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13/11/2019

Zimzalabim !!

Bordel, je viens de me rendre compte que les chroniques de S-F étaient si rares ici qu'elles se comptaient sur les doigts d'une main !
En plus je triche, celle de The Expanse je la met à jour dès que je lis un bouquin… une chronique pour 6 livres lus, nan mais tu parles d'une feinéasse.

Assez parlé, place à l'action !

Éditeur : Pocket
Parution : 2016
Pages : 704

Résumé :
2202. Né des cendres d’une conflagration planétaire, l’Empire Chrétien Moderne règne sur une Terre ravagée et irradiée. Urbain IX, pape tout puissant, contraint les populations à vivre selon un mode de vie médiéval, restaurant ainsi le Dominium Mundi. Sous son impulsion, un vaisseau colonisateur est envoyé vers Alpha du Centaure, dans l’espoir d’y trouver de nouveaux territoires pour l’humanité. Lorsque les passagers abordent une planète et son peuple, les Atamides, le choc est grand. Mais ce n’est rien en comparaison d’une découverte encore plus bouleversante : le véritable tombeau du Christ ! Guidés par leur foi inébranlable, les missionnaires tentent de s’en emparer, en vain. Les indigènes les massacrent. Sur Terre, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Deux ans plus tard Urbain IX achève d’armer un gigantesque vaisseau, le St-Michel, capable d’abriter un million d’hommes. Pour Tancrède de Tarente, le Méta-guerrier héros des champs de bataille, et Albéric Villejust, le génie de l’Infocosme enrôlé de force, débutera une Croisade sanglante vers une nouvelle Jérusalem… Les événements feront-ils bégayer l’Histoire ?

Même si ce roman est très clairement un space opera dans le genre de la S-F l’auteur s’amuse à flirter avec le genre chevaleresque du Moyen-Âge, et c’est bon ! Par de nombreux aspects il m’a rappelé la saga des Rois Maudits de Druon, il y a comme un désir de revanche dans ce texte face à l’idéologie parfois extrémiste de la région (au sens large j’entends, pas seulement la chrétienté même si c’est d’elle dont il est question ici)

Rien que le mot de « Dominium Mundi » par exemple, est un concept qui remonte au Moyen-Âge, en gros c’est l’extension du monde chrétien sur le modèle de l’empire romain, sauf que là l’extension elle se fait carrément dans l’espace et même hors du système solaire. L’auteur a admirablement bien mêlé les deux genres (trois même parfois je dirai, mais je vais y revenir) : l’historique et la S-F.

Le pouvoir du Vatican est tout puissant en ce début de XXIIIè siècle, même si les détails sont minimes dans le texte et livrés par petites touches on devine qu’il contrôle la presque totalité du globe. Les quelques poches de résistances disséminées par-ci par-là sur la planète se font littéralement pourchasser, harceler et broyer par les soldats surentraînés de l’Église, comparables aux Croisés de l’époque Moyen-Âgeuse.

Ce sont justement ces soldats qui vont être envoyés sur Akya, l’une des premières planètes à avoir fait les frais du Dominium Mundi. D’accord, le pape Tout-Puissant entend bien propager la bonne parole de Dieu dans toute la galaxie (un peu ouf le gars, non ?) mais il n’avait pas pensé une seule seconde rencontrer de la résistance (c’est le propre des gens trop sûrs d’eux). Les habitants d’Akya, appelés les Atamides, ne se sont pas laissés faire et les rapports disent tous que toute la colonie envoyée sur la planète a été littéralement décimée. Si le Pape insiste pour prendre le contrôle de ce gros caillou lointain à première vue inhabitable (je vous jure, y’a plus accueillant comme endroit !) c’est tout simplement parce que les colons, avant de se faire écrabouiller, ont eu le temps d’envoyer des images pour le moins troublantes : le tombeau du Christ. Sur une planète à des années-lumières de la Terre. Rien que ça.

L’idée en elle-même est juste géniale, et il se trouve que les croisades sont l’une des parties de notre Histoire que je préfère, alors coupler ça à de la S-F, qui est un style que j’adore, j’ai sauté dessus.

J’avais qu’une envie : que les Croisés débarquent sur Akya, trouvent le tombeau, et que tout explose. Ah bah oui, comment voulez-vous que les croyances persistent après ce genre de découverte ? Bon en vrai l’auteur a trouvé la combine, et ça relève limite du génie, mais j’avais justement envie de voir comme il allait se débrouiller avec tout ça.

Et ça c’est pas du tout passé comme je m’y attendais. Parce que ce livre en fait ce n’est que le premier tome et toute l’intrigue se passe à bord du Saint-Michel, merveille de technologie, vaisseau immense dont la mission est d’emmener un millier de soldats pour répandre la bonne parole de Christ (entendez par là : le sang et la mort bien sûr, comme quoi les choses ne changent jamais vraiment même à 1000 ans d’intervalle)

Au début je voyais pas trop où l’auteur voulait en venir alors que le cœur de l’histoire semble être, de par le résumé surtout, la rencontre entre les soldats de la chrétienté et les Atamides. Et c’est là que j’en viens au troisième genre de ce roman : la politique fiction. À travers les yeux de personnages à la psychologie complexe et bouleversée par la situation l’auteur va mettre à mal ce qui nous semblait à nous lecteur être une puissance stable et sûre : l’Église elle-même.

Au cours de ce voyage à travers les étoiles les personnages centraux : Tancrède de Tarente, l’un des soldats les plus fameux de cette croisade, Méta-Guerrier aux réflexes surhumains, et Albéric Villejust (pour qui j’ai eu un petit faible), enrôlé de force et pas très fervent croyant, vont se retrouver à mener des enquêtes pour tenter de déterrer un complot. Tancrède étant un soldat, il va devoir lutter contre sa propre rigidité d’esprit (il a suivi un entraînement inhumain et a donc été très violemment conditionné) et en ça il m’a beaucoup touchée même si je l’ai trouvé un peu caricatural malgré moi. Surtout vers la fin, j’avoue, suite à sa rencontre avec un personnage féminin… OK, de la romance n’était pas de trop dans ce récit complexe parce que ça m’a fait respirer un peu c’était une bonne idée, mais l’auteur a utilisé beaucoup trop de clichée pour ça. À croire qu’il a rajouté ça à la dernière minute. Bon, je suis pas très bon public en ce qui concerne la romance à la base, c’est vrai. En plus la nana je l’ai pas aimée.

Bref ! Pourquoi, malgré cette légère déception, alors que je voulais tant voir la rencontre entre humains et Atamides, j’ai tant aimé ce roman ? Parce que l’intrigue secondaire, c’est du polar, de l’enquête, et un putain de bon suspens dont les révélations, les rebondissements et les questionnements sont distillés au fur et à mesure avec beaucoup de brio. Que se passe-t-il exactement ?

