19/01/2019

Le partage n'est pas toujours instantané.

Faites pas genre, vous aussi vous la connaissez cette sensation, cette envie purement égoïste de garder pour vous, et uniquement pour vous, quelque chose que vous avez adoré ! Ca me le fait souvent avec mes lectures, il y a plein de livres que je partage pas sur ce blog, comme "La terre des loups" de Robert Margerit ou "La fille de l'hiver" de Eowyn Ivey. Quand on rencontre cette sensation la première fois, c'est assez déroutant, puis finalement on se dit que c'est pas plus mal de conserver pour soi un coup de cœur, quelque chose qui nous a fait du bien.

Mais parfois, il arrive que cette envie passe.

Bref, salut, je vous présente Bad Guys !!



Je crois que c'est la première fois que je démarre la chronique d'un drama avec une vidéo, mais je trouve ce trailer tellement cool que je vous le balance direct.

Ce truc de seulement 11 épisodes (un drama dure souvent 16 ou 20 épisodes, mais ça varie parfois) m'a accrochée tout de suite et je l'ai regardé presque d'une traite ! C'était en novembre dernier. Je l'ai gardé pour moi plus de deux mois tant je l'ai aimé. Pourtant, il a de près suivi Signal, qui a été un coup de cœur aussi. Alors pourquoi avoir fait ça ? Pourquoi avoir été si égoïste, alors que j'aime tant partager sur ce foutu blog ? J'en sais rien. Il y a une intensité et une atmosphère dans Bad Guys qui m'a parlé instantanément et j'ai eu besoin de le garder au chaud rien que pour moi.

Ce que je comprends pas non plus c'est la raison pour laquelle j'ai brusquement envie de vous en parler. Allez, j'arrête d'essayer de me comprendre, des fois faut juste laisser couler !

Le scénario en lui-même semble pratiquement fait pour moi !



Oh Gu Tak est un flic très performants, mais son usage excessif de la force dans pratiquement toutes les circonstances lui vaut une suspension et une très mauvaise réputation. Les crimes violents s'aggravant, le chef de la police lui demande de constituer une équipe de son choix sans pour autant le rétablir dans ses fonctions. Oh Gu Tak choisit donc trois criminels parmi les plus dangereux, dont le gangster Park Wung Cheol, le plus jeune tueur en série doté d'une intelligence extraordinaire Lee Jeong Mun et le tueur à gages Jeong Tae Su. Au milieu de ces quatre gars hyper dangereux, l'inspectrice Yu Mi Yeong est chargée de les surveiller et de leur apprendre à travailler en équipe, ce qui est loin d'être facile !

Evidemment, toute ça va s'étoffer au fil des épisodes et développer les histoires personnelles de chacun de ces hommes pour en faire des personnages incroyablement complexes. C'est la première fois que je vois dans un drama un tel travail psychologique pour des personnalités toutes très différentes. Sauf que bon, production coréenne oblige, on n'échappe pas à quelques clichés de circonstance !



En toute franchise, je ne doute pas que la présence de l'acteur Ma Dong Seok, qui est juste pour moi le meilleur acteur coréen, y est pour beaucoup dans cet énorme coup de cœur absolu ! Je l'ai découvert dans "Dernier train pour Busan" et j'ai ensuite regardé énormément de films où il joue (comme "Outlaws" et "Derailed" que j'ai adoré) ce qui m'a conduit tout naturellement vers Bad Guys. Il campe ici le gangster Wung Cheol, un homme fier de sa force, entêté et très instinctif, admirablement loyal au chef de son gang. Les scénaristes l'ont également doté d'une sensibilité timide qu'il rechigne souvent à montrer et il m'a beaucoup touchée. Il évolue assez discrètement et ce n'est pas facile à remarquer, mais je l'ai trouvé tout simplement parfait !




L'acteur Park Hae Jin n'a pas été loin de le détrôner ! Je l'ai trouvé méga bon dans son rôle de Jeong Mu même si son jeu manquait d'un peu de diversité. Il est le personnage le plus discret au départ et l'approche faite par les scénaristes de ses troubles psychologiques était un peu décevante (les coréens ont un rapport délicat aux maladies de l'esprit, comme la grande majorité des sociétés asiatiques, ce qui ne manque jamais de m'énerver un brin !) Heureusement, son évolution est très bien réussie de même que le mystère l'entourant, ce qui finit par faire de lui l'un des protagonistes les plus importants de l'histoire et l'acteur a su s'adapter à merveille.


