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26/05/2020

Vous saviez que l'allergie aux feuilles de fraises ça existait vous ?


C'est ce qui s'appelle prendre un gros coup de pied au cul !

Sans transition :

Éditeur : Le Tripode
Parution : 2013
Pages : 470

Résumé :
Voici l'histoire du dernier des hommes qui parlait la langue des serpents, de sa sœur qui tomba amoureuse d’un ours, de sa mère qui rôtissait compulsivement des élans, de son grand-père qui guerroyait sans jambes, d’une paysanne qui rêvait d’un loup-garou, d’un vieil homme qui chassait les vents, d’une salamandre qui volait dans les airs, d’australopithèques qui élevaient des poux géants, d’un poisson titanesque las de ce monde et de chevaliers teutons épouvantés par tout ce qui précède...


Ces quelques lignes en 4ème de couv nous promettent soit du nawak soit du lourd niveau imaginaire. J’ai une révélation à vous faire : il s’agit là d’un mélange subtil, intelligent et audacieux des deux. Et plus encore, à vrai dire.
Leemet, le narrateur et personnage principal, est celui dont parle le titre : l’homme qui savait la langue des serpents. De base, c’est assez inattendu, mais pour toute personne connaissant un tant soit peu Harry Potter (oui, j’ose évoquer le Fourchelangue) pas aussi déstabilisant qu’il y paraît. Et pourtant, ce Leemet, avec cette capacité qu’il a de discuter avec les vipères royales, n’est en réalité pas le personnage le plus surprenant et loufoque de ce roman indéfinissable, énorme pavé dans la mare littéraire.
Véritable épopée historique qui fait penser aux croisades, fresque chevaleresque, satire religieuse, aventure d’une vie mêlant habilement fantasy, fantastique, romance et gothique, le tout saupoudré d’un humour mordant toujours inattendu qui peut faire rire aux éclats mais auquel se mêle parfois une violence qui fait frémir.

Ce que l’auteur nous propose est unique, plein d’une audace rarement vue. Le début est pourtant relativement calme, presque banal : Leemet est un petit garçon qui assiste à une cérémonie religieuse qui l’ennui et qui préfère s’amuser, comme n’importe quel petit garçon. Mais il grandit et finit par comprendre que la religion n’est pas qu’ennuyeuse quand on ne la comprend pas : elle peut aussi être dangereuse.

Nous voyons tout un monde s’effacer, disparaître petit à petit à travers ses yeux et on se sent aussi impuissant que lui face à la modernité qui chasse le passé sans aucun remord, avec violence, incapable de s'accorder avec les valeurs ancestrales bien plus anciennes qu'elle. L’obscurantisme total évoqué ici, à travers ce monde moderne qui s’installe à la lisière de la forêt où vit Leemet, est effrayant, bien plus effrayant que les hommes de son peuple qui parlent la langue des serpents, que ceux qui possèdent, comme les reptiles, des crochets venimeux, ou encore les ours qui lorgnent après les jeunes filles, ce Sage qui voue un culte sanglant aux génies des bois dont on doute de plus en plus de l’existence…

Oui, au fil du récit c’est un monde toujours plus étrange que nous dévoile l’auteur et pourtant on accepte tout ce qu’il dévoile sans protester. C’est incongru ? Oui, évidemment, mais c’est amené avec un tel art de l’écrit, du conte et de la narration que cela semble s’imbriquer parfaitement dans son univers, le nôtre ; un univers qu’on a l’impression de connaître tant tout est fluide et naturel, mais qu’on découvre pourtant totalement. Après 400 pages, on en découvre encore et on n’a pas fini d’être surpris.

Les hommes de la forêt parlent aux serpents ? D’accord, dis-nous-en plus. Ils traient des louves et se nourrissent de leur lait grâce à cette langue qui fait obéir la majorité des animaux, sauf les hérissons et les fourmis qui en sont sourd ? Si tu le dis ! Allez, j’en veux encore. Les ours parlent, eux aussi, cette fameuse langue, et aiment séduire les femmes, toujours attendries par ces énormes plantigrades énamourés ? Je veux bien ! Qu’est-ce que t’as d’autre à me proposer ? Une créature qui vit au fond de l’océan et n’en remonte que tous les 1000 ans pour reprendre sa respiration ? Des anthropopithèques qui élèvent des poux, dont un de la taille d’un cheval ? Un sorcier qui capture les vents dans des sacs ? Une salamandre géante qui dort sous terre ?

Au bout d’un moment, j’en voulais juste plus, j’en voulais encore.

L’auteur semble nous nourrir de son imaginaire foisonnant mais il n’en oublie pas de garder un pied dans la réalité. Car, comme je le disais, la modernité chasse le passé à coup d’épées, d’aveuglement religieux et petit à petit l’imaginaire disparaît, la magie aussi, remplacés par la sanglante réalité d’un monde obscur, plongé dans les ténèbres de l’ignorance en étant pourtant persuadé de tout savoir grâce à un dieu de cruelle bonté : Jésus.
Si aucune date précise ne nous est donnée on peut donc quand même situer cette histoire au début de l’époque médiévale. On en arrive même à penser que, peut-être, tout ceci a réellement existé tant le talent de l’auteur est grand (et celui du traducteur aussi, qui a su rendre toute la puissance narrative de ce conte éternel !)
Il est difficile de parler d’une œuvre comme celle-ci. J’ai lu une admirable chronique que je vous partage ici.
Je ne me sens pas vraiment de taille à détailler une telle histoire. Sachez simplement qu’il est question de Leemet, l’homme qui savait la langue des serpents, qu’il est plein de courage, de détermination. Pourtant, tout ce qu’il entreprend pour tenter de sauver son monde qui s’efface paraît impossible, comme s’il tentait d’attraper la fumée du passé avec ses mains.

L’auteur fait désormais partie des meilleurs de mon répertoire de livres lus, et je lirai les autres titres de sa bibliographie sans hésiter.

Petit clin d'oeil à une amie qui a réussi à en parler mieux que moi : l'ours bibliophile !

30/03/2020

Putain d'oeillères !

Quand on lit beaucoup, comme moi, on a la chance de tomber parfois sur des livres qui nous ouvrent grands les yeux sur un sujet auquel on avait jamais vraiment réfléchi.
Et quand ça arrive, on sent qu'on est plus la même personne, et on se retrouve à remercier un livre du fond du cœur, comme s'il était vivant.
Ce livre est parmi ceux-là.
Lisez-le.
Putain de bordel à queue.



22/03/2020

The magic begins again !

Cette année je me suis lancée comme défi de ne faire aucun challenge littéraire (dit-elle en faisant comme si ça faisait pas près de deux mois qu’elle n’avait rien publié sur ce blog !) J’en fait peu à l’année, un qui dure généralement plusieurs semaines, comme le CWC par exemple, ou le PAC, avec quelques week-end à 1000 par-ci par-là, donc je ne suis pas non plus une grosse consommatrice, mais j’ai tout de même décidé de les éliminer totalement de ma vie de lectrice cette année.
Pour la simple et bonne raison que j’ai décidé de faire un challenge personnel : relire Harry Potter !