Ça tue sur le Saint-Michel, et de façon plutôt violente. Meurtre horrible, disparitions discrètes qui personne ne remarque, manipulation de l’information, tout ça contribue à éveiller les soupçons chez Tancrède, et ça nous amène à comprendre que malgré sa droiture et sa foi évidente, il n’en est pas pour autant aveuglé, c’est un être humain qui réfléchit. Il est plein de questionnement, de doutes et a une grande soif de comprendre. J’aime beaucoup son état d’esprit, son caractère et sa droiture également. Un conflit moral va évidemment très vite le torturer et ça l’a rendu encore plus intéressant.

Mais j’ai quand même préféré Albéric, parce qu’il évolue d’une façon qui me plait d’avantage. Tancrède change, évolue énormément lui aussi, mais il passe d’un personnage relativement sûr de lui, fort, à quelqu’un de bien trop déboussolé, perdu sur la fin, qui va préférer la solution de facilité pour apaiser son esprit. Albéric, à l’inverse (et ces deux personnages diamétralement opposés ont une super dynamique ensemble !) passe de quelqu’un de timide et effacé à quelqu’un de combatif qui n’hésite plus à prendre des décisions.

Autour d’eux gravitent des personnages secondaires géniaux, comme les frères Tournai dont j’ai aimé les joutes verbales, sans compter qu’ils sont comme le jour et la nuit eux aussi, et Vivianne, l’un des seuls personnages féminins qui en vaut la peine. Les antagonistes aussi valent le détour, notamment Robert de Montgomery que j’ai bien aimé pour son côté pitoyable autant que dangereux.

La chose dont j’avais un peu peur honnêtement, vu le sujet, le genre et la longueur du bouquin, c’est que l’auteur en ait fait des caisses avec les descriptions (c’est une erreur que j’ai pas pu m’empêcher de remarquer chez les auteurs de fantasy et S-F d’aujourd’hui) fort heureusement le bonhomme, scénariste pour les films, les BD et les jeux vidéo, connait bien son boulot. Il nous donne finalement peu de détails, en tout cas c’est juste ce qu’il faut pour nous donner de bonnes premières directives et nous permettre d’imaginer le reste tout seul comme des grands. Il ne nous prend clairement pas pour des bébés à qui il doit tenir la main.

Vous me connaissez, j’accorde beaucoup d’importance à la fin. Et là, je n’ai qu’une chose à dire :

Putain, l’enfoiré !

Il m’a laissé là, à la dernière page, comme une abrutie ! Après des mois de voyage interstellaire passé dans le Saint-Michel à regarder Tancrède être déchiré entre sa foi chrétienne et ses certitudes, et Albéric cherchant la vérité et se révoltant contre la condition de tous ceux qui, comme lui, furent contraint par la force de participer à cette croisade, je me retrouve comme une imbécile qui comprend parfaitement qu’elle a été super bien bernée.

Parce que l’histoire s’arrête pile au moment où les croisés débarquent enfin sur Akya.

Du coup, vous savez quoi ?

Je vais devoir m’acheter le tome 2, et fissa !

_______________________________

8 mois plus tard...
Et je jure sur notre galaxie, j'avais rien oublié !

Éditeur : Pocket
Parution : 2016
Pages : 960

Résumé :
2205. C’est le débarquement. Les troupes de l’Empire Chrétien Moderne se déploient dans les plaines arides d’Akya du Centaure.

À l’arrière, Albéric Villejust organise la rébellion qui gronde parmi les inermes.

De leur côté, Tancrède de Tarente et Clorinde ont retrouvé l’amour, une foi inébranlable, et comptent mener à bien leur mission, au nom du tout-puissant Pape Urbain IX. En tant que méta-guerriers, la prise de l’ultime tombeau du Christ repose en grande partie sur leurs épaules.

Mais sous l’implacable soleil centaurien, rien n’est gravé dans le marbre. Alors que les rebelles se cachent et s’organisent dans le désert, que les Atamides se révèlent plus dangereux que prévu, les luttes de pouvoir s'intensifient et des forces nouvelles s’agitent dans l’ombre. De ces zones obscures dépendront l’avenir d’Akya, des nouveaux Croisés et, à plus grande échelle, de peuples entiers…


Ah ! Que voilà une aventure que j’étais ravie de reprendre !

Dans le tome 1, même si j’avais adoré l’histoire et ce huis-clos géant se déroulant dans cet énorme vaisseau spatial, j’étais restée quelque peu sur ma faim en tournant la dernière page tant j’avais hâte de voir les croisés débarquer sur Akya. Faut dire aussi que l’auteur, dès le début du livre, nous rabâchait sans cesse que c’était l’unique but de toute cette histoire : les croisades, menées sur une autre planète.

Avec le tome 2, nous y voilà enfin ! Et l’auteur enfonce les clous en défonçant royalement tous les beaux principes de la chrétienté (si si, ils les défoncent !) en faisant passer tous les croyants de cette aventure pour des fanatiques religieux ultra-violent et idiots.

Alors. Ça peut paraître négatif dit comme ça mais ça ne l’est pas. Du moins, pas totalement. Durant ma lecture, j’étais, je le reconnais, un peu déçue de cette méthode, je me disais que s’il voulait à ce point mettre à mal les dogmes et l’aveuglement extrême de certaines religions, il aurait pu le faire de façon plus subtile. Finalement, quelques jours après avoir terminé ma lecture, j’ai réalisé que ce choix était judicieux au regard du style narratif et du genre. Oui, d’accord, il dénonce à la façon d’un homme qui veut vraiment faire passer tous les croyants pour des ignares aveugles, mais au moins comme ça le message passe, sans compter qu’il ne faut pas oublier qu’on est avant tout dans un livre de science-fiction et d’aventure. Pour répondre au mieux aux codes du genre, il faut donc de l’action, de la baston, des extra-terrestres et tout et tout (attention, je ne dis pas que TOUS les livres de SF devraient être comme ça, je dis juste qu’il s’agit des codes les plus connus du genre)

Et croyez-moi que des combats, il va y en avoir !

D’ailleurs, au début ce n’est que ça : humains VS Atamides. Une vraie boucherie. Je me demandais où l’auteur voulait en venir et s’il n’y allait pas un peu fort. Puis j’ai finalement compris vers quoi il nous menait.

Dans le tome 1, Tancrède de Tarente était l’un de mes personnages préférés. J’avais beaucoup aimé sa sensibilité malgré son image d’homme de guerre même s’il m’agaçait un peu parfois à ne pas prendre clairement de décision. Dans la suite j’ai malheureusement été un peu déçue. Non pas du personnage lui-même, il est toujours très bien au regard de ce qui lui arrive, mais à cause de la façon dont l’auteur à déroulé les choses pour lui. En toute honnêteté, j’ai trouvé que ça manquait d’originalité, et quand c’est développé dans un tel manichéisme ça a tendance à m’agacer.

Désolée, M’sieur Baranger, mais les choses ne sont en réalité pas comme vous les décrivez : non, il n’y a pas le blanc d’un côté et le noir de l’autre ; le bien VS le mal. Parfois, souvent même d’ailleurs, il y a du gris et un entre deux indécis.

