Ouais m'sieur, ouais, pardon ! Mais tu sais, tu peux te coller à deux centimètres du cul de ma voiture, balancer tes pleins phares dans mes rétros pour m'aveugler et me faire une queue de poisson qui m'envoie dans le fossé (vraiment, vraiment je vous assure !) en quoi ça change le fait que, oui, effectivement je t'ai grillé la priorité ? Et toi, tu réponds à une situation déjà dangereuse, que je regrette beaucoup, et qui était totalement involontaire (si, cette satané connerie de priorité à droite, à cet endroit-là, je n'ai jamais réussi à la retenir ! Je l'oublie tout le temps !) par une autre situation dangereuse qui est, elle, totalement volontaire et calculée.
Donc euh ... j'adore la race humaine !! C'est fou ce qu'on peut s'amuser ! J'ai fini dans le fossé, j'ai frôlé le tonneau, parce que m'sieur était froissé de ne pas être passé en premier ! Ah, oui. Oui, j'avoue, sans ça, on s'ennuierait.
Et si ce m'sieur me retrouve, si on se recroise, j'espère qu'il n'essaiera pas de se venger encore. Genre en me kidnappant ...
Editeur : Pocket
Parution : 2013
Pages : 383
Résumé :
Ce dimanche-là, Annie, agent immobilier de 32 ans, avait prévu de vendre une maison grâce à une journée portes ouvertes. Mais son dernier client, un homme qui prétend s'appeler David, la fait monter de force dans sa camionnette. Annie vient d'être enlevée. Son ravisseur l'emmène au cœur de la forêt et l'emprisonne dans une cabane. Son calvaire va commencer...
Quand j'ai lu ce thriller en juin dernier, je ne pensais vraiment pas en faire une chronique.
J'aime les polars dans ce genre-là, où ça bouge, où ça explose dans tous les sens et dans lesquels, finalement, le suspens ne prend que peu de part. C'est sans doute dû au fait que, ayant énormément lu de polars durant mon adolescence, ils sont rares ceux qui, aujourd'hui, parviennent à résister à mon esprit d'analyse extraordinaire (hum ...). Oui, je résous l'énigme avant la fin les trois quarts du temps, oui, c'est bien ça que ça veut dire.
Dans ce thriller dont il est question aujourd'hui, il n'y a pas d'action. Il n'y a qu'une petite énigme qui n'en est en réalité pas une, et que j'ai résolu avant la fin, là aussi, et c'est sans doute pour ça que je ne voulais pas le chroniquer au début. L'ennui c'est que là près de 8 mois se sont écoulés depuis que je l'ai lu, et je n'arrête pas d'y repenser.
Psychologiquement, ce texte est hyper puissant ! Il fait mal, très mal. On est parfois à la limite du voyeurisme malsain, et pourtant on continue de lire. Parfois, j'avais l'impression d'être pire que cet homme qui kidnappe et séquestre Annie, j'avais l'impression de ne pas avoir le droit d'être là, de n'être pas autorisée à savoir ce que la jeune femme endure entre les mains de cet homme.
Une jeune femme qui, au début, m'est apparu comme une mademoiselle tout le monde, qui a une relation difficile avec sa mère, un boulot qu'elle continue de faire par obligation, une vie sentimentale pratiquement inexistante ... enfin, pas beaucoup de caractère la pauvre quoi. Et ensuite, ce qu'elle vit est tellement terrible, que je ne pouvais pas ne pas avoir le cœur serré pour elle. Et malgré ce que l'autre lui fait subir, elle ne cesse jamais d'espérer, elle se découvre une force de caractère insoupçonnée et je l'aimais bien plus à la fin du livre qu'au début.
Franchement, je ne sais pas quoi dire de plus.
Lisez-le.
C'est un livre qui remue profondément et pendant longtemps. C'est un livre qui fait mal, qui fait peur, qui fait frissonner d'horreur mais qui, pourtant, nous rend peut-être meilleur. En tout cas, c'est comme ça que je l'ai ressenti : j'avais envie de donner à Annie toute ma force et mon courage, j'avais envie de l'aider à se sortir de là. J'avais envie d'être moins égoïste et d'écouter sa souffrance pour la partager avec elle malgré la douleur que ça provoquait.
Le genre d'empathie qu'on ne ressent pratiquement plus aujourd'hui, tant on est rempli de fierté, d'agressivité orgueilleuse et d'esprit de vengeance puérile (voilà, maintenant vous pigez le lien avec mon intro débile)
D'autres avis sur
Je reconnais humblement ne pas m'être beaucoup occupée du blog ce mois-ci ! Mais j'ai une excuse. Vous vous en foutez certainement royalement, mais tant pis, vous le dis quand même : j'étais censée finir mon bouquin en janvier, nous sommes bientôt en mars. Donc si je ne veux pas que cette gentille deadline supplémentaire arrive à son terme sans avoir pu terminer, vais devoir accélérer grandement l'allure et me retirer les doigts du cul. Je suis presque arrivée au bout de la rédaction avant de pouvoir enfin fignoler la relecture, et laisser partir mon bébé en correction (m'appartiendra déjà presque plus à ce moment-là ...) donc euh ... voilà.
Sincèrement, je ne sais pas moi-même comment j'arrive encore à trouver le temps de lire. Putain, j'ai des supers pouvoirs !
Tirage Bookjar !!!
Comme chaque fin de mois, pour une lecture du mois prochain, je tire un papier dans mon bocal à anchois ! (dédicace à tous les Perceval du monde)
Et voici ce que je vais lire en mars :
*applaudissements*
Agloudou :
Un autre polar qui fout bien les chocottes, cottes-cottes
Dans la tête de Darcy (perso, je préfèrerai être dans son lit, mais on n'a pas toujours ce qu'on veut dans la vie)
Une lettre perdue, 10 de retrouvées !
Nouvelle série !
