29/12/2018

Ça pour une surprise !

Je vous souhaitais de joyeux fêtes et tout dans ma dernière chronique parce que j'étais persuadée que ce serait la dernière de l'année. Faut jamais dire jamais !

Editeur : Actes Sud
Collection : Babel
Parution : 2001
Pages : 250

Résumé :
Comme chaque année, Klaus, un jeune trappeur, va passer quelques jours dans la cabane de l’ami qui autrefois lui enseigna comment survivre dans le Grand Nord. Ce n’est pas son ami qu’il y trouve, mais la jeune Indienne qui devait devenir la bru de celui-ci. Parti après la mort de son fils, l’homme a disparu. Mais un pilote a repéré des traces de traîneau, loin au nord, là où ne vivent plus ni Indiens ni Eskimos, là où les trappeurs ne s’aventurent jamais. Klaus et la belle Indienne se lancent sur cette piste.


Quand je l'ai commencé, et même avant, je m'attendais à un récit d'aventure, très autobiographique. Je connais l'auteur pour ses engagements et j'ai déjà lu, il y a quelques années, "Loup", un roman que j'avais bien aimé. Mais je me suis plantée.

D'accord, je doute pas que Vanier ait mis là-dedans beaucoup de son vécu, de sa vie, de ses expériences, mais j'ai vite compris qu'en réalité il y avait surtout mis son cœur. C'est difficile de parler d'un texte comme ça pour moi car il me semble davantage philosophique qu'autre chose.

Les 3 personnages : Klaus et Prug, trappeurs, et Ula, une indienne, sont des meurtris, des écorchés, abimés par la vie. Pourtant, ils n'abandonnent pas. Ils ne gardent pas simplement espoir en l'avenir : ils luttent. Ce sont des personnages qui agissent continuellement, vont de l'avant ; pour dire simplement : ils laissent leurs empreintes, leurs traces, et pas seulement dans la neige. Dans la vie aussi. Ils m'ont énormément touchée, marquée. Tous les trois ont vécu un choc qui les a conduit à vivre ensemble cette aventure jusqu'au bout du monde.

C'est très percutant car l'auteur a construit son texte, à mon avis, comme une grosse métaphore. Ces 3 protagonistes incarnent chacun ce qu'on peut tous chercher : la vérité, l'amour, la reconnaissance avec, au final, le danger de la mort qui plane à chaque instant. Le chemin qu'ils suivent dans la toundra ne semble être rien d'autre que le chemin de la vie, la ligne qu'on décide de suivre, faite d'embûches, de dangers et de virages pas toujours facile à prendre. C'est comme ça que j'ai vu leur voyage.

Evidemment, ce livre c'est aussi une atmosphère toute entière au plus fort de l'hiver du Grand Nord au milieu de paysages grandioses décrits pourtant avec une impressionnante économie de mots. Vanier ne nous noie pas sous des kilomètres de descriptions, il va à l'essentiel et c'est d'autant plus percutant dans sa brièveté. Il alterne entre l'obscurité d'une nuit d'hiver et la lumière aveuglante du soleil sur la neige éclatante en plein jour. Une écriture presque épuisante émotionnellement pour moi.

Ouais, ce truc m'a marquée, c'est court, puissant, ça cache un message fort d'acceptation, de résignation aussi, d'espoir, de force, de courage et, surtout, de confiance. Parce que, même si Klaus, Prug et Ula sont très différents, quelque chose de semblable les lie : l'attachement à leurs chiens de traîneau. Une confiance réciproque puisque les bêtes ont également confiance en leur musher et c'est aussi une fabuleuse preuve des exploits que hommes et animaux peuvent accomplir ensemble.

D'autres avis sur

Encore une lecture du Cold Winter Challenge ! Avec celui-là, m'en reste plus que 2 à lire, ce qui est totalement faisable, du coup je vais peut-être en rajouter.

Du blablabla, encore :
De l'histoire, du mystère, un peu de fantastique, miam !
Ca fait plus d'un an, et je crois que j'en suis toujours pas remise de celui-là.