Un peu plus positif maintenant : Albéric Villejust, le second personnage le plus important de cette histoire, et celui que j’avais préféré dans le tome 1, reste ici celui que j’aime le plus. Je l’apprécie même davantage.

Les quelques défauts que je lui reprochais auparavant ont disparu, il change énormément et devient un homme qui n’a plus autant peur qu’avant de prendre les décisions. Il s’affirme et j’aime beaucoup cette nouvelle image de lui, plus téméraire. Son intelligence et sa sensibilité en font quelqu’un de vraiment à part parmi tous les autres protagonistes.

Pour ce qui est des Atamides, là j’applaudis franchement l’auteur. Ce peuple extra-terrestre ne ressemble en rien à ce que j’ai déjà rencontré dans les nombreux livres de SF que j’ai lu jusqu’à présent, il a fait preuve d’une très grande originalité. J’ai beaucoup aimé découvrir leur culture, leurs coutumes et même leur particularité biologique (ou biochimique…) dont je ne peux pas trop parler ici sous peine de spoiler.

Quant au rythme du récit, il était vraiment en dent de scie. Commencer par tant d’action pour finalement sombrer dans de lentes et longues descriptions dont certaines étaient ennuyeuses sinon inutiles était assez mal géré. À la place de tout ça j’aurais apprécié qu’il nous en dise un peu plus sur la faune et la flore d’Akya par exemple. Même si nous avons eu un très bel aperçu de ce que pouvait être un « tigre-roche », le seul petit moment qui lui est consacré n’a pas étanché ma soif de savoir et mon indécrottable curiosité.

Pour ce qui est de la fin, je dois reconnaître qu’à elle toute seule elle rattrape les quelques petits points négatifs que j’ai relevé. L’auteur a eu une riche idée (quoi qu’un peu tiré par les cheveux, mais pourquoi pas !) et a su admirablement bien la développer. Sans compter que je ne m’attendais pas du tout à ce que le Saint-Michel, le vaisseau qui les a menés de la Terre à Akya, ait à nouveau son utilité. 

Et pour ce qui est de l’histoire d’amour entre Tancrède et Clorinde, alors ? Bah elle m’a tellement peu intéressée que j’ai pas grand-chose à en dire, si ce n’est que j’aime plutôt bien comment ça fini entre eux, voilà !

Bref, du bien, du moins bien et du très bien pour ce livre, ce qui nous donne un diptyque ma foi fort génial ! Si vous êtes féru de science-fiction qui sort de l’ordinaire tout en restant sur les rails des codes du genre, ne passez pas à côté !

Mes autres chroniques de S-F :

02/12/2018

Nan. Moui. Naaaaaan. Et pourquoi pas ? Finalement, ce sera un oui.

J'ai regardé d'une traite les deux saisons de cette série il y a quelques mois. Une fois fini le dernier épisode, j'étais persuadée d'en écrire une chronique tant ce truc m'a foutu un coup. Quelques jours sont finalement passés sans que je fasse rien, ce qui m'a fait comprendre que j'étais sans doute trop tourneboulée pour produire quelque chose de cohérent, du coup j'ai hésité avant de me dire que j'en serais jamais capable.

Puis aujourd'hui, sans le voir venir, voilà que je me lance dans cet article. A mon avis, ça va être un gros bordel !

Je crois que le problème vient du fait que j'ai tenté de construire cette chronique exactement comme celles que j'écris pour les dramas que je regarde. Avec un résumé de l'histoire, une brève présentation des personnages et des acteurs, ensuite mon ressenti à coup de ce qui m'a plu et m'a déçu. Du coup j'y arrivais pas. Parce que je ne peux pas parler de "La servante écarlate" comme du reste, c'est impossible. C'est trop indéfinissable, unique, puissant, on ne peut pas le transformer en quelque chose de normal. Parce que ce truc n'est pas normal.

Je vais tenter d'y aller par étape, cette fois.


J'ai lu le bouquin, avant. Et si cette lecture m'avait déjà bien choquée, j'avais été quelque peu déçue par la fin et le personnage soumis, effacé, de Defred. Pour moi, l'auteur n'avait fait qu'effleurer, proposer, un univers hyper intéressant, effrayant, sans aller plus loin. La série a donc osé à sa place et développé tout ce que Margaret Atwood avait laissé en suspens.




La saison 1 relate tout le livre, avec une fin tout à fait identique mais est déjà nettement plus détaillée car Defred n'est pas la seule à prendre la parole, ce qui élargit considérablement l'univers, avec des flashbacks explicatifs qui nous aide à mieux comprendre et des points de vue qui nous plonge directement dans l'envers du décor. Les connards du livre en arriveraient presque à devenir sympathiques. Presque.

La saison 2, quant à elle, prend directement la suite, là où le livre s'est arrêté. Et c'est devenu bien plus intéressant pour moi car j'avais senti un désir de révolte de la part de Defred et je voulais voir ce qu'elle allait faire pour se battre, et surtout de quelle façon.

Si j'ai été totalement attrapée par cette adaptation, c'est parce qu'elle est extraordinairement fidèle au livre. Ce qui m'a le plus plu dans le récit publié en 1985, c'est l'univers étouffant et angoissant sans cesse maintenu par l'auteure. Il est difficile d'y voir une lueur d'espoir. Tout ça est fidèlement retranscrit à l'écran, tous les costumes, les décors, jusqu'à l'esthétique même et la façon dont c'est filmé. On plonge directement dans l'angoisse de Defred qui hésite entre lutter malgré la souffrance ou abandonner. Les couleurs sont froides, dures, ternes le plus souvent, contrebalancées par la tenue rouge des Servantes. Une autre façon sans doute de nous montrer, subtilement, les violences qu'elles subissent.

Mais parfois, c'est loin d'être subtil. Il m'est arrivé d'être incapable de regarder un épisode sans couper. Les viols sont cliniques. La majorité des femmes se sont résignées, et ça m'a foutu un malaise énorme ! Ce qui rend tout ça encore plus réel, ce sont les points de vues des autres personnages, de ceux qui ont créé la République de Gilead. Leurs voix nous apportent des réponses que le livre avait écartées, par des retours en arrière très bien dosés on apprend comment tout ça est arrivé. Et ça fout la trouille. Parce que cette dystopie, décrite souvent comme de la science-fiction, n'est pas si éloignée de la réalité. C'est glaçant parce qu'on ne peut pas s'empêcher de penser que tout ça est réalisable, et qu'on en est même carrément pas loin !!