Après : Vitrinage et Vocablaglaire, voici : "Titre de l'article"
C'est pour quand je ne sais pas quoi mettre comme titre, pour éviter de trop me casser le fion. Sans déconner, j'ai passé la journée devant cette barre de titre à la con à me demander ce que j'allais bien pouvoir mettre !
Maintenant il est 19h04, et je décide de m'en foutre. Ouais je sais, j'ai pris mon temps. Qui a dit que je n'étais pas patiente ?
(bon, en vrai c'est pas vrai (pas belle cette phrase!) j'ai fait plein de trucs dans la journée, mais faites comme si, s'il vous plait)
Editeur : Milady
Collection : Romance/Pemberley
Parution : juillet 2013/ novembre 2013/ février 2014
Pages : 413, 356, 332
Résumé du tome 1 :
"Elle est passable, mais pas assez jolie pour me tenter".
Ainsi commence l'histoire d'amour - aussi improbable que légendaire - entre Fitzwilliam Darcy et Elizabeth Bennet. "Orgueil et Préjugés" a passionné des millions de lectrices qui se sont éprises du mystérieux Darcy. Pourtant, Jane Austen en révèle bien peu sur ce personnage. Qui est-il vraiment ?
Pamela Aidan lève enfin le voile sur ce premier volet qui nous entraîne dans le Hertfordshire où Darcy rend visite à Charles Bingley, et repousse les avances de Caroline, la sœur de son ami. Alors que son attirance pour Elizabeth Bennet ne cesse de croître, il voit d'un mauvais œil la relation naissante entre la jeune femme et son pire ennemi.
Ca y est, j'ai compris. Je sais pourquoi j'ai tant aimé cette trilogie. J'ai découvert que je me délectais des faiblesses des autres.
Mr Darcy, dans l'œuvre de Jane Austen, est un homme qui n'apparait pas véritablement comme un homme, plutôt comme une figure parfaite de romance, qu'on peut modeler à sa guise. L'auteure a réussi ce tour de force en le décrivant très peu mais avec des mots d'une force à pleurer, et en lui donnant des défauts tout à fait excusables vu le contexte de l'époque. Finalement, c'est donc plutôt la non présence de Darcy dans certaines scènes qui me l'a fait tant aimer. Je me demandais souvent, durant ma lecture : comment aurait réagi Darcy ici ? Les trois ou quatre premières relectures, cette figure imaginaire de l'homme idéal me convenait totalement, le caractère d'Elizabeth me suffisant pour passer un très bon moment. Mais, après 20 relectures du même bouquin, je dois vous avouer que ça en arrive à me frustrer un brin quand même. Attention, "Orgueil et Préjugés" reste et restera pour toujours un gros coup de cœur pour moi (sans doute LE coup de cœur d'ailleurs) mais voilà, j'en suis arrivée, à un moment donné, à vouloir en savoir plus sur ce foutu Darcy !
Cette trilogie de Pamela Aidan a comblé mes attentes !
Bon. Rassurez-vous, elle ne dévoile pas tout de Darcy, heureusement sinon ce serait chiant, mais elle parvient habilement à l'humaniser, lui donner une figure réelle et non pas presque essentiellement fantasmée. Oui. Donc, avec des faiblesses. De vraies faiblesses d'homme.
Et j'ai adoré ça !
Ce qu'il faut que vous sachiez, c'est qu'il n'est ici question que de Darcy, on est totalement et entièrement dans sa tête et dans sa vie, alors que dans "Orgueil et Préjugés", nous étions avec Elizabeth. Mais ici, Lizzie est très souvent absente. Je pense que c'est peut-être pour ça que je n'ai pas fait de cette série un coup de cœur, car cette femme est un personnage qui me plait énormément, en avance sur son époque bien que consciente de l'importance du mariage pour une demoiselle de sa condition sans espoir d'héritage, mais refusant de se lier sans amour.
Bref. A la base, faut que je parle de "Darcy gentleman", pas de "Orgueil et Préjugés" ... Ah, bah tiens, en parlant du titre justement, en VO ça donne "These three remain", qu'on pourrait traduire par "Ces trois qui restent" ou "Ces trois demeurent", une expression à connotation religieuse d'après ce que j'ai compris, les trois dont il est question étant : la foi, l'espérance et l'amour. Ce que je trouvais tout à fait approprié au regard de ce que traversent Darcy et Lizzie dans l'histoire originale. Mais Milady traduit ça en "Darcy gentleman" ... ouais, d'accord. Moins pertinent je trouve, mais pas grave.
Ce que j'ai le plus apprécié dans ces trois tomes, c'est qu'ils dévoilent beaucoup de zones d'ombres. On découvre tout ce que Darcy vit lorsqu'il est loin d'Elizabeth : sa vie à Londres, à la Cour d'Angleterre, ou, plus intimement, dans son beau domaine de Pemberley. On y fait la connaissance de beaucoup de ses amis, des responsabilités qu'il a en tant que propriétaire d'un riche domaine et d'un nom précieux qui l'obligent à beaucoup de mondanité qu'il n'apprécie que moyennement. Pour faire court : on le découvre en tant qu'homme du monde.
Mais, le plus beau selon moi, on le découvre, à partir au moins du milieu du tome 2, en tant qu'homme amoureux capable de s'impliquer à fond malgré les convenances, et sa fierté.
/!\Attention, spoiler !! /!\
Ici, petite mention spéciale au tome 3, qui nous dévoile toute l'implication de Darcy dans la recherche d'une petite fugueuse et de son amant peu recommandable ! Il s'agit justement de la seule scène du livre original que je regrettais de ne pas voir plus développée que ça. Maintenant, me voilà comblée.
Fin du spoil
Malheureusement, cette plongée dans la vie de Darcy peut ne pas plaire à tout le monde, j'en conviens, puisque le personnage perd beaucoup de son mystère. Il devient un homme et non plus une image, comme je le disais plus haut. Limite, il en devient un peu "banal".