J’en avais vraiment très envie, en tout cas ça me trotte dans la tête depuis au moins l’année dernière, et en plus de ça j'ai un anniversaire à fêter ! Cela fait exactement 20 ans que j’ai lu le premier tome, que quelqu’un m’a offert pour mes 12 ans en 2000. Alors ça, si c’est pas une bonne raison, je ne sais pas ce qu’il vous faut.

Parce que je suis absolument fan des films, que je regarde très souvent (d’ailleurs le DVD du premier vient de me lâcher, je suis super vénère vous imaginez même pas comment !), je n’ai strictement rien oublié de la trame principale de l’histoire ni des événements les plus importants, mais c’est bien la première fois depuis ma première lecture que je relis les livres. Du coup, je suis toute excitée, parce que je suis certaine qu’il y a beaucoup de petites choses dont je ne me souviens absolument pas et les redécouvrir me fait grave plaisir. Les films ont beau être aussi fidèles que possible (en tout cas, ils le sont d’après mes souvenirs) c’est délicat pour un scénario de tenir à 100% des livres.
Si j’ai peur ?
Un peu. Toutes les relectures que j’ai faite depuis l’ouverture de ce blog ont viré au drame (cf : Eragon et Le Clan des Otori) mais j’ai bien plus confiance en J.K Rowling qu’en toute autre personne sur cette Terre !
Et ma relecture du premier tome me confirme que j’ai eu raison de ne rien craindre !


Relu en janvier 2020, j’ai absolument adoré ! Alors oui je l’ai trouvé enfantin, c’est écrit, certes très bien, mais également très simplement, et je pense que c’est pour ça que j’ai particulièrement aimé. Effectivement l’auteure va à l’essentiel, elle ne se perd pas en descriptions trop longues ni n’en rajoute des caisses sur les monologues des personnages et ça confère à ce texte un dynamisme génial qui nous plonge directement dans l’action et les événements. Limite si j’avais pas parfois l’impression de me trouver juste à côté de Harry, Ron et Hermione dans la salle commune des Gryffondor ou en salle de classe pendant qu’ils parlaient !
Elle présente son univers par petites touches pour le rendre compréhensible même aux plus jeunes et on en découvre tout au long de l’histoire, ce qui fait qu’on ne cesse jamais de s’émerveiller
… ni même de rire ! L’humour est pratiquement omniprésent, surtout grâce au personnage de Malefoy qui est ici absolument méchamment délicieux, j’avais oublié à quel point j’aimais ce garçon imbu et détestable (faut dire aussi que je l’apprécie pas des masses dans les films, je trouve qu’il a une tête à claque, surtout dans les premiers), sans oublier la simplicité bourru de Hagrid et les bizarreries facétieuses de Dumbledore.
Et que dire de Poudlard ? Ce château représente à lui seul un personnage, c’est un être vivant et capricieux qui possède ses secrets, son histoire et sa personnalité. Il y a qu’à voir comment il s’amuse à promener notre trio de héros d’un étage à l’autre parce que « les escaliers n’en font qu’à leur tête » !


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J’ai lu le tome 2 en février-mars 2020 et… l’émerveillement est toujours au rendez-vous !

Fort heureusement, ce tome-là est un peu moins enfantin que le premier mais écrit avec toujours cette même plume dynamique qui nous conduit exactement là où elle le souhaite sans qu’on devine pour autant la destination. Ce qui m’a particulièrement stupéfixée dans ce texte c’est que, déjà, l’auteure commençait à distiller des indices subtils sur l’avenir de l’histoire, des choses à première vue insignifiantes mais qui m’ont fait comprendre que cette dame a, d’un bout à l’autre, depuis le début et ce jusqu’au dernier point final ultime, maîtrisé son récit. La véritable sorcière, en fait, c’est elle les gars !
L’humour est toujours là, toujours grâce à Malefoy qui est vraiment absolument génial, mais aussi Ron qui devient plus attachant et Hermione moins agaçante (par contre j’ai toujours autant de mal avec Harry, même si je l’aime bien…) De facétieux Dumbledore devient mystérieux, Hagrid se dévoile et Poudlard… ma foi, le château reste fidèle à lui-même et livre, lui aussi, une part de son passé par le biais de la Chambre des Secrets. Un passé sombre, tragique, grâce auquel tout le texte en lui-même gagne en maturité. Mais pas trop, quand même, c’est toujours à destination des 11-12 ans, allons !
Ici, J.K Rowling nous prouve également que son univers n’est pas fait que de sorciers et sorcières légendaires, de baguettes magiques, de sorts et de sortilèges, mais également d’animaux, de créatures magiques qui peuvent être soient merveilleuses, soient terribles. Ici, elle nous présente Fumseck le Phoenix et le Basilic, et tous les deux, bien que totalement différents, sont absolument extraordinaires (au point que je suis incapable de dire vers lequel va ma préférence…). J’adorerais avoir une imagination comme celle-là !

Je vais continuer sur ma lancée en avril 2020 avec le tome 3. Attention, là mes attentes sont plus grandes car le film de ce tome est mon préféré, et j’ai hâte de commencer cette relecture !

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Avril 2020... J’ai enfin lu le tome 3 (en vrai je l’ai terminé le mois dernier) et on est en mai. Bordel, je suis déjà en retard !
Bonjour, appelez-moi le Lapin Blanc.
OK blague de merde.
Passons à la chronique.


D’aussi loin que je me souvienne, « Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban » a toujours été mon préféré. J’ai bouffé le film un milliard de fois sans me lasser, et maintenant je peux affirmer que même le livre (pour l’instant du moins) est celui que je préfère.
Premièrement, les choses sont un peu plus sombres. On sent ici que l’auteure commence à opérer la transition entre l’enfance et la véritable adolescence. Par exemple : Harry, Ron et Hermione connaissent leur première dispute, et à cet âge ce n’est pas évident à gérer.
L'humour unique de cette série est cependant toujours au rendez-vous, grâce aux mêmes personnages principalement (Malefoy, les jumeaux Weasley et Ron) mais on ne s'en lasse clairement pas !
On en apprend également plus sur l’histoire de Lily et James Potter, notamment les raisons de leur mort, et ça assombrit encore un peu plus l’atmosphère. C’est dans ce contexte qu’arrivent de nouveaux personnages : Remus Lupin et Sirius Black, et ça fait du bien de voir de nouvelles têtes. Bien sûr il y a eu Lockhart dans le tome précédent mais ce personnage n’a pas eu le même impact que les deux autres dans la vie de Harry.
Je me suis surprise à tout autant apprécier Lupin que Black, alors que dans mes souvenirs c’était surtout Black que j’avais aimé à ma première lecture. Je m’étais tellement habituée à la figure rassurante que Lupin incarne dans le film, à cet air si inoffensif qu’a l’acteur, que j’avais oublié qu’il puisse être à ce point… inquiétant, dans le livre. C’est un personnage en qui j’ai eu immédiatement confiance à l’écran, mais avec le bouquin je me sentais moins rassurée. Il a un petit côté dangereux en vrai que l’auteure n’a pas caché, et j’ai bien aimé !
Concernant le monde de la magie, à l’instar de Harry, Ron et Hermione, on en apprend encore un peu plus, notamment par le biais de sortilèges comme celui du Patronus, ou de créatures, comme L’Épouvantard. Et c’est toujours un plaisir d’en découvrir davantage !
Poudlard n’en finit pas non plus de se livrer, sauf que cette fois ce n’est entre ses murs. C’est pour s’en échapper ! Entre passages secrets et planques ce château est plus vivant que vivant ! On découvre aussi Pré-au-Lard, ce village 100% sorciers où je kifferai de vivre !
Bref, de la découverte et encore de la découverte, mais pas que. Comme je le disais au début, l’auteure opère ici une transition, on sent bien, dans la rédaction comme dans l’atmosphère, un peu plus sombre, qu’elle est prête à passer à la vitesse supérieure. En sachant ce qui va arriver à la fin du prochain tome, je peux déjà ici sentir les prémisses de la catastrophe. Les indices sont là, disséminés très habilement, subtils, et pourtant bien présents.
Du pur génie.