Alors évidemment on se dit forcément que, autant le livre que la série, sont un cri de révolte, féministes, et tout ce que vous voulez. Mais pas totalement, selon moi, parce que les hommes, la masculinité, bref le sexe masculin, en prend aussi pour son grade. Certains hommes sont tout aussi esclavagés que les femmes, car si certains ne sont pas d'assez haut rang, il leur sera interdit toute leur vie d'avoir une femme et des enfants. En fait, rien n'est inventé. L'auteure, et ensuite les réalisateurs et scénaristes, se sont nourris de tout ce qu'il s'est passé dans l'Histoire (droit à l'avortement, droit de vote, toussa) C'est sans doute pour ça que ça nous paraît si réel.

J'en dirais pas plus, sauf pour évoquer quand même un peu les acteurs. Ils sont tous parfaits. Ils ont tous su s'approprier leurs personnages et les faire évoluer dans cet univers pas si facile. Elisabeth Moss, qui incarne Defred, est évidemment celle qui m'a le plus bluffée tant elle retranscrit magnifiquement chaque émotion, en arrivant à chaque fois à nous foutre le frisson.

Je ne peux pas terminer sans parler de l'espoir. Il y en a nettement plus que dans le livre. Il est là, omniprésent, il n'abandonne jamais les personnages. La révolte gronde, enfle chez les Servantes, et le moment où elles se battront bel et bien pour reprendre leur liberté va à mon avis faire très mal. C'est un véritable exploit d'avoir réussi à le laisser grandir dans une série avec une telle esthétique sombre et pâle à la fois. C'est un coup de cœur, et un chef d'œuvre. J'ai hâte de voir arriver la saison 3.

Et vous, vous l'avez vu ? Dites-moi l'effet qu'elle vous a fait !



03/03/2018

Aille billive, aille Ken flaaaaaaaaaaïïïïïïe !!!!!!!!

(Mais si un Ken ça vole)

C'est la première fois depuis le commencement de la vie de ce blog que je reprends un article dans son intégralité pour le refaire. En vrai si je m'écoutais j'en réécrirai beaucoup des plus anciens que je trouve très caca, mais ça donne du caractère au blog... nan, en vrai ça me gonfle, j'ai pas que ça à foutre, mais j'en crève d'envie !

Pourquoi que je refais cet article ? Il n'était pas particulièrement mauvais pourtant, mais la série a gagné en puissance pour moi. J'ai le palpitant qui s'excite.

Alors oui, maintenant je peux le dire : c'est un coup de cœur !

Reprenons les choses depuis le début (et dans l'ordre, ce serait mieux)

Éditeur : Actes Sud
Collection : Exofictions
Parution : 2014
Pages : 625

Résumé :
L’humanité a colonisé le système solaire (Mars, la Lune rebaptisée Luna, la Ceinture d’astéroïdes et au-delà), mais les étoiles restent toujours hors de sa portée.
Jim Holden est second sur un transport de glace qui effectue la navette entre les anneaux de Saturne et les stations installées dans la Ceinture. Quand son équipage et lui croisent la route du Scopuli, un appareil à l’abandon, ils se retrouvent en possession d’un secret qu’ils auraient souhaité ne jamais connaître. Un secret pour lequel certains sont prêts à tuer, et à une échelle impensable pour Jim et son équipage. La guerre dans tout le système solaire devient inévitable, à moins qu’il ne découvre qui a abandonné ce vaisseau, et pourquoi.
L’inspecteur Miller recherche une jeune femme. Elle n’est qu’une personne parmi des milliards, mais ses parents ont les moyens, et l’argent peut beaucoup. Quand l’enquête le mène au Scopuli et à Holden, devenu sympathisant des rebelles, Miller comprend que cette jeune femme est peut-être la réponse à tout.
Holden et Miller doivent désormais jouer la partie en finesse, entre le gouvernement de la Terre, les révolutionnaires des Planètes extérieures et certaines firmes aux visées obscures. Leurs chances sont minces mais au cœur de la Ceinture les règles sont différentes, et un petit vaisseau peut changer le destin de l’univers.



Bon, déjà faut que vous sachiez que James S.A Corey est le pseudonyme de deux auteurs, nous avons donc ici deux cerveaux. Et si, dans certains cas, ça n'en vaut pas toujours un, là c'est clairement bénéfique à la série ! L'univers créé est formidablement complexe, dense, et probable.

Un homme crée un jour un propulseur qui permet à l'humanité de coloniser les autres planètes du système solaire. Évidemment, la première à en faire les frais, c'est Mars, et des colons s'y installent. Des siècles plus tard, les Martiens gagnent leur "liberté" et deviennent un peuple à part entière, qui ne dépend plus de la Terre. Puis d'autres colons s'installent encore plus loin, dans la ceinture d'astéroïdes juste derrière Mars, et se font appeler les Ceinturiens. Pour eux, gagner leur autonomie, c'est loin d'être pour tout de suite, car ils dépendent encore énormément de l'aide de Mars et de la Terre, ce qui provoque des tensions entre ces deux grandes puissances (les puissants se disputent, et les faibles en pâtissent, ça a toujours été et ce sera toujours)
Et c'est dans cet univers, parmi tous ces peuples qui se déchirent, que nous suivons quelques personnes qui tentent vaille que vaille de trouver leur place. 
Deux personnages se disputent la narration : James Holden et l'inspecteur Miller, aussi diamétralement opposés qu'un aristocrate du XIXème siècle anglais et un cow-boy du Far West en pleine colonisation. Du coup, pour nous c'est pas franchement difficile à suivre, bien que les personnages secondaires soient nombreux, d'autant que l'intrigue se mêle à une enquête policière pas piquée des hannetons alors ça pimente un peu le tout.

Bien sûr, tout est plus complexe qu'il n'y paraît et ces deux gars vont se retrouver plongés au cœur d'une conspiration non pas mondiale, ni planétaire (c'est pareil, je sais) mais galactique (j'ai l'impression de tomber dans du Battlestar là...)

Le but de tout ça n'est pas de nous montrer comment la société terrienne a évolué au fil des siècles mais bien comment l'humanité dans son ensemble s'est étendue. Du coup, on est surtout chez les Ceinturiens et dans l'espace, ce qui m'a personnellement donné l'impression de totalement découvrir certains codes sociaux.

Pour être honnête, ce premier tome m'a très agréablement divertie mais sans plus. C'est peut-être dû au fait que ni Holden ni Miller ne m'ont vraiment séduite. Ce sont des personnages intéressants, sympathiques pour des raisons différentes, mais j'ai trouvé qu'il leur manquait un petit quelque chose d'authentique et ça s'est confirmé dans les tomes suivants. Je crois que si j'ai continué c'est grâce à un personnage secondaire dont je suis totalement tombée amoureuse.

Pour conclure
Note : 15/20 (l'intrigue policière est quand même super extra !)
Personnage préféré : Amos Burton, mécanicien à bord du Canterbury puis du Rossinante.
La fin : une conclusion aux petits oignons !


J'ai lu le tome 2 un an plus tard, à sa sortie.

À partir de là, si vous ne voulez pas être spoilé, passez votre chemin, conseil du chef !


