'histoire s'était arrêtée à la fin du dernier chapitre... nan, même pas, parce que je dois avouer que la longueur du bouquin est un défaut, aussi. C'est très contemplatif, très lourd et lent par moment, et l'intrigue prend trop de temps et pas assez de place. J'ai pris une grosse claque, car le style et l'imagination de l'auteure sont bluffant, mais il aurait gagné à être un peu plus dynamique par moment. Quoique ça aurait sans doute cassé la patte de l'auteure...
Bref, je suis fatiguée, et je me sens abandonnée maintenant que je l'ai fini. Je crois qu'avec ce livre j'ai franchi une nouvelle étape dans ma vie de lectrice. J'ai adoré me perdre dans les couloirs de la Maison et en découvrir chaque recoin, mais ce qui m'attriste c'est que je sais que l'auteure n'en a pas tout dévoilé. On suit les déambulations des personnages à travers toute la baraque, et pourtant, quand on la quitte, on sent qu'elle n'a pas livré tous ses secrets. Ouais, c'est sans doute pour ça aussi que je ne le coup-de-coeurise pas.
Je me sens si seule, maintenant.
Lisez-le, bordel.
Et merci aux éditions Monsieur Toussaint Louverture d'avoir eu les couilles (je peux le dire cette fois ?) de dénicher une telle bombe de littérature russe !
Et maintenant, je sens que prendre un autre livre ou en continuer un en cours va être très dur. Mais je me doutais un peu que ça me ferait ça. D'ailleurs, je crois que je l'ai su dès les premières pages !
Voilà une lecture qui fait avancer mon Cold Winter Challenge ! (ouais, je l'avais rajouté dans ma PAL, l'air de rien)
Je suis contente. Et vous ? Heureux ?
Là :
On ne peut qu'aimer Scrooge.
Sinon, il y a Gaudé aussi !
Et puis tout à coup, tiens, l'envie me prend de vous foutre le lien d'un blog tout neuf que j'aime !
05/12/2017
Je suis tombée amoureuse de Scrooge !!

Éditeur : Folio
Parution : 2012
Pages : 670
Résumé :
Dans ces cinq contes, Dickens célèbre l’esprit de Noël, le partage et la charité, et dénonce l’injustice sociale qui exclut les pauvres de cette fête. C’est un portrait truculent de la vie quotidienne et une condamnation sans appel de l’exploitation et de la misère. Ce message social, Dickens nous le donne en douceur, par le détour du conte et du fantastique.
C'est pas cette édition que j'ai lu, mais quelque chose de bien plus court, donc je pense que dans la collection Folio il doit y avoir pas mal de notes et une grosse bio. Bref.
En fait, l'histoire c'est celle de Scrooge, un monsieur avare, vénal, méchant ; l'esprit de Noël il s'en tamponne et pour lui les gens dans le besoin sont les seuls responsables de leur situation. Enfin, c'est un vilain, le Scrooge, en gros. Je l'ai adoré ! J'ai aimé ce personnage à un point, vous ne pouvez pas imaginer (pourtant je kiffe Noël et cette période de l'année hein, je suis comme une gosse) Et j'ai senti dès le début que j'adorerais, parce que voilà comment le livre commence :
/!\ Petit spoil /!\
"Marley était mort, pour commencer. Là-dessus, pas l'ombre d'un doute. Le registre mortuaire était signé par le ministre, le clerc, l'entrepreneur des pompes funèbres et celui qui avait mené le deuil. Scrooge l'avait signé, et le nom de Scrooge était bon à la bourse, quel que fût le papier sur lequel il lui plut d'apposer sa signature.
Le vieux Marley était aussi mort qu'un clou de porte."
/!\ Fin du spoil /!\
Sans blague, un livre qui démarre comme ça, moi je suis à fond.
Donc, je continue : Scrooge, lors du réveillon, préfère rester seul à penser à ses bénéfices. Mais voilà que des esprits s'invitent dans sa chambre pour lui balancer à la tronche tous ses défauts ! Oui, des esprits. On est donc typiquement dans une sorte de conte fantastique où Dickens s'en est donné à cœur joie avec la satire sociale, la critique de la bourgeoisie, mais aussi la magie de Noël (si, si, c'est magique des morts qui parlent et qui flottent !)