Le troisième c'est Jo Dong Hyeok, un acteur que j'ai également trouvé très bon bien qu'il n'ait eu, à mes yeux, rien pour se démarquer comparé aux deux précédents. Le personnage qu'il incarne, Tae Su, est très intéressant. Droit, discret et sérieux, il n'a pas manqué de m'étonner et les révélations faites à son sujet étaient très émouvantes. Des trois, il est celui qui incarne l'émotion, l'amour même parfois, et j'ai trouvé ça audacieux quand on voit à quel point il peut être rigide.

En bref, la première approche qu'on a de ces trois personnages est assez classique, durant le premier épisode j'ai vraiment eu l'impression de faire face à trois gros clichés ambulants. Heureusement, on voit vite que les choses ne sont pas ce qu'elles semblent être et j'ai tout de suite eu envie de savoir où on allait me mener !

Le deux derniers acteurs, Kim Sang Jun, que je connaissais déjà, et Kang Ye Won qui joue la seule figure féminine, m'ont beaucoup moins plu. Le premier parce qu'il est laissé en retrait, et même s'il change jusqu'à devenir bien plus intéressant on sent bien qu'il a été mi de côté pour donner la part belle aux trois autres, et la seconde est très décevante pour moi. Son personnage est totalement inutile à mes yeux et l'actrice n'a pas du tout réussi à la rendre intéressante.

La dynamique entre ces trois gars diamétralement opposés est génialissime ! Ils se complètent malgré leur différence et leur relation pas toujours facile donne des scènes hilarantes au milieu de la violence et de la noirceur de ce drama. Les moments d'action sont parfaits pour moi, avec juste ce qu'ils faut de coolitude et d'intensité, et je vous parle même pas des quelques moments qui m'ont mi la larme à l'œil.



J'aimerais en parler plus que ça mais le problème c'est que quand j'ai aimé quelque chose à ce point-là, tout ce que j'arrive en dire c'est que c'est trop bien sa mère !

Donc bon, je vous laisse sur ces quelques mots plein de poésie et je m'en retourne essayer de regarder d'autres dramas. Après un coup de cœur pareil, j'avoue que j'ai du mal à en trouver un bien !

01/01/2019

Et de 3 ! Là ça commence à devenir classe.

Je fais le premier jet de cet article le 8 décembre, et j'ai super hâte de faire ce Bilan ! Je suis contente de prendre le temps de revenir sur mes lectures et mes découvertes. L'an dernier déjà ça commençait à me plaire. Je crois que je me bonifie avec le temps.

BILAN LECTURE

Coups de cœur

"The Expanse - tome 4 et 5" de James S.A Corey


Lu en mars et novembre.
Le seul de l'année, mais qu'est-ce qu'il est puissant ! Tout est tellement bon dans ce livre, que dis-je, dans cette série ! L'article est régulièrement mis à jour et alimenté, et je réfléchis même à en écrire un sur la série TV que j'adore tout autant.





Pas aimés du tout

"Nightrunner - tome 4 : Le retour des ombres" de Lynn Flewelling
Très très déçue de la direction prise par l'auteure. Je n'ai été touchée ni par l'histoire, et encore moins - et c'est le plus triste !- par les personnages. J'ai décidé ici d'abandonner la série.

"Bel-Ami" de Maupassant
Je voulais vraiment essayer cet auteur mais le choix n'était peut-être pas bon. J'ai littéralement détesté le personnage masculin, qui n'est qu'un gros manipulateur de mon point de vue, et la figure féminine censément forte de ce texte ne se distingue en rien des abruties superficielles de l'époque.

"L'épopée des Trois Royaumes - tome 2" de Luo Guan-Zhong
Si j'avais quelque peu été attrapée par le tome 1, celui-là m'a totalement perdue. La chronique vous explique pourquoi.

"Chroniques de Pemberley" de Marie-Laure Sébire
Tout simplement une torture abominable.