Éditeur : Actes Sud
Collection : Exofictions
Parution : 2015
Pages : 720

Résumé :
Sur Ganymède, la lune de Jupiter transformée en grenier à blé pour les planètes extérieures, un sergent des Marines de Mars assiste au massacre de sa section d’élite par un supersoldat monstrueux.
Sur Terre, une personnalité politique de haut rang s’évertue à éviter un conflit interplanétaire, en dépit des intérêts divers de groupes de pression tentaculaires et sans scrupule.
Sur Vénus, la protomolécule extraterrestre a investi la planète entière. Elle y prolifère à l’abri des regards, génère des bouleversements mystérieux qui menacent de propager l’indicible dans tout le système solaire.
Et à bord du Rossinante, fatigué d’assurer la sécurité des transports appartenant à l’Alliance des Planètes extérieures dans l’espace, James Holden et son équipage acceptent d’aider un scientifique de Ganymède dans la recherche de sa fillette kidnappée.
Ils l’ignorent, mais l’avenir de l’humanité tout entière pourrait bien dépendre d’une poignée de laissés-pour-compte du genre tenace qui pensent que l’univers leur doit des réponses, et de leur capacité à empêcher une invasion extraterrestre. Si, bien sûr, celle-ci n’a pas déjà commencé…



Là, ça devient un peu plus compliqué. Trois personnages de plus viennent se greffer à ceux qu'on connaît déjà, et les tensions insupportables entre la Terre et Mars après l'apparition de la protomolécule commencent à prendre des proportions énormes. Du coup, les conflits politiques prennent une grande place dans ce tome, car les deux puissances sont à couteau tiré, et les Ceinturiens commencent à gronder. Et puis voilà qu'une autre colonie fait parler d'elle : celle installée sur Ganymède. Et là-bas, il se passe des choses pas nettes ...

Je le dis : le fait que le nombre de point de vue passe de 2 à 4 m'a déstabilisée, j'avais peur d'être un peu perdue. Non pas que je n'aime pas quand il y a plusieurs personnages, au contraire j'ai tendance à préférer ça, mais dans le contexte de cette série tout est déjà suffisamment complexe entre les différents groupes sociaux et les planètes colonisées pour en rajouter. Pourtant, les auteurs réussissent l'exploit de rendre tout ça d'une fluidité géniale qui m'a embarquée tout de suite.

Le fait que j'ai apprécié découvrir enfin les terriens y est aussi sans doute pour quelque chose, d'autant que les personnages que nous suivons sur Terre : Chrisjen Avasarala, sous-secrétaire des Etats-Unis, venimeuse à souhait et déterminée ; et Bobbie Draper, sergent des Marines de la flotte de la République martienne, une femme d'action, forte et solide, sont extraordinaires ! Je me suis tout de suite sentie en symbiose avec elles (fuuuuuuuusion !!)

Quant à l'intrigue, tout est action et complots de grande envergure. Là, l'aspect policier du premier tome que j'avais tant aimé est presque entièrement gommé et j'étais un peu déçue, mais il est fort heureusement remplacé par des événements à couper le souffle et des révélations qui m'ont laissée sur le cul.

Je crois que c'est avec ce tome que j'ai compris que cette série n'avait pas fini de s'étendre (ouais, j'ai tenté un jeu de mots pourri)

Pour conclure
Note : 16/20 (grâce aux personnalités supers qui se font face dans des situations extra)
Personnages préférés : Amos Burton (toujours lui, il ne me déçoit pas), Avasarala et Bobbie
Personnage bof : Holden, parce que ses apitoiements ne m'ont pas du tout touchée.

La fin : une conclusion qui n'en est pas vraiment une et qui fait simplement tout rebondir pour mener droit au tome 3 ! Ça fait plaisir, c'est frustrant, ça donne envie d'en savoir plus et de retrouver tout le monde, j'ai adoré !

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Le truc con c'est qu'il a fallu que j'attende encore un an avant de lire la suite !


Editeur : Actes Sud

Collection : Exofictions
Parution : septembre 2016
Pages : 581

Résumé :
Depuis des générations, le système solaire était la grande frontière de l'humanité. Jusqu'à maintenant. Un objet non identifié est apparu dans l'orbite d'Uranus où il a construit une porte massive qui mène à un hyperespace désolé.
Jim Holden et l'équipage du Rossinante font partie d'une vaste flotte de navires scientifiques et militaires chargés d'examiner le phénomène. Mais une intrigue complexe se trame dans leur dos, visant à l'élimination pure et simple de Holden. Les émissaires de la race humaine en sont à devoir décider si la porte est une opportunité ou une menace alors que le plus grand danger est celui qu'ils ont apporté avec eux.



Quand j'ai commencé ça partait très, très mal ! Pourquoi ? Plus d'Avasarala, puisque rien ne se passe sur Terre, donc elle n'a pas son mot à dire, et plus de Bobbie non plus ! Bordel, j'ai failli jeter le bouquin par la fenêtre !

D'accord, de nouveaux personnages prennent leur place, malheureusement cette fois ils m'ont laissé quelque peu indifférente. La dangereuse Clarissa/Melba, très effrayante,  avait pourtant tous les atouts pour me plaire ; Bull, très sympathique et robuste, aussi ; et enfin Anna qui, elle, commençait mal puisqu'elle m'a agacée dès le début.
Le problème de ses personnages c'est pas qu'ils ne sont pas intéressants, ils ont chacun leur mot à dire et leur rôle à jouer sans oublier des secrets lourds à révéler, ils servent très bien l'intrigue et l'action (petite pensée pour Bull ici) l'ennui c'est que je les ai trouvé caricaturaux !

Des personnages construits de cette façon, avec des caractères et des personnalités qui entrent dans les clous il y en a déjà des milliers dans des milliers de livres, films et séries ! J'en profite pour citer la trilogie "Silo" de Hugh Howey qui a réussi à rendre des personnages que j'appelle "passe-partout" inoubliables.
Ici, malheureusement, les auteurs n'y parviennent pas. Je le redis, ce sont de bons personnages qui s'imbriquent parfaitement dans l'histoire, mais pour moi il leur manquait quelque chose. En gros : ils n'arrivent pas à la cheville des personnages du tome 2.

Mais pourquoi je l'ai plus aimé alors ?

Grâce à l'histoire. Putain, cette intrigue ! Je ne peux pas m'empêcher de penser qu'un affreux huis-clos galactique a tout mené à fond de train. Toutes les puissances qui ne faisaient presque que se tourner autour et se chatouiller les pieds jusqu'à présent se retrouvent enfin les unes contre les autres dans un espace inconnu, aux propriétés très différentes (je parle d'astrophysique... je crois) et dont personne ne connaît les codes.

Mais il n'y a pas que ça. Un personnage en particulier est franchement remonté dans mon estime : Holden ! Oui, celui-là même qui m'avait laissé très froide dans les précédents tomes. Il se décide enfin à prendre les problèmes à bras-le-corps. Le fait qu'il soit la cible l'a très certainement aidé à se réveiller, et franchement il était temps.