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Nous voici au mois de juillet, et je chronique enfin le tome 4, lu en juin.
Je vis dans un décalage temporaire permanent ! 

On continue la relecture de cette fabuleuse série qui a changé la vie de beaucoup de lecteurs, jeunes ou vieux, dont la mienne.
Vous savez peut-être tous que l’auteure, avec ce tome, opère un tournant important de l’histoire, surtout dans le style. Finie la magie et la naïveté lumineuse de l’enfance, et pourtant tout n’est pas encore sombre. Les moments oscillent entre légèreté, humour et amitié ; tension, gravité et dangers. Comme si, finalement, l’auteure ne savait pas trop quoi choisir et alternait tout ça en les mélangeant parfois.
C’est sans doute pour ça que j’ai moins aimé que le tome précédent. C’est un peu trop mêlé pour le coup, comme si elle ne savait elle-même pas vraiment…

Les personnages n’en sont pas moins géniaux, surtout Malefoy et son humour, Harry et son caractère, sans oublier les disputes entre Ron et Hermione. Ce qui fait la force de ces récits, c’est chaque fois le monde qu’elle développe, tout l’univers de la magie qu’elle nous fait découvrir à chaque fois, encore et encore, tant par les sortilèges appris que par les créatures qu’on découvre. Sans oublier Poudlard, évidemment.

J’ai l’impression de me répéter chaque fois que je parle d’un livre sur cette chronique, et pourtant. Je suis chaque fois fascinée par tout ce qu’elle invente et décrit si bien.

La fin est vraiment géniale par toute la tension qu’elle laisse exploser. On plonge à pieds joins dans quelque chose de beaucoup plus sombre et cette fois l’auteure semble abandonner ses réticences et fait enfin le choix de basculer dans la dureté et la gravité. Et elle le fait très bien !

Ce que j’ai particulièrement apprécié dans le développement de l’univers, c’est qu’elle nous présente les écoles d’autres pays ! C’est peut-être idiot, mais je me souviens qu’à ma première lecture il y a vingt ans j’avais été très surprise car pas un seul instant je n’avais imaginé qu’il puisse y avoir d’autres écoles de magie hormis Poudlard. C’est pourtant logique, l’histoire se passant en Angleterre, il faut bien que d’autres pays aient aussi leurs écoles ! Avec ce qu’elle amène, elle nous prouve que son monde est encore bien plus vaste que ce qu’on s’imaginait tous. Mais aussi plus dangereux !



J'ai déjà commencé à lire le tome 5, alors à tout bientôt pour un update !

25/08/2019

Miaou ?

Enfin un peu de psychologie sur ce blog, il était temps après… bordel, plus de 3 ans d’existence (et là je me rends compte que j’ai encore oublié de fêter son anniversaire. Pas grave, j’y penserai l’année prochaine !) Pour ceux qui viennent régulièrement, vous savez que je ne chronique que des romans aux genres très variés, et je ne lis pratiquement que ça d’ailleurs, c’est méga rare que je lise des documentaires, des témoignages, de la philo, de la psycho.

Pourquoi ?

Je suis un être humain et comme beaucoup je déteste qu’on me mette face à mes défauts, mes erreurs. Et lire ce genre de livre ça me rend généralement pas honneur.

C’est exactement comme avec ce bouquin, j’ai pris conscience que j’étais bien moins parfaite que je pensais l’être.
Ouch.

Bon, comme vous allez le constater ce n’est pas un livre de psycho humaine, de développement personnel, enfin rien qui concerne le genre humain quoi. Manquerait plus que ça, que je ressente de l’empathie pour ma propre espèce. Nan mais !

En un mot comme en cent : bienvenue au pays du Minou !


Éditeur : l’Opportun
Parution : 2018
Pages : 270

Résumé :
Votre chat fait pipi sur votre lit ? Il dégaine le coup de griffe ou le coup de dents sans que vous ne compreniez pourquoi ? Il vous réveille tous les jours à 5 heures du matin, il miaule désespérément toute la nuit ?
Vous rêviez d'une compagnie féline réconfortante, de câlins partagés, de jeux joyeux et de ronronnements, et vous voilà confrontés à des problèmes qui parfois peuvent vous sembler insurmontables.
Comportementaliste spécialiste du chat, Sonia Paeleman, formée à l'éthologie, vous aide à comprendre les problématiques d'une cohabitation parfois délicate.
Cet ouvrage pratique vous donne toutes les clés pour répondre aux besoins de votre boule de poils favorite.
Vous apprendrez aussi à décrypter ses comportements et ses signaux de communication, et à prendre soin de lui de la meilleure des manières.
Récits de consultations et nombreuses illustrations complètent ce livre indispensable pour tous les amoureux du chat.


A mon avis, ce sera la chronique la plus courte de ce blog.
Non pas parce que j’ai rien à dire sur ce livre. Au contraire, je pense que je vais être plus sincère que jamais. Mais je vois pas quoi dire d’autre si ce n’est que ce livre contient tout, et que vous devez le lire.

Limite je pourrais me contenter de ça, le truc c’est que je suis jamais satisfaite quand c’est trop court (oui oui, vous pouvez y voir une métaphore sexuelle, et j’avoue que j’adore ça) alors je vais tenter de développer.

Premièrement, grâce à ce bouquin j’ai enfin compris ce que c’était que l’anthropomorphisme. Faut dire qu’il fait peur ce mot aussi, on dirait qu’il a été inventé juste pour nous tuer ! Et du même coup, j’ai compris que j’étais une grosse adepte de cette façon de faire et que je projetais sur énormément d’animaux des réactions et émotions typiquement humaines qu’ils ne possèdent en réalité pas. Puisque ce sont des réactions et émotions humaines, CQFD. Et honnêtement, cette habitude m’a fait gerber. Parce qu’en comprenant que c’est une projection qu’on fait couramment sur l’espèce animale en générale, bah on se rend compte qu’on le fait aussi sur les autres humains. On attend parfois d’eux qu’ils réagissent d’une certaine manière parce que, petit a, c’est tout simplement ce qu’on souhaite, et/ou petit b, on se dit que c’est comme ça qu’on réagirait nous-mêmes, alors pourquoi pas lui/elle ?