Si vous voulez qu'il reste une simple et puissante présence taciturne mais bienveillante, peut-être devriez-vous passer votre chemin !
Un autre point positif que je voulais évoquer (cette chronique prend des proportions monstrueuses, c'est inquiétant), c'est le style de l'auteure. Avant cette trilogie, j'avais lu quelques Austeneries (comme "Avec ou sans Mr Darcy" ou "Le journal de Mr Darcy" par exemple) qui m'avaient beaucoup déçu à cause des auteurs qui, en voulant se donner un style plus "victorien", ont totalement foiré leur coup ! Mais là, Pamela Aidan s'en sort comme une chef ! Bon, évidemment elle n'a pas la classe, l'humour et la vivacité d'Austen, c'est chose impossible on est d'accord, mais c'est fluide, à la fois simple et introspectif, et très agréable.
(ici, petite pause de quelques heures de sommeil et de procrastination, il est désormais 12h40 le lendemain)
Je ne parlerai pas en détail de chacun des tomes, au risque de trop en dire, mais sachez qu'à mon humble avis, la trilogie entière est une réussite. Je dirais même que le tome 2 est meilleur que le tome 1, et le tome 3 meilleur que le tome 2.
En ce qui concerne le contexte historique et politique, encore une fois l'auteure s'en sort très bien. Les détails qu'elle nous donne sur le chamboulement des mœurs de la société est très intéressant et plutôt drôle à découvrir du point de vue de Darcy.
Ah, ça me fait penser que je n'ai pas évoqué un autre point, que j'ai pourtant trouvé très drôle lui aussi : la "relation" entre Fitzwilliam Darcy et Caroline Bingley.
Dans "Orgueil et préjugés", le Darcy qu'on connaît ne réagit qu'avec indifférence aux poursuites assidues de la sœur de son meilleur ami. Le voir garder son calme face à une peste pareille qui répond 'amen' à tout ce qu'il dit était proprement stupéfiant, et je ne pouvais pas m'empêcher de me demander comment il faisait pour ne pas l'envoyer paître.
Grâce à "Darcy gentleman", maintenant je sais, et c'est délectable !
Je crois que je vais m'arrêter là avant de vous faire fuir !
Petit mot de la fin : sans compter que, pour une fois, les couvertures de Milady Romance ne sont pas trop à gerber, ça fait plaisir !
D'autres avis sur
Je viens de faire un triste constat : je fais partie de cette minorité de gens qui n'aiment pas "Chroniques du tueur de roi" de Patrick Rothfuss.
Le premier tome partait bien pourtant, je trouvais ça fluide, entraînant, nouveau, intéressant. Mais dès le deuxième tome, j'ai vu des longueurs terribles s'installer, des répétitions, et un personnage principal que j'avais précédemment trouvé attachant devenir, petit à petit, pédant et capricieux. Impression renforcée par le tome 2 - deuxième partie, que j'ai eu énormément de mal à finir (j'ai même fait une pause de plusieurs mois dedans, craignant ne jamais avoir le courage de le reprendre pour le terminer !)
Tout ça pour dire : je crains fort de ne jamais avoir le courage de lire le troisième tome, s'il sort un jour.
(nouvelle pause ici, le temps de sortir le chien ; il est 14h25. C'est moi ou j'ai presque passé deux putains de jour sur cette chronique de chiasse ?!!)
Bon, je ne sais pas quoi dire de plus. J'aimerai dire un truc drôle, mais rien ne me vient. Dommage, ç'aurait été chouette.
Et allez, encore un article fini à la pisse !!!
Tiens, parce que je le vaux bien :
C'est pas Austen
On m'a tagué !!
Et tout ça à cause d'un personnage, qui ne voulait décidément pas être là au bon endroit au bon moment.
Mais c'est moi l'auteure, que diable !!!
Si je les laisse faire ce qu'ils veulent dès maintenant, qu'est-ce que ce sera dans quelques années, quand je vivrai de ma plume ?!
...
Bah quoi, on peut rêver non ? Non ? Faites pas chier, et laissez-moi à mes rêves ...
Editeur : Points
Collection : Grands romans
Parution : 2014
Pages : 780
Résumé :
Le docteur Thorne, célibataire endurci, a recueilli chez lui sa nièce Mary, orpheline, qui est devenue une belle jeune fille. Il souffre de la voir mise à l'écart par la bonne société du village, du fait qu'elle est de naissance obscure et sans fortune. Elle ne saurait épouser celui qu'elle aime, Frank Gresham, un jeune héritier désargenté qui l'aime également, mais dont le devoir est d'épouser "une fortune" pour sauver le domaine familial hypothéqué.
Bon. Vous connaissez sans doute mon amour pour Jane Austen et ses satiriques romans sociaux sur la belle Angleterre du XIXème siècle, j'en ai bavé des litres à vous parler de "Orgueil et Préjugés", que je compte relire ce mois-ci, et ne vais donc pas m'y attarder à nouveau.
Sauf pour vous dire ceci : à lire les aventures magnifiquement romantiques de cette auteure, j'en suis arrivée à me dire que j'aurais aimé vivre à cette époque tant les histoires d'amour qu'elle dépeint sont belles et m'ont fait rêver.
*pause dramatique, avec son des violons et toussa*
Bah ... Trollope m'a remis les pendules à l'heure !
Enfoiré va ...
L'histoire est celle, somme toute très simple, de la jeune Mary et son tonton Doc. La pauvre ne part pas dans la vie avec le meilleur des bagages : c'est une femme, déjà, très mauvais point ! (rappelons que ce n'est qu'en 1884 qu'une lois complètement dingue - de mon point de vue - voit le jour en ce beau pays 'civilisé' : les femmes ont enfin le droit de posséder leur propre corps ... je vous laisse râler et vous indigner, mesdames !), elle est de basse naissance, elle a de l'esprit (ce qui n'était pas souhaitable, à cette époque, pour une femme), son tonton est médecin, et le pire de tout : elle s'en moque ! Anticonformiste au possible, elle ne cherche pas le mariage, bien consciente que son statut social lui ferme bien des portes.