26/12/2018

Joyeux Noël, Banannée, pommes sautées, toussa

J'aime bien cet instant entre deux fêtes. Pile celle où on est. Noël vient de passer, on sait que le Nouvel An approche, on est dans une attente fébrile de pouvoir se bourrer la gueule sans complexe (moi, surtout, parce que je viens de découvrir le goût paradisiaque du Sauternes !) et la semaine passe sans qu'on la voit.

Alors quoi de mieux qu'un bon livre pour marquer cette petite période de façon plus prononcée ?

Editeur : Pocket
Parution : 2013
Pages : 691

Résumé :
Un labyrinthe qui cache un secret, une conteuse victorienne dont l'oeuvre a disparu, trois générations de femmes unies par une même histoire… En 1913, sur le port de Brisbane, en Australie, une petite fille de quatre ans est retrouvée abandonnée sur un bateau arrivant d'Angleterre, avec pour tout bagage une valise contenant quelques vêtements et un superbe livre de contes de fées. Recueillie par un couple, elle n'apprend son adoption que le jour de son vingt et unième anniversaire. Des années plus tard, Nell décide de partir à la recherche de son passé, en Cornouailles, au domaine de Blackhurst. À sa mort, sa petite-fille Cassandra poursuit cette quête et se rend à son tour en Angleterre afin de percer les secrets du domaine… 

Ode au pouvoir de l'imaginaire. Voilà. Techniquement je pourrais arrêter la chronique ici.

Kate Morton a un don incroyable pour nous livrer des histoires prenantes, mystérieuses, empreintes de mysticisme, matinées d'un peu de fantastique, d'historique, et surtout d'un gros secret.

C'est le deuxième livre que je lis d'elle et je ne suis pas déçue. Je ne me souviens pas exactement pourquoi je n'ai pas mis de coup de cœur sur "Les heures lointaines", et j'ai un peu la flemme de relire la chronique (j'ai la gueule de bois en même temps) donc ce sera à vous de me dire, mais là si je ne le mets pas c'est parce que je n'ai pas pu m'empêcher de trouver quelques grosses similitudes entre les deux bouquins.

Nous suivons plusieurs femmes à travers les époques : Eliza en 1900, Nell en 1975 et Cassandra en 2005, toutes trois liées par quelque chose de très fort, presque une tragédie, et des désirs communs, entre l'écriture, la recherche de la vérité et des origines, et la peinture. Toutes les trois sont des créatrices, des artistes, brutalisées, presque traumatisées par la vie, mais qui se battent tout de même. En cela, les figures qu'elles incarnent sont fortes quoiqu'un peu stéréotypées. Je dois reconnaître que l'auteure passait parfois tellement vite de l'une de ces femmes à une autre que j'ai eu du mal, au début, à me lier à l'une d'elle, je trouvais qu'elles manquaient de profondeur. Puis après je me suis souvenue que j'avais plus ou moins ressenti la même chose avec "Les heures lointaines" et, comme je le pensais, ça s'est arrangé après quelques pages. Finalement, je les ai trouvées géniales, et Cassandra en particulier.

Mais le gros point qui m'a, je l'avoue, un peu fait grincer des dents, c'est le fameux domaine de Blackhurst, château sombre noyé par les états d'âme de ses occupants à la limite de la dépression. Ca m'a énormément rappelé Milderhust, grand manoir inquiétant, étouffant, qui donnait tout le ton fantastique dans "Les heures lointaines". Les deux sont très semblables, la façon dont l'auteure se sert d'eux comme des personnages parfois à part entière aussi. Franchement, ça a un peu gâché ma lecture, parce que je pouvais pas m'empêcher de me dire parfois qu'elle les avait construit sur le même modèle. Je ne sais pas trop pourquoi ça m'a gêné, mais ça m'a gêné !

