Affichage des articles dont le libellé est Carmilla. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Carmilla. Afficher tous les articles

24/07/2017

Bon sang, me suis impressionnée moi-même !

Il est des livres qui savent vous réconcilier avec un genre en particulier ... un peu. C'est pas parce que tout à coup j'ai aimé un livre avec un vampire, que je vais me mettre à aimer le genre lui-même. Je le sais bien que si j'en relis j'aurais plus de chance d'être déçue qu'autre chose.

Pourtant, maintenant, j'ai bon espoir !

Editeur : Le livre de poche
Parution : 2010
Pages : 123

Résumé :
Dans un château de la lointaine Styrie, au début du XIXe siècle, vit une jeune fille solitaire et maladive.
Lorsque surgit d'un attelage accidenté près du vieux pont gothique la silhouette ravissante de Carmilla, une vie nouvelle commence pour l'héroïne. Une étrange maladie se répand dans la région, tandis qu'une inquiétante torpeur s'empare de celle qui bientôt ne peut plus résister à la séduction de Carmilla... Un amour ineffable grandit entre les deux créatures, la prédatrice et sa proie, associées à tout jamais " par la plus bizarre maladie qui eût affligé un être humain ".




Si ce livre m'a plu, je pense que c'est parce que l'aspect gothique est davantage mis en avant que le fantastique apporté par le mythe du vampire. Le mot lui-même n'est mentionné que très peu de fois, et hormis quelques passages communs au genre (piqure dans le cou, victimes et maladie étranges, personnage mystérieux à la beauté troublante) tout le reste est différent.

Déjà, premier point important, la narration. Un narrateur nous présente le récit que fait une femme de sa rencontre avec une jeune femme il y a des années (un journal, en gros), une mise en abîme intéressante et réussie. La femme devient donc à son tour la narratrice. Elle s'adresse à nous directement et ça m'a permit de me sentir très proche d'elle, d'autant que ce journal n'a pas été écrit au moment de cette rencontre et n'a donc pas le ton et l'innocence naïve de la jeunesse, mais le recul et le regard d'une adulte, j'ai apprécié ça. Je crois d'ailleurs que c'est ce qui m'a le plus plu finalement, avec l'écriture elle-même.

Autre point positif : ça se passe au XIXème, une époque que j'aime beaucoup en littérature (d'ailleurs le problème avec les autres livres dans lesquels il y a présence de vampire, c'est peut-être l'aspect contemporain justement ... faudrait que je médite là-dessus !). J'ai donc immédiatement aimé l'atmosphère et les personnages, entre une dame de compagnie un peu simplette, un père aimant et une jeune fille sage et bien élevée, tout était là pour me plaire !

Viennent ensuite les moments un peu moins plaisants : l'arrivée d'une jeune personne mystérieuse et belle prénommée Carmilla (le vampire, vous l'aurez deviné) et là j'ai commencé à entrevoir la base de ce qui va devenir de gros clichés à notre époque, quoi que les deux personnages étant des femmes ça m'a beaucoup moins dérangé ! Il faut dire aussi que ce texte aurait apparemment inspiré Stoker pour son "Dracula", qui lui-même a inspiré, et inspire toujours aujourd'hui, la littérature vampirique.

Et paf, ça fait des chocapics !

Les liens que tissent les deux jeunes filles sont de plus en plus forts au fil du texte, et deviennent même rapidement ambigus. C'est là que j'ai commencé à comprendre qu'en réalité tout le livre, et du coup la figure du vampire qui y est évoqué, était une métaphore de ce que la passion et l'amour peuvent avoir de toxique. Laura (la narratrice) sait malgré sa jeunesse que ce qu'elle ressent pour Carmilla n'est pas moral (on est au XIXème rappelez-vous, cette époque bénie où si tu chopes un rhume tu peux faire accuser ta voisine de sorcellerie ... nan ! Quand même pas ! Ca c'était le XVIème je crois, m'enfin vous avez compris) et tente donc de combattre ces sentiments qui la dérangent. Elle en tombe malade.

Une maladie provoquée en réalité par le vampire dans le texte, qui semble se nourrir autant de la force vitale de l'esprit de la jeune fille que de son sang. Métaphore, j'vous dis.

Second point négatif, et qui m'empêche d'en faire un coup de cœur malgré tout ce que j'ai pu lui trouver de bien, les choses vont trop vite ! Le texte est beaucoup trop court, et de fait la fin est trop rapide. Tout à coup arrive un personnage proche du père de Laura (un Général, pour être précise) qui semble en savoir beaucoup, ô miracle, à propos des vampires et d'une certaine Comtesse Mircalla de Karnstein (Mircalla ... Carmilla ... je vous laisse réfléchir là-dessus !), dont le château familial, en ruine depuis un siècle, se trouve non loin de chez Laura. Là encore, sacré coïncidence !

Et puis là, tout se termine en quelques pages. Au Général viennent se greffer deux autres personnages arrivés d'on ne sait où ...

Vous l'aurez compris, une fin précipitée qui m'a un brin déçue, d'autant que Laura, dans sa maladie, ne semble pas avoir véritablement compris ce qu'il se passait et ses émotions passent alors à la trappe (c'est elle qui raconte, rappelez-vous, et elle était pas mal groggy au moment des faits). Pourtant, elle n'hésite pas à dire dans son récit, en revenant au présent, qu'en repensant à tout ça au moment où elle écrit elle n'est toujours pas tranquille.

Encore une métaphore ? Elle a fait le choix d'ignorer son amour, et ce choix la poursuivra toute sa vie ? Difficile à dire.

Je ne pense pas que l'auteur ait voulu mettre le mythe du vampire en avant, tout était, pour moi, extrêmement imagé afin de traiter d'un sujet sensible à cette époque (la passion amoureuse, sans doute), et ça doit être pour ça que ce livre m'a plu finalement. J'en sais rien. S'il avait été plus long, j'aurais peut-être pu en être sûre.

Je peux cependant dire maintenant haut et fort, avec fierté : j'ai aimé un livre avec un vampire dedans, scrogneugneu !!!

D'autres avis sur
http://www.livraddict.com/biblio/livre/carmilla.html


Lecture du Week-end à 1000, que j'ai réussi cette fois ! (bilan ici) Un livre sur sept chroniqué ... ouais, j'sais, je pourrais faire un effort et vous parler d'au moins un autre livre, d'autant que j'ai bien aimé "Le roman d'Ernest et Célestine" mais ... non, pas cette fois. Pas envie. Pis faut que j'aille me couper les ongles de pied, ça urge.

A que salut !

Tiens sinon y'a ça :
Un roman MM, un !
Ca aussi c'est un challenge chouette.
Celui-là aussi il prouve que tout peut arriver !