Mais qu'est-ce ça fout, ça, que son tonton soit médecin, me direz-vous ?
Bah, beaucoup de chose.
A cette époque, la foi chrétienne rend les gens un tantinet, pour ne pas dire carrément !, obscurantistes. Les progrès de la science sont mal vus, à la limite de l'hérésie je crois, et donc un homme qui soigne les gens en concoctant des filtres et basant ses déductions sur la potentielle présence de petits êtres microscopiques (que nous appelons de nos jours des microbes) et non pas sur un quelconque châtiment divin, est évidemment pointé du doigt. Bien que, bien sûr, on fasse immédiatement appel à lui en cas de rhume.
Logique quand tu nous tiens ...
Donc, ce docteur Thorne, et Mary, ont une place bien étrange dans ce village anglais. D'un côté, les gens les remercient quand Doc les soigne, et d'un autre on critique cette pauvre Mary parce que c'est une orpheline aux origines plus que modeste.
Doucement, d'abord.
Puis bien plus virulemment, quand Mary aura le malheur d'attirer le regard de Frank Gresham, l'héritier d'une famille noble auparavant riche et aujourd'hui endettée.
Là où l'auteur a cassé mon rêve romantique et imaginaire où je m'étais construit une Angleterre pleine de romance, c'est par sa virulence envers la société elle-même. C'est elle, le personnage principal de ce roman, pour moi ça ne fait aucun doute, et c'est à travers ses codes et ses restrictions que nous découvrons les personnages de Mary, du Doc, de Frank, et des autres. Chez Austen, c'est l'inverse.
Donc, le romantisme, chez Trollope ... y'en a pas beaucoup !
/!\ Attention, léger spoil ici /!\
Ce qui m'a conforté dans cet avis c'est quand, sur une parole de Frank, la situation de Mary devient pire qu'elle ne l'était ! Cette fille, qui n'a absolument pas cherché l'amour de ce jeune godelureau, se retrouve pointée du doigt et critiquée, sous prétexte qu'elle est une coureuse de fortune rien que parce qu'il s'intéresse à elle. Elle est belle, la mentalité ! Lui il est riche, bien élevé, et bien né, donc forcément innocent et irréprochable.
Bordel ...
Bon, Mary finit par retourner la situation à son avantage, rassurez-vous, et là je lui ai dit : bravo ma fille, saute sur l'occaz' !!!
Fin du spoil
C'est pour ça que c'est pas un coup de cœur.
Oui, je sais, c'est réducteur. J'en aurai presque des remords.
Presque.
Faut pas pousser hein, pour la mauvaise conscience, c'est pas tout de suite.
Ceci dit, si j'ai tant aimé, c'est justement parce que Trollope dit les choses avec sincérité, sans doute plus que Austen elle-même ça ne fait aucun doute, et si j'ai pris une claque, au moins elle m'a remis la tête à l'endroit.
Et j'ai aimé Mary.
Elle n'est pas romantique (c'est pas une énième Elizabeth Bennet quoi !!), les critiques la frôlent à peine, elle encaisse tout ça en relevant la tête, et elle ose affronter Frank malgré qu'il soit tout de même responsable de ce qui lui arrive.
Etrangement, le personnage du Docteur Thorne, lui, ne semble pas être le personnage principal du roman malgré que celui-ci porte son nom. Non. Il est le spectateur, presque le narrateur, et regarde, parfois impuissant, sa nièce se faire trainer dans la boue. Et puis, petit à petit, on comprend qu'il garde un secret, et qu'il répugne à s'en servir. Je pense que ça fait de lui un élément perturbateur, tout à la fois positif et négatif.
Bref. Une lecture qui m'a beaucoup plu, bien qu'en demi-teinte. Je ne connaissais pas l'auteur et j'ai énormément apprécié la densité et la richesse du récit. Il y a quelques longueurs, oui, qui m'ont un peu ennuyée, mais je pense que c'est à cause de notre époque où tout est action, où tout doit se passer et s'expliquer très vite. Je comprends le succès qu'a eu ce livre, et l'indignation qu'il a soulevé.
Ce qui fait d'Anthony Trollope l'un des auteurs de cette époque que je préfère, et je compte bien en lire d'autres !
D'ailleurs, j'ai "L'héritage Belton" et "Les enfants du Duc" dans ma PAL.
D'autres avis sur
Tirage BookJar !!
Et oui, oui, j'ai enfin trouvé une boîboîte ... qui est, finalement, un bocal en verre de ma mamie (deux, en réalité : l'un avec les séries dedans) qui m'a regardé bizarre quand je lui ai dit, en réponse à sa question : C'est pour quoi faire ?, que c'était pour mettre des petits bouts de papier dedans.
Tiens, une photo, parce qu'il le faut (avec du brouillard, et tout. Comprends pas, il faisait beau soleil ce matin et en deux heures, bim, on y voit comme à travers une pelle) :
J'aimerai bien les customiser mais pour l'instant je ne sais pas avec quoi ni comment, alors tant pis, verrai plus tard.
Le livre tiré pour le mois de février 2017 est donc (pis si vous arrivez pas à lire, bah tant pis pour vous !) :
Bon.
Je suis heureuse.
J'ai réussi à faire obéir ce connard de personnage, qui croyait vraiment qu'il allait pouvoir faire ce qu'il voulait et où il le voulait !!
C'est qui le boss, bordel à queue ? Hein ?! C'est qui ?!!
Et on fait tourner les servietteuh !!!
Tiens, attrape !
Bilan du Cold Winter Challenge ! Me suis pas fait chier, je l'ai fait sur l'article de présentation ...