Heureusement, la force du récit, du mystère, et le poids des mots ont tout rattrapé. J'ai été happée de la même façon et par les mêmes choses qu'à ma lecture des "Heures lointaines". Je ne saurai pas l'expliquer, mais la densité de l'histoire et la complexité historique me tenaient totalement. L'époque de la fin du XIXème siècle m'a toujours beaucoup plu, et le fait que ça se passe ici quasiment en huis-clos donnait un aspect nouveau pour moi. Les chamboulements et changements semblent loin dans Blackhurst dont les habitants vivent presque repliés, en autarcie. Mais, c'est bien connu, on est toujours rattrapé par son époque.

Plus simplement, je pense que le style de l'auteure me convient totalement. Elle prend son temps, on danse d'un protagoniste et d'un flashback à l'autre, et j'aime faire preuve de patience avec elle, ses personnages, et les secrets qu'elle veut nous livrer. J'ai hâte de lire un prochain livre d'elle !

D'autres avis sur

Livre lu dans le cadre du Cold Winter Challenge !

Il est là :
CWC, 3ème !!
La Servante Ecarlate, tu connais ?

02/12/2018

Nan. Moui. Naaaaaan. Et pourquoi pas ? Finalement, ce sera un oui.

J'ai regardé d'une traite les deux saisons de cette série il y a quelques mois. Une fois fini le dernier épisode, j'étais persuadée d'en écrire une chronique tant ce truc m'a foutu un coup. Quelques jours sont finalement passés sans que je fasse rien, ce qui m'a fait comprendre que j'étais sans doute trop tourneboulée pour produire quelque chose de cohérent, du coup j'ai hésité avant de me dire que j'en serais jamais capable.

Puis aujourd'hui, sans le voir venir, voilà que je me lance dans cet article. A mon avis, ça va être un gros bordel !

Je crois que le problème vient du fait que j'ai tenté de construire cette chronique exactement comme celles que j'écris pour les dramas que je regarde. Avec un résumé de l'histoire, une brève présentation des personnages et des acteurs, ensuite mon ressenti à coup de ce qui m'a plu et m'a déçu. Du coup j'y arrivais pas. Parce que je ne peux pas parler de "La servante écarlate" comme du reste, c'est impossible. C'est trop indéfinissable, unique, puissant, on ne peut pas le transformer en quelque chose de normal. Parce que ce truc n'est pas normal.

Je vais tenter d'y aller par étape, cette fois.


J'ai lu le bouquin, avant. Et si cette lecture m'avait déjà bien choquée, j'avais été quelque peu déçue par la fin et le personnage soumis, effacé, de Defred. Pour moi, l'auteur n'avait fait qu'effleurer, proposer, un univers hyper intéressant, effrayant, sans aller plus loin. La série a donc osé à sa place et développé tout ce que Margaret Atwood avait laissé en suspens.




La saison 1 relate tout le livre, avec une fin tout à fait identique mais est déjà nettement plus détaillée car Defred n'est pas la seule à prendre la parole, ce qui élargit considérablement l'univers, avec des flashbacks explicatifs qui nous aide à mieux comprendre et des points de vue qui nous plonge directement dans l'envers du décor. Les connards du livre en arriveraient presque à devenir sympathiques. Presque.

La saison 2, quant à elle, prend directement la suite, là où le livre s'est arrêté. Et c'est devenu bien plus intéressant pour moi car j'avais senti un désir de révolte de la part de Defred et je voulais voir ce qu'elle allait faire pour se battre, et surtout de quelle façon.

Si j'ai été totalement attrapée par cette adaptation, c'est parce qu'elle est extraordinairement fidèle au livre. Ce qui m'a le plus plu dans le récit publié en 1985, c'est l'univers étouffant et angoissant sans cesse maintenu par l'auteure. Il est difficile d'y voir une lueur d'espoir. Tout ça est fidèlement retranscrit à l'écran, tous les costumes, les décors, jusqu'à l'esthétique même et la façon dont c'est filmé. On plonge directement dans l'angoisse de Defred qui hésite entre lutter malgré la souffrance ou abandonner. Les couleurs sont froides, dures, ternes le plus souvent, contrebalancées par la tenue rouge des Servantes. Une autre façon sans doute de nous montrer, subtilement, les violences qu'elles subissent.

