Affichage des articles dont le libellé est C.S Pacat. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est C.S Pacat. Afficher tous les articles

13/04/2019

Une 4ème de couv mensongère, ça peut vous tuer une lecture.


OK, article coup de gueule, gros, très gros coup de gueule. C’est rare. Ça m’arrive. Mais c’est rare.


Edition : Milady
Date : 2015
Pages : 316

Résumé :
Damen est un héros pour son peuple et le légitime héritier du trône d'Akielos. Mais lorsque son demi-frère s empare du pouvoir, Damen est capturé, dépouillé de son identité et offert comme esclave au prince d'un royaume ennemi.
Beau, manipulateur et létal, son nouveau maître, le prince Laurent, incarne ce qui se fait de pire à la cour de Vere. Mais dans la toile mortelle de la politique Vérétienne, les apparences sont trompeuses, et lorsque Damen se retrouve pris dans un jeu de pouvoir pour le trône, il doit s'allier à Laurent afin de survivre et sauver son royaume.
Sans jamais oublier une règle vitale : cacher sa véritable identité à tout prix. Car l'homme dont il a besoin est celui qui a le plus de raisons de le haïr…

En voilà un que je classe direct dans la même catégorie que le si merveilleusement dégueulasse « 50 nuances de Pignouf ». Mais la faute n’en revient pas au livre lui-même, quoiqu’il soit bourré de défauts, ni même à l’auteure, après tout elle a fait l’effort de l’écrire et ça mérite un petit 1/10. Nan, la faute c’est celle de la 4ème de couv totalement trompeuse qui me promettait une perle de la fantasy, une nouveauté dans l’univers de l’imaginaire avec des personnages combattifs au passé lourd et terrible dans un pays où l’accent sera mis sur la sensualité et, petit plus non négligeable pour moi parce que bon, j’aime ça je le reconnais, une relation homosexuelle.

Je n’ai qu’une chose à dire maintenant que j’ai perdu mon temps à lire ce caca mou : GROS mensonge. On devrait foutre des amendes aux éditeurs qui osent pondre des conneries pareilles et prendre les lecteurs pour des moules pas fraîches.

Explications.

A aucun moment le synopsis ne reflète vraiment ce qu’on trouve en ouvrant ce bouquin. Damen serait soi-disant un héros pour son peuple, mais au-delà d’un seul véritable fait d’armes qui ne nous est jamais réellement décrit, on ne sait pas bien pourquoi. Son passé n’est évoqué que brièvement pour mettre en lumière sa relation avec son frère et son père, une relation qui nous paraît bien froide puisqu’on ne sait à aucun moment comment il s’entendait avec ces deux-là. On ne sait rien non plus de ses relations avec d’autres personnages, hormis une esclave sexuelle qu’il n’évoque qu’une ou deux fois pour… rien, puisqu’il n’a même pas l’air de pleurer sa mort. Et on en sait encore moins concernant sa relation avec son peuple. Bref, ça me paraît horriblement sans consistance, creux. Ce personnage n’est qu’un immense puit sans fond sans aucun charisme que l’auteur n’a même pas pris la peine de remplir de quelque chose d’intéressant, puisque de tout le livre il passe son temps affalé sur des coussins à se faire maquiller et pincer les tétons avec des chaînettes en or (mauvais érotisme bonjour. C’est censé être excitant ça ?), totalement passif. OK, j’ai compris qu’il attendait le bon moment pour agir, mais il ne semble même pas réfléchir, il ne fait qu’observer comme un veau attendant d’être mené à l’abattoir, qui voit le couteau de boucher mais continue de mâcher son foin. Au bout d’un moment, j’ai arrêté de chercher des qualités à ce personnage totalement fade et je l’ai laissé bouffer sa paille dans son coin.

Malheureusement, les autres gus ne sont pas bien meilleurs, et je dirai même qu’ils sont carrément pires. Les personnages secondaires ne se résument qu’à un nom collé sur une gueule qu’on n’arrive même pas à s’imaginer, et Laurent. Ah, Laurent ! Il a tellement rien pour lui que je sais pas quoi dire à son propos, mis à part ça : c’est du vent. Un gros courant d’air qui passe pour te foutre les cheveux dans la tronche, c’est tout, et qui disparaît aussi vite qu’il est venu. D’accord, Damen manquait cruellement de panache, de passé, de caractère, mais au moins, et même si c’est uniquement pour prendre des bains de force et se faire enfoncer un doigt de temps en temps, lui il est là. Laurent, pour sa part, paraît totalement absent tant il est absolument vide. Au début je m’attendais à un gamin capricieux bourré de rancune suite à la mort de son frère, mais non, y’a vraiment strictement rien de rien de rien du tout qui se dégage de lui. J’applaudis. Oui, vraiment, j’applaudis l’auteur d’avoir réussi ce prodige de créer du néant, ça relève du miracle.