Allez, je te mets "Raison et sentiments", parce que j'ai envie (c'est un peu mon blog hein, je fais ce que je veux)
Pendant un peu plus d'un an à partir de 2012 je crois, j'étais complètement accro à un jeu d'élevage de Dragons. Drakemaster ça s'appelle.
Je ne me souviens plus pourquoi, mais j'ai un jour décidé de totalement supprimer mon compte sur ce site. Sans doute parce que ça me bouffait trop de temps.
Et puis, il y a deux jours, je me suis réinscrite ...
Ouille ouille ouille !!
Editeur : Milady
Parution : août 2016
Pages : 879
Résumé :
Imriel et Sidonie renoncent enfin à la clandestinité.
Mais l’aveu de leur amour s’apprête à précipiter le royaume dans le plus grand tumulte. Car les D’Angelins n’ont pas oublié les crimes de la mère d’Imriel, la perfide Melisande. Aussi la reine Ysandre impose-t-elle une condition absolue à l’union des amants. Imriel doit accomplir un acte de foi : retrouver sa mère et la ramener en Terre d’Ange pour qu’elle y soit exécutée.
Mais tandis que Sidonie et lui se préparent à une nouvelle séparation, une force étrangère venue de loin étend son ombre sur le royaume.
Les deux amants survivront-ils à cette nouvelle menace ?
Cette trilogie fait partie d'une saga composée de 9 tomes. La première trilogie se nomme "Kushiel", la seconde "Imriel" et la troisième n'est pas encore traduite en français, et je ne préfère pas dire de conneries, donc je ne dis rien.
Ma découverte de cette auteure a été un peu embrouillée. J'ai plongé dans son monde avec le tome 1 de "Imriel", la seconde trilogie donc, à sa sortie en juillet 2015. J'ai beaucoup aimé, quoi que certaines longueurs m'aient ennuyé, et ai donc commencé à me renseigner quant à la sortie du tome 2. C'est là que j'ai compris, grâce aux chroniques de certains blogueurs, que la première trilogie, "Kushiel", sortie en poche durant l'année 2014, était semble-t-il bien meilleure. Le tome 2 de "Imriel" n'étant pas encore sorti à ce moment-là, je me lance dans "Kushiel".
C'est là que j'ai pris la grosse claque !! "Kushiel" est une trilogie d'une beauté et d'une intensité à couper le souffle ! Rien que les 100 premières pages du premier tome étaient bien meilleures que le premier tome tout entier de "Imriel". Je me suis avalée la trilogie en un temps record, totalement amoureuse de Phèdre et Joscelin. Quant aux autres tomes de "Imriel", j'ai dû attendre qu'ils sortent, voilà pourquoi je finis cette trilogie seulement maintenant.
Malheureusement, le personnage de Imriel ne tient clairement pas la comparaison avec Phèdre, malgré que ses aventures soient palpitantes, et malgré le fait que cette trilogie soit très bonne. Non, elle ne vaut pas "Kushiel". Et pourtant, il s'agit de 3 tomes à ne pas manquer !
Sachez tout d'abord que durant de longues années, et même encore un peu aujourd'hui, j'ai tendance à préférer les personnages principaux masculins. Ne me demandez pas pourquoi, c'est comme ça. Lorsque je vois qu'il s'agit d'une héroïne, je rechigne toujours un peu à lire, et parfois même je ne lis carrément pas. Complètement con, vous avouerez ? C'est certainement dû au fait que je me compare plus facilement aux personnages féminins, puisqu'étant moi-même une femme (si si, vous assure !) et me trouve donc beaucoup plus de défauts qu'elles. Ouaip, j'suis loin d'être parfaite (Aïe bilive aïe caine flaille !!!! Envoles-toi, petit moineau ...) et si de plus en plus de personnages ont leur propre défaut, ils seront toujours plus parfait que moi. Du coup, ça me faut les boules, alors j'évite les héroïnes.
De quoi s'auto-giflée, ouais, j'suis d'accord.
Phèdre, dans "Kushiel", a réussi à me faire changer d'avis le temps de ses aventures. Et Imriel, de la trilogie qui porte son nom, aussi, mais dans l'autre sens.
Imriel, c'est typiquement le genre de gars qui broie sans arrêt du noir, qui s'apitoie sur lui-même, toujours dépressif à se répéter que personne ne l'aime, et qui a tôt fait de me taper sur le système. C'est fou le nombre de baffes que j'ai eu envie de lui mettre au fil de ces trois tomes !
Mais ce qu'il faut savoir avec l'auteure, c'est qu'elle est maîtresse dans l'art de développer des personnages infiniment complexes, et Imriel, Elua merci !, évoluera. Trop lentement à mon goût, et d'une façon qui ne m'a pas tout à fait convaincu malheureusement, mais il évoluera.
En gros, voilà ce que j'ai pensé en lisant ce troisième tome : ouais, Imriel est donc devenu le parfait prétendant princier courageux et motivé par l'amour. Génial ... Personnellement, je préfère les héros masculins quand ils ont une petite part de méchanceté en eux, et de violence (Rekk, mon Rekk d'amour !!!) mais là Imriel devient juste trop ... parfait. Désolée, je ne trouve pas d'autres mots ! Evidemment, à cause de son passé, et de ce qui lui est arrivé dans le tome 2, il a toujours tendance à déprimer facilement, mais les choses ne vont pas plus loin !
Si seulement les événements précédents l'avaient laissé avec une sombre colère, là j'aurai dit oui, un grand oui !!!
Mais non, il se contente d'accepter tristement ce qu'il s'est passé ...
Mais c'est peut-être moi qui suis trop rancunière de base, sans doute, parce qu'à sa place j'aurais certainement pas accepté tout ça.
Je me comprends. Et ceux qui l'ont lu comprendront peut-être aussi, mais pour les autres : désolée, je ne peux pas en dire plus sous peine de spoiler !
Le deuxième tome de cette trilogie était pourtant tellement bon !! Tellement différent du premier, tellement terrible et beau, que je partais dans la lecture de celui-ci avec un grand sourire.