Ah, vous sentez venir le gros mal de tête ? La grosse claque dans la gueule ?
Ou alors vous vous dites simplement que j’ai un pète au casque et vous avez peut-être raison, au fond.

J’ai eu deux chats dans ma vie (oui j’ai l’air de faire une psychanalyse, et après ?) et je pensais sincèrement les avoir rendus heureux. Il n’y a jamais eu de soucis comportemental avec eux, je n’ai vraiment jamais eu aucun problème du genre : pipi intempestif partout dans la baraque, miaulement à toute heure du jour et de la nuit, automutilation (oui un chat qui a un très gros malêtre peut en arriver à cette extrémité), agressivité, folie, enfin rien quoi. Du coup, j’ai toujours pensé que j’étais une parfaite humaine de chat, à l’écoute et affectueuse. Sauf que non. En vrai, je ne suis pas le héro de cette histoire, ce sont mes chats. Parce qu’ils ont réussi le magnifique exploit de s’adapter extraordinairement bien malgré leur instinct de chat (qui est resté, rappelons-le, un animal éminemment sauvage et territorial) à la vie bancale que je leur proposais. Bancale, parfaitement.

Ce livre met en lumière une chose, une seule vérité qui fait mal, mais qui est nécessaire : lorsqu’un chat a un trouble comportemental, c’est surtout dû à son humain qui n’est pas à l’écoute et pense bien faire en projetant sur lui des attentes et des besoins typiquement humains (anthropomorphisme bonjour !) et admettre ça, c’est pas évident. Puisqu’on pense bien faire.

On part du principe que le chat doit s’adapter à notre vie d’hommes, et il fait son maximum pour y arriver, vraiment, j’ai un respect immense pour cet animal depuis que j’ai lu ce livre, car il a une faculté d’adaptation qui dépasse notre imagination, mais en réalité, l’adaptation, c’est à nous de la faire. Faut garder à l’esprit que le plus intelligent dans cette relation, c’est nous, le chat lui est limité par ses capacités félines, mais nous non ! Avec un peu de travail, de motivation, de confiance, on peut comprendre le langage complexe de cet animal. Mais bon. On est les champions de l’anthropomorphisme, et c’est là que ça coince.

J’ai réalisé que des erreurs j’en avais fait des tas, à la pelle, des grosses, et que mes chats ne m’aient jamais posé aucun problème relève du miracle ! Ils ont été véritablement courageux et moi, au début de ma lecture je me disais que j’avais été une humaine horrible, et je me sentais affreusement coupable.

C’est ainsi que le livre est construit. Je sais pas si c’est fait exprès, mais dans la première moitié l’auteure nous explique comment percevoir les signaux de bien-être et de stress chez le chat ; comment subvenir efficacement à ses besoins (donc tout ce qui est litière, gamelle, repos, tromper l’ennui, toussa) et c’est là que j’ai compris que je n’avais fait quasiment que des erreurs. Ensuite, dans la seconde moitié du bouquin, elle nous propose de repenser totalement notre relation avec l’animal, donc de nous adapter nous à ses besoins, ses comportements félins, bien décrypter ses signaux de communication. En gros, c’est là qu’elle nous déculpabilise et nous conseille de dépasser l’anthropomorphisme, d’arrêter de parler et penser uniquement « humain » et nous apprend à parler « chat ». Et croyez-moi c’est un langage complexe, foutrement intéressant, et qui nous apprend beaucoup sur nous-mêmes. En tentant de décrypter le langage félin j’ai également appris à décrypter celui des humains d’une autre façon. C’est-à-dire : non pas en me focalisant sur ce que je voyais ou j’entendais d’un autre bipède, mais en me focalisant sur les signaux que moi-même j’envoie. Quand on échange avec quelqu’un on fait rarement attention à la façon dont on se comporte et pourtant c’est méga important. Avec un être aussi sensible au stress que le chat, ça l’est d’autant plus.

C’est là que j’ai commencé à me dire : quels signaux j’envoyais à mes chats ?

La réponse est terrible : ceux d’un être totalement imprévisible qui n’écoute pas. Et pourtant ils ont vécu avec moi 10 et 13 ans. Vous vous imaginez, vous, vivre une décennie avec une personne dont vous êtes absolument incapable de prévoir les gestes, les réactions ? Personnellement, j’aurais pas le courage.

Comment, malgré toute cette prise de conscience, ce livre a-t-il aussi réussi l’exploit de me déculpabiliser ? L’auteure nous rassure tout le temps, avec des mots simples : si vous en êtes à vous renseigner sur le comportement félin en lisant ce bouquin ou un autre, c’est que déjà vous êtes désireux de vous améliorer, de progresser, et de dépasser votre anthropomorphisme, ce qui n’est pas évident, vous êtes donc sur la bonne voie.

Elle a également réussi à me faire rire (la façon dont ce livre est rédigé nous permet de nous mettre à l’aise) et à me faire monter les larmes aux yeux. Sonia Paeleman me fait l’effet d’une femme d’une grande sagesse, qui aime ce qu’elle fait, aime et respecte profondément les chats, et elle m’a donné envie d’en apprendre plus pour enfin devenir un jour ce que je croyais être : un parfait humain de chat.
Alors merci à elle.
Et crotte, cette chronique est beaucoup plus longue que je l’avais prévue.


Il n’y a pas longtemps, une jeune femme que j’adore a dit dans l’une de ses vidéos que vivre ses passions était un facteur important pour notre bonheur. Et mes passions, vous les connaissez presque toutes maintenant : la lecture, la Kpop, les chats, et… une autre (attention, les dramas ne sont pas une passion mais un passe-temps, nuance). Une dernière. Que généralement je préfère garder secrète car je ne sais pas trop comment l’expliquer. Mais quid de l’explication, foutre, j’ai bien l’intention de vous en parler également ! Car cette jeune femme a raison. Les passions, c’est bon pour la santé de la cafetière !

Le site de Sonia Paeleman : ici.

02/05/2019

8 ans que ça dure.


Cette chronique sera un peu différente de ce que je fais habituellement. Je ne vais pas parler d’un seul livre en particulier, mais d’une série entière. Que dis-je, de tout une saga ! Non pas pour vous décortiquer chaque tome et vous balancer du spoil dans la gueule en veux-tu en voilà, rassurez-vous, mais uniquement pour vous présenter l’univers génialissime créé par nul autre que Robin Hobb. Je veux bien sûr parler du cycle de l’Assassin Royal.

Je vous prie de croire que descendre tous ces bouquins de ma bibliothèque jusque dans les escaliers, c’était bien casse-couilles !