Mais parfois, c'est loin d'être subtil. Il m'est arrivé d'être incapable de regarder un épisode sans couper. Les viols sont cliniques. La majorité des femmes se sont résignées, et ça m'a foutu un malaise énorme ! Ce qui rend tout ça encore plus réel, ce sont les points de vues des autres personnages, de ceux qui ont créé la République de Gilead. Leurs voix nous apportent des réponses que le livre avait écartées, par des retours en arrière très bien dosés on apprend comment tout ça est arrivé. Et ça fout la trouille. Parce que cette dystopie, décrite souvent comme de la science-fiction, n'est pas si éloignée de la réalité. C'est glaçant parce qu'on ne peut pas s'empêcher de penser que tout ça est réalisable, et qu'on en est même carrément pas loin !!

Alors évidemment on se dit forcément que, autant le livre que la série, sont un cri de révolte, féministes, et tout ce que vous voulez. Mais pas totalement, selon moi, parce que les hommes, la masculinité, bref le sexe masculin, en prend aussi pour son grade. Certains hommes sont tout aussi esclavagés que les femmes, car si certains ne sont pas d'assez haut rang, il leur sera interdit toute leur vie d'avoir une femme et des enfants. En fait, rien n'est inventé. L'auteure, et ensuite les réalisateurs et scénaristes, se sont nourris de tout ce qu'il s'est passé dans l'Histoire (droit à l'avortement, droit de vote, toussa) C'est sans doute pour ça que ça nous paraît si réel.

J'en dirais pas plus, sauf pour évoquer quand même un peu les acteurs. Ils sont tous parfaits. Ils ont tous su s'approprier leurs personnages et les faire évoluer dans cet univers pas si facile. Elisabeth Moss, qui incarne Defred, est évidemment celle qui m'a le plus bluffée tant elle retranscrit magnifiquement chaque émotion, en arrivant à chaque fois à nous foutre le frisson.

Je ne peux pas terminer sans parler de l'espoir. Il y en a nettement plus que dans le livre. Il est là, omniprésent, il n'abandonne jamais les personnages. La révolte gronde, enfle chez les Servantes, et le moment où elles se battront bel et bien pour reprendre leur liberté va à mon avis faire très mal. C'est un véritable exploit d'avoir réussi à le laisser grandir dans une série avec une telle esthétique sombre et pâle à la fois. C'est un coup de cœur, et un chef d'œuvre. J'ai hâte de voir arriver la saison 3.

Et vous, vous l'avez vu ? Dites-moi l'effet qu'elle vous a fait !



17/11/2018

Se réchauffer en lecture, épisode 3 !

Voilà un rendez-vous que le blog ne rate pas, pour la troisième année consécutive, et ce malgré les doigts de pieds congelés et les stalactites aux narines.

Moi, frileuse ?

… non.

Je crois qu'il est inutile de vous clamer à nouveau mon amour pour ce Challenge, vous l'avez sans doute compris depuis le temps. C'est pas tant le fait de construire une PAL en rapport avec l'hiver selon des thèmes précis et super bien choisis (merci Margaud !) que la communauté qui se rassemble tous les ans autour de ce rendez-vous. Sans déconner, je crois que le groupe FB du CWC est l'un des meilleurs !

Les menus sont les mêmes que l'an dernier, mais les organisatrices nous ont fait la surprise de rajouter une nouveauté pour cette année ! Des bonus que chacun peut faire entrer dans le menu qu'il souhaite, et même plusieurs, afin de varier les choix. Certains points ne sont même pas en rapport avec les livres et la lecture, histoire qu'on sorte un peu le nez de nos bouquins, quand même.

Comme je suis du genre grosse flemmarde (surtout quand je me les caille !) je vous renvoie directement à cet article pour en savoir plus.

Voilà ma sélection :


Menu Flocons magiques



Menu Marcher dans la neige




Menu Stalactites ensanglantées




Bonus Secrets de famille




Bonus Couverture avec de la neige

Je tenterai aussi certainement de valider les Bonus Boire un thé de Noël et Promenade… et peut-être aussi Couper les réseaux sociaux toute une soirée.