Et le contexte politique alors ? Les tensions entre les deux pays, ces deux civilisations ennemies qui se font face, ça donne quoi ?

Ça : HAHAHAHAHAHAHAHAHAHAAAA !!

Un gros rire de dépit. L’auteure a tenté de combler, ça se voit, elle a fait des efforts, mais elle n’a pas poussé plus loin que : ils se détestent. Voilà. Ça se résume à ça, bravo. C’est parfois totalement contradictoire d’un chapitre à l’autre tant on sent sa volonté de trouver une intrigue, alors ça donne des dialogues horriblement répétitifs entrecoupés de scène d’orgies qui deviennent très vite malsaines quand la pédophilie revient constamment et le viol s’invite toutes les 2 pages.

Je vous arrête tout de suite : oui, effectivement, inceste, pédophilie, viol, gang bang et autre, on voit ça dans beaucoup d’autres livres, et je serais sans doute hypocrite de foutre une mauvaise note à ce livre pour ça. Mais c’est pas la présence de tout ça qui me fout en boule, c’est qu’à aucun moment ça n’est dénoncé.

C’est pas encore assez clair ?

L’esclavagisme, c’est mal. L’esclavagisme sexuel, c’est très mal. L’esclavagisme sexuel d’enfants, c’est une abomination ! Les quelques rares livres que j’ai lus évoquant ce sujet tentaient toujours (avec plus ou moins de réussite, c’est vrai) de dénoncer ces pratiques. Il y avait toujours l’intervention d’un ou plusieurs personnages pour faire cesser ça ou changer les choses dans le contexte de l’intrigue. Ici, avec Le Prince Captif, à aucun moment aucun de ces merveilleux protagonistes (c’est ironique, hein) ne semble penser que les viols d’enfants sont une mauvaise chose ! Ce ne sont tous que de gros bovins qui regarde ça sans agir. L’esclavagisme semble être une tradition pour les 2 pays, j’ai compris, j’ai lu le livre et je suis pas idiote, mais et l’auteure alors ? C’est une tradition pour elle aussi ? Je dirais simplement qu’elle a des fantasmes très particuliers (je la critiquerai pas là-dessus parce que j’en ai aussi) et qu’elle a foutu tout ça dans un univers imaginaire pour que ça paraisse plus acceptable. Sauf qu’acceptable ça l’est pas, et ça le sera jamais. Ça s’appelle décrédibiliser un genre.

Je ne dis pas que des scènes pareilles ne devraient pas apparaître dans les livres. Ces choses-là il faut les dénoncer, peu importe comment. Mais ici, l’auteure ne dénonce rien, elle se sert de quelque chose d’horrible pour tenter de donner à son livre une dimension… quoi ? Erotique ? Ah parce que ça, c’est censé être érotique ? Nan. C’est juste malsain, point.

En vrai, ce qui m’énerve le plus, c’est pas ça. Le pire pour moi, c’est que l’éditeur, un éditeur normalement sérieux du genre, a osé vendre ça comme un bijou de la littérature fantasy ! Putain, mais collez-lui l’étiquette de « dark romance » et j’aurais été moins violente. Pourquoi ? Bah parce que je l’aurais pas lu, tout simplement. Et zappez l’étiquette « romance érotique » hein, parce que, au risque de me répéter, pour moi c’est pas de l’érotisme.

J’ai lu beaucoup d’avis, de chroniques et autres articles parlant de cette série, et la majorité s’accorde à dire que le premier tome est long, lent, et que tout s’accélère dès le 2ème, notamment la relation Damen/Laurent. Mais je m’en contrefous totalement. Voir comment ces deux-là en arriveront à s’aimer en se roulant joyeusement dans leurs propres excréments ne m’intéresse pas du tout.

Et souvenez-vous, le caca c’est caca, faut pas manger !

D’ordinaire, je ne chronique pas un livre que je n’ai pas aimé, je vois pas l’intérêt de faire un drama pour quelque chose qui te plaît pas. Parmi la centaine d’articles qu’il y a sur ce blog, seulement 2 ou 3 sont des coups de gueule, parce que je ressentais vraiment le besoin de m’exprimer sur quelque chose qui m’a révoltée. Un livre que j’aime pas je le referme et je le jette, point. Mais là, tellement de choses m’ont fait vomir que je ne pouvais pas me taire.

Mes autres grognes, si t’aimes bien me voir râler :