Je l’ai découvert il y a 8 ans, lorsqu’une amie m’a prêté le tout premier tome : « L’apprenti assassin ». Je ne savais absolument pas dans quoi je foutais les pieds, ni même que cette passion allait m’accompagner un bon bout de temps, au gré de mes déménagements et de mes galères. Enormément de livres sont passés à la trappe depuis, des livres que je pensais garder et dont je me suis finalement séparée parce que je ressentais plus rien pour eux, certains que j’ai relu et bien moins aimés puis que j’ai donné, et d’autres que j’ai revendu parce que j’avais besoin d’oseille (oui parfois tout n’est qu’une question de pognon !) mais pas l’Assassin Royal. Cette série a subi pas moins de 7 changements de domicile, plusieurs invasions de mouche à caca, une tentative vite avortée de mon petit frère de s’essayer à la lecture, de la bave de chien, l’humidité, la poussière et le temps qui passe. La plupart des tomes sont cloqués de taches jaunes, surtout les 6 premiers et tous ceux des « Aventuriers de la mer », et sentent le vieux parchemin qui donne faim (si si, je vous jure)

Une saga qui s’apprivoise
Je me souviens parfaitement du moment et de l’endroit où je me trouvais quand j’ai lu le tout premier tome ; et surtout, je me souviens de ce que j’ai ressenti. Honnêtement, je me suis simplement dit que j’avais trouvé là une bonne distraction, une lecture efficace et agréable comme je les aime qui, manifestement, puisque je savais de combien de livres était constituée la série, serait avec moi quelques mois. Ça n’a pas été un coup de cœur immédiat. Je passais simplement un bon moment, au début, avec une narration que je n’avais jamais vu en fantasy et des personnages parfaits, avec juste ce qu’il faut de commun dans le genre pour qu’on soit pas trop dépaysé. C’est quand j’ai compris, petit à petit, que tout un vaste monde riche, bien loin d’avoir tout dévoilé, était en train de s’ouvrir sous mes yeux et que j’en percevais à peine les premières toiles, que j’ai été happée.
Avec Robin Hobb, on apprend la patience. La dernière série en date de ce cycle : « Le fou et l’Assassin », se termine tout juste et j’ai la sensation qu’on a à peine entrevu ce que l’auteure voulait nous raconter. Pourtant, 5 séries composent cette saga, avec chacune 6 à 9 tomes (oui, elle voit grand) mais ça se dévoile lentement, ça s’échappe et nous montre l’infini d’un monde vaste. Parfois, j’avais l’impression d’en saisir une partie, d’en connaître enfin un morceau, une part de son histoire, ou ne serait-ce qu’un bourg, une colline ou une vallée, et puis tout s’échappait et se remodelait de lui-même par un souvenir, l’arrivée d’un nouveau personnage ou bien un petit détail qui me sautait aux yeux et m’obligeait à tout remettre en question.
Si je n’avais qu’une seule chose à reprocher à toute cette fresque romanesque, ce serait son rythme. Hormis la lenteur de l’évolution de l’intrigue et des révélations qui jalonne le récit, je trouvais que ça manquait parfois cruellement d’action. Il y en a, évidemment, au fil des livres, car les personnages ont des missions à accomplir et des batailles à mener, mais assez souvent les développements sont tout en finesse, en dialogues et en réflexion. L’auteure n’essaye même pas de nous faire croire que c’est accidentel ; elle nous livre un récit d’une complexité étonnante en nous mettant l’eau à la bouche par ses rares bribes d’information et elle le fait clairement exprès. C’est comme si, tout en nous offrant tout ça, elle nous retenait en arrière, par la main, en nous disant : « Nan nan, pas tout de suite »

Des protagonistes qui se livrent
Mais avant d’être des épopées, ces histoires sont des personnages. Pas moins d’une dizaine de mecs et de nanas par séries interagissent et évoluent dans certaines situations qui, aussi étonnant que ça paraisse, ne sont jamais les mêmes. Malgré certaines lignes scénaristiques qui se regroupent, car tout ça suit un fil principal, l’auteure ne nous raconte jamais la même chose. Bah il en va de même pour les personnages. Evidemment, certains traits de caractère se ressemblent (et je soupçonne, pour quelques-uns, que ce soit fait exprès) mais tous sont bien définis, reconnaissables. Parfois attachants, parfois haïssables, certains m’ont tout de suite touchée et d’autres ne m’ont plu qu’après un peu de temps grâce à une évolution sensible.
Entre Brodette, Kettricken, Œil-de-Nuit, Burrich, Altéa, Malta, Parangon, Kalo, Carson, Alise, Persévérance et bien d’autres, j’ignore lequel je suis le plus triste de quitter !
Le travail psychologique et émotionnel que Robin Hobb accomplit avec eux est d’autant plus incroyable que près de soixante années (si je dis pas de conneries) s’écoulent entre le tout premier tome et le tout dernier. Ces personnages changent donc et évoluent constamment en fonction de la série et l’époque dans laquelle on les retrouve (car oui, les crossovers sont nombreux et certains principaux d’un arc peuvent apparaître en tant que secondaires dans un autre à des années d’intervalle !!) En fait, en tant que spectateurs, on les observe traverser la vie et c’est incroyablement touchant la plupart du temps, ça fout une boule au ventre par moment quand on se rappelle par exemple comment étaient certains d’entre eux bien des années plus tôt. Parfois, j’avais juste l’impression de retrouver de vieilles connaissances, et je me sentais tout de suite à l’aise dans une nouvelle série quand d’anciens personnages apparaissaient, même succinctement, ce qui permet de prendre tout de suite pied.
L’auteure réussit l’exploit de toujours nous faire aimer de nouveaux protagonistes malgré la nostalgie et la tristesse qu’on a ressenti en quittant les précédents. Personnellement, je n’ai jamais eu aucun mal à commencer une toute nouvelle aventure parce que je savais qu’elle avait le talent suffisant pour me faire adorer de nouveaux personnages, car le travail qu’elle accomplit me convient parfaitement. Je suis très sensible à l’attachement quand je lis, certains personnages deviennent vraiment des amis, alors je suis totalement et toujours ouverte à ce que Hobb propose. En gros, je suis à 100% le genre de lecteur qui convient à son style quoi.