J'ai quand même trouvé certains événements tirés par les cheveux, mais ce que ça augurait pour la suite a complètement effacé tous les aspects négatifs à mes yeux. Comme précédemment, j'ai senti que la fin n'était qu'une interlude pour quelque chose de plus grand, de plus fou...

Au moment où je réécris cet article, je suis en plein dans la lecture du tome 4 (avalé la moitié) et ce que j'y ai découvert a fait naître un gros coup de cœur et m'a aidé à prendre conscience que malgré les défauts que j'ai trouvé à cette série (qui sont minimes, vous en conviendrez) je suis totalement embarquée, prise en otage, et loin dans l'univers.

Pour conclure
Note : 17/20 (parce que franchement, les événements s'enchaînent et la tension monte, truc de fou !)
Personnages préférés : Amos Burton (encore et toujours !), Holden (il était temps, l'ami)
Personnages bofs : tous les autres, je sais c'est pas cool de ma part.
La fin : nom de dieu de bordel à queue, oui !!!!!


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Cette fois l'éditeur a mis plus d'un an à publier la suite, j'ai cru que j'allais péter un câble !

Éditeur : Actes Sud
Collection : Exofictions
Parution : novembre 2017
Pages : 624

Résumé :
Les portes se sont ouvertes et les humains se ruent pour coloniser un millier de planètes. La première d’entre elles, Ilus, est baptisée dans le sang et la destruction. Des colons indépendants venus cher­cher une nouvelle vie se dressent avec leurs faibles moyens contre la puissance écrasante d’un vaisseau appartenant à une compagnie gigantesque bien décidée à exploiter les riches gisements de mine­rais, et des scientifiques innocents périssent alors qu’ils tentaient simplement d’étudier et de comprendre ce monde nouveau. James Holden et son équipage sont désignés pour rétablir la paix et le bon sens. Mais plus il se penche sur la question, et plus il a le sentiment que cette mission était vouée à l’échec depuis le début. Et les mur­mures d’un mort lui rappellent que la grande civilisation galactique qui occupait jadis ce monde n’est plus... et qu’elle a été détruite par quelque chose.



Franchement, si j'étais fainéante je pourrais simplement dire : un bijou. Génial. Extra. Mais comme j'aime bien m'étendre, je vais en rajouter.

Comme dans les tomes précédents, nous avons les personnages qui, au fil du temps, sont devenus familiers, avec nul autre que Holden et tout l'équipage du Rossinante, mais aussi les nouvelles têtes. S'ajoutent donc à la voix du capitaine : Elvi, biologiste terrienne, Basia, mécanicien ceinturien, et Havelock, chef de la sécurité d'origine terrienne.

Pour faire un point sur l'histoire rapidement, disons que c'est comme la colonisation mais vue plus largement. Suite aux découvertes faites dans le tome précédent, il est désormais possible à l'humanité de gagner des mondes habitables à des milliers d'année-lumière de la Terre grâce aux Anneaux. Nous avons donc une colonie de ceinturiens, dont la plupart sont des survivants de ce qu'il s'est passé sur Ganymède dans le tome 2, installée illégalement (du point de vue de la Terre hein, évidemment) sur une planète nouvelle qu'ils ont renommée Ilus. Mais le gouvernement terrien ne l'entend pas de cette oreille, bien sûr, et envoie leurs propres colons, une équipe presque essentiellement composée de scientifiques, pour s'accaparer la planète, qu'ils ont appelée New Terra, et ses ressources.

Oui, c'est un peu compliqué.

Évidemment, entre les deux groupes, la tension monte vite. James Holden et son équipage sont envoyés là-bas, mandatés par Avasarala, afin de jouer le rôle de médiateur et tenter de calmer les choses. Mais bon, ça va un peu déraper. Un peu beaucoup, en fait.

Première chose : oui, Avasarala revient un peu (très très peu pour être franche) et j'étais très heureuse de la revoir. Sans oublier Bobbie, dont on a enfin des nouvelles, et ça fait plaisir ! Ces deux-là étaient quand même mes préférées dans le tome 2.

Si j'ai tant adoré, c'est parce que le sujet, cette fois, n'est pas qu'une simple guéguerre galactique, mais celui d'une adaptation sur une planète inconnue à la biosphère nouvelle. Et c'est un sujet que j'adore, presque autant que la terra-formation ! On est donc en terrain totalement inconnu, nous lecteur, presque autant que les personnages. Les lois et les codes auxquels on s'était habitué dans les tomes précédents sont presque inexistants ici. Les gouvernements les plus importants sont à des mois de voyage dans l'espace et les colons doivent se débrouiller comme ils peuvent. Et Holden va devoir faire avec. Au cas où vous ne l'auriez pas compris : j'adore ça !

En fait, pour dire simplement : c'est la civilisation qui revient à l'état sauvage, ou presque.

On est assez loin d'une certaine "zone de confort" que les auteurs avaient su installés jusqu'ici. Les limites de leur monde sont repoussées. Tout est nouveau. Mais ils ne sont pas idiots, et pour que le lecteur ne soit pas totalement livré à lui-même, ils nous font suivre tout ça avec des personnages qu'on connaît, et je ne parle pas seulement de l'équipage du Rossinante. Havelock se trouve être un revenant.

Présent dans le tome 1 en tant que personnage un peu secondaire, où je l'avais d'ailleurs bien aimé, il disparaît totalement dans les tomes 2 et 3. Jamais j'aurais imaginé qu'il réapparaisse et c'est tout bête mais j'étais contente d'être avec quelqu'un que je connaissais déjà et dont la personnalité me plaisait pas mal alors c'était tout bon pour moi. Ici, il devient l'un des protagonistes principaux, et même si j'aurais apprécié qu'il se découvre un peu plus (je parle de sa vie personnelle, toussa) et ne soit pas seulement un homme au poste important qui doit prendre des décisions qui le sont aussi, je l'ai vraiment adoré.

Pas de panique, il n'a toutefois pas détrôné Amos, que j'aime toujours autant.

C'était donc bien vu, très malin d'utiliser une figure familière de plus pour nous faire vivre les événements à bord du vaisseau des Nations Unis.

Pour les autres nouveaux, Basia est sympathique mais a cruellement manqué, pour moi, de charisme. Bien sûr tous les personnages ne peuvent pas l'être mais je l'ai trouvé un peu trop pleurnicheur, même si son rôle de père de famille était intéressant dans le contexte. Quant à Elvi, elle est intelligente, maligne, mais trop gentille. Elle s'affirme au fil des pages, ce qui n'est pas forcément le cas de Basia, et j'ai apprécié ça, mais un peu plus d'originalité ne lui aurait pas fait de mal à elle aussi.

Dernier point, et pas des moindres, l'aspect scientifique exploité ici est différent de ceux des autres tomes puisque, comme je le disais, nous ne sommes plus dans l'espace. Ce qu'on apprend ici et les événements qui ont lieu concernent donc surtout la biologie et c'était foutrement intéressant.