Suite de séries

"Les aventuriers de la mer - tome 4, 5 et 6" de Robin Hobb
Lu en janvier, février et août.
Toujours aussi géniale ! Je m'attache de plus en plus aux personnages et j'ai tellement pas envie de finir que j'attends avant de lire les derniers tomes.

"Le trône de fer - tome 7" de George R.R Martin
Lu en janvier.
Pareil, je prends le temps de savourer. L'écriture est toujours aussi immersive et l'univers très intéressant. Les événements se renouvèlent, la tension ne descend pas d'un cran, et c'est parfois la peur au ventre que je retourne vers un personnage que j'adore tant sont fortes les probabilités pour que l'auteur le zigouille !

"Totally Nuts - tome 2" de Cha Raev


Lu en janvier.
Le genre de lecture humoristico-sentimentale qui fait du bien par où ça passe ! Je m'attache toujours énormément aux personnages de cette auteure, à son humour et les thèmes qu'elle aborde. Ici, il est question de TDAH et c'est traité de façon rafraîchissante tout autant que sérieuse. J'en parle plus précisément dans cette chronique.



"Druss la légende" de David Gemmell
Lu en avril.
Je continue mon exploration de l'univers de Drenaï. J'avais déjà énormément aimé le personnage de Druss dans "Légende", mais là je suis totalement tombé amoureuse de lui. Quelques clichés un peu agaçants dans l'histoire m'ont empêché d'en faire un coup de cœur, mais j'hésite pas à dire quand même que pour l'instant pour moi c'est l'un des meilleurs.

Séries finies

"Ari McKenzie - tome 2 : Les cathédrales du vide" et " tome 3 : Le mystère Fulcanelli" de Henri Loevenbruck
Lu en janvier et mars.
Bonne trilogie polar mais qui s'essouffle dès le deuxième tome. J'étais contente de retrouver Ari, ce dépressif si drôle, donc j'ai quand même passé de bons moments, mais le tome 1 était vraiment le meilleur.

"La mer éclatée - tome 2 et 3" de Joe Abercrombie
Lu en février et avril.
Dans le genre bonne fantasy d'aventure, ça se laisse lire. Les personnages sont un peu caricaturaux mais ça marche très bien, et les histoires et contextes ne se distinguent pas vraiment non plus… je sais pas trop pourquoi ça m'a entraînée mais ça m'a entraînée. Très chouettes lectures.

"Le cycle de Lanmeur - tome 2 et 3" de Christian Léourier
Lu en mars et juillet.
Le premier tome m'avait vachement accroché mais dès le deuxième mon attention à commencé à battre de l'aile. L'auteur partait dans des situations tirées par les cheveux et des explications lourdes et longues qui m'ont ennuyées. J'ai été jusqu'au bout parce que je m'attendais à une révélation épique concernant l'humanité, mais… bon, je m'attendais pas à ça, disons.

Séries découvertes

Comme j'étais dans une sorte de délire de "continuer les séries en cours !" et "en terminer certaines !" bah j'en ai commencé aucune en 2018, mais je compte bien le faire cette année.

Auteurs découverts

Arthur Conan Doyle
Lu "Le monde perdu" en janvier.
Très contente de l'avoir osé ! Ce livre m'a beaucoup plu par sa construction et le travail psychologique des personnages, mais aussi par son imaginaire. Je l'ai chroniqué.

Anne Brontë

Lu "La Dame du manoir de Wildfell Hall" en avril.
Je ne l'ai pas autant aimé que "Hurlevent" mais c'est également une super découverte ! J'en ai chié des caisses là aussi.







Elizabeth Gaskell
Lu "Nord et Sud" en juin.
C'est pas passé loin du coup de cœur, ici. L'adaptation TV était aussi très bien ! Chronique sociale et critique engagée, c'est très dénonciateur et on plonge dans l'esprit combatif de l'époque avec délice. Pour en savoir plus, c'est par ici.

Thomas Hardy
Lu "Jude l'Obscur" en août.
Il faisait partie des auteurs que je voulais découvrir noté dans mon Bilan de l'an dernier, alors je suis très fière de moi. Ce livre, d'un pessimisme à chialer, m'a fait extrêmement mal, et pourtant c'est l'un des meilleurs classique que j'ai lu ! Voilà une chronique un brin révoltée.