Beuarf, raté !
En gros, là c'est presque 900 pages de : je vais te secourir, ma princesse, parce que je veux te faire l'amour pour le restant de mes jours !!!!!!!
Gra !
Pourquoi ? Pourquoi Carey a-t-elle fait ça ?
Certes, l'amour et le sexe tiennent une grande part dans son univers et ses œuvres, ça a toujours été, et j'adore ça, mais les autres tomes étaient pourtant tellement plus profonds que ça ! Et cette profondeur, cette complexité, toutes les trames politiques et les dangers et les révélations et les magies qu'elle avait si habilement tissés dans les 5 tomes précédents, je ne les ai pas vraiment retrouvé ici. Tout était là, oui, mais avec bien moins d'intensité.
Ne ragez pas s'il vous plait, ce n'est qu'un avis personnel.
Mais alors, pourquoi ai-je tant aimé ce tome ?
Parce que la fin est magique. Magnifique. Grandiose. Profondément belle et triste à la fois, tout autant positive que négative. Avec tous les événements qui se sont déroulés, on se doute que cela aura des répercussions sur l'avenir de Terre d'Ange, et c'est ce que j'ai apprécié. Cette fin ouverte m'a convaincu : la prochaine trilogie reprendra sans doute certains des événements que j'ai vécu avec tous les personnages de "Kushiel" et "Imriel", principaux comme secondaires.
Les personnages justement, parlons-en.
Si Imriel m'a, pratiquement tout le long de ses aventures, agacé, j'étais heureuse de faire la connaissance des personnages gravitant autour de lui ; des personnages que j'ai trouvé plus intéressants ! Mavros, pour commencer. Alais, ensuite, pour qui j'ai eu un véritable coup de cœur !! Eammon, que j'étais ravie de rencontrer (surtout parce que je connaissais ses parents, personnages de "Kushiel", et la façon dont ils s'étaient rencontrés) puis Dorelei ; sans oublier certains que j'ai retrouvé avec grand plaisir, héros discrets des aventures de Phèdre : Ti-Philippe et Hugues, l'un de mes couples préférés.
L'une des grandes forces aussi de l'univers de cette auteure, se sont les voyages. Les personnages vont toujours d'un pays à l'autre, à la rencontre de peuples et de cultures sans cesse plus différentes, et c'est un régal de découvrir tout ça. Rare sont les univers de fantasy à proposer un tel dépaysement (et non, pas même en Terre du Milieu, ou en Westeros) c'est plus de dix pays, avec chacun leur Histoire, leur sphère politique et leurs dangers que Carey développe, et c'est stupéfiant de netteté. A croire que ces pays existent vraiment.
Et peut-être est-ce un peu le cas ...
Je pourrais vous en dire encore beaucoup sur cette trilogie et ce tome-là en particulier, mais je pense que j'en ai assez chié comme ça.
Je suis consciente qu'il n'a pratiquement été question, dans cette chronique, que d'une 'bataille rangée' entre "Kushiel" et "Imriel", mais étant donné que je donne mon avis sur un troisième tome, il est difficile d'en parler sans trop spoiler tout l'univers, alors j'ai fait ce que j'ai pu.
Pour conclure, je ne dirai que ceci : lisez "Kushiel". Lisez "Imriel". Laissez-vous envouter, et peut-être saurez-vous aimer Imri à sa juste valeur (en tout cas mieux que moi)
Peut-être n'est-ce pas évident, mais j'ai aimé ce tome. Je ne pouvais que l'aimer. Malgré tout, je suis triste de quitter Imriel et ses aventures, bien que je lui ai trouvé beaucoup de défauts. Parce que je ne peux qu'aimer ce que propose Jacqueline Carey ; je ne peux qu'aimer le royaume de Terre d'Ange et tous ceux qui l'entourent.
La troisième (et dernière, apparemment) trilogie de cette saga, a été confirmé par Bragelonne, qui la traduira. Mais pas avant plusieurs années.
Etant donné que je suis une bite en anglais, je suis donc condamnée à attendre qu'ils se décident.
Et ce sera dur !
Pour ronger mon frein, j'essaierai sans doute de chroniquer "Kushiel", mais j'ai tellement peur de foirer que j'ose pas.
Comme beaucoup d'autres coup de cœur, finalement.
C'est intéressant, n'empêche, de retrouver son "ancien moi" sur ce genre de jeu en ligne. J'ai retrouvé des vieux topics dans leur forum que j'avais écris et proposé, ça m'a fait tout drôle.
J'ai bien conscience de ne plus être tout à fait cette personne, et quand j'ai revu ce vieux pseudo, ces vieilles conneries que je pouvais déjà pondre à cette époque, ça m'a fait sourire avec nostalgie.
On a beau changer, on ne cesse jamais d'être nous-même finalement.
Ouais, sauf en cas de trouble de la personnalité, j'en conviens.
Tiens, pour toi, c'est de bon cœur :
Un ch'ti polar qui fait peur, un !
Curiosité de mes fesses !!!!
Allez, je ressors l'une des plus vieilles chroniques.
... comme vous l'aurez sans doute compris, je ne suis pas totalement cruche, je suis carrément antisociale, les inconnus me font peur (les hommes plus encore, même ceux que je connais !) en plus c'était l'été, en fin de journée, je venais de passer des heures dans une putain de librairie poussiéreuse sans climatisation, je suais comme un âne, ma bouteille d'eau était vide ... donc, autant vous dire que cet homme (qui avait l'air fort sympathique au demeurant, quoi qu'un peu étrange) aurait tout aussi bien pu s'adresser à un dragon qui venait de manger de l'ail.
Pour faire court : j'ai dis non (et encore, je vous donne la version polie)
Ce qui explique sans doute pourquoi je suis encore en vie aujourd'hui. Qui sait, c'était peut-être un cannibale, et ma chair graisseuse lui avait peut-être mis l'eau à la bouche.