Comparé à ma première et seconde participation, j'ai fait une plus petite sélection et choisis de ne pas prendre tous les menus. Non pas que 8 livres étaient difficiles, mais simplement cette année j'ai envie de prendre davantage mon temps. Je m'étais foutu comme objectif de lire un livre par semaine pendant ces deux mois, et j'ai senti l'an dernier que c'était légèrement contraignant. Alors cette année je fais plus petit.

Cette fois, je ferai certainement un update global à la fin du Challenge. Bien sûr, si l'une de ces lectures est un coup de cœur ou me donne simplement envie de rédiger une chronique, je le ferai !

À bientôt pour le top départ !


Update du 29 janvier 2019
(ça va, à deux jours près, ne chipotons pas !)

Franchement, je me souviens plus trop par lequel j'ai commencé. Je crois que le premier était "Le domaine" pour le Menu Stalactites ensanglantées. Je me souviens avoir beaucoup aimé le début même si la mise en place était lente. Nous découvrons un adolescent pour le moins en marge, un peu à l'écart, silencieux mais attachant. C'était intéressant de le suivre alors qu'il tente de se sociabiliser. Malheureusement l'auteure est partie dans un délire polar un peu sombre qui ne collait pas pour moi et la fin m'a affreusement déçue !

Le deuxième a été "Le jardin des secrets", pour le Bonus Secrets de famille, et ce livre a frôlé d'assez près le coup de cœur ! J'en parle ici.

Le suivant a été aussi une très belle découverte, et j'en ai également fait une chronique. Il s'agit de "Solitudes blanches" pour le Bonus Marcher dans la neige.

Les deux derniers ont été assez décevants. Je ne m'attendais pas vraiment à suivre les réflexions d'un enfant dans "Ciel bleu". Le décor est très intéressant, le contexte historique également, mais comme tout est du point de vue d'un môme de 7 ans, on survole les sujets sensibles car il ne les comprend pas, et il n'est là question que de son amour pour sa grand-mère et son chien. "Rien que l'acier" est de la bonne fantasy, c'est très dynamique et ça ne manque pas d'idée, mais si le début, qui promettait de l'aventure et une enquête dans un monde intéressant, m'a bien accroché, c'est ensuite très vite parti en couilles. Un délire de magie dont l'auteur ne dit évidemment rien (puisque c'est un premier tome) et de créatures soi-disant imbattables, immortelles…. bref, l'originalité n'est pas restée bien longtemps ! C'est un bon livre, sincèrement, mais je crois que j'en attendais trop, et j'en ai sans doute lu bien trop de semblables !

Concernant les Bonus supplémentaires, je n'ai réussi que Couper les réseaux sociaux toute une soirée. C'était à Noël. Techniquement je pourrais valider Promenade aussi, mais c'en était pas vraiment une… bref, on s'en fout !



Voilà, c'est fini pour cette année !

J'ai également beaucoup aimé ce format, avec peu de livres et moins de présence sur le blog. J'ai eu l'impression d'avoir plus de temps pour profiter de mes lectures et ça m'a fait du bien. Il y avait un côté moins marathon que l'année dernière !


Nathalie Jomard : son Blog ; sa Page

01/11/2018

5 mois plus tard...

Je suis guérie !

Qui a dit que des meurtres en séries, des explosions, des pendaisons et des coups de couteau n'étaient pas une bonne thérapie ?


Après Circle, drama coup de cœur absolu du mois de juin, j'ai regardé Empress Ki et Goblin jusqu'au bout mais très difficilement, puis j'ai tenté brièvement Wanted, vite abandonné. Tous trois sont présents dans le fourre-tout.

Et finalement, en ce mois de novembre 2018, j'annonce fièrement que j'ai enfin réussi à reprendre goût aux dramas en retournant à mes premiers amours : le polar, le thriller, le fantastique. Trois valeurs sûres combinées en un seul !

Tu la sens ma grosse satisfaction ?