James Matthew Barrie

Lu "Peter Pan" en août.
Grosse claque à un poil du coup de cœur !! Lisez ça pour savoir pourquoi.








Margareth Atwood
Lu "La servante écarlate" en août.
Lecture angoissante et puissante, mais bien moins que la série TV.

BD découvertes

Dans les deux précédents Bilan, je présentais des mangas, mais cette année j'en ai lu aucun de nouveau (en vrai si, un seul, mais il était tellement insipide que je vois pas l'intérêt d'en parler) Par contre je suis tombée sur 2 bande-dessinées extra !

"Un ciel radieux" de Jiro Taniguchi
Lu en janvier.
Une intéressante découverte. J'avais jamais lu cet auteur et j'ai trouvé le sujet et le genre vraiment pas mal. Les dessins simples m'ont pas énormément séduite mais l'histoire était très touchante et troublante. Un article lui est dédié.

"Ces jours qui disparaissent" de Timothée le Boucher

Lu en octobre.
C'est grâce à mon challenge à l'année que j'ai lu ça. J'adore la BD mais, sans trop savoir pourquoi, j'en lis peu, alors je m'étais mis comme objectif d'en lire une en décembre. Quand j'ai reçu celle-là j'en pas pu m'empêcher de l'ouvrir tout de suite. Elle est superbe ! Les thèmes du trouble de la personnalité, de la double identité, et d'un lourd secret combinés sont super bien trouvés ! C'est efficacement traité par l'auteur et j'ai dévoré ça en quelques minutes. Le truc con c'est que là aussi les dessins m'ont pas emballée.


Relectures

Cette année, j'ai relu "Le Clan des Otori" de Lian Hearn.
J'avais totalement adoré cette série il y a 10 ans à ma première lecture, et maintenant c'est décevant. En tout cas pour les trois premiers tomes. Et encore le mot est faible. Je vous fait part de ma détresse dans cette chronique.
J'ai une petite lueur d'espoir depuis le mois dernier quand même, parce que je suis dans la relecture du tome 4 et j'aime nettement plus.

OBJECTIFS 2019

Relectures

J'ai très, très, très, très !, envie de relire les 7 tomes de "Harry Potter".

Séries à commencer

On prend les mêmes que l'an dernier, et on recommence !

Auteurs à découvrir

Idem (me casse pas beaucoup le fion là, non ?)

Rubrique Cépasdélivres

Je suis très contente de cette rubrique, qui s'étoffe toujours plus ! Je me suis vraiment lâchée sur les dramas, j'ai aussi chroniqué quelques films, et me suis récemment lancée dans les séries télés. Maintenant, ce que j'aimerais cette année, c'est développé davantage concernant la Kpop.

CHALLENGES 2019

Accro un jour, accro toujours !

Goodreads

Encore une fois réussi en 2018, je remets ça sans soucis cette année !
J'ai baissé le nombre une fois, pour l'amener de 80 à 60. J'ai fait le chemin inverse comparé à 2017, quoi. Pourquoi ? Figurez-vous que j'ai arrêté de me tourner les pouces en 2018 : j'ai retrouvé un boulot.

J'fais c'que j'veux scrogneugneu !

Après la fin du challenge "Un mois un auteur classique britannique", me suis sentie nue et abandonnée. J'ai donc créé mon propre challenge en suivant quelques conseils et me suis lancée là-dedans.

Cold Winter Challenge

Mon préféré ! C'est un rendez-vous que le blog ne manque jamais. Ma progression, un mois après le top départ.

Week-end à 1000

Celui-ci est relativement constant pour l'instant : je fais 2 des 4 participations de l'année. C'est super motivant pour descendre sa PAL, et ça permet de se plonger uniquement dans la lecture pendant plus de 48h, ça fait un bien fou.

Book Jar

Terriblement moins présent que durant les 2 années précédentes, celui-ci s'accroche mais je pense qu'il est voué à disparaître. J'ignore si je le continuerai cette année, je verrai.


