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20/05/2020

Un jour, moi aussi quand j'aurais passé une nuit de merde je buterai quelqu'un.


C’est dans des moments comme ça que j’ai envie de dire : merci confinement ! Je vais pas pousser le vice jusqu’à dire « merci COVIDou » quand même mais bon, par extension…
Ouais, y’a mieux comme entrée en matière.
Allez, je me fous 2 claques et je me lance :

Éditeur : L’Homme sans nom
Pages : 350
Parution : 2018

Résumé :
Après avoir avoué à sa femme qu'il avait toujours détesté le thé, Ambroise Perrin se défenestre sous les yeux médusés des personnes présentes. Dans un palace vénitien, Louise Duval se réveille d'une soirée de gala et découvre que sept de ses collègues sont morts au même moment dans leur lit de cause inexpliquées. Rien ne lie ces deux affaires, si ce n'est leur mystère. C'est assez pour intéresser Evariste Fauconnier, enquêteur émérite spécialisé dans les affaires que personne ne peut résoudre. Entre crimes en série et esprits diaboliques, le fin limier va devoir dénouer les fils d'une gigantesque toile qui risque bien d'avaler son âme autant que sa raison. Car l’araignée a souvent le dessus sur le papillon.

J’ai reçu ce bouquin gratis lors d’une opération spéciale confinement, ce qui explique l’intro qui pue du cul, où un site, en partenariat avec plusieurs éditeurs, distribuait un livre par jour. Celui-ci fut l’un d’eux. Et quelle découverte !
Pour être tout à fait honnête il ne vaut pas un bon thriller de Karine Giebel, qui maîtrise la tension à la perfection et a l’art de nous faire aimer des personnages à la noirceur insondable, ni même un Robert Galbraith, qui a ce talent inimitable pour nous mener à la baguette avec ses scénarios bien huilés où chaque élément et chaque indice trouve sa place. En fait, ce qui a sorti ce livre du lot, c’est le style de l’auteure.
En un mot : unique.
Les deux personnages, Évariste et Isabeau, que j’ai trouvé dans un premier temps assez cliché malgré moi (beaucoup de ressemblance avec Sherlock Holmes et Watson à mon sens), se sont finalement avérés être très originaux… grâce à l’humour.
L’auteure a un don indéniable pour nous faire rire dans n’importe quel moment grâce aux joutes verbales qu’elle s’amuse à créer entre ces deux gars différents tant sur un point de vue moral, caractériel, que physique. Les conversations entre ces deux hurluberlus sont un délice d’intelligence et de sarcasme mêlés et j’ai ri aux éclats à plusieurs reprises.
Rien que pour ça, ça vaut très franchement le détour !
Quant au reste, l’intrigue policière est nette, précise et propre. Mais peut-être trop propre justement. Elle est classique, l’auteure ne dépassant pas les lignes du genre. Alors oui c’est efficace, chaque indice trouve sa place mais ils tombent tous au moment propice.
Je m’explique : c’est comme si l’auteure avait suivi la recette du « parfait petit livre policier ». Rien à reprocher à la préparation, ni à la cuisson, ni même au goût si ce n’est son manque de prise de risque.
En fait, ça marche très bien, ça se lit très bien, mais j’attendais un petit quelque chose en plus. C’est exactement le genre de livre qu’on lit pour passer du bon temps sans avoir à trop se poser de question et simplement apprécier un moment avec des personnages qui, disons-le franchement, portent tout sur leurs épaules.
Ce n’est pas négatif, loin de là. M’attacher aux personnages est ce que je préfère quand je découvre un livre, qui plus est une série.
Je lierai donc les précédentes aventures d’Évariste et Isabeau avec grand plaisir !

Précédemment :

24/11/2019

Ne demandez jamais à un pirate de choisir entre son perroquet (sans jeu de mots) et sa jambe de bois (ouais bon si, OK, y'en a un)

Un Challenge qui, ma foi, se déroule très bien, et qui en plus me fait réaliser que j’adore les livres dans lesquels il est question de pirates !

Alors à l’abordage moussaillons, sortez vos jambes de bois et n’oubliez pas votre perroquet bavard, c’est l’heure d’hisser nos couleurs.

Éditeur : Livre de Poche
Parution : avril 1972
Pages : 219
Résumé :
Depuis l’Odyssée, aucun récit d’aventures n’eut plus de succès que l’Île au Trésor. Jim Hawkins et le terrible John Silver, l’homme à la jambe de bois, sont les héros de cette histoire. L’Hispaniola débarque sur l’île au Trésor les « bons » et les « méchants ». Dès lors, une lutte implacable se déroule pour retrouver le trésir amassé par Flint, redoutable pirate mort sans avoir livré son secret.






On dit de lui que c’est un « classique ». Personnellement, même si je sais ce que ce terme désigne, j’ai toujours eu du mal à le définir. Grâce à l’Île au Trésor, aujourd’hui j’y arrive. Enfin, un peu.

À l’époque où il a été écrit, il était destiné aux enfants. C’était au XIXème siècle. Aujourd’hui, clairement, il plaira davantage aux adultes. Disons qu’il est toujours à destination des adolescents, mais ces derniers seraient aujourd’hui incapables d’en apprécier toute la portée. Moi je suis plutôt contente d’avoir attendu pour le lire, je suis presque sûre qu’il m’aurait beaucoup moins plu quand j’étais jeune.

Toute la narration se fait du point de vue de Jim Hawkins qui est un garçon à l’âge indéfini (personnellement je le situe autour d’une douzaine d’années) très rusé, mature et courageux. Il a toutes les qualités du parfait jeune héros à qui tous les garçons peuvent s’identifier. Ainsi que les petites filles aussi, pourquoi pas bordel ! Quand il raconte son aventure il le fait en se focalisant sur l’essentiel, sur l’action. Le récit est donc très dynamique, il n’y a pas de temps mort quand c’est Jim qui tient la barre et cela en fait un parfait roman de piraterie et de quête. Si, au fil de l’aventure, ce petit gars l’emporte sur tout et sur tous, c’est qu’il possède l’imagination et l’innocence qui peuvent pulvériser les obstacles (et ça m’a donné envie de redevenir gosse, putain)

Il y a toutefois une petite partie où l’un des autres personnages prend la parole, c’est un adulte et son récit est plus dans l’analyse, c’est un peu plus ennuyeux mais ça se concentre davantage sur la psychologie des personnages et c’est finalement très intéressant. Ça m’a permis de me rendre compte que si, au premier abord, il semble y avoir le camp des gentils d’un côté et celui des méchants de l’autre, en réalité c’est bien plus complexe. Il peut y avoir tellement d’inattendues complicités entre chaque protagoniste qu’on s’y perd. L’auteur a pris soin de certes construire son roman comme une quête initiatique pleine de rêve et de fantasmagorie mais il n’en est pas moins resté réaliste. Dans l’adversité, les relations se font et se défont au gré des événements et des séductions.

Mais s’il y a bien un personnage parmi touts ceux-ci qui mérite d’être mentionné, c’est l’île elle-même. Elle y tient un rôle central et fortement symbolique. Elle présente d’abord tous les traits de l’endroit rêvé et utopique avant de finalement se révéler plus sombre dès lors que les hommes s’y perdent, comme si elle était contaminée par la noirceur des pensées pleines d’avarice des adultes. Un cadre donc idéal au combat essentiel que se livrent ce monde des adultes et celui de l’enfance (sous les traits de Jim Hawkins et de Long John Silver) En cela, elle m’a beaucoup rappelé le Pays Imaginaire de Peter Pan (les sirènes chelous en moins)

On tire une vraiment grande leçon de cette lecture. C’est un livre à mettre entre toutes les mains et les pieds. Pas de chichi.

13/11/2019

Zimzalabim !!

Bordel, je viens de me rendre compte que les chroniques de S-F étaient si rares ici qu'elles se comptaient sur les doigts d'une main !
En plus je triche, celle de The Expanse je la met à jour dès que je lis un bouquin… une chronique pour 6 livres lus, nan mais tu parles d'une feinéasse.

Assez parlé, place à l'action !

Éditeur : Pocket
Parution : 2016
Pages : 704

Résumé :
2202. Né des cendres d’une conflagration planétaire, l’Empire Chrétien Moderne règne sur une Terre ravagée et irradiée. Urbain IX, pape tout puissant, contraint les populations à vivre selon un mode de vie médiéval, restaurant ainsi le Dominium Mundi. Sous son impulsion, un vaisseau colonisateur est envoyé vers Alpha du Centaure, dans l’espoir d’y trouver de nouveaux territoires pour l’humanité. Lorsque les passagers abordent une planète et son peuple, les Atamides, le choc est grand. Mais ce n’est rien en comparaison d’une découverte encore plus bouleversante : le véritable tombeau du Christ ! Guidés par leur foi inébranlable, les missionnaires tentent de s’en emparer, en vain. Les indigènes les massacrent. Sur Terre, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Deux ans plus tard Urbain IX achève d’armer un gigantesque vaisseau, le St-Michel, capable d’abriter un million d’hommes. Pour Tancrède de Tarente, le Méta-guerrier héros des champs de bataille, et Albéric Villejust, le génie de l’Infocosme enrôlé de force, débutera une Croisade sanglante vers une nouvelle Jérusalem… Les événements feront-ils bégayer l’Histoire ?

Même si ce roman est très clairement un space opera dans le genre de la S-F l’auteur s’amuse à flirter avec le genre chevaleresque du Moyen-Âge, et c’est bon ! Par de nombreux aspects il m’a rappelé la saga des Rois Maudits de Druon, il y a comme un désir de revanche dans ce texte face à l’idéologie parfois extrémiste de la région (au sens large j’entends, pas seulement la chrétienté même si c’est d’elle dont il est question ici)

Rien que le mot de « Dominium Mundi » par exemple, est un concept qui remonte au Moyen-Âge, en gros c’est l’extension du monde chrétien sur le modèle de l’empire romain, sauf que là l’extension elle se fait carrément dans l’espace et même hors du système solaire. L’auteur a admirablement bien mêlé les deux genres (trois même parfois je dirai, mais je vais y revenir) : l’historique et la S-F.

Le pouvoir du Vatican est tout puissant en ce début de XXIIIè siècle, même si les détails sont minimes dans le texte et livrés par petites touches on devine qu’il contrôle la presque totalité du globe. Les quelques poches de résistances disséminées par-ci par-là sur la planète se font littéralement pourchasser, harceler et broyer par les soldats surentraînés de l’Église, comparables aux Croisés de l’époque Moyen-Âgeuse.

Ce sont justement ces soldats qui vont être envoyés sur Akya, l’une des premières planètes à avoir fait les frais du Dominium Mundi. D’accord, le pape Tout-Puissant entend bien propager la bonne parole de Dieu dans toute la galaxie (un peu ouf le gars, non ?) mais il n’avait pas pensé une seule seconde rencontrer de la résistance (c’est le propre des gens trop sûrs d’eux). Les habitants d’Akya, appelés les Atamides, ne se sont pas laissés faire et les rapports disent tous que toute la colonie envoyée sur la planète a été littéralement décimée. Si le Pape insiste pour prendre le contrôle de ce gros caillou lointain à première vue inhabitable (je vous jure, y’a plus accueillant comme endroit !) c’est tout simplement parce que les colons, avant de se faire écrabouiller, ont eu le temps d’envoyer des images pour le moins troublantes : le tombeau du Christ. Sur une planète à des années-lumières de la Terre. Rien que ça.

L’idée en elle-même est juste géniale, et il se trouve que les croisades sont l’une des parties de notre Histoire que je préfère, alors coupler ça à de la S-F, qui est un style que j’adore, j’ai sauté dessus.

J’avais qu’une envie : que les Croisés débarquent sur Akya, trouvent le tombeau, et que tout explose. Ah bah oui, comment voulez-vous que les croyances persistent après ce genre de découverte ? Bon en vrai l’auteur a trouvé la combine, et ça relève limite du génie, mais j’avais justement envie de voir comme il allait se débrouiller avec tout ça.

Et ça c’est pas du tout passé comme je m’y attendais. Parce que ce livre en fait ce n’est que le premier tome et toute l’intrigue se passe à bord du Saint-Michel, merveille de technologie, vaisseau immense dont la mission est d’emmener un millier de soldats pour répandre la bonne parole de Christ (entendez par là : le sang et la mort bien sûr, comme quoi les choses ne changent jamais vraiment même à 1000 ans d’intervalle)

Au début je voyais pas trop où l’auteur voulait en venir alors que le cœur de l’histoire semble être, de par le résumé surtout, la rencontre entre les soldats de la chrétienté et les Atamides. Et c’est là que j’en viens au troisième genre de ce roman : la politique fiction. À travers les yeux de personnages à la psychologie complexe et bouleversée par la situation l’auteur va mettre à mal ce qui nous semblait à nous lecteur être une puissance stable et sûre : l’Église elle-même.

Au cours de ce voyage à travers les étoiles les personnages centraux : Tancrède de Tarente, l’un des soldats les plus fameux de cette croisade, Méta-Guerrier aux réflexes surhumains, et Albéric Villejust (pour qui j’ai eu un petit faible), enrôlé de force et pas très fervent croyant, vont se retrouver à mener des enquêtes pour tenter de déterrer un complot. Tancrède étant un soldat, il va devoir lutter contre sa propre rigidité d’esprit (il a suivi un entraînement inhumain et a donc été très violemment conditionné) et en ça il m’a beaucoup touchée même si je l’ai trouvé un peu caricatural malgré moi. Surtout vers la fin, j’avoue, suite à sa rencontre avec un personnage féminin… OK, de la romance n’était pas de trop dans ce récit complexe parce que ça m’a fait respirer un peu c’était une bonne idée, mais l’auteur a utilisé beaucoup trop de clichée pour ça. À croire qu’il a rajouté ça à la dernière minute. Bon, je suis pas très bon public en ce qui concerne la romance à la base, c’est vrai. En plus la nana je l’ai pas aimée.

Bref ! Pourquoi, malgré cette légère déception, alors que je voulais tant voir la rencontre entre humains et Atamides, j’ai tant aimé ce roman ? Parce que l’intrigue secondaire, c’est du polar, de l’enquête, et un putain de bon suspens dont les révélations, les rebondissements et les questionnements sont distillés au fur et à mesure avec beaucoup de brio. Que se passe-t-il exactement ?

Ça tue sur le Saint-Michel, et de façon plutôt violente. Meurtre horrible, disparitions discrètes qui personne ne remarque, manipulation de l’information, tout ça contribue à éveiller les soupçons chez Tancrède, et ça nous amène à comprendre que malgré sa droiture et sa foi évidente, il n’en est pas pour autant aveuglé, c’est un être humain qui réfléchit. Il est plein de questionnement, de doutes et a une grande soif de comprendre. J’aime beaucoup son état d’esprit, son caractère et sa droiture également. Un conflit moral va évidemment très vite le torturer et ça l’a rendu encore plus intéressant.

Mais j’ai quand même préféré Albéric, parce qu’il évolue d’une façon qui me plait d’avantage. Tancrède change, évolue énormément lui aussi, mais il passe d’un personnage relativement sûr de lui, fort, à quelqu’un de bien trop déboussolé, perdu sur la fin, qui va préférer la solution de facilité pour apaiser son esprit. Albéric, à l’inverse (et ces deux personnages diamétralement opposés ont une super dynamique ensemble !) passe de quelqu’un de timide et effacé à quelqu’un de combatif qui n’hésite plus à prendre des décisions.

Autour d’eux gravitent des personnages secondaires géniaux, comme les frères Tournai dont j’ai aimé les joutes verbales, sans compter qu’ils sont comme le jour et la nuit eux aussi, et Vivianne, l’un des seuls personnages féminins qui en vaut la peine. Les antagonistes aussi valent le détour, notamment Robert de Montgomery que j’ai bien aimé pour son côté pitoyable autant que dangereux.

La chose dont j’avais un peu peur honnêtement, vu le sujet, le genre et la longueur du bouquin, c’est que l’auteur en ait fait des caisses avec les descriptions (c’est une erreur que j’ai pas pu m’empêcher de remarquer chez les auteurs de fantasy et S-F d’aujourd’hui) fort heureusement le bonhomme, scénariste pour les films, les BD et les jeux vidéo, connait bien son boulot. Il nous donne finalement peu de détails, en tout cas c’est juste ce qu’il faut pour nous donner de bonnes premières directives et nous permettre d’imaginer le reste tout seul comme des grands. Il ne nous prend clairement pas pour des bébés à qui il doit tenir la main.

Vous me connaissez, j’accorde beaucoup d’importance à la fin. Et là, je n’ai qu’une chose à dire :

Putain, l’enfoiré !

Il m’a laissé là, à la dernière page, comme une abrutie ! Après des mois de voyage interstellaire passé dans le Saint-Michel à regarder Tancrède être déchiré entre sa foi chrétienne et ses certitudes, et Albéric cherchant la vérité et se révoltant contre la condition de tous ceux qui, comme lui, furent contraint par la force de participer à cette croisade, je me retrouve comme une imbécile qui comprend parfaitement qu’elle a été super bien bernée.

Parce que l’histoire s’arrête pile au moment où les croisés débarquent enfin sur Akya.

Du coup, vous savez quoi ?

Je vais devoir m’acheter le tome 2, et fissa !

_______________________________

8 mois plus tard...
Et je jure sur notre galaxie, j'avais rien oublié !

Éditeur : Pocket
Parution : 2016
Pages : 960

Résumé :
2205. C’est le débarquement. Les troupes de l’Empire Chrétien Moderne se déploient dans les plaines arides d’Akya du Centaure.

À l’arrière, Albéric Villejust organise la rébellion qui gronde parmi les inermes.

De leur côté, Tancrède de Tarente et Clorinde ont retrouvé l’amour, une foi inébranlable, et comptent mener à bien leur mission, au nom du tout-puissant Pape Urbain IX. En tant que méta-guerriers, la prise de l’ultime tombeau du Christ repose en grande partie sur leurs épaules.

Mais sous l’implacable soleil centaurien, rien n’est gravé dans le marbre. Alors que les rebelles se cachent et s’organisent dans le désert, que les Atamides se révèlent plus dangereux que prévu, les luttes de pouvoir s'intensifient et des forces nouvelles s’agitent dans l’ombre. De ces zones obscures dépendront l’avenir d’Akya, des nouveaux Croisés et, à plus grande échelle, de peuples entiers…


Ah ! Que voilà une aventure que j’étais ravie de reprendre !

Dans le tome 1, même si j’avais adoré l’histoire et ce huis-clos géant se déroulant dans cet énorme vaisseau spatial, j’étais restée quelque peu sur ma faim en tournant la dernière page tant j’avais hâte de voir les croisés débarquer sur Akya. Faut dire aussi que l’auteur, dès le début du livre, nous rabâchait sans cesse que c’était l’unique but de toute cette histoire : les croisades, menées sur une autre planète.

Avec le tome 2, nous y voilà enfin ! Et l’auteur enfonce les clous en défonçant royalement tous les beaux principes de la chrétienté (si si, ils les défoncent !) en faisant passer tous les croyants de cette aventure pour des fanatiques religieux ultra-violent et idiots.

Alors. Ça peut paraître négatif dit comme ça mais ça ne l’est pas. Du moins, pas totalement. Durant ma lecture, j’étais, je le reconnais, un peu déçue de cette méthode, je me disais que s’il voulait à ce point mettre à mal les dogmes et l’aveuglement extrême de certaines religions, il aurait pu le faire de façon plus subtile. Finalement, quelques jours après avoir terminé ma lecture, j’ai réalisé que ce choix était judicieux au regard du style narratif et du genre. Oui, d’accord, il dénonce à la façon d’un homme qui veut vraiment faire passer tous les croyants pour des ignares aveugles, mais au moins comme ça le message passe, sans compter qu’il ne faut pas oublier qu’on est avant tout dans un livre de science-fiction et d’aventure. Pour répondre au mieux aux codes du genre, il faut donc de l’action, de la baston, des extra-terrestres et tout et tout (attention, je ne dis pas que TOUS les livres de SF devraient être comme ça, je dis juste qu’il s’agit des codes les plus connus du genre)

Et croyez-moi que des combats, il va y en avoir !

D’ailleurs, au début ce n’est que ça : humains VS Atamides. Une vraie boucherie. Je me demandais où l’auteur voulait en venir et s’il n’y allait pas un peu fort. Puis j’ai finalement compris vers quoi il nous menait.

Dans le tome 1, Tancrède de Tarente était l’un de mes personnages préférés. J’avais beaucoup aimé sa sensibilité malgré son image d’homme de guerre même s’il m’agaçait un peu parfois à ne pas prendre clairement de décision. Dans la suite j’ai malheureusement été un peu déçue. Non pas du personnage lui-même, il est toujours très bien au regard de ce qui lui arrive, mais à cause de la façon dont l’auteur à déroulé les choses pour lui. En toute honnêteté, j’ai trouvé que ça manquait d’originalité, et quand c’est développé dans un tel manichéisme ça a tendance à m’agacer.

Désolée, M’sieur Baranger, mais les choses ne sont en réalité pas comme vous les décrivez : non, il n’y a pas le blanc d’un côté et le noir de l’autre ; le bien VS le mal. Parfois, souvent même d’ailleurs, il y a du gris et un entre deux indécis.

Un peu plus positif maintenant : Albéric Villejust, le second personnage le plus important de cette histoire, et celui que j’avais préféré dans le tome 1, reste ici celui que j’aime le plus. Je l’apprécie même davantage.

Les quelques défauts que je lui reprochais auparavant ont disparu, il change énormément et devient un homme qui n’a plus autant peur qu’avant de prendre les décisions. Il s’affirme et j’aime beaucoup cette nouvelle image de lui, plus téméraire. Son intelligence et sa sensibilité en font quelqu’un de vraiment à part parmi tous les autres protagonistes.

Pour ce qui est des Atamides, là j’applaudis franchement l’auteur. Ce peuple extra-terrestre ne ressemble en rien à ce que j’ai déjà rencontré dans les nombreux livres de SF que j’ai lu jusqu’à présent, il a fait preuve d’une très grande originalité. J’ai beaucoup aimé découvrir leur culture, leurs coutumes et même leur particularité biologique (ou biochimique…) dont je ne peux pas trop parler ici sous peine de spoiler.

Quant au rythme du récit, il était vraiment en dent de scie. Commencer par tant d’action pour finalement sombrer dans de lentes et longues descriptions dont certaines étaient ennuyeuses sinon inutiles était assez mal géré. À la place de tout ça j’aurais apprécié qu’il nous en dise un peu plus sur la faune et la flore d’Akya par exemple. Même si nous avons eu un très bel aperçu de ce que pouvait être un « tigre-roche », le seul petit moment qui lui est consacré n’a pas étanché ma soif de savoir et mon indécrottable curiosité.

Pour ce qui est de la fin, je dois reconnaître qu’à elle toute seule elle rattrape les quelques petits points négatifs que j’ai relevé. L’auteur a eu une riche idée (quoi qu’un peu tiré par les cheveux, mais pourquoi pas !) et a su admirablement bien la développer. Sans compter que je ne m’attendais pas du tout à ce que le Saint-Michel, le vaisseau qui les a menés de la Terre à Akya, ait à nouveau son utilité. 

Et pour ce qui est de l’histoire d’amour entre Tancrède et Clorinde, alors ? Bah elle m’a tellement peu intéressée que j’ai pas grand-chose à en dire, si ce n’est que j’aime plutôt bien comment ça fini entre eux, voilà !

Bref, du bien, du moins bien et du très bien pour ce livre, ce qui nous donne un diptyque ma foi fort génial ! Si vous êtes féru de science-fiction qui sort de l’ordinaire tout en restant sur les rails des codes du genre, ne passez pas à côté !

Mes autres chroniques de S-F :

14/09/2019

Une fois n'est pas coutume.


Première lecture du Pumpkin Autumn Challenge, une chronique. Ca démarre plutôt bien !

Éditeur : Auto-édition/Amazon
Pages : 200
Parution : mai 2019

Résumé :
Un peu d'Histoire, une pointe d'actualité, un soupçon d'observation... À travers ce recueil de nouvelles, redécouvrez le monde qui nous entoure : la nature, les animaux, les sujets forts de notre temps, mais aussi un peu du temps passé et des temps à venir.
Diane Bonot-Laxar vous invite à pénétrer dans son univers fait de petits riens, des bonheurs simples de la vie, des évènements les plus importants aux choses les plus insignifiantes.



Ça faisait très longtemps que j’avais pas lu de nouvelles (des années je crois bien). C’est pas que j’aime pas ça, c’est simplement que spontanément je vais me diriger vers les romans, des histoires avec lesquelles je peux passer des heures et mes lier longtemps aux personnages. Bah vous savez quoi ? L’auteure a réussi à me rendre ses protagonistes hyper attachants, tous sans exception, avec des histoires ne durant, pour certaines, qu’une page ou deux. Je me souviens encore de quelques-uns d’entre eux.

Attention : Talent !

L’auteure touche à tout, vraiment. Il y a dans ce recueil de l’onirique, de la romance, du fantastique, de l’historique, un peu de polar aussi (si si, j’en ai vu !) bref, il y en a pour tous les goûts ! Mais quelque chose ne change pas : la surprise qu’elle nous réserve toujours à la fin ! Je me vente souvent de m’être lassée du style policier (alors que je ne lisais que ça étant ado) parce que j’arrive presque toujours à deviner la fin très facilement (qui est l’assassin, le mobile, toussa) et honnêtement la seule qui arrive encore à me surprendre dans ce style, c’est Karine Giebel. Ici, chaque fois qu’une histoire terminait, j’étais étonnée. Le fait que les récits soient vraiment très courts aide l’auteure à garder la maîtrise de la chute, indéniablement, car le lecteur n’a vraiment pas le temps de tout analyser, de déduire, et il ne comprend vraiment qu’au dernier mot qu’il a été berné. Le plus souvent, les fins me faisaient rire, car l’auteure sait foutrement bien rebondir pour changer de direction et transformer une nouvelle qu’on pensait dramatique en quelque chose de bien plus léger et humoristique. Mais il y avait aussi parfois beaucoup d’émotion et j’ai été aussi très souvent attendrie.

Vous l’aurez compris, ce texte au complet est un véritable ascenseur émotionnel.

Pour certaines nouvelles j’ai véritablement eu de gros coup de cœur et je les ai relues plusieurs fois tant elles m’ont fait rêver.

Le second point qui m’a absolument transportée, c’est l’écriture. L’auteure joue avec les mots comme elle joue avec nos émotions, avec beaucoup de subtilité, de contrôle et de détournement. J’ai été franchement surprise et c’est surtout à la fin qu’elle nous montre toute l’étendue de ce qu’elle sait faire, avec une conclusion superbe faite de prose, de rime, d’autodérision. Elle a osé quelque chose, elle a foutrement bien réussi, ça m’a beaucoup plu.

Je ne peux que vous conseiller de la découvrir pour rêver, rire et vous émouvoir. Moi j’applaudis, et j’espère qu’elle publiera encore !

11/09/2019

Moi je dis une hache c'est un bon compromis entre le marteau et l'épée ! ... Putain, fallait vraiment y penser à celle-la.

Ah mais non, je ne l'ai pas volée ! Je l'ai transférée, nuance. Chronique auparavant écrite pour un autre site, je me permets de la rapatriée ici.

De quoi ça parle ? D'un guerrier bourru, d'une hache, d'une guerre. Et c'est signé Gemmell.

Éditeur : Milady
Parution : 2010
Pages : 512

Résumé :
Son nom est Druss. Garçon violent et maladroit, il vit dans un petit village de paysans situé au pied des montagnes du pays drenaï. Bûcheron hargneux le jour, époux tendre le soir, il mène une existence paisible au milieu des bois. Jusqu’au jour où une troupe de mercenaires envahit le village pour tuer tous les hommes et capturer toutes les femmes. Druss, alors dans la forêt, arrive trop tard sur les lieux du massacre. Le village est détruit, son père gît dans une mare de sang. Et Rowena, sa femme, a disparu… S’armant de Snaga, une hache ayant appartenu à son grand-père, il part à la poursuite des ravisseurs. Déterminé à retrouver son épouse, rien ne devra se mettre en travers de son chemin. Mais la route sera longue pour ce jeune homme inexpérimenté. Car sa quête le mènera jusqu’au bout du monde. Il deviendra lutteur et mercenaire, il fera tomber des royaumes, il en élèvera d’autres, il combattra bêtes, hommes et démons. Car il est Druss, et voici sa légende… 
Alors là franchement, je vous le dis tout de suite, je risque de manquer d’arguments. Je crois que c’est pour moi l’un des meilleurs de l’auteur que j’ai lu jusqu’ici !
C’est foutrement épique et ça commence très vite pour ne jamais s’essouffler jusqu’à la dernière page. Il y a du drame, de l’humour, beaucoup d’aventures, quelques réflexions pas débiles du tout sur la violence et le besoin qu’a un être humain de parfois la laisser s’exprimer mais surtout, il y a des personnages inoubliables !
Druss, pour commencer, est parfait. Vraiment. Je crois que c’est la première fois que je dis ça d’un personnage de fantasy. On n’est pas avec un héros basique, ni même avec un anti-héros comme on en voit souvent maintenant, mais avec quelqu’un fait d’ombres et de lumières, têtu, acharné, torturé mais aussi très amoureux, droit et loyal… J’ai vraiment adoré. Ce n’est pas la première fois que j’ai affaire à lui, ayant déjà lu « Légende » il y a longtemps, mais je l’avais moins apprécié dans celui-là. Sans doute parce qu’il n’est pas les des protagonistes principaux. Ici, c’est de lui dont il est question, de son amour, de ses combats, de ses choix.
Évidement, parce qu’il s’agit de la saga Drenaï, il y est aussi question du pays, mis en danger par l’empereur de la Ventria. J’ai aimé découvrir ce que ces deux territoires voisins et ennemis de longue date étaient devenus bien longtemps après les récits dont il est question dans Waylander. Gemmell, alors qu’il s’agit quasiment toujours de guerre et de défis entre les puissants m’étant en péril la paix des nations, ne se répète pas dans ce bouquin, il se renouvèle énormément avec Druss et je n’ai pratiquement rien retrouvé qui ait déjà été exploité dans la trilogie précédente, hormis une histoire de démon…
C’est d’ailleurs le seul point négatif que j’ai gardé de cette lecture, il y a un ou deux passages un peu zarbes que j’ai pas bien saisi et qui n’étaient, de mon point de vue, pas forcément utiles. Ils ont même un peu plombé le rythme je trouve, mais ça ne dure pas longtemps et ne m’a de toute évidence pas énormément gêné.
Point essentiel : j’ai beaucoup aimé la fin ! Ça termine comme ça commence. La boucle est bouclée j’ai envie de dire. Chapeau Mr Gemmell !
J’ai failli oublier ! Rowena, la femme de Druss, est l’un des seuls personnages féminins à qui je n’ai rien à reprocher en fantasy, et c’est suffisamment rare pour que je le souligne.

18/08/2019

"On peut aisément pardonner à l'enfant qui a peur de l'obscurité; la vraie tragédie de la vie, c'est lorsque les hommes ont peur de la lumière." - Platon


Un jour une jeune libraire découvre « Terreur » de Dan Simmons et se dit que ouais, décidément, c’est un auteur pour elle. Elle décide donc de se procurer ce que beaucoup considèrent comme sa meilleure réussite. Oui mais voilà, ladite œuvre est dense. Très dense. La jeune libraire se dégonfle, le met de côté, elle verra pour plus tard, de toute façon des livres elle en a trop à lire et n’a pas de temps à perdre avec un bouquin qui se vend très bien tout seul et qu’elle pourrait mettre des semaines à finir.

Puis, des années plus tard (libraire elle ne l’est plus) alors qu’elle part en vacances pendant 15 jours, elle décide de l’emmener avec elle, c’est bien comme ça pas besoin de se promener avec 4 livres, elle n’en prend qu’un seul.

Pour finalement se retrouver bien con. Parce que vous savez quoi ? J’ai lu cette frappe littératomique en même pas 10 jours.

Ouais, du coup je me suis retrouvée au bord de la piscine sans rien avoir à lire, à ruminer sur ma débilité et la claque que je venais de prendre.

Projecteur sur :
Éditeur : France Loisirs
Pages : 1304
Parution : 2012

Résumé :
Ils ont le Talent. Ils ont la capacité de pénétrer mentalement dans notre esprit pour nous transformer en marionnettes au service de leurs perversions et de leur appétit de pouvoir. Ils tirent les icelles de l’Histoire. Sans eux le nazisme n’aurait peut-être pas été cette monstruosité dont nous avons du mal à nous remettre, les fanatismes de tous ordres ne se réveilleraient pas de façons aussi systématique et nombre de flambées de violence, tueries, accidents inexpliqués, n’auraient peut-être pas ensanglanté notre époque. Car ils se livrent aussi entre eux, par « pions » interposés, à une guerre sans merci. A qui appartiendra l’omnipotence ? Sans doute à celui qui aura le plus soif de pouvoir.

Déjà avec « Terreur » j’étais au top question frissons qui remontent le long de la colonne vertébrale, avec la sensation que quelqu’un dans l’ombre épaisse m’observait. Alors là, avec cette œuvre monumentale, le top est loin derrière, et moi j’ai ressenti un malaise toujours croissant, de plus en plus persuadée que j’avais foutu les patounes dans un putain de piège tendu par un auteur qui, bordel, sait ce qu’il fait !

Ah oui, on la sent la puissance du style, de l’Histoire et de toute l’intelligence dont Simmons a fait preuve pour mettre en forme et nous présenter, tel un caviar empoisonné sur un plateau d’argent poli, cette histoire monstrueuse, peuplée de monstres bien humains tournant autour de la part de notre histoire la plus moche : celle de l’extermination des Juifs. Peut-être que c’est pour ça qu’on ressent si bien toute la monstruosité qu’il a voulu dénoncer, ça se passe toujours dans le réel. C’est du fantastique pur et dur, comme « Terreur ». Ce monde est le nôtre, cette Histoire est la nôtre. Du coup, cette monstruosité nous paraît plus terrible encore, et qu’il ait décidé de porter toute la culpabilité sur des enfoirés pas tout à fait humains n’atténue en rien la honte.

En commençant ce bouquin, j’ai immédiatement compris que je sautais à pieds joints dans une malveillance étouffante, poisseuse, qui m’a plusieurs fois empêchée de respirer, et pour cause, il nous met tout de suite dans le bain, dès l’ouverture : nous sommes en 1942 à Chelmno, camp d’extermination au cœur de la Pologne, où les nazis s’en donnent à cœur joie avec les fours crématoires et les expériences. Saul Laski est un survivant qui a vu sa famille se faire décimer et qui attend la mort mais non sans perdre sa dignité, car lorsque des officiers allemands, menés par un certain « Oberst », viennent sélectionner des victimes totalement au hasard, il décide de résister. Tout, plutôt que de se faire sagement fusiller ! Sauf qu’il ignore que ce fameux Oberst n’est pas un humain comme les autres, jusqu’à ce qu’il se rende compte qu’il perd totalement le contrôle de son corps et de sa volonté, car quelque chose, ou quelqu’un, s’est invité de force dans son esprit…

Dès le début, dès le prologue, Dan Simmons nous livre l’étendue de son propre talent grâce à un coup de maître génialissime : lier, à la perfection, fantastique et faits historiques réels. Et il en sera comme ça tout du long ! J’ai été chaque fois bluffée par la facilité apparente avec laquelle il parvient à mêler ces deux genres pourtant bien distincts. Mais comment il a fait ça putain ? J’ose même pas imaginer le travail titanesque de recherche et de (ré)écriture que ça lui a demandé (et quand j’essaye d’imaginer ça me file mal au crâne).

L’histoire continue presque 40 ans plus tard, aux États-Unis. Deux vieilles dames, Mélanie Fuller et Nina Drayton, et un vieux monsieur, Willi Borden, se sont réunis pour un jeu dont eux seuls connaissent les règles, mais ça dégénère et près d’une dizaine de cadavres seront le résultat de cette entrevue. Le shérif Bobby Joe Gentry devra résoudre cette énigme, mais il est totalement largué et l’agent du FBI Haines ne semble pas pouvoir lui apporter les éclaircissements qu’il espérait, et voilà-t’y pas qu’un certain Saul Laski, psychiatre, se pointe comme un cheveu sur la soupe pour lui apporter son aide. Sans oublier la jeune Natalie Preston, bien décidé à découvrir qui a tué son père, l’une des dix victimes inexpliquées…

Arrivée à ce stade, je commençais à me dire que cette enquête sentait le moisi et que tout était beaucoup plus complexe qu’un simple thriller, aussi malade soit-il. Et j’avais raison. On est carrément dans de la manipulation de masse, de la corruption à l’échelle planétaire, tout ça à cause de gens totalement dingues doués d’un Talent que personne ne comprend, une vraie galerie de monstres, des chasseurs assoiffés qui resteront toujours dans l’ombre à regarder leurs victimes d’entretuer. « L’échiquier du mal » est un titre vraiment parfait, car on est dans le mal pur, dur, terrible. Aucun des mécanismes de la méchanceté ne nous sont épargnés et l’auteur n’a pas hésité à nous le prouver en multipliant les scènes malaisantes sans mâcher ses mots qui m’ont donné envie de hurler d’indignation et d’étrangler moi-même certains personnages. Mention spéciale ici à Tony Harod, producteurs de films sans scrupules ni états d’âme que j’ai envie de torturer même encore maintenant alors que j’ai fini le bouquin !

C’est aussi ça que Dan Simmons a parfaitement réussi : il nous familiarise avec ses personnages avec une telle facilité que ça en devient surprenant. Il nous les rend détestables et/ou attachants, parfois même carrément haïssables. Jamais de simples personnages de roman ne m’ont paru si réels, si vivants. Ils sont parfaitement maîtrisés, développés. Les morts, en majorité très choquantes, le sont elles aussi (ouais, ça meurt beaucoup je préfère vous le dire !) et que dire de la construction du récit lui-même ?

Chaque chapitre est centré sur un personnage, un lieu, un événement. Et même si ça finit toujours par se regrouper à un moment donné pour mieux s’éloigner par la suite, on est jamais perdu, ni dans le temps ni dans l’instant. Tout est parfaitement fluide, maîtrisé, et l’intensité ne disparaît jamais, comme si tout ce roman n’était qu’un fil à la tension extrême prêt à lâcher à tout moment.


Vous voulez que je vous dise honnêtement ? Je suis fière de moi d’avoir été au bout de ce livre. Parce que parfois je vous jure que c’était vraiment malaisant. Lire ça au bord de la piscine en plein soleil et non pas le soir alors qu’il fait nuit avant d’aller me coucher, a été l’une de mes meilleures idées.

Putain, je viens de me retourner pour voir s’il n’y avait personne derrière moi, sans déconner ! Nan mais je suis débile aussi d’écrire cette chronique en pleine nuit, alors qu’il pleut…


04/08/2019

En direct des vacances, Syl s'agace !


Bordel bordel bordel bordel bordel bordel… Je vois pas quoi dire d’autre.


Éditeur : Folio
Parution : 2011
Pages : 683


Résumé :
Complots, trahisons, vengeances, mais aussi amitiés loyales et amours passionnées.... Shigeru grandit dans l’ atmosphère oppressante du chateau de Hagi, fief du Clan des Otori dont il est l’héritier. Il a l’étoffe d’un chef, un caractère noble et droit, une éducation accomplie qui le portent à régner. Mais il doit faire face aux appétits de conquêtes de son voisin, l’ambitieux Iida, et aux machinations et traîtrises de ses propres oncles. À la sanglante bataille de Yaegahara, son destin semble scellé. Pourtant, préparant dans le secret sa revanche , Shigeru attend son heure - lorsqu’il apprend qu’un jeune garçon vivant dans les montagnes lui ressemble étrangement...



Ah ça partait pourtant bien. Très bien même. Shigeru, le héros de cette aventure, était mon personnage préféré dans le premier tome de la trilogie principale de cette série, il était même carrément le seul qui, à mes yeux, en valait vraiment la peine (ce qui explique sans doute mes énormes déceptions à la lecture des deuxième, troisième et quatrième volumes)

Dans « Le fil du destin » on le découvre totalement, depuis son enfance alors qu’il est âgé d’environ quinze ans, jusqu’à sa rencontre avec Takeo qui marque le début du « Chant du rossignol ». Ce genre de personnage pétri d’honneur, courageux, plein de noblesse quoi qu’entêté et impatient, qui en plus de ça évolue pour devenir encore bien meilleur au fil des pages, j’adore. Shigeru a ses défauts et ses qualités et pourtant assez de recul sur lui-même pour mettre tout en œuvre afin d’effacer les traits de caractère qui pourraient lui porter préjudice autant à lui qu’à sa famille ou, plus largement dans cette histoire, à tout le clan des Otori.

Au bout d’un moment, il en devient sans doute un peu trop parfait, un peu trop passif à force d’attendre son heure, mais j’en ai jamais cessé de l’aimer.

Ouais.

Alors, c’est quoi qui a merdé exactement ?

Le rythme de ce récit est proprement dégueulasse, merde ! Pardon, mais j’en ai ras-le-bol. Les intentions de l’auteure me paraissaient claires au début, j’étais très contente en imaginant ce qu’elle voulait développer (tout un pan de l’histoire de Shigeru resté obscur, c’est-à-dire ce qui a provoqué sa rébellion) et en fait, je me suis plantée. Bien avant la moitié du bouquin, Lian Hearn s’encrasse dans un enchaînement de palabres, de réflexion et de face à face d’un ennui mortel avec des personnages clairement ennemis qui n’en finissent pas de se regarder dans le blanc des yeux. Très vite j’ai compris ce qu’elle faisait : en fait, avec ce livre elle prépare simplement le terrain, met tout le contexte en place, tend la situation à l’extrême et puis… les personnages n’ont plus qu’à attendre que Takeo arrive. Les bonds dans le temps n’en finissent pas et ça perd totalement à la fois de son charme et de sa logique puisque j’en suis arrivée à me demander comment les choses n’ont pas dégénérées bien avant. Ouais OK Takeo est le héros number one de toute cette série, je sais bien, mais dans ce cas pourquoi écrire sur Shigeru si c’est pour le laisser assis quelque part en attendant que l’autre arrive ?!!

Pourquoi je me suis farcie l’autre moitié de ce bouquin alors ?

Shigeru se décide enfin à agir et jure de faire payer ses oncles suite à une tragédie qui va faire de lui l’homme d’action qui n’a peur de rien qu’on découvre dans le tout premier tome. Je voulais la (re)voir, cette tragédie, car j’avais complètement oublié comment ça se déroulait (ma première lecture de ce truc datant de 10 ans), et quand je l’ai lu, à la toute fin, je me suis dit que c’était normal en fait que je l’ai oubliée. Et puis après j’ai ragé, parce que ça tombe complètement à l’eau ; cet événement, ultra important dans la vie de Shigeru est absolument nullissime, mis en scène de façon ennuyeuse. C’est pourtant lui qui a tout provoqué, bordel, lui qui transforme totalement Shigeru, alors pourquoi faire comme ça ?!! Pourquoi, putain ?!!

Quand j’ai lu ça je me suis dit qu’en fait cette lecture avait été une abominable perte de temps. Encore une fois la fin est naze, sans aucune saveur.

La seule chose à la limite dont je garde un bon souvenir c’est la belle relation entre Shigeru et Naomi. Si, dans le trilogie principale, Kaede m’énervait au plus haut point (et encore, je suis gentille, parce qu’en vrai j’avais juste envie de lui éclater la gueule par terre chaque fois qu’elle apparaissait), j’avoue avoir beaucoup aimé la figure féminine de ce tome-ci. Naomi est à la fois pondérée, noble, décidée et courageuse, mais aussi réfléchie et passionnée à la fois. Elle est complexe et c’est le genre de personnage qui pourrait beaucoup inspirer les femmes, peu importe les époques. L’histoire d’amour qu’elle vit avec Shigeru est aussi là bien meilleure que celle de Takeo et Kaede. La façon dont ils tombent amoureux est belle, c’est lent et ça évolue au fil des années. J’avais beaucoup de respect pour ce couple.

En gros, je pourrais conclure comme ça : les personnages étaient géniaux, l’histoire aurait pu être superbe mais encore une fois l’auteure n’a pas su faire son boulot et s’est contentée de lister des faits et des événements qui auraient mérité d’être racontés et décrits. Très bonne historienne, sans doute, cette Lian Hearn, mais très mauvaise conteuse.

Adieu !

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Non, vous ne rêvez pas, je me suis vraiment farci 5 livres 10 après les avoir lus pour la première fois, simplement parce que je suis une foutue têtue.

Du coup, je les ai virés de ma bibliothèque maintenant. C’est bien, ça fait de la place !


Ça donne ça :

20/07/2019

La montagne, ça vous gagne !

Ça m’a donné envie d’aller faire une putain de randonnée.

Éditeur : Pocket
Parution : 2011
Pages : 608

Résumé :
L'Ancolie est une fleur aussi belle que toxique. Belle, à l'image de certains souvenirs. Toxique, à l'image de certains regrets. L'Ancolie, c'est aussi le nom d'un chalet perdu en pleine montagne. C'est là que vit Vincent, un homme seul et meurtri. Rejetant son passé et redoutant son avenir, il préfère vivre dans le présent. Une existence éprise de liberté qu'il consacre entièrement à sa passion pour la montagne et à son métier de guide. Jusqu'au jour où la mort frappe tout près de lui, l'obligeant à sortir de sa tanière. Aux yeux de tous, un tragique accident, une chute mortelle. Seul Vincent est persuadé qu'il s'agit d'un meurtre, que ce n'est pas la montagne qui a tué, et que les vrais coupables doivent payer. Alors, aidé par Servane, une jeune recrue de la gendarmerie avec laquelle il a noué une étrange relation, il se lance dans une quête de vérité. Une quête qui va le conduire sur d'effroyables sentiers, le confronter à ses propres démons. Une quête qui va déterrer un à un des secrets profondément enfouis au coeur de cette paisible vallée, et qui auraient dû le rester à jamais. Car si le mensonge blesse, la vérité peut être fatale...


Pas mon préféré de l’auteure, mais je l’ai quand même préféré à « Terminus Elicius ». Il est très bon, l’écriture est toujours aussi dynamique, pas de temps mort dans la prose, petites phrases brèves, percutantes, poignantes, directes souvent dans l’action et l’événement. Malheureusement, un petit truc a cloché pour moi.

Vincent est le genre de personnage avec lequel j’ai du mal, de base. Dépressif, trahis par celle qu’il aimait il n’a rien trouvé d’autre pour se venger que de devenir un salopard qui utilise les femmes comme des mouchoirs. Sa douleur je la comprends, mais personnellement je trouve ça d’une débilité profonde, je n’ai jamais compris ce genre d’attitude, et qu’il soit un personnage fictif d’un roman n’y change rien pour moi. En bref, un choix de l’auteure que j’ai pas vraiment compris, d’autant que ça aurait pu être différent dans l’histoire, elle aurait pu construire sa relation avec Servane, le principal personnage féminin, sur autre chose sans que ça change quoi que ce soit. Alexandre, le protagoniste de « Juste une ombre » par exemple, est totalement son opposé et je l'avais adoré.

Servane, quant à elle, m’a plu bien davantage. Elle est bien plus complexe et secrète. Elle aussi sort d’une relation amoureuse douloureuse, elle aussi a mal et pourtant elle a su rester digne. En ça, Vincent va beaucoup apprendre d’elle pour se reconstruire, il va évoluer énormément et se révéler quelqu’un de profondément seul, malheureusement il me restera très indifférent et ça m’a clairement fait chier.

De son côté, il va également apprendre beaucoup à Servane, plus jeune que lui. Elle est gendarme et vient d’être mutée dans le village au cœur de la montagne. Lui il est guide, et il va lui montrer comment observer, comment découvrir, comme s’émerveiller de cette nature indomptée qu’il faut protéger.

Le roman s’est construit comme une sorte de voyage initiatique intéressant plein de beaux messages et de belles intentions. L’auteure met la nature en avant, au bout d’un moment la montagne devient l’un des personnages principaux, elle est belle et dangereuse et par ses mots Giebel m’a foutu dans la tête plein de magnifiques paysages qui m’ont donné envie d’enfiler des chaussures de rando (c’est con pour moi je vis en Seine-et-Marne, y’a que des champs tout plats ici) La relation Vincent/Servane prend le dessus sur tout le reste, y compris l’intrigue policière.

Une jeune femme se suicide et le meilleur ami de Vincent trouve la mort dans un tragique et étrange accident de randonnée. Pour le coup, nous voilà dans quelque chose d’assez classique, avec une enquête sans trop de prise de tête, des suspects, des indices mystérieux et des tentatives d’intimidation digne d’un feuilleton télé. C’est efficace, mais venant de l’auteure c’est surprenant.

Avec elle, j’ai l’habitude des sombres manipulations, des psychologies torturées, des horreurs bien noires et assez sanglantes, comme avec « Le Purgatoire des innocents », qui m’a bien fait super peur. Ma déception vient également de là, j’ai tellement l’habitude de trembler avec elle que je m’attendais à une histoire bien plus terrible. C’est pourtant un très bon livre et j’ai adoré la fin. Elle a malgré tout su me surprendre, comme à chaque fois (nan mais sérieux, j’adore les risques qu’elle prend pour clôturer ses livres, c’est l’une des meilleures à ça sans déconner !)

Bref, une lecture en demi-teinte. Je sais que je devrais aimer ce livre, parce qu’il le mérite, il n’y a techniquement aucune fausse note, le problème c’est que je voulais quelque chose de bien méchant et douloureux comme j’en ai pris l’habitude avec elle. Un bon Giebel, mais pas l’un des meilleurs si vous voulez trembler !

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Je viens d’aller voir « Le Roi Lion » au ciné, et franchement ce film est d’une beauté à couper le souffle ! Il m’a aussi permis de porter sur cette histoire un tout autre regard et… sans déconner, je verrai plus jamais le dessin animé de la même façon maintenant !

GRRRRrrrrrrrr :