Et oui, ne vous déplaise, cette anecdote (qui est véridique), a tout à fait un rapport avec le livre que je vous présente.
Editeur : Le Livre de Poche
Pages : 510
Parution : 2007
Résumé :
Evelyn a 25 ans. Un séjour imprévu dans sa belle-famille avec son mari et son fils de cinq ans tourne au cauchemar absolu. Une créature surgie de son enfance l'entraîne alors dans un voyage hallucinant, sensuel et totalement imprévisible, vers les forêts primaires de l'Alaska. Compagnon fantasmatique ou incarnation de Pan, le grand faune lui-même ... Qui est le Dieu dans l'ombre ?
Fait partie de mon Cold Winter Challenge ; avant-dernière lecture, troisième agréable surprise après "Dragon de glace" et "Terreur", et 3 autres livres décevants. Une bonne moyenne. Me reste encore une lecture pour clôturer ce Challenge avant la fin du moins, ce qui est largement faisable !! Pourrai peut-être même rajouter une lecture bonus ...
Si j'ai sorti ce livre de ma PAL pour le CWC, c'est simplement parce que l'histoire se déroulait dans un état du nord, et que ça faisait longtemps que je n'avais pas lu de Robin Hobb sous ce nom-là, en sachant que j'avais lu "Le dernier magicien" que j'avais trouvé terriblement ennuyeux.
Donc, pour être tout à fait honnête, a aucun moment je n'ai sélectionné ce livre parce que l'histoire m'intéressait, je m'en rends compte maintenant ... je commence à comprendre les dangers d'un Challenge dont me parlait ma BlueBlue ! Mais d'un autre côté, s'il n'y avait pas eu le CWC, je n'aurai sans doute pas sorti ce livre, ou alors si mais dans longtemps ('fin ça j'en sais rien hein, j'suis pas Doc Brown)
Passons, c'est chiant.
Quand j'ai commencé ma lecture, je n'étais ni excitée, ni ennuyée. Les choses se mettent en place rapidement, dès le début nous sommes avec Evelyn, son mari Tom et son fils Teddy qui, dans l'avion, quittent l'Alaska pour se rendre chez les parents de Tom qui ont besoin de son aide. A l'origine, ce voyage n'était censé durer qu'un mois.
Je dois avoué que ce contexte contemporain m'a tout de même étonné de la part de cette auteure, mais cela n'enlevait absolument rien à son écriture, toujours aussi merveilleuse, précise, immersive et poétique.
Un chapitre plus tard pour nous, c'est plus de deux mois plus tard pour Evelyn, qui commence à piger qu'elle est tombée dans un piège.
Ses beaux-parents lui font clairement comprendre qu'ils ne veulent pas d'elle ici, qu'ils n'avaient besoin d'elle que pour avoir un petit-fils, un héritier qui s'occuperait de l'affaire de la famille après Tom, et que maintenant que son boulot de génisse est fait ils n'ont plus besoin d'elle.
Mais Evelyn aime Tom, elle aime Teddy encore plus, et encaisse donc toutes les remontrances et les humiliations autant qu'elle peut, elle s'écrase, encaisse, fait tout pour que son mari soit content d'elle, quitte à devenir un véritable paillasson.
Ce qui entre en complète contradiction avec le caractère affirmé, volontaire et sauvage de sa jeunesse, que nous découvrons à travers 3 ou 4 chapitres flash-back. Et j'ai compris qu'il s'était passé quelque chose d'important durant son adolescence, qui l'avait transformé.
En lisant certaines chroniques de ce livre pendant ma lecture, j'ai compris que cet aspect du personnage d'Evelyn en avait agacé plus d'un.
Pour ma part, cela m'a permis d'être en osmose avec elle. C'est venu d'un coup, comme ça, dès que j'ai compris qu'elle et moi on se ressemblait, et ce livre est ensuite devenu important, car je voulais savoir comment Evelyn allait se sortir de là.
Pourquoi je l'ai si bien comprise ?
Parce qu'à un moment donné de ma vie, je me suis retrouvée dans la même situation, à devoir m'écraser, me courber pour contenter les gens autour de moi, et encaisser l'indifférence et les moqueries (et bien d'autres choses). Et puis un jour, j'ai dit merde, j'ai tout fait pour retrouver ma dignité, je les ai tous envoyé chier. Et depuis, il ne faut surtout pas me marcher sur les orteils.
A ce moment-là de ma lecture, je ne faisais pas vraiment attention à un autre personnage important, mi-homme mi-bouc, qui apparaissait à Evelyn quand les choses devenaient trop difficiles. Etait-il réel ? L'inventait-elle pour trouver un exutoire à cette vie qui la foutait par terre ? Tout en sachant que la première apparition de ce personnage troublant remontait en fait à son enfance, il était donc fort possible, selon moi, qu'il s'agisse de "l'ami imaginaire" d'une petite fille très imaginative qui passait son temps dans la forêt entourant sa maison familiale en Alaska, et qu'elle l'avait fait revenir inconsciemment par besoin.
Jusque là, j'adorais ma lecture et étais persuadée qu'il s'agirait d'un coup de cœur.
Et puis, le fameux "cauchemar absolu" arrive, vers la moitié du bouquin, et j'ai été révoltée ! Révoltée par la réaction d'Evelyn.
Je ne vous dirais évidemment pas ce qu'il se passe, ce serait pas cool de ma part (et puis lisez-le ce livre, lisez-le merde !), simplement que là, je ne la comprenais plus du tout ! Absolument plus ! J'étais tellement écœurée par sa façon d'agir, tellement énervée, que j'ai arrêté le bouquin pendant deux jours, en me disant au début que, sa mère !, je ne le continuerai pas. Fini.
Puis, évidemment, parce qu'il restait encore environ 250 pages à lire, la curiosité a repris le dessus. Qu'allait-il se passer durant cette seconde moitié ?
Du coup, je l'ai repris.