Viens maintenant le moment un peu plus sentimental où je sais jamais vraiment quoi dire (on est le 28 décembre, donc 20 jours après que j'ai doucement commencé à rédiger cet article et je suis encore en galère, c'est dire)

D'une année sur l'autre vous êtes toujours autant présent et ce malgré le changement de direction, pas tout à fait subtil, qu'a pris ce blog. Vous l'aurez sans doute remarqué mais il y a moins de lecture et plus de tout ce qui me défini. La raison ? Je lis beaucoup moins et ai pris plaisir à beaucoup d'autres choses que j'ai voulu partager, dont j'ai tenu à parler, et vous êtes là pour me suivre malgré tout (évidemment ce sont toujours les chroniques littéraires qui attirent le plus de visiteurs mais c'est de ma faute, je ne partage pas sur les bonnes plateformes)

La question qu'on m'a posée récemment c'est : pourquoi lire moins ? Je ne l'ai pas décidé, c'est venu tout seul. J'ai décroché un boulot voilà presque un an, très prenant, épuisant autant physiquement que moralement et la lecture m'a toujours demandé de la concentration et beaucoup d'investissement personnel, non seulement en terme de temps, évidemment, mais aussi de sentiments et d'émotions. Et avec un travail comme celui que je fais maintenant, j'ai très souvent besoin de me poser simplement, de ne plus réfléchir et me laisser entraîner par quelque chose qui va à la fois me détendre et me redonner de l'énergie. Cette chose c'est quoi ? La musique. J'ai brièvement commencé à en parler ici, et j'espère développer davantage cette année.

J'ai toujours été cinéphile et amoureuse des séries télé en tout genre, alors je me suis dit : pourquoi ne pas en parler aussi ?

Tout ça pour vous dire que j'adore partager avec vous, peut-être même plus que les années précédentes, que je suis pas prête d'arrêter, et tout un tas d'autres trucs bien guimauve !

Ah oui, et : Joyeux Noël, Bonne Année, et surtout n'oubliez pas que si vous vous êtes bourrés la gueule comme des sauvages, c'est pas grave, au contraire, ça permet de bien commencer l'année.

Précédemment :
Bilan n°1
Bilan n°2

29/12/2018

Ça pour une surprise !

Je vous souhaitais de joyeux fêtes et tout dans ma dernière chronique parce que j'étais persuadée que ce serait la dernière de l'année. Faut jamais dire jamais !

Editeur : Actes Sud
Collection : Babel
Parution : 2001
Pages : 250

Résumé :
Comme chaque année, Klaus, un jeune trappeur, va passer quelques jours dans la cabane de l’ami qui autrefois lui enseigna comment survivre dans le Grand Nord. Ce n’est pas son ami qu’il y trouve, mais la jeune Indienne qui devait devenir la bru de celui-ci. Parti après la mort de son fils, l’homme a disparu. Mais un pilote a repéré des traces de traîneau, loin au nord, là où ne vivent plus ni Indiens ni Eskimos, là où les trappeurs ne s’aventurent jamais. Klaus et la belle Indienne se lancent sur cette piste.


Quand je l'ai commencé, et même avant, je m'attendais à un récit d'aventure, très autobiographique. Je connais l'auteur pour ses engagements et j'ai déjà lu, il y a quelques années, "Loup", un roman que j'avais bien aimé. Mais je me suis plantée.

D'accord, je doute pas que Vanier ait mis là-dedans beaucoup de son vécu, de sa vie, de ses expériences, mais j'ai vite compris qu'en réalité il y avait surtout mis son cœur. C'est difficile de parler d'un texte comme ça pour moi car il me semble davantage philosophique qu'autre chose.

Les 3 personnages : Klaus et Prug, trappeurs, et Ula, une indienne, sont des meurtris, des écorchés, abimés par la vie. Pourtant, ils n'abandonnent pas. Ils ne gardent pas simplement espoir en l'avenir : ils luttent. Ce sont des personnages qui agissent continuellement, vont de l'avant ; pour dire simplement : ils laissent leurs empreintes, leurs traces, et pas seulement dans la neige. Dans la vie aussi. Ils m'ont énormément touchée, marquée. Tous les trois ont vécu un choc qui les a conduit à vivre ensemble cette aventure jusqu'au bout du monde.