Un monde qui s’étend toujours plus
Dans la majorité des livres/séries fantasy que je connais et que j’apprécie, les frontières sont clairement définis dès le départ (je pense notamment à « Druides » de Olivier Peru ou encore « Les Royaumes de Tobin » de Lynn Flewelling qui sont de superbes bouquins) et je pensais que c’était la même chose quand j’ai commencé l’Assassin Royal. Mais Robin Hobb a plus d’un tour dans son sac et tout comme elle aime prendre son temps avec l’intrigue, elle aime aussi dévoiler ses créations par petites touches. Si j’ai très vite compris que ses livres cachaient beaucoup de choses et surtout un monde incroyablement riche et vaste, ça s’est cependant dévoilé lentement. Chacune des séries se passe dans un coin particulier d’une carte gigantesque et tout fini par avoir un lien malgré les distances géographiques parfois astronomiques. Seulement, encore une fois, il faut savoir faire preuve de patience.
Tout le cycle semble être arrivé à son terme et je n’ai compris qu’à la toute fin comment chacun des pays et des royaumes étaient liés (je soupçonne même un lien avec l’endroit où se passe « Le soldat chamane », l’une de ses seules séries qui ne serait pas, à première vue, liée à « L’Assassin Royal ») mais je saurais pas expliquer comment…
En réalité, des choses restent en suspens. En tout cas, c’est mon ressenti. Du coup, j’ose espérer, mais peut-être que c’est uniquement dû au fait que je ne veux pas que ce soit terminé !!, que l’auteure va continuer sur sa lancée.
Elle en a fait énormément, ça fait des années que ça dure, mais tout est si étendu et complexe que je suis certaine qu’elle pourrait continuer comme ça un moment. Entendons-nous bien, je suis la première à déclamer souvent rapidement et toujours haut et fort que certaines séries vont trop loin, en livre comme à la télé, et qu’auteurs et/ou réalisateurs devraient arrêter de tirer sur la corde et d’en faire trop (je pense au « Trône de Fer », notamment) Quand certaines s’arrêtent en pleine gloire, je suis plutôt contente, surtout si je pressentais un dérapage en cours de route si ça stoppait pas. Alors que j’en redemande pour ce cycle, ça veut sans doute dire quelque chose.

Une auteure qui n’a pas froid aux yeux
Pratiquement inexistantes au début, l’homosexualité et la bisexualité s’invitent ensuite dans la saga avec un naturel qui m’a d’abord désarmée. L’originalité de ses personnages et la multiplicité des différentes personnalités s’expliquent sans doute un peu grâce à ce sujet que Robin Hobb n’a pas hésité à aborder.
Certains protagonistes sont à l’aise avec leur sexualité depuis des années, d’autres la découvrent seulement, et c’est traité sans prise de position, sans interdit et sans peur.
Elle n’hésite pas non plus à pimenter quelque peu ses récits par des scènes légèrement érotiques, bourrées de charme et d’amour, et d’autres plus violentes qui m’ont parfois fait grincer des dents malgré la nécessité de leur présence. Elle évoque  et dénonce des sujets sensibles comme le viol, l’esclavage, la dépression, l’abandon, la maltraitance infantile, la fugue, et beaucoup d’autre qui donne à ses histoires une profondeur tragique.
J’aime particulièrement quand elle traite, avec beaucoup de sensibilité, du rapport de l’être humain avec l’Histoire en général, et le passé. Certains n’accordent absolument aucune importance aux monuments et civilisations historiques et dans un élan parfaitement égoïste sous couvert de tout raser pour mieux renaître, détruisent et saccagent sans pitié. L’auteure nous sensibilise, à travers ses textes, à l’importance de la sauvegarde de notre patrimoine et de la conservation des souvenirs et des actes historiques sous toute leur forme. Oui, la guerre est quelque chose de terribles, les génocides aussi (et il y en a, dans ses livres) mais aussi horribles qu’ils soient, on ne doit pas pour autant les oublier, au risque de commettre les mêmes erreurs.
Je pense qu’elle et moi portons un même regard sur ce sujet, et c’est sans doute pour ça que ce cycle m’a totalement envoûtée. Et c’est particulièrement présent et poignant dans « Le soldat chamane ».

C’est assez casse-gueule, à bien y regarder, d’écrire une telle chronique. C’est vraiment un tel coup de cœur énorme que j’ai l’impression de ne pas être objective. J’ai tenté de parler des plus et des moins, mais étant donné que je suis ultra fan du concept, du style et de tout ce qui va avec, bah j’ai l’impression de manquer de discernement.

03/03/2019

Ca partait pour être un dimanche de merde.

Je m’étais promis de revenir avec un livre, mais subitement j’ai ressenti le besoin de voir ce film (nan en fait je m’emmerdais sévère aujourd’hui) du coup, c’est râpé.

Coup de cœur sur :


J’ai découvert l’acteur dans le drama Signal, véritable bombe atomique dans le domaine du polar fantastique, et j’avais noté ce film dans ma liste à voir en parcourant sa filmographie. Le titre m’avait d’abord attiré, ensuite le résumé.

Voilà ce qu’il dit, succinctement :

« Hong Gil-Dong est un détective solitaire affichant un taux de réussite hors-norme grâce à une mémoire infaillible et une personnalité étonnante. Insensible, il ne ressent ni la peur ni l’empathie, ce qui fait de lui quelqu’un de véritablement dangereux qui n’hésite pas à abattre ceux qui le gêne. Pourtant, il n’a absolument aucun souvenir de sa vie passée, hormis son propre nom et celui de son ennemi. L’histoire commence alors qu’il est sur le point de le retrouver et d’assouvir une vengeance vieille de 20 ans. Mais il va mettre les pieds dans une conspiration bien plus grande que ce qu’il imaginait… accompagné de compagnes de voyages qu’il n’avait absolument pas prévues ! »

Ce petit trailer en parle mieux que moi mais faites gaffe, je trouve que ça en dit un peu trop.

Quand ça commence, donc, ce cher détective est sur le point de mettre la main sur un vieil homme pour le butter. On est au terme d’une quête et je voyais déjà se profiler les événements faits de repentir et d’une traque entre deux hommes ; je n’attendais, je l’avoue, pas grand-chose du scénario honnêtement. Ce qui m’a accroché dès les premières minutes, c’est l’atmosphère parfaite ! La façon dont c’est filmé et narré fait de ce film un bijou ! On est dans la tête de Dong-Gil, véritablement, car c’est lui qui raconte les événements au fur et à mesure qu’ils se déroulent, et sa personnalité est tellement atypique malgré les codes de l’anti-héros qui sont utilisés, que je l’ai aimé tout de suite.

Il est interprété par Lee Je Hoon que j’aime énormément. En tout cas c’est la deuxième fois que je regarde quelque chose où il joue et chaque fois ça me plaît, alors ça a l’air bien parti entre lui et moi. Il évolue énormément durant l’histoire en restant pourtant fidèle à lui-même. Zigouiller ceux qui croisent sa route semble l’amuser et lorsqu’il s’agit de couper des doigts ou flinguer des gens, il affiche tout de suite un sourire de canaille, carnassier, limite effrayant, et dieu qu’il est efficace pour tuer ! Le reste du temps, il est froid, méthodique, menteur, manipulateur… bref, il a tout pour plaire. Le jeu de l’acteur était phénoménal, stupéfiant, parfait ! Son attitude a donné à son personnage une marque, quelque chose d’unique que j’avais jamais vu et pourtant j’en ai vu des personnalités bien barges.