Ces esprits viennent chercher le vilain monsieur pour lui faire traverser les époques et lui montrer des réveillons. Le premier conte de ce livre est mené par l'esprit d'un ami, venu plus ou moins le prévenir ; le deuxième voit apparaître l'esprit des Noëls passés ; le troisième l'esprit des Noëls présents ; le quatrième l'esprit des Noëls futurs, puis le cinquième et dernier conte représente la conclusion de tout ça et les leçons que le personnage aura tiré de cet apprentissage.
J'ai beaucoup aimé cette ligne de "voyage" (qui représente plus une sorte de réflexion et découverte de soi, mais imagée, je pense) choisie par l'auteur et la façon dont il l'a suivie. Scrooge, s'il résiste au début, finit par se laisser mener. En cela, il change beaucoup, évolue et nous fait découvrir une autre facette de sa personnalité, et tout ça dans un texte relativement court, comme je vous le disais.
Mais ceux qui sont surtout mis en avant tout le long du récit, se sont les gens les plus désœuvrés qui, malgré leur situation précaire, causée par des soucis financiers (quoi d'autre ?), n'ont eux pas perdu de vue la magie de Noël, comparé à ce bon vieux Scrooge. Certaines scènes de repas familial m'ont mis le sourire aux lèvres tant c'était beau, plein de légèreté positive et d'espoir. Je ne doute pas que lors de sa toute première sortie en 1843 ce texte a dû énormément faire parler de lui, car en gros (c'est ce que je tire de cette lecture hein, donc c'est mon ressenti personnel) Dickens place les gens 'pauvres' bien au-dessus des gens 'riches' concernant la moral, le partage, et l'amour. Je pense que c'était une façon pour lui de décrier l'argent.
Là où ça a un peu coincé (vous me connaissez, je ne suis jamais contente, il faut toujours que ça coince quelque part) c'est que je n'ai pas spécialement aimé ce que devient Scrooge à la fin !
/!\ Attention, nouveau petit spoil /!\
Il s'adoucit. Il devient gentil, la magie et la douceur de Noël le rend tout guimauve et il commence à offrir son amour à tout le monde. Personnellement, j'aurais préféré qu'il reste méchant... Mais ça c'est un caprice idiot, c'est juste que je préfère les vilains anti-héros, voilà tout.
C'est idiot, oui. Mais j'ai pas dit que ça aurait du sens, hein.
/!\ Fin du spoil /!\
Il s'agissait pour moi d'une première expérience de lecture avec Dickens. J'avais déjà lu bon nombre de livres où il apparaissait en tant que personnage, donc le découvrir en tant qu'auteur était assez curieux. J'ai beaucoup aimé malgré ce petit bémol capricieux de ma part, et j'en relirai de lui avec plaisir.
Je voulais dire autre chose concernant cette lecture... J'ai oublié un truc, je crois.
Tant pis ! La flemme. Le principal est dit.
Comme l'an dernier, j'ai l'impression que ce CWC part bien !
Maintenant je commence "Croc-blanc", pour le menu : Marcher dans la neige ; sinon je persiste avec "La maison dans laquelle", que j'ai pas encore fini, mais je me régale toujours autant avec.
En passant : certains ont dû remarquer que j'avais enfin lancer ma nouvelle rubrique : Cépasdélivres, qui était en chantier depuis... un temps tellement lointain que j'ai honte. Je me lance dedans en espérant ne pas me casser la gueule. Il y sera question de tout ce qui ne concerne pas les livres (ouais, sans blague) donc : films, séries, jeux, photos, musique, ma vie professionnelle et... les Pokémon. Qui est le sujet de mon tout premier article, d'ailleurs.
Et je ne m'excuserai même pas !
Allez, caillez-vous bien ! Chez moi, il y a un tel pâté dehors que j'y vois pas à deux mètres. Je m'en fous, je ne sors jamais de la maison. Donc en fait, ça ne vous sert à rien de le savoir.
Va pas te casser les dents là-dessus :
Le CWC a commencé
Une relecture MM qui fait du bien