Un petit mot à propos de la fin : comme le tome 3, j'ai trouvé certains événements un peu tirés par les cheveux. Je comprends qu'ils soient nécessaires et que la protomolécule nous fasse un peu tomber, parfois, dans le fantastique bizarroïde, mais la façon dont c'est amené était parfois un peu trop abrupte. En gros, ça manque de transition entre les choses avec lesquelles on est à l'aise et le tout nouveau. Heureusement, ça s'améliore et se termine sur une image que j'aurais jamais imaginé, vu comment ça partait... Je suis donc plutôt satisfaite de cet espoir infime laissé par les auteurs qui permet, encore une fois, de lancer une nouvelle intrigue qui m'a l'air géniale, en prévision du tome 5, et j'ai vraiment hâte qu'il sorte !

Pour conclure
Note : 16/20 (je redescends un peu parce que franchement certaines choses étaient un peu trop étranges pour moi)
Personnages préférés : Amos (je l'aimerais éternellement, je crois) et Havelock
Personnage qui m'a déçu : Holden. Rappelez-vous, j'avais enfin réussi à l'apprécier dans le tome précédent mais là il se casse à nouveau la gueule. Il est chouette comme personnage mais il a gagné une certaine stabilité qui fait qu'il ne change pas ou peu, n'évolue presque plus, et ce "produit fini" ne me touche pas énormément. Mais bon il reste sympa.
Personnages que j'aimerais vraiment revoir : Avasarala et Bobbie ! Ramenez-les, bordel !


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7 mois plus tard, le tome suivant sort, mais je mets des mois à le lire… Pourquoi ?

Éditeur : Actes Sud
Collection : Exofiction
Parution : juin 2018
Pages : 608

Résumé :
Depuis qu’elle a découvert des milliers de nouvelles planètes, l’humanité s’est lancée dans la plus grande ruée vers les terres de son histoire.
Des vaisseaux colons disparaissent mystérieusement sans laisser la moindre trace. Des armées privées se forment en secret. Le dernier échantillon existant de la protomolécule est volé. Des attaques terroristes inimaginables auparavant mettent à genoux les planètes intérieures.
Au milieu de ce chaos, tandis qu’un nouvel ordre humain tente de se faire jour dans le sang et les larmes, les membres de l’équipage du Rossinante se séparent. Il est temps pour chacun d’entre eux d’affronter son passé.


Tout simplement parce que je ne voulais pas aller trop vite sachant que le tome 6 ne sort qu'en 2019, et ensuite parce que je ne voulais vraiment pas terminer ce nouveau putain de coup de cœur !!

Pourtant, tout ce qui m'a énormément plu, à savoir tout l'aspect scientifique, découverte et exploration du tome précédent, a totalement disparu et les auteurs (ils sont deux, rappelez-vous) donnent là encore un souffle totalement nouveau à la série mais en réalisant le miracle de faire un mélange de tout ce qu'il s'est passé précédemment… Je m'explique. Dans ce tome, la construction et les événements m'ont rappelé le premier, le deuxième, et aussi le troisième. A aucun moment je n'ai eu d'impression de répétition, de redite, c'est simplement revenu à quelque chose de plus classique, l'histoire également, loin des choses super étranges du tome 4.

Et comme ces choses étaient la raison pour laquelle j'avais moins aimé, bah là on peut dire que j'ai carrément pris mon pied et ce tome est mon préféré ! Je prends également en compte les personnages, comme à chaque fois, et comme à chaque fois, les points de vues ont changé, ce ne sont jamais vraiment les mêmes protagonistes principaux qui prennent la parole et c'est toujours une surprise de découvrir dans la tête de qui on va être. Là, cerise sur le flanc, les auteurs nous ont fait un cadeau génial, à savoir que c'est toute l'équipe du Rossinante qui parle !

Avant, nous n'avions que Holden, à qui venait se greffer des personnages extérieurs représentant le plus souvent chacune des factions qui se font la guerre dans cet univers (à savoir : les Ceinturiens, l'APE, Mars et la Terre) et si le reste de l'équipage apparaissait forcément en personnages secondaires, là on se retrouve vraiment dans la tête de chacun d'entre eux ! Alex, Naomi et, bordel, Amos !, prennent enfin véritablement la parole. Un coup de maître, à mon humble avis, parce que ces trois-là, que je croyais connaître (putain, ça fait déjà 4 ans que je suis leurs aventures quand même !) se dévoilent totalement, sans filtre et sans rien omettre.

Encore un bon point : Bobbie Draper, dont je suis carrément amoureuse, est de retour avec Avasarala !! Sans parler de Clarissa, apparue dans le tome 3 et que j'avais relativement bien aimé, qui m'a ici plu bien davantage.

J'en viens à l'histoire un peu, quand même. De quoi ça cause, alors ? D'une grosse, grosse catastrophe qui touche directement la Terre ! Jusqu'à présent, on sentait les tensions entre les différentes factions humaines réparties un peu partout entre Mars et la ceinture d'astéroïdes, il y avait évidemment des conflits, des face à face brutaux, mais tout restait relativement éloigné du berceau de l'humanité, au milieu du vide de l'espace, les Nations Unis réussissant l'exploit de tenir la belle planète bleue hors de tout danger. Mais là, tout bascule, et la guerre est très clairement déclarée. Nan mais c'est balaise quand même, les auteurs nous font croire dans le tome précédent que plus ça va et plus on s'éloigne dans l'univers, plus ça ressemble à du bon gros space opéra, pour revenir ensuite à l'homme, la Terre, l'humanité première dans tout ce qu'elle a de plus fragile.

Ce thème de fin du monde, à la base j'aime beaucoup, alors forcément j'ai accroché.

Un nouveau mystère, en lien avec l'Anneau et les vaisseaux le traversant afin de rejoindre les mondes habitables de l'autre côté vient s'ajouter à ça, et la fin nous apporte de nombreuses promesses, beaucoup de questionnement qui trouveront, j'espère, leur réponse dans le tome 6. Une fin comme ça moi je dis mille fois oui, et un gros merci ! J'ai super hâte de lire la suite.

Parce que tout va changer. Tout ce qui était sûr jusqu'à présent, les factions en place, la puissance des Nations Unis et de Mars, tout ça doit se réorganiser. Plus rien ne sera plus pareil dans l'univers de The Expanse après ce tome.

Un bijou, putain, un bijou ! J'ai tenté de rester objective mais je ne peux pas. Comment l'humanité va-t-elle se relever d'une telle catastrophe ? Comment survivre dans un monde qui lui appartient de moins en moins ? J'y trouve quand même certains échos avec l'Histoire, des événements passés comme la 1ère et Seconde Guerre Mondiale, où tout ou presque a dû être reconstruit.

Je pourrais continuer à en parler 1000 ans, bien sûr, mais je vais pas trop en dire non plus. Juste, lisez cette série, bordel !