La première chose à savoir c'est que cette histoire est inspirée de la véritable affaire des meurtres en série de Hwaseong de 1986 à 1991, affaire qui a vu la mort de 10 femmes âgées de 13 à 71 ans et qui jusqu'à ce jour reste non résolue en Corée du Sud.
Park Hae Young est un policier et profiler qui découvre un talkie-walkie lui permettant de communiquer avec un policier du passé nommé Lee Jae Han et de résoudre ainsi des affaires restées jusque-là non résolues.
Dans cet effort, il est aidé par Cha Soo Hyun, une policière nommée chef de l'équipe chargée des affaires non classées dont fait partie Hae Young et deux autres officiers. Celle-ci a également connu Lee Jae Han, qui fut son mentor et supérieur.

Dès le premier épisode, j'étais séduite, embarquée, hypnotisée, tout ce que vous voulez ! J'ai toujours quelques craintes quand on nous balade entre différentes époques, parce que ça peut vite devenir brouillon, mais j'ai tout de suite été rassurée avec Signal. Certes, les choses ne sont pas évidentes dès le début, surtout que le synopsis en dit finalement peu, mais les raccords et les rapprochements entre les époques se fait avec beaucoup d'efficacité et d'intelligence.
J'ai vraiment adoré le scénario qui se renouvèle tout en gardant un fil rouge directeur qui, s'il est parfois légèrement laissé de côté, revient toujours au devant de la scène de façon assez inattendu. Parce que l'équipe ne va pas se concentrer sur une seule affaire à résoudre, mais plusieurs, qui finissent par toutes s'entrecroiser, avec une plongée de plus en plus profonde dans la noirceur et la violence. Je reconnais qu'avec ce genre, je suis facile à contenter. Il suffit qu'il n'y ait pas trop d'incohérences avec le fantastique, et là il n'y en a pas malgré la difficulté que ça représente, et que la tension du polar ne redescende pas trop. Ajoutez à ça des criminels à la psychologie instable, des cadavres, des explosions, et je suis séduite.

Mais si c'était aussi facile, je serais encore une grosse lectrice de thriller, ce qui n'est plus le cas. Car j'en ai lu tellement que maintenant il faut vraiment que ce soit original pour me plaire. Dans le cas d'une série, ou d'un drama dans le cas présent, c'est pareil, sauf qu'à la place de l'originalité, il me faut des acteurs qui tiennent la route. Et heureusement, dans Signal, il y en a un dont je suis maintenant une grande fan !!

Mon gros coup de cœur, c'est lui : Cho Jin Woong, qui joue l'inspecteur Lee Jae Han. Je reconnais que ça m'a pris un peu de temps avant de me rendre compte que je l'adorais totalement, et tout ça à cause d'une bête question superficielle… il n'est pas aussi sexy que l'autre acteur principal masculin, quoi. Allez-y, jetez-moi la pierre ! Finalement, son air bourru, ses mimiques gênées et l'intensité incroyable de son regard m'ont totalement séduite, au-delà du caractère têtu et déterminé de son personnage. Le jeu de ce gars est tout en naturel et il arrive à faire passer énormément de choses par ses yeux. Je sais que ça peut paraître idiot de dire ça, mais je vous assure que j'ai rarement vu ça dans un drama.

Lee Je Hun est le suivant, et il interprète le lieutenant Park Hae Young. C'est d'abord lui que j'ai remarqué parce que je le trouve beau, tout bêtement (en tout cas c'est mon genre !), et je reconnais qu'il est très bon, il exprime énormément d'émotions avec beaucoup de talent. Malheureusement je lui trouvais parfois un je-ne-sais-quoi de figé, dans le genre plastique (mais si c'est clair ce que je dis !) et heureusement pour lui qu'il ne faisait jamais directement face à l'autre acteur, sinon je crois qu'il n'aurait jamais tenu la distance ! Quant à son personnage, je reconnais que je m'en suis assez vite lassée, car c'est exactement le type de héros parfait, courageux et émotif, auquel je m'attache peu.