Kim Dong Yi et Kim Mal Soon, interprétées par Roh Jeong Eui et Kim Ha Na, sont deux sœurs qui vont s’incruster avec Gil-Dong. Il a besoin d’elles pour accomplir sa vengeance et les entraîne avec lui dans sa recherche. Voir ce gars se trimbaler avec ces deux petites filles qui n’ont pas la langue dans leur poche, le voir en prise avec leur innocence, le voir sans voix face à leurs questions était succulent. Un délice qui donnait lieu à des scènes qui m’ont fait éclater de rire dans un film sombre et sanglant. Les actrices, malgré leur âge, ont grave assuré face à cet acteur et ça se combinait à la perfection !

Cette alliance entre violence et humour innocent a été brillamment interprétée, mais aussi admirablement bien mis en scène. Directeur et réalisateur ont fait un boulot magnifique avec ce film, les prises de vues, les paysages pratiquement toujours nus ont rapidement construit un huis-clos autour du trio, dans un village perdu aux couleurs brunes, grises, noires, quasiment fantomatique, qui a l’air de se trouver au bout du monde.

Mais si c’est l’aspect visuel et l’atmosphère qui m’a d’abord séduite, le scénario s’est rapidement étoffé et là aussi je dis bravo ! Une conspiration de grande envergure se dévoile assez rapidement, en lien avec le passé oublié du héros. Enfin, héros…

Il n’y a pas vraiment de héros, de mon point de vue. Il y a simplement un gars violent pour arrêter d’autres gars violents. C’est méchant contre méchants, avec deux petites filles au milieu, le tout se déroulant dans les années 60-70 (enfin, j’imagine, c’est dit clairement nulle part).

Ca fait des mois que je n’ai que des déceptions avec mes lectures et les dramas que je regarde, alors tomber sur une telle pépite de perfection, se retrouver en amour face à un film où la tension ne s’arrête pas pendant deux heures, ça fait du bien et ça me redonne espoir. Ces deux heures ont été les meilleures de ma vie, bordel à queue !

19/01/2019

Le partage n'est pas toujours instantané.

Faites pas genre, vous aussi vous la connaissez cette sensation, cette envie purement égoïste de garder pour vous, et uniquement pour vous, quelque chose que vous avez adoré ! Ca me le fait souvent avec mes lectures, il y a plein de livres que je partage pas sur ce blog, comme "La terre des loups" de Robert Margerit ou "La fille de l'hiver" de Eowyn Ivey. Quand on rencontre cette sensation la première fois, c'est assez déroutant, puis finalement on se dit que c'est pas plus mal de conserver pour soi un coup de cœur, quelque chose qui nous a fait du bien.

Mais parfois, il arrive que cette envie passe.

Bref, salut, je vous présente Bad Guys !!



Je crois que c'est la première fois que je démarre la chronique d'un drama avec une vidéo, mais je trouve ce trailer tellement cool que je vous le balance direct.

Ce truc de seulement 11 épisodes (un drama dure souvent 16 ou 20 épisodes, mais ça varie parfois) m'a accrochée tout de suite et je l'ai regardé presque d'une traite ! C'était en novembre dernier. Je l'ai gardé pour moi plus de deux mois tant je l'ai aimé. Pourtant, il a de près suivi Signal, qui a été un coup de cœur aussi. Alors pourquoi avoir fait ça ? Pourquoi avoir été si égoïste, alors que j'aime tant partager sur ce foutu blog ? J'en sais rien. Il y a une intensité et une atmosphère dans Bad Guys qui m'a parlé instantanément et j'ai eu besoin de le garder au chaud rien que pour moi.

Ce que je comprends pas non plus c'est la raison pour laquelle j'ai brusquement envie de vous en parler. Allez, j'arrête d'essayer de me comprendre, des fois faut juste laisser couler !

Le scénario en lui-même semble pratiquement fait pour moi !



Oh Gu Tak est un flic très performants, mais son usage excessif de la force dans pratiquement toutes les circonstances lui vaut une suspension et une très mauvaise réputation. Les crimes violents s'aggravant, le chef de la police lui demande de constituer une équipe de son choix sans pour autant le rétablir dans ses fonctions. Oh Gu Tak choisit donc trois criminels parmi les plus dangereux, dont le gangster Park Wung Cheol, le plus jeune tueur en série doté d'une intelligence extraordinaire Lee Jeong Mun et le tueur à gages Jeong Tae Su. Au milieu de ces quatre gars hyper dangereux, l'inspectrice Yu Mi Yeong est chargée de les surveiller et de leur apprendre à travailler en équipe, ce qui est loin d'être facile !

Evidemment, toute ça va s'étoffer au fil des épisodes et développer les histoires personnelles de chacun de ces hommes pour en faire des personnages incroyablement complexes. C'est la première fois que je vois dans un drama un tel travail psychologique pour des personnalités toutes très différentes. Sauf que bon, production coréenne oblige, on n'échappe pas à quelques clichés de circonstance !



En toute franchise, je ne doute pas que la présence de l'acteur Ma Dong Seok, qui est juste pour moi le meilleur acteur coréen, y est pour beaucoup dans cet énorme coup de cœur absolu ! Je l'ai découvert dans "Dernier train pour Busan" et j'ai ensuite regardé énormément de films où il joue (comme "Outlaws" et "Derailed" que j'ai adoré) ce qui m'a conduit tout naturellement vers Bad Guys. Il campe ici le gangster Wung Cheol, un homme fier de sa force, entêté et très instinctif, admirablement loyal au chef de son gang. Les scénaristes l'ont également doté d'une sensibilité timide qu'il rechigne souvent à montrer et il m'a beaucoup touchée. Il évolue assez discrètement et ce n'est pas facile à remarquer, mais je l'ai trouvé tout simplement parfait !




L'acteur Park Hae Jin n'a pas été loin de le détrôner ! Je l'ai trouvé méga bon dans son rôle de Jeong Mu même si son jeu manquait d'un peu de diversité. Il est le personnage le plus discret au départ et l'approche faite par les scénaristes de ses troubles psychologiques était un peu décevante (les coréens ont un rapport délicat aux maladies de l'esprit, comme la grande majorité des sociétés asiatiques, ce qui ne manque jamais de m'énerver un brin !) Heureusement, son évolution est très bien réussie de même que le mystère l'entourant, ce qui finit par faire de lui l'un des protagonistes les plus importants de l'histoire et l'acteur a su s'adapter à merveille.


Le troisième c'est Jo Dong Hyeok, un acteur que j'ai également trouvé très bon bien qu'il n'ait eu, à mes yeux, rien pour se démarquer comparé aux deux précédents. Le personnage qu'il incarne, Tae Su, est très intéressant. Droit, discret et sérieux, il n'a pas manqué de m'étonner et les révélations faites à son sujet étaient très émouvantes. Des trois, il est celui qui incarne l'émotion, l'amour même parfois, et j'ai trouvé ça audacieux quand on voit à quel point il peut être rigide.

En bref, la première approche qu'on a de ces trois personnages est assez classique, durant le premier épisode j'ai vraiment eu l'impression de faire face à trois gros clichés ambulants. Heureusement, on voit vite que les choses ne sont pas ce qu'elles semblent être et j'ai tout de suite eu envie de savoir où on allait me mener !

Le deux derniers acteurs, Kim Sang Jun, que je connaissais déjà, et Kang Ye Won qui joue la seule figure féminine, m'ont beaucoup moins plu. Le premier parce qu'il est laissé en retrait, et même s'il change jusqu'à devenir bien plus intéressant on sent bien qu'il a été mi de côté pour donner la part belle aux trois autres, et la seconde est très décevante pour moi. Son personnage est totalement inutile à mes yeux et l'actrice n'a pas du tout réussi à la rendre intéressante.

La dynamique entre ces trois gars diamétralement opposés est génialissime ! Ils se complètent malgré leur différence et leur relation pas toujours facile donne des scènes hilarantes au milieu de la violence et de la noirceur de ce drama. Les moments d'action sont parfaits pour moi, avec juste ce qu'ils faut de coolitude et d'intensité, et je vous parle même pas des quelques moments qui m'ont mi la larme à l'œil.



J'aimerais en parler plus que ça mais le problème c'est que quand j'ai aimé quelque chose à ce point-là, tout ce que j'arrive en dire c'est que c'est trop bien sa mère !

Donc bon, je vous laisse sur ces quelques mots plein de poésie et je m'en retourne essayer de regarder d'autres dramas. Après un coup de cœur pareil, j'avoue que j'ai du mal à en trouver un bien !

02/12/2018

Nan. Moui. Naaaaaan. Et pourquoi pas ? Finalement, ce sera un oui.

J'ai regardé d'une traite les deux saisons de cette série il y a quelques mois. Une fois fini le dernier épisode, j'étais persuadée d'en écrire une chronique tant ce truc m'a foutu un coup. Quelques jours sont finalement passés sans que je fasse rien, ce qui m'a fait comprendre que j'étais sans doute trop tourneboulée pour produire quelque chose de cohérent, du coup j'ai hésité avant de me dire que j'en serais jamais capable.

Puis aujourd'hui, sans le voir venir, voilà que je me lance dans cet article. A mon avis, ça va être un gros bordel !

Je crois que le problème vient du fait que j'ai tenté de construire cette chronique exactement comme celles que j'écris pour les dramas que je regarde. Avec un résumé de l'histoire, une brève présentation des personnages et des acteurs, ensuite mon ressenti à coup de ce qui m'a plu et m'a déçu. Du coup j'y arrivais pas. Parce que je ne peux pas parler de "La servante écarlate" comme du reste, c'est impossible. C'est trop indéfinissable, unique, puissant, on ne peut pas le transformer en quelque chose de normal. Parce que ce truc n'est pas normal.

Je vais tenter d'y aller par étape, cette fois.


J'ai lu le bouquin, avant. Et si cette lecture m'avait déjà bien choquée, j'avais été quelque peu déçue par la fin et le personnage soumis, effacé, de Defred. Pour moi, l'auteur n'avait fait qu'effleurer, proposer, un univers hyper intéressant, effrayant, sans aller plus loin. La série a donc osé à sa place et développé tout ce que Margaret Atwood avait laissé en suspens.




La saison 1 relate tout le livre, avec une fin tout à fait identique mais est déjà nettement plus détaillée car Defred n'est pas la seule à prendre la parole, ce qui élargit considérablement l'univers, avec des flashbacks explicatifs qui nous aide à mieux comprendre et des points de vue qui nous plonge directement dans l'envers du décor. Les connards du livre en arriveraient presque à devenir sympathiques. Presque.

La saison 2, quant à elle, prend directement la suite, là où le livre s'est arrêté. Et c'est devenu bien plus intéressant pour moi car j'avais senti un désir de révolte de la part de Defred et je voulais voir ce qu'elle allait faire pour se battre, et surtout de quelle façon.

Si j'ai été totalement attrapée par cette adaptation, c'est parce qu'elle est extraordinairement fidèle au livre. Ce qui m'a le plus plu dans le récit publié en 1985, c'est l'univers étouffant et angoissant sans cesse maintenu par l'auteure. Il est difficile d'y voir une lueur d'espoir. Tout ça est fidèlement retranscrit à l'écran, tous les costumes, les décors, jusqu'à l'esthétique même et la façon dont c'est filmé. On plonge directement dans l'angoisse de Defred qui hésite entre lutter malgré la souffrance ou abandonner. Les couleurs sont froides, dures, ternes le plus souvent, contrebalancées par la tenue rouge des Servantes. Une autre façon sans doute de nous montrer, subtilement, les violences qu'elles subissent.

Mais parfois, c'est loin d'être subtil. Il m'est arrivé d'être incapable de regarder un épisode sans couper. Les viols sont cliniques. La majorité des femmes se sont résignées, et ça m'a foutu un malaise énorme ! Ce qui rend tout ça encore plus réel, ce sont les points de vues des autres personnages, de ceux qui ont créé la République de Gilead. Leurs voix nous apportent des réponses que le livre avait écartées, par des retours en arrière très bien dosés on apprend comment tout ça est arrivé. Et ça fout la trouille. Parce que cette dystopie, décrite souvent comme de la science-fiction, n'est pas si éloignée de la réalité. C'est glaçant parce qu'on ne peut pas s'empêcher de penser que tout ça est réalisable, et qu'on en est même carrément pas loin !!

Alors évidemment on se dit forcément que, autant le livre que la série, sont un cri de révolte, féministes, et tout ce que vous voulez. Mais pas totalement, selon moi, parce que les hommes, la masculinité, bref le sexe masculin, en prend aussi pour son grade. Certains hommes sont tout aussi esclavagés que les femmes, car si certains ne sont pas d'assez haut rang, il leur sera interdit toute leur vie d'avoir une femme et des enfants. En fait, rien n'est inventé. L'auteure, et ensuite les réalisateurs et scénaristes, se sont nourris de tout ce qu'il s'est passé dans l'Histoire (droit à l'avortement, droit de vote, toussa) C'est sans doute pour ça que ça nous paraît si réel.

J'en dirais pas plus, sauf pour évoquer quand même un peu les acteurs. Ils sont tous parfaits. Ils ont tous su s'approprier leurs personnages et les faire évoluer dans cet univers pas si facile. Elisabeth Moss, qui incarne Defred, est évidemment celle qui m'a le plus bluffée tant elle retranscrit magnifiquement chaque émotion, en arrivant à chaque fois à nous foutre le frisson.

Je ne peux pas terminer sans parler de l'espoir. Il y en a nettement plus que dans le livre. Il est là, omniprésent, il n'abandonne jamais les personnages. La révolte gronde, enfle chez les Servantes, et le moment où elles se battront bel et bien pour reprendre leur liberté va à mon avis faire très mal. C'est un véritable exploit d'avoir réussi à le laisser grandir dans une série avec une telle esthétique sombre et pâle à la fois. C'est un coup de cœur, et un chef d'œuvre. J'ai hâte de voir arriver la saison 3.

Et vous, vous l'avez vu ? Dites-moi l'effet qu'elle vous a fait !