Pour conclure
Ma note : 18/20
Personnages préférés : Amos (pour la vie) et Bobbie (pour l'éternité)
Personnages bof : Naomi, Alex et Holden (c'est pas qu'ils sont mauvais, c'est juste qu'ils font pas le poids face aux deux autres)
La fin : bon sang, un cliffanger comme ça devrait être interdit !

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Putain, putain, putain !!! Cette série aura ma peau.

Editeur : Actes Sud
Collection : Exofiction
Parution : février 2019
Pages : 608

Résumé :
La révolution qui sévit depuis des générations a commencé dans le feu. Elle finira dans le sang. La Flotte libre – un groupe de Ceinturiens versé dans le trafic de vaisseaux militaires – a fait subir des revers à la Terre et mène une violente campagne de piraterie au sein des planètes extérieures contre les vaisseaux colons. James Holden et son équipage connaissent mieux que personne les forces et les faiblesses de cette armée. Dépassés en nombre et sous-armés, les restes des anciennes forces politiques font appel au Rossinante pour mener la mission de la dernière chance.



Ah oui, oui nan mais carrément, je suis d'accord : piraterie, c'est le mot ! Et bordel, ce que je suis fan.

Le tome précédent nous en foutait plein la vue en tentant quelque chose de quasiment jamais vu en SF : le terrorisme aérospatial, et les auteurs s'en étaient sorti haut la main. Là, ils nous ramènent vers un genre plus connu, et qui faisait un peu le sel de la série dans les 2-3 premiers tomes : du space opéra pur et dur qui nous promet des scènes de combat dans l'espace qui m'ont coupé le souffle. D'ailleurs, plus d'une fois j'ai eu peur pour le Rossi.

J'étais contente d'être sur Terre dans l'aventure précédente, mais là j'étais foutrement heureuse d'être de retour dans cette putain de corvette martienne de combat ! Le Rossinante a pris une place vraiment très importante dans mon cœur, je m'en suis rendue compte pendant cette lecture. Il est devenu la figure même de la résistance contre toute forme de coup-bas politique qu'incarnent Holden et son équipe. Avant de les évoquer eux, ceux qui les trouvent sur leur chemin disent d'abord : le Rossi ! Et merde, oui !!! J'aime ce vaisseau d'un amour fou et nouveau.

Mais cette fois, lui et l'équipage vont se heurter à Marco Inaros, leader très charismatique de la Flotte Libre qui se veut le libérateur d'une Ceinture opprimée. Quelqu'un de manipulateur à l'extrême qui joue sur l'échec des pouvoirs politiques avec beaucoup de finesse mais aussi énormément de cruauté. Ce qu'il a fait à la Terre en est la preuve, et Holden et Naomi vont devenir ses cibles prioritaires. Donc les autres membres de l'équipage et le Rossinante aussi, par extension. C'est un personnage que les auteurs dévoilent petit à petit, ils lui donnent des forces, des faiblesses, et surtout un ego surdimensionné qui va finir par littéralement tout fractionner.

Michio Pa est à la tête d'un vaisseau familial, c'est une jeune femme qui m'a beaucoup rappelé Holden. Elle est un peu naïve et idéaliste mais les responsabilités qu'elle a depuis des années en tant que capitaine l'ont aidé à garder la tête sur les épaules. Elle est la première à tourner le dos à Marco Inaros, la première a dénoncer ses manipulations et son nihilisme malgré le danger que ça représente, et constituera pour beaucoup de Ceinturiens leur seule chance d'obtenir de l'eau, de l'air, de la nourriture et des médicaments. Son rôle s'épaissira énormément, j'espère qu'on la reverra.

Et à bord du Rossinante, alors ? Les choses deviennent plus complexes. L'équipage s'étoffe et accueille de nouvelles recrues avec lesquelles Holden se sent moins à l'aise. Faut dire qu'ils étaient habitués à voler à 4 depuis des années et il a un peu de mal à les considérer, à l'instar de Naomi, Alex et Amos, comme des membres de sa famille. Personnellement, j'ai été très contente de cette légère modification, ça apporte un renouveau à quelque chose qui devenait peut-être trop familier et répétitif, d'autant que j'aime énormément les deux personnages qui sont venus se greffer à l'équipage et je trouve que c'est une idée géniale.

Histoire d'en rajouter un peu, les auteurs ont choisi ce moment pour sortir quelques personnages, présents depuis le début. Oui, je parle bien de morts tragiques, et je sais que ça choque mais : ah, ça fait du bien ! Ca renouvèle complètement le paysage social et politique, le moment est pertinent, c'est bien choisi, et ça donne à l'histoire globale de la série en général la poussée suffisante pour amorcer un virage intéressant.

La fin ne ressemble pas à celle du tome précédent, qui m'avait rendu quasiment hystérique, mais elle n'en est pas moins bonne. C'est une nouvelle ère qui commence pour l'intrigue et le titre de la série prend là tout son sens. Parce que j'ai le sentiment que c'est vraiment à partir du prochain tome que commencera la véritable expansion.

Pour conclure
Ma note : 18/20
Personnages préférés : Amos et Bobbie, les indétrônables, mais aussi Michio Pa et Clarissa Mao.
Personnages bof : Holden (décidément, le pauvre, j'ai pas d'atomes crochus avec lui), Marco Inaros.
La fin : j'ai super méga hâte de voir vers quoi tout ça va nous mener !

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Je tiens à vous rassurer : malgré la complexité, malgré l'arrivée et le départ de certains personnages qui, finalement, ne sont jamais les mêmes hormis quelques têtes, tout est parfaitement fluide. J'ai lu chacun des tomes après un an d'attente puisque la série est en cours de publication, et à aucun moment je n'ai eu de problèmes pour me souvenir de l'intrigue globale et des personnages secondaires récurrents.

Voilà, maintenant je peux mettre la fameuse image du coup de cœur !




Parlons adaptation maintenant.
Car oui, SyFy a pris le pari d'en faire une série télé. Et j'ai eu les fois, sa mère ! J'avais peur de tout : des décors carton-pâte, que cette superbe intrigue soit bâclée, que les acteurs incarnant mes personnages préférés ne me plaisent pas...

Comme je suis curieuse de tout, j'ai quand même regardé (les yeux à moitié fermé) et toutes mes craintes se sont envolées ! (elle a même réussi à me rendre Holden sympathique dès le début)

Aujourd'hui, cette série est l'une de mes préférées et j'attends très impatiemment la saison 3.



Trailer de la saison 1
Diffusée en décembre 2015 et janvier 2016
10 épisodes


Trailer de la saison 2
Diffusée en janvier 2017
13 épisodes

Tralier de la saison 3
Diffusée en avril 2018
13 épisodes



Allez, je vous laisse sur ses entrefaites :
Des bibliothécaire avec des flingues. Excitant nan ?
Coup de cœur sur le film "A Werewolf Boy"
Tiens, ça faisait longtemps !