C'est très percutant car l'auteur a construit son texte, à mon avis, comme une grosse métaphore. Ces 3 protagonistes incarnent chacun ce qu'on peut tous chercher : la vérité, l'amour, la reconnaissance avec, au final, le danger de la mort qui plane à chaque instant. Le chemin qu'ils suivent dans la toundra ne semble être rien d'autre que le chemin de la vie, la ligne qu'on décide de suivre, faite d'embûches, de dangers et de virages pas toujours facile à prendre. C'est comme ça que j'ai vu leur voyage.

Evidemment, ce livre c'est aussi une atmosphère toute entière au plus fort de l'hiver du Grand Nord au milieu de paysages grandioses décrits pourtant avec une impressionnante économie de mots. Vanier ne nous noie pas sous des kilomètres de descriptions, il va à l'essentiel et c'est d'autant plus percutant dans sa brièveté. Il alterne entre l'obscurité d'une nuit d'hiver et la lumière aveuglante du soleil sur la neige éclatante en plein jour. Une écriture presque épuisante émotionnellement pour moi.

Ouais, ce truc m'a marquée, c'est court, puissant, ça cache un message fort d'acceptation, de résignation aussi, d'espoir, de force, de courage et, surtout, de confiance. Parce que, même si Klaus, Prug et Ula sont très différents, quelque chose de semblable les lie : l'attachement à leurs chiens de traîneau. Une confiance réciproque puisque les bêtes ont également confiance en leur musher et c'est aussi une fabuleuse preuve des exploits que hommes et animaux peuvent accomplir ensemble.

D'autres avis sur

Encore une lecture du Cold Winter Challenge ! Avec celui-là, m'en reste plus que 2 à lire, ce qui est totalement faisable, du coup je vais peut-être en rajouter.

Du blablabla, encore :
De l'histoire, du mystère, un peu de fantastique, miam !
Ca fait plus d'un an, et je crois que j'en suis toujours pas remise de celui-là.

26/12/2018

Joyeux Noël, Banannée, pommes sautées, toussa

J'aime bien cet instant entre deux fêtes. Pile celle où on est. Noël vient de passer, on sait que le Nouvel An approche, on est dans une attente fébrile de pouvoir se bourrer la gueule sans complexe (moi, surtout, parce que je viens de découvrir le goût paradisiaque du Sauternes !) et la semaine passe sans qu'on la voit.

Alors quoi de mieux qu'un bon livre pour marquer cette petite période de façon plus prononcée ?

Editeur : Pocket
Parution : 2013
Pages : 691

Résumé :
Un labyrinthe qui cache un secret, une conteuse victorienne dont l'oeuvre a disparu, trois générations de femmes unies par une même histoire… En 1913, sur le port de Brisbane, en Australie, une petite fille de quatre ans est retrouvée abandonnée sur un bateau arrivant d'Angleterre, avec pour tout bagage une valise contenant quelques vêtements et un superbe livre de contes de fées. Recueillie par un couple, elle n'apprend son adoption que le jour de son vingt et unième anniversaire. Des années plus tard, Nell décide de partir à la recherche de son passé, en Cornouailles, au domaine de Blackhurst. À sa mort, sa petite-fille Cassandra poursuit cette quête et se rend à son tour en Angleterre afin de percer les secrets du domaine… 

Ode au pouvoir de l'imaginaire. Voilà. Techniquement je pourrais arrêter la chronique ici.

Kate Morton a un don incroyable pour nous livrer des histoires prenantes, mystérieuses, empreintes de mysticisme, matinées d'un peu de fantastique, d'historique, et surtout d'un gros secret.

C'est le deuxième livre que je lis d'elle et je ne suis pas déçue. Je ne me souviens pas exactement pourquoi je n'ai pas mis de coup de cœur sur "Les heures lointaines", et j'ai un peu la flemme de relire la chronique (j'ai la gueule de bois en même temps) donc ce sera à vous de me dire, mais là si je ne le mets pas c'est parce que je n'ai pas pu m'empêcher de trouver quelques grosses similitudes entre les deux bouquins.

Nous suivons plusieurs femmes à travers les époques : Eliza en 1900, Nell en 1975 et Cassandra en 2005, toutes trois liées par quelque chose de très fort, presque une tragédie, et des désirs communs, entre l'écriture, la recherche de la vérité et des origines, et la peinture. Toutes les trois sont des créatrices, des artistes, brutalisées, presque traumatisées par la vie, mais qui se battent tout de même. En cela, les figures qu'elles incarnent sont fortes quoiqu'un peu stéréotypées. Je dois reconnaître que l'auteure passait parfois tellement vite de l'une de ces femmes à une autre que j'ai eu du mal, au début, à me lier à l'une d'elle, je trouvais qu'elles manquaient de profondeur. Puis après je me suis souvenue que j'avais plus ou moins ressenti la même chose avec "Les heures lointaines" et, comme je le pensais, ça s'est arrangé après quelques pages. Finalement, je les ai trouvées géniales, et Cassandra en particulier.

Mais le gros point qui m'a, je l'avoue, un peu fait grincer des dents, c'est le fameux domaine de Blackhurst, château sombre noyé par les états d'âme de ses occupants à la limite de la dépression. Ca m'a énormément rappelé Milderhust, grand manoir inquiétant, étouffant, qui donnait tout le ton fantastique dans "Les heures lointaines". Les deux sont très semblables, la façon dont l'auteure se sert d'eux comme des personnages parfois à part entière aussi. Franchement, ça a un peu gâché ma lecture, parce que je pouvais pas m'empêcher de me dire parfois qu'elle les avait construit sur le même modèle. Je ne sais pas trop pourquoi ça m'a gêné, mais ça m'a gêné !

Heureusement, la force du récit, du mystère, et le poids des mots ont tout rattrapé. J'ai été happée de la même façon et par les mêmes choses qu'à ma lecture des "Heures lointaines". Je ne saurai pas l'expliquer, mais la densité de l'histoire et la complexité historique me tenaient totalement. L'époque de la fin du XIXème siècle m'a toujours beaucoup plu, et le fait que ça se passe ici quasiment en huis-clos donnait un aspect nouveau pour moi. Les chamboulements et changements semblent loin dans Blackhurst dont les habitants vivent presque repliés, en autarcie. Mais, c'est bien connu, on est toujours rattrapé par son époque.

Plus simplement, je pense que le style de l'auteure me convient totalement. Elle prend son temps, on danse d'un protagoniste et d'un flashback à l'autre, et j'aime faire preuve de patience avec elle, ses personnages, et les secrets qu'elle veut nous livrer. J'ai hâte de lire un prochain livre d'elle !

D'autres avis sur

Livre lu dans le cadre du Cold Winter Challenge !

Il est là :
CWC, 3ème !!
La Servante Ecarlate, tu connais ?

02/12/2018

Nan. Moui. Naaaaaan. Et pourquoi pas ? Finalement, ce sera un oui.

J'ai regardé d'une traite les deux saisons de cette série il y a quelques mois. Une fois fini le dernier épisode, j'étais persuadée d'en écrire une chronique tant ce truc m'a foutu un coup. Quelques jours sont finalement passés sans que je fasse rien, ce qui m'a fait comprendre que j'étais sans doute trop tourneboulée pour produire quelque chose de cohérent, du coup j'ai hésité avant de me dire que j'en serais jamais capable.

Puis aujourd'hui, sans le voir venir, voilà que je me lance dans cet article. A mon avis, ça va être un gros bordel !

Je crois que le problème vient du fait que j'ai tenté de construire cette chronique exactement comme celles que j'écris pour les dramas que je regarde. Avec un résumé de l'histoire, une brève présentation des personnages et des acteurs, ensuite mon ressenti à coup de ce qui m'a plu et m'a déçu. Du coup j'y arrivais pas. Parce que je ne peux pas parler de "La servante écarlate" comme du reste, c'est impossible. C'est trop indéfinissable, unique, puissant, on ne peut pas le transformer en quelque chose de normal. Parce que ce truc n'est pas normal.

Je vais tenter d'y aller par étape, cette fois.


J'ai lu le bouquin, avant. Et si cette lecture m'avait déjà bien choquée, j'avais été quelque peu déçue par la fin et le personnage soumis, effacé, de Defred. Pour moi, l'auteur n'avait fait qu'effleurer, proposer, un univers hyper intéressant, effrayant, sans aller plus loin. La série a donc osé à sa place et développé tout ce que Margaret Atwood avait laissé en suspens.




La saison 1 relate tout le livre, avec une fin tout à fait identique mais est déjà nettement plus détaillée car Defred n'est pas la seule à prendre la parole, ce qui élargit considérablement l'univers, avec des flashbacks explicatifs qui nous aide à mieux comprendre et des points de vue qui nous plonge directement dans l'envers du décor. Les connards du livre en arriveraient presque à devenir sympathiques. Presque.

La saison 2, quant à elle, prend directement la suite, là où le livre s'est arrêté. Et c'est devenu bien plus intéressant pour moi car j'avais senti un désir de révolte de la part de Defred et je voulais voir ce qu'elle allait faire pour se battre, et surtout de quelle façon.

Si j'ai été totalement attrapée par cette adaptation, c'est parce qu'elle est extraordinairement fidèle au livre. Ce qui m'a le plus plu dans le récit publié en 1985, c'est l'univers étouffant et angoissant sans cesse maintenu par l'auteure. Il est difficile d'y voir une lueur d'espoir. Tout ça est fidèlement retranscrit à l'écran, tous les costumes, les décors, jusqu'à l'esthétique même et la façon dont c'est filmé. On plonge directement dans l'angoisse de Defred qui hésite entre lutter malgré la souffrance ou abandonner. Les couleurs sont froides, dures, ternes le plus souvent, contrebalancées par la tenue rouge des Servantes. Une autre façon sans doute de nous montrer, subtilement, les violences qu'elles subissent.

Mais parfois, c'est loin d'être subtil. Il m'est arrivé d'être incapable de regarder un épisode sans couper. Les viols sont cliniques. La majorité des femmes se sont résignées, et ça m'a foutu un malaise énorme ! Ce qui rend tout ça encore plus réel, ce sont les points de vues des autres personnages, de ceux qui ont créé la République de Gilead. Leurs voix nous apportent des réponses que le livre avait écartées, par des retours en arrière très bien dosés on apprend comment tout ça est arrivé. Et ça fout la trouille. Parce que cette dystopie, décrite souvent comme de la science-fiction, n'est pas si éloignée de la réalité. C'est glaçant parce qu'on ne peut pas s'empêcher de penser que tout ça est réalisable, et qu'on en est même carrément pas loin !!

Alors évidemment on se dit forcément que, autant le livre que la série, sont un cri de révolte, féministes, et tout ce que vous voulez. Mais pas totalement, selon moi, parce que les hommes, la masculinité, bref le sexe masculin, en prend aussi pour son grade. Certains hommes sont tout aussi esclavagés que les femmes, car si certains ne sont pas d'assez haut rang, il leur sera interdit toute leur vie d'avoir une femme et des enfants. En fait, rien n'est inventé. L'auteure, et ensuite les réalisateurs et scénaristes, se sont nourris de tout ce qu'il s'est passé dans l'Histoire (droit à l'avortement, droit de vote, toussa) C'est sans doute pour ça que ça nous paraît si réel.

J'en dirais pas plus, sauf pour évoquer quand même un peu les acteurs. Ils sont tous parfaits. Ils ont tous su s'approprier leurs personnages et les faire évoluer dans cet univers pas si facile. Elisabeth Moss, qui incarne Defred, est évidemment celle qui m'a le plus bluffée tant elle retranscrit magnifiquement chaque émotion, en arrivant à chaque fois à nous foutre le frisson.

Je ne peux pas terminer sans parler de l'espoir. Il y en a nettement plus que dans le livre. Il est là, omniprésent, il n'abandonne jamais les personnages. La révolte gronde, enfle chez les Servantes, et le moment où elles se battront bel et bien pour reprendre leur liberté va à mon avis faire très mal. C'est un véritable exploit d'avoir réussi à le laisser grandir dans une série avec une telle esthétique sombre et pâle à la fois. C'est un coup de cœur, et un chef d'œuvre. J'ai hâte de voir arriver la saison 3.

Et vous, vous l'avez vu ? Dites-moi l'effet qu'elle vous a fait !