C'est toujours un peu vrai, je pense ; mais au moins maintenant je vais pouvoir dire que, quand même, il y a des livres que j'ai su apprécier.
Allez-y, lynchez-moi.
Editeur : HachetteCollection : Le Livre de Poche
Pages : 219
Parution : janvier 2006 pour la première édition, réédité en septembre 2015
Résumé :
Dans une Antiquité imaginaire, le vieux Tsongor, roi de Massaba, souverain d'un empire immense, s'apprête à marier sa fille. Mais, au jour des fiançailles, un deuxième prétendant surgit. La guerre éclate ; c'est Troie assiégée, c'est Thèbes livrée à la haine. Le monarque s'éteint ; son plus jeune fils s'en va parcourir le continent pour édifier sept tombeaux à l'image de ce que fut le vénéré - et aussi le haïssable - roi Tsongor.
Tous les prétextes sont bons pour se foutre sur la gueule, c'est plus ou moins ce que j'ai retenu. Evidemment, au début tout partait d'un bon sentiment (les deux prétendants se disputent une belle princesse pour le bonheur de recevoir son amour) mais, très vite, ça ne devient plus qu'un prétexte stupide.
J'ai vraiment eu l'impression de lire le récit d'une bataille antique et épique, au même titre que les grandes tragédies grecques d'autrefois. Et là où l'auteur a super bien géré tout ça, c'est que son écriture poétique et entraînante se marie très bien avec. Les moments où les deux armées se heurtent est un concentré de descriptions sanglantes sans fioritures ni échangent de coups qui durent indéfiniment. On va tout de suite au plus terrible : le sang, les morts.
Ce qui m'a le plus percutée, et ce qui a transformé mon désir d'en savoir plus en indignation, c'est que cette guerre stupide et honteuse dure, dure, dure, dure des années. Il n'est pas dit clairement combien, et c'est ce qui rend tout ça plus terrible encore, à mon sens.
On peut y voir aussi une réflexion incisive sur la nature belliqueuse de l'homme qui va le pousser à se battre pour obtenir ce qu'il convoite, quitte à ce qu'il y ait des milliers de morts, quitte même à faire tomber tout un royaume. L'idiotie de la guerre est dépeinte de façon à ce que tout nous paraisse honteux et vain ; les personnages eux-mêmes, au début très nobles, finissent par comprendre la futilité de tout ça et la honte de leur entêtement, mais leur fierté va les pousser à continuer malgré les drames.
C'est une vraie tragédie qui coule sous nos yeux, et on ne peut rien faire pour l'arrêter. Finalement, on comprend que, même si la vie du roi Tsongor a été faite de conquête et d'exploits, sa mort seule restera dans les mémoires pour avoir fait tomber et disparaître dans l'oubli jusqu'à sa lignée. Les traditions familiales, l'honneur, la jalousie, l'amour, toutes les émotions les plus intenses et les plus fortes sont au cœur de tout ça.
Heureusement, il n'y a pas que ça ! Sinon, ce serait vite devenu chiant.
Au-delà de la guerre qui se déroule aux portes de Massaba, nous suivons l'un des fils du vieux roi parti en pèlerinage à sa demande. C'est un vrai conte initiatique qui, doucement, prend le pas sur tout le reste. L'homme, en parcourant le royaume, se rend compte que son père, qu'il a toujours connu comme un homme bon et sage, n'est pas perçu ainsi par tout le monde, au contraire.
La figure de l'homme en tant que tel devient une réflexion à part entière. L'image que l'on donne de soi peut avoir des conséquences incroyables au travers de nos décisions et, bien sûr, les mauvaises décisions resteront dans les mémoires bien plus longtemps que les bonnes.
Ce que j'ai compris, mais là c'est une réflexion très personnelle, c'est que peu importe ce que vous faites de votre vivant, tout disparaît à votre mort (sauf pour les auteurs ou autre artiste oui, faites pas chier, j'écris pas cette chronique pour lancer un débat !) Suite à la mort du roi Tsongor, tout se désagrègera petit à petit, à cause des acteurs de cette violence : les deux prétendants et les 4 fils du vieux roi, mais aussi à cause des victimes : les habitants et la princesse, qui, eux non plus, ne feront rien pour arrêter tout ça.
Il y a beaucoup à dire sur ce livre court, beaucoup à en retenir, mais je n'arrive pas à m'exprimer plus que ça. En plus, j'ai vraiment l'impression d'avoir dit de la merde.
Je pense que c'est un livre qu'on devrait tous lire, pour comprendre à quel point tout est fragile.
D'autres avis sur
Hey, z'avez vu ? J'ai fait quelques changements sur le blog. Des trucs en moins, des trucs en plus ! Petit à petit, ça devient autre chose.
Je pense même retirer une rubrique supplémentaire mais j'suis pas tout à fait sûre alors pour l'instant, je laisse.
A bon entendeur !
Ps : j'ai envie de faire pipi, mais y'a quelqu'un qui est en train de nettoyer les toilettes, c'est pas de chance.
Là aussi j'en dis des choses :
Tu veux avoir peur, dans un train bloqué sur un pont, au milieu de la nuit ?
C'est tout nouveau tout beau : l'index !