Je fais une petite pause ici pour vous dire ça : j'ai commencé à écrire cette chronique, et il s'est mis à neiger. Assez fort. Depuis, j'écris, et ça ne diminue pas, bien au contraire ! Bon, je sais, la vague de froid était prévue me direz-vous, mais sachez que je me trouve dans une région de la France où il n'avait pas neigé comme ça depuis au moins 3 ans. Voilà.
C'est un signe !!!
Vite, appelez Rome !!!!!!
Reprenons.
Grand bien m'en a pris ! Evelyn est devenue différente, bien différente de moi, elle a évolué, changé, comme moi j'avais décidé de changer mais en empruntant un autre chemin que le mien.
J'étais donc en terrain inconnu, comparé à la première partie du texte, et c'était ... magique.
Ici, l'écriture de l'auteure devient vite la force du récit. C'est stupéfiant de merveilleux et de magie ; y plonger c'est plongé dans la nature sauvage, inviolée, telle qu'on rêve tous de la voir un jour.
Et celui qu'Evelyn appelle Pan revient. Si, au début, il apparaissait clairement comme un élément perturbateur, il devient ici le sauveur, une force éminemment positive, et va chambouler totalement l'esprit de la jeune femme, ainsi que son corps (donc émotionnellement et sexuellement)
Oui parce que ... (attention, point culture, préparez-vous) Pan, dans la mythologie, serait un Dieu souvent accompagné/comparé/représenté avec les satyres, des créatures lui ressemblant beaucoup décrites comme lubriques, obsédées, libidineuses ... en gros, ça baise tout quoi. Même les arbres.
Euh ...
Donc.
Le texte de Megan Lindholm gagne ici beaucoup en érotisme, mais n'a rien de "vulgaire" ni d'exagéré, ce qui le rend encore plus poétique et troublant. Et ça m'a énormément plu ! Le fait qu'on quitte ici le contexte contemporain pour se retrouver dans une sorte de quête/voyage fantastique et onirique à travers une nature intacte et une forêt étrange m'a rappelé à quelle auteure j'avais affaire. Nulle autre que celle de "L'assassin royal", après tout !
Elle développe ici sa propre mythologie, son propre mythe du Dieu Pan, et j'ai beaucoup aimé ce personnage finalement davantage animal qu'humain, sa philosophie, son histoire, sa force et ses pouvoirs.
Mais : et le coup de cœur alors ?
Si j'étais heureuse d'apprécier de nouveau ma lecture, j'avais toujours mon coup de gueule en tête. Cette petite partie du roman me restait malheureusement en travers de la gorge, et chaque fois que j'y repensais, je sentais venir de nouveau cette bouffée de colère et d'indignation incontrôlable !!
Et puis, la fin du livre a fini par arriver (vous vous en doutiez, bande de petits malins)
Nouvelle indignation ?
Nouvelle bouffée de ... mais de quoi, au juste ?
Je ne savais pas.
J'ai refermé ce texte en étant un peu perdue, incapable d'expliquer ce que je ressentais, incapable de mettre des mots sur ce qui se bousculait dans ma tête.
Et aujourd'hui, 24 heures exactement après l'avoir terminé, j'ai compris (ouais, des fois j'suis lente, lâchez-moi) J'ai compris que pour provoquer tant d'émotions en moi, ce livre était forcément bon, incroyablement bon, efficace, et un coup de cœur. Un coup de cœur absolu, et total.
C'est chiant quand un livre ne fait que vous 'plaire' parce qu'il est 'bien', non ? Evidemment, c'est agréable aussi, mais le mieux, de mon point de vue, c'est quand les émotions se succèdent, vous entraînent, vous heurtent.
Quand je repense à cette scène, au milieu du récit, qui m'a tant énervé, je m'énerve encore ! Ensuite, je me remémore la première partie du texte, où je comprenais si bien Evelyn, puis la seconde partie, qui m'a émerveillé et enchanté, alors je peux vous le dire, je l'affirme : oui, un gros coup de cœur !
D'accord, ce livre a un ou deux défauts, mais ce sont des défauts de la vie et rien d'autre ! Des défauts qui nous rappellent que non, un roman ne peut pas être parfait, tout simplement parce que la vie elle-même est imparfaite. Imparfaite, mais belle.
Première chronique 2017, et c'est un coup de cœur.
L'année commence bien.
D'autres avis sur
Parmi toutes les chroniques que j'ai lu faites sur ce livre, deux d'entre elles ont particulièrement retenues mon attention (mais il y en avait beaucoup d'autres de bien hein, je ne dis pas que toutes les autres étaient nulles) celle de la croisée des chemins et celle de Margaud Liseuse (si vous passez par là toutes les deux, bienvenu à vous et merci pour "Le Dieu dans l'ombre" !)
Au fait. Il neige toujours. Et c'est tout blanc.
J'aime déjà l'année 2017 !
Encore un livre à lire pour le CWC : "Les empreintes du diable" de John Burnside, et peut-être que j'arriverai à rajouter, en bonus, le tome 4 du "Trône de fer", pour valider le Challenge !!
Au fait, si vous avez lu mon Bilan/Objectifs, vous savez que j'avais l'intention de participer au Week-end à 1000 qui se déroulera du 20 au 22 janvier, même si ce Challenge me fout la trouille. Mais il se peut que ce soit compromis, étant prise précisément ce week-end (pour un truc qui me gonfle en plus !) donc euh ... merde, voilà. C'est chiant d'avoir une vie sociale, putain.
Et sinon, je vous ai donné envie avec ce "Dieu dans l'ombre" ?
J'espère.
J'espère sincèrement.
Bon hiver à tous ! Et faites gaffe, ça glisse dehors.
Coup de cœur !
Tiens, si t'as encore le courage après ce pavé que je t'ai pondu :
Quelqu'un a eu la gentillesse de me taguer !
Un autre coup de cœur, juste parce que ça fait du bien.