La nana de ce trio c'est l'actrice Kim Hye Su dans le rôle de Cha Soo Hyun. Elle ne m'a absolument pas convaincue. Son jeu était toujours le même, ses expressions varient très peu, et si son personnage de l'année 2015 est assez sympa grâce à son caractère pas toujours facile, celle qu'elle était plus jeune m'a juste agacée tant elle est niaise et, ma foi, assez inutile. Heureusement que son histoire est intéressante, et là faut encore une fois applaudir les scénaristes.




Deux personnages secondaires étaient là pour m'aider à ne pas trop grincer des dents sur elle.
Voici les acteurs Kim Won Hae et Lee Yu Jun, ils forment le duo comique du drama, et ils font ça à la perfection. Si le second n'évolue pas spécialement tant il est peu présent, le premier change beaucoup et l'acteur est extrêmement convainquant. Son personnage est d'abord un j'en-foutre professionnel, le genre de policier qui préfère ne pas faire de vagues, ne pas s'acharner afin de contenter ses supérieurs, avoir une carrière tranquille et vite partir à la retraite. Mais son travail au sein de l'équipe des affaires non résolues va totalement le transformer et il a fini par beaucoup me toucher.

Parce que ce drama c'est aussi ça. J'ai l'impression que, par cette atmosphère sombre de trahison et de corruption, ils ont voulu montrer la face la plus terrible de la justice coréenne à travers la police. Là-bas, comme dans la majorité des pays asiatiques d'ailleurs, l'honneur est très important. Parfois, une bonne somme d'argent suffit à acheter le silence de quelqu'un, et même de la police, car "ne pas se faire remarquer" est presque une leçon de vie. C'est quelque chose qui revient souvent au fil des épisodes et qui finit par rendre l'inspecteur Lee Jae Han fou de rage : les gens riches sont toujours au-dessus de tout soupçon. C'est vraiment terrible à voir et qui m'a fait douter tant l'intensité dramatique est forte. J'en suis arrivée à espérer que les choses ne se passent pas tout à fait comme ça dans ce pays…

Une réflexion revient également souvent : si vous aviez la possibilité de revenir en arrière, que feriez-vous ? Une problématique qui pourrait s'approcher de l'effet papillon, à savoir : si vous retournez dans le passé et changez quelque chose, même une toute petite chose, les répercutions pourraient être terribles. Lee Jae Han et Park Hae Young vont en faire l'amère expérience à cause de ses transmissions par radio, et ce assez vite.

Terrible, ça peut vraiment l'être dans ce drama ! Ils n'ont pas hésité à jouer avec mon pauvre petit cœur sensible (on ne rigole dans le fond !!), tellement que j'en ai parfois eu les larmes aux yeux. Ils ont simplement montré la cruauté du destin qui s'acharne parfois malgré tout ce qu'on peut y faire, et avoir le pouvoir de changer le passé pour modifier l'avenir n'y change parfois strictement rien. Et ça j'adore !

Je ne vous parle même pas de la fin, qui est juste magnifique à mes yeux, typiquement le genre de questionnement que j'adore ! Le mystère de ces transmissions radio (comment ça a commencé, et pourquoi ?) reste inexpliqué très longtemps. Au point que j'en suis arrivé à me demander, avec crainte, si les réalisateurs n'avaient pas tout bonnement pris le pari de laisser ça de côté… et peut-être l'ont-ils fait finalement ? Ou pas. Vous le découvrirez si vous regardez les 16 épisodes d'une heure de cette tuerie !
Pour parler brièvement des OST, ils sont pas mal, mais je n'ai pas vraiment eu de coup de cœur comme avec Alive de Circle, même si celui-ci est plutôt bon :


Tout ça pour dire simplement : je suis contente !! Et comment que je suis tombée sur ce drama ? Il y a quelques mois, mon groupe de K-pop préféré, les BTS, ont fait justement un OST pour un drama japonais nommé Signal, sorti ensuite courant 2018, qui est un remake de celui-ci, diffusé en Corée en 2016 (je crois, j'ai pas vérifié) Préférant la langue coréenne, j'ai regardé cette version. Grand bien m